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10 – Les conditions du tir de précision au revolver à Poudre Noire


Note :  j’avertis le lecteur que la couleur du fond  n’est pas un choix de ma part,  car la technologie de ce blog  ne permet pas d’en changer, ceci pour répondre à un lecteur qui a du mal à me lire!  Il est recommandé d’utiliser le zoom pour un agrandissement du texte.  Article revu et complété le 15 décembre 2012  

Quelques remarques préalables

Dans cet article, je tenterai de faire l’inventaire des facteurs qui interviennent dans la précision du tir à la PN, cal .44. Pour obtenir de la précision, les méthodes de chargement doivent être précises  et sont plus exigeantes  que les chargements basiques  proposés par plusieurs sites! Il existe différentes méthodes de chargement qui utilisent des bourres, de la semoule et différentes formes de graissages, c’est le côté « cuisine ».   Je commencerai par un tour d’horizon concernant les revolvers de compétition,  car il est probable qu’un tir de précision ne s’obtient pas avec n’importe quel revolver et certains modèles sont recommandés pour s’équiper dans cette intention.

Le marché de l’occasion est souvent la voie de revente des daubes, mais l’achat d’une arme neuve courante ne garantit rien, car il faut faire là aussi une vérification complète de l’arme. J’ai moi même acheté en armurerie un Colt 1860 Uberti dont le barillet flûté présente des défauts d’alignement assez prononcés et des scores assez médiocres. Un point essentiel est l’alignement canon /chambres, pour lequel les défauts peuvent passer inaperçus.   Une « daube » ne pourra qu’arroser tandis qu’une arme de précision garantit des résultats, même pour des tireurs aux aptitudes moyennes. Donc pour la précision,  il est indispensable de bien choisir son arme et le plus souvent d’y mettre le prix. Ceci dit, on trouve des répliques de revolvers de marque très courantes qui font des scores honorables:  c’est la loterie.  L’important c’est de savoir contrôler une arme à l’achat et d’avoir un peu de chance, mais c’est au stand que l’arme révèle son potentiel.

Dans ce parcours j’aborderai les facteurs qui contribuent à améliorer la précision d’un revolver à PN, notamment :

  1. Les conditions d’achat d’un revolver, pour éviter de se faire refiler une arme ayant des défauts majeurs !
  2. la charge en PN  et le choix du projectile  (balles rondes, ogives, etc) et son calibre
  3. Le graissage,  un aspect essentiel de la précision
  4. La régularité des balles et des chambres
  5. Le couple diamètres canon / chambres
  6. L’alignement du canon et  des chambres
  7. l’état des rayures du canon et leur adéquation au projectile,
  8. Le poids de la détente et les moyens pour l’alléger
  9. Les cheminées (pas seulement pour augmenter leur durée, mais pour la qualité de l’allumage et pour réduire les pertes de gaz)
  10. L’entrefer, qui s’il est trop important, réduit la poussée lors du passage dans le cône de forcement,
  11. La visée:   comment optimiser celle-ci,

….  Autant de facteurs qui, selon les tireurs, vont être prioritaires ou secondaires,  car dans le domaine du tir à la PN, les éléments déterminants ne sont pas toujours objectifs, n’étant pas validés de façon scientifique. Si certains lecteurs considèrent que je me trompe sur un point qu’ils connaissent suffisamment, j’accepterai volontiers d’introduire dans mon article leurs commentaires critiques ou leur expérience, l’esprit de ce blog se veut ouvert, interactif et expérimental. Je trouve occasionnellement  des commentaires sur des forums qui concernent mon blog, et j’en remercie leurs auteurs, car généralement ces commentaires me font de la publicité et sont encourageants, bien que pour ma part, je ne me positionne pas comme « sachant », mais comme  un blogueur qui cherche…

Cet article n’a donc rien de prétentieux, c’est « une recherche » destinée à cerner une question qui est complexe et qui demande une expérience sur les stands de tir. Le tireur isolé a du mal à se former et doit  rencontrer d’autres tireurs qui pratiquent la compétition s’il veut se préparer à cette activité.  Mon article n’est donc ni « un catéchisme » ni un livre de recettes toutes faites, c’est strictement une recherche ouvrant des pistes sur tout ce qui peut améliorer la précision. C’est donc un article qui pose quelques repères, et parfois des hypothèses mais qui n’est qu’un premier pas. Le tir est un domaine qui demande une culture très diversifiée, sauf si on se cantonne à l’usage d’une seule arme, et encore. En fait,  plus on avance dans ce domaine, plus on fait le constat de son ignorance;  parfois il y a même de quoi se décourager !

Je constate que sur internet le thème de la précision n’est guère exploré de façon systématique, ceci ayant comme raison son caractère un peu subjectif:  les tireurs n’ont qu’une expérience partielle, ayant quelques armes dont ils tirent certaines conclusions qui sont convergentes avec celles d’autres tireurs ou non. On trouve un partout (sur les sites de poudreux) des commentaires qui l’évoquent par « touches »,  mais rien de  réellement structuré. C’est pourquoi  je pense que nous allons  nous en tenir à la concluions de John FROST dans un article où il pointe l’essentiel sur ce sujet (voir le petit texte  joint).  Il est vrai que la poudre noire est un peu comme l’alchimie, pleine de mystère,  et les poudreux entretiennent  le mystère à loisir. Lorsque j’ai ouvert ce blog, je pensais que des tireurs apporteraient  leur pierre  à cette recherche, mais depuis,  j’ai constaté que ceux qui sont supposés savoir restent discrets, ce qui se comprend, car faire une synthèse des différents paramètres de la précision n’est pas aisé …

Fréquemment, dans leurs forums PN,  les tireurs publient des cibles  qui n’indiquent que la charge de poudre noire,  le type de balle et la distance. Si la charge est importante, il y a d’autres facteurs qui peuvent intervenir, indépendamment du facteur humain:  le chargement en général,  donc le graissage, la compression, le choix des projectiles, le calibrage, le sertissage, l’encrassement, mais aussi l’indexation (l’alignement chambre-canon), la qualité de l’acier et du canon, le pas de rayures, le jeu des axes, le réglage de la détente, la régularité des chambres, l’évent des cheminées,  etc. Tous ces facteurs sont évoqués mais trop souvent, certains poudreux ferment la question en écrivant que la seule façon d’obtenir d’une arme une meilleure précision, c’est de « tout essayer : une affaire de temps et d’expérience »!   Nous voilà bien avancés! Autre  leitmotiv qui s’inscrit dans l’idéologie du bricolage, on lit aussi que c’est le tireur qui donne à une arme toute son efficacité et qu’une arme basique, entre les mains d’un tireur primé donne ipso facto de bons résultats.  Il y a du vrai, car  l’ignorance du fonctionnement des revolvers  à PN ne peut que conduire le tireur au désenchantement (encrassement, mauvais chargement, mauvais graissage, etc). Je dirais cependant de bien « meilleurs » résultats !

La raison pour laquelle la précision reste entourée de mystère, est-elle due à la compétition, qui incite chaque tireur-compétiteur  à garder pour lui  ses « trucs », ses méthodes de chargement, car « concurrence oblige ».   On trouve cependant quelques sites  qui donnent une information destinée à ceux qui débutent: « La pétoire » est un site très connu qui apporte des informations aux tireurs, toutes armes confondues,  notamment pour l’usage des révolvers à PN. mais ce sont toujours des informations standard, rien de pointu concernant la précision.

http://lapetoire.free.fr/pages/recom_pn.htm

Il faut mentionner le site AVT (tireurs sportifs) qui  produit des articles intéressants concernant le tir à PN …  sans exiger une inscription pour les consulter !

Je cite en introduction de cet article  un extrait pris sur AVT sportif:  « pour réaliser un beau score au revolver à percussion, il faut maîtriser trois points essentiels :  une arme bien « préparée », un tireur entraîné et une procédure de chargement « soignée ». « Soignée »….. voilà un terme qui entretient l’illusion que c’est une affaire de « soin », de rigueur,  mais une question me vient immédiatement à l’esprit: « est-ce qu’on est pas en train d’éluder un point important : une arme bien préparée certes, mais toutes les armes se valent-elles » ?

Côté préparation « mécanique » de l’arme, plusieurs facteurs interviennent:

  • des réglages, notamment celui  de la détente, ce qui demande  un peu de savoir faire,
  • la question de la visée intervient, car sur beaucoup de revolvers à PN, le guidon est rudimentaire, mais pour les compétitions, les guidons dérivables ne seraient admis que sous certaines conditions : « Le guidon à queue d’aronde est autorisé sur le revolver réplique si les extrémités du tenon sont arasées ». L’esprit de la réglementation veut que l’arme reste conforme à son état originel « .
  • Un entretien qui suppose notamment que toutes les pièces soient polies et graissées, que les frottements soient réduits.
  • Il faut surtout  une arme « de qualité » (de par sa fabrication), répondant à certains critères qui garantissent la précision : un bon  groupement sera alors le  premier  critère de la réussite d’un tir.  La fabrication de l’arme et du canon,  la précision et l’ajustage des pièces,  leur finition, tout cela constitue le potentiel de l’arme qui permet une bonne indexation, un bon alignement, un rapport canon/chambre adapté et régulier et pour ce qui concerne  le canon, son pas de rayure et la profondeur de celles-ci , le choix de l’acier (ou des aciers), sa finition, etc . Ce sont là des variables objectives  qui ne sauraient être déniées.
  • pour la préparation (entretien, ajustages), il faut  aussi des connaissances en armurerie qu’on apprend progressivement dans la limite des moyens matériels en outillage dont on dispose et de ses compétences propres dans ce domaine.

Mais quand on aborde la question du chargement, s’il n’est question que de le « soigner »,  j’ai un doute : comme si le chargement se limitait à cette exigence au demeurant floue. Est-ce à dire qu’il n’existe qu’une seule façon de charger ? de graisser ??  Je vais donc citer Longrifle, un tireur qui nous ouvre une fenêtre sur les exigences  du tir de précision sur le  forum « Les Tireurs de Combs la Ville » :

 « (…) la précision, quelle soit en arme de poing ou d’épaule, ne peut s’obtenir que par une analyse critique et sérieuse de tous les facteurs du tir :  préparation de l’arme, contrôle des alignements (barillet), de la détente (polir les pièces interne), des organes de visées (noircir les guidons trop brillant ), des charges de poudre (pesage de celle-ci au 100° de grammes), de la bourre ou du calepin (leur taille et épaisseur ), des amorces, des cheminées (contrôle du diamètre de l’évent d’ignition entre 0,6 à 0,7 millimètre,  au delà poubelle !), des projectiles utilisés, de leur poids qui doit être régulier au 10°ème de gramme, de leur recalibrage correspondant au fond des rayures, du graissage adapté selon la saison (mou l’hiver et plus ferme l’été,  adjonction de cire). Les graisses qui fonctionnent en poudre noire sont les produits à base naturelle,  végétale et animale (suif, cire d’abeille et huile). S’informer sur la qualité des aciers, du type de rayure et du procédé de sa réalisation (martelage,  olivage, ou au bidet ), de leur profondeur, de leur pas (un tour en combien de cm? constant ou progressif ). C’est à partir de ces quelques données mises en œuvre,  que la différence se fait sur le pas de tir !!

Là nous sommes pantois! La PN  ne se laisse pas apprivoiser si facilement ! La précision en poudre noire manque de références théoriques: il faut faire un inventaire des ouvrages existants et lire ce qui est écrit, pour en faire une synthèse: balistique, choix des poudres, « pas de rayures » des canons, etc. De quoi décourager le tireur. Le livret de BARON  (Tir,  répliques et poudre noire), ouvrage d’initiation,  ne nous apporte que des généralités sur ce sujet. L’autre ouvrage de Didier BIANCHI reste un ouvrage d’initiation non édité actuellement,  lui aussi.  Bref, pas grand chose de très pointu !

Deux auteurs et leurs ouvrages sont des références : « Loading the black powder cartridge « ,  celui de Paul Matthews, mais qui concerne les armes longues, et ceux de Sam FADALA qu’on trouve chez Amazon.com,  Track of the wolf,  etc…  mais qu’il faut traduire, si on est pas féru d’anglais !

  paul matthews2sam fadalasam fadala3

sam fadala 2Ceux qui veulent progresser doivent glaner des infos auprès des « champions » sur les stands de tir,  tandis que d’autres isolés, tâtonnent et bricolent,  faute de contacts utiles.  Certains clubs comme celui de Versailles  sont réputés pour avoir beaucoup de tireurs à la PN qui cartonnent. Aux états unis, les « poudreux » ont une conception différente qui n’est pas connotée par l’esprit de compétition. Les utilisateurs de poudre noire sont surtout des chasseurs qui diffusent volontiers leurs « trucs », leurs modes de chargements et leurs  résultats.  Pour faire un bilan de cet état d’indigence de la culture de la poudre noire en France, il suffit de taper sur internet « Poudre noire et précision »…  Il n’en sort pas grand chose. Mon but est donc de constituer un fond de connaissances qui permettra aux tireurs de  faire ensuite des recherches plus personnelles et plus approfondies . Nous allons donc tenter de trouver les moyens de cartonner !

A / Comment faire le choix d’un revolver de précision pour « cartonner » ?  

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Les fabricants de répliques de revolvers ont des cahiers des charges et des ambitions qui ne placent pas au même niveau les  produits qu’ils vendent. Avant toute chose, il est essentiel de faire la différence entre des armes de production courante, de qualité variable et de précision variable, pour un prix en rapport, et les armes fabriquées pour le tir de compétition, appelées souvent « match ».  La question de base est de savoir si on  veut rester  dans le cadre de « la philosophie de l’arme ancienne »,  auquel cas on s’adapte à son arme (une copie, en général)  et à son potentiel qui peut aller d’une précision relative  jusqu’au tir « qualifié d’arrosage »,   ou si on désire une mécanique destinée spécifiquement  au tir de précision et qui permet  d’effectuer des scores  dès l’achat et sans adaptation  de l’arme, à condition de respecter les conditions de chargement recommandées ? Certains diront que s’ils mettent leur balles dans le 10 avec un PIETTA, pourquoi  chercher midi à 14 heures.  La loterie veut que les revolvers qui cartonnent pour un petit prix ne me sont pas tombées dans la main et si la destinée a comblé d’autre tireurs, elle a dû m’oublier !  Mais la question reste posée, « Comment tirer parti d’une arme;  n’y aurait-il pas quelques recettes ou petits secrets?

Grosso modo on peut classer les armes en trois groupes (c’est un classement un peu schématique, mais qui me semble utile :

A.1/ les revolvers  basiques qu’on appelle revolvers « western »

Les  revolvers destinés au tir de loisir et à la collection  ne sont pas destinés au tir de précision. Ce sont de simples reproductions qui n’ont pas un cahier des charges très exigeant, elles permettent cependant de tirer et sont des copies plus moins  exactes des originaux.    Leur potentiel de précision est aléatoire, donnant parfois lieu à de  l’arrosage : elles sont produites par des fabricants italiens d’armes à petit à petit prix. Avis d’un tireur : « si c’est une réplique italienne d’arme de type western, elle est fabriquée somme toute pour jouer au cowboy version adulte, mais pour faire du tir, aucune close, aucune assurance de qualité n’est offerte»…  En fait la demande des acheteurs concernant  les revolvers à PN de collection antérieurs à 1870  évolue vers une demande d’armes ayant un certain potentiel de  précision.

Des revolvers Army  San  Marco et bien d’autres étaient fabriqués de façon « rustique ». Parmi ces fabricants, Pietta a longtemps produit des revolvers de qualité très basique, avec une finition médiocre. Mais qui progressivement PIETTA évolue  vers  la fabrication d’armes plus qualitative, toute proportion gardée.  Certains  fabricants ont parfois  produit des revolvers  assez fiables : c’était le cas d’EUROARMS, qui d’une façon générale produisait des revolvers conjuguant des prix modérés et  des armes crédibles, notamment  un Rogers & spencer avec canon Lothar à un prix très accessible.

Il y a des défenseurs de ce type d’arme « basique » :  je cite

« (Mon grand père) tire avec un PIETTA standard Rem 58, celui que vous achetez pour commencer ou pour collectionner… Sorti de boite, (il demande)  un coup d’ajustage des pièces pour diminuer le poids de détente et une CEMENTATION des éléments du système de départ du coup, ainsi que l’ajustage du guidon :  pour tirer droit, c’est mieux!.  Après de multiples heures de tir  et de compétitions acharnées, il tire toujours très bien! C’est ce qui m’a fait par ailleurs acheter un PIETTA. Le gros avantage de cette marque, est que l’on trouve les pièces détachées partout et assez rapidement!  C’est répandu, tout le monde en a! « 

« Il faut savoir, que le tireur est pour beaucoup dans la précision de l’arme. Une arme très chère, sera certainement meilleure, mais saurai-je exploiter le potentiel de mon arme à 100/100? J’en doute!  Pour ma part ce revolver PIETTA qu’on dit en « guimauve » me permet de faire un groupement qui tient  plus ou moins  dans le 8 ou le 9 (quand je suis en forme), mais parfois aussi quelques 10! Dans ce cas, pas de doute,  c’est la compétence du tireur qui intervient (1)!  Pour son  prix ce revolver  en « guimauve »  est particulièrement performant. N’oublions pas que le Remington 58 ou le Colt, étaient des armes de guerre. A mon avis, en faire des armes de match, c’est plus du tout dans l’esprit d’une réplique d’arme de guerre! Autant tirer avec des armes modernes qui sont fabriquées pour faire du match! »  

« Il me semble par conséquent tout à fait approprié de tirer avec un PIETTA ou un UBERTI, ce qui permet de toucher du doigt le tir!  Il est d’ailleurs surprenant qu’autant de gens aiment tirer avec ces armes !  J’ai un Colt Navy qui  est lourd ;  même en 36, j’ai l’impression d’avoir une vraie arme en main, d’une technologie ancienne, avec des défauts certes, mais capable des mêmes performances que celles des originaux.  Des Colts d’époques laissent voir un jeu important entre le barillet et le canon, c’est encore le cas  aujourd’hui des répliques! Toutefois les poudres sont meilleures, ainsi que l’acier utilisé. »

Note (1) :  « faire un 10 » avec une arme qui n’est pas précise, est-ce que c’est un coup de doigt,  le hasard ?  A partir du moment où l’arme a un tir aléatoire, le 10 est aléatoire !

Ce discours demande des réserves:

  1. le tireur prétend que les armes d’époques  étant des armes de guerre, elles n’étaient pas précises, ce qui est faux. Un armurier me disait que des revolvers à PN  (avec charge de guerre)  étaient faits pour abattre le cavalier ou le cheval à 50m…  comme si les tireurs de l’époque négligeaient la précision. Certes le degré de précision de ces revolvers  d’origine a évolué entre les 1ers modèles fabriqués et les derniers. La démonstration de l’erreur de ce raisonnement  est faite  (dans la suite de mon exposé) par une vidéo qui montre  la précision d’un Colt 1860 d’origine,  comparée à celle de sa reproduction par UBERTI : excellente dans les deux cas.
  2. Le tireur place sur le même plan les produits  PIETTA et UBERTI…  ça se discute, mais il est constaté que les revolvers UBERTI baissent en  qualité, tandis que les PIETTA s’améliorent !  De là à dire que les revolvers se valent  …  il semble cependant que PIETTA soigne certaines armes comme le Remington 1858 à pas progressif.
  3. Le poudreux met sur le compte du tireur les tirs occasionnellement précis pour y voir  la preuve que l’arme est bonne, c’est donc  le tireur qui ne serait pas en forme quand le tir est  médiocre ! Un tir imprécis  donne lieu à des résultats variés, le tireur ne rectifie pas le tir d’une arme imprécise, il le  subit,  point barre !
  4.  Il témoigne d’une conviction  que le tir à la poudre noire n’est pas  destiné à la précision comme on l’entend pour les armes modernes et si à l’origine « c’était des armes de guerre » les colts avaient une excellente finition. On peut donc escompter d’une réplique certains résultats qui ne se limitent pas à « arroser la porte de la grange ».

Certains diront qu’avec un PIETTA on peut faire des scores parfois excellents. Je témoigne que d’excellents tireurs de haut niveau tirent avec des revolvers Pietta et obteniennent d’excellents scores. Il faut souligner que PIETTA offre un service après-vente  très suivi  et des pièces standard à prix abordable !  C’est un de ses atouts majeur ajouté au fait que sa qualité de production est à la hausse.

Conclusion :  Actuellement, étant donné la raréfaction des fabricants de répliques,  le choix se limite. PIETTA et UBERTI restent aujourd’hui les seuls fabricants de revolvers à prix abordables sur le marché français et si la qualité est en faveur d’UBERTI, le service après-vente  est très certainement en faveur de PIETTA, ce qui me conduit à dire  qu’il vaut mieux un stock de pièces de rechange renouvelé sans difficulté et à prix modéré, plutôt qu’une absence de pièces de rechange, vendues de toute façon à prix onéreux. Vous m’avez compris !  UBERTI et l’importateur HUMBERT  nous prennent pour des cons !   On ne peut donc que se réjouir de voir PIETTA  améliorer sa production.

A.2/ la  seconde catégorie: les répliques considérées comme étant « de qualité » 

Cette catégorie c’est celle des armes ayant une « finition soignée », avec une  précision souvent bonne, mais sans  garantie et sans prétendre  au tir de compétition. UBERTI est le fabricant qui occupe ce créneau mais  qui ne met jamais en avant le critère de précision.  D’autre part  les indications techniques de ses revolvers ne sont pas données de façon détaillée.

Le fabricant soigne  la finition de ses armes : en principe pas de gros défauts de fabrication et par conséquent  la précision est supposée suivre, c’est du moins ce qu’on dit. Cependant je signale la mauvaise qualité des barillets flûtés des colts 1860 produits par Uberti  qui présentent des variations concernant les diamètres des chambres et des défauts d’alignement , comme quoi, la qualité  Uberti n’est optimale. Le Colt 4860 Uberti lui même n’est pas « arbor bottomed », comme il devrait l’être (voir l’article 5 de mon blog).  D’autre part, il est avéré que les pièces des revolvers Uberti varient selon les années,  ce qui peut engendrer de sérieux problèmes de pièces de rechange. C’est le cas des barillets  du colt 1860 (difficiles à trouver) qui  ne s’adaptent pas aux anciennes répliques  Uberti: l’indexation ne fonctionne plus.  On dit que les meilleurs revolvers sont vendus aux Etats Unis et que ceux qui sont importés en France sont des  armes de moindre qualité.

Les colts ont-ils un handicap pour le tir de précision ?

La vidéo qui suit est une preuve certaine du potentiel de précision d’un Colt 1860 de bonne facture.  Cependant, lors des compétitions (épreuves « Mariette »), les colts ne sont pas prisés, me dit-on.  La raison de cette préférence est due au fait qu’on leur reproche leur carcasse ouverte qui n’a pas la stabilité d’une carcasse fermée (ce n’est plus seulement la solidité qui est mise en cause) et qui génère des jeux, des irrégularités.  Il est vrai que la conception du Colt, si elle est extrêmement simple et bien plus pratique que celle des carcasses fermées  pour le tir courant, dont les canons sont difficiles à nettoyer (sans parler des risques  de blocage du barillet que les carcasse fermées favorisent), on doit reconnaître que le fonctionnement des Colts en terme de précision est plus délicat.  En effet  si on serre trop la clavette, on bloque la rotation du barillet. A l’inverse, si on ne serre pas assez, on peut avoir un jeu.  Le tir avec un Colt demande  que la clavette assure le maintien de l’arme, mais sans serrer excessivement le canon contre le  barillet et sans pour autant laisser du jeu. Il faut alors « travailler » sa clavette pour arriver à un compromis  entre ces exigences contradictoires.  Avant de tirer avec un Colt, je vérifie  le jeu du barillet et il m’arrive de desserrer la clavette (que je ne serre jamais autrement qu’avec la paume de la main).   Pour autant  les colts sont des armes qui m’enchantent et qui ont un potentiel de performances que démontre la vidéo qui suit,  produite par Capandball Channel  (émanant d’Eötvös Loránd University  à Budapest)  un jeune homme qui teste la précision d’un 1860 originel et celle de sa  reproduction produite par UBERTI  :

La vidéo est absolument convaincante  et la capacité de précision du 1860, tant en ce qui concerne le modèle d’origine que la reproduction,  est excellente.  Une superbe vidéo que les tireurs peuvent apprécier. Un  Colt 1860 BERTI (acheté aux USA) est donc une arme de qualité, capable de précision.  Il est cependant dommage que les meilleures fabrications UBERTI soient destinées aux USA !

A la recherche  d’une réplique de qualité sur le net et plus précisément sur Naturabuy

Quant aux revolvers revendus sur le marché des armes d’occasion qui, de plus en plus, sont présentés comme étant des revolvers « UBERTI » (voir sur Naturabuy les revolvers vendus sans monter le  poinçon de la marque), il faut craindre de récupérer  des  « daubes »  qui nécessitent des frais de remise en état ou qui sont condamnées à la vitrine. Le fabricant UBERTI ne nous facilite pas la tâche, car ses récentes répliques de revolvers  n’ont plus de logo visible: il est dissimulé sous le pontet et la frappe des numéros est si discrète qu’un peu de frottement à la toile émeri peut les faire disparaître.  La marque frappée sur une arme de qualité est indispensable, faute de quoi, le revolver est dévalué.  Certains tireurs s’efforcent de faire disparaître les inscriptions qui permettent d’identifier un revolver (ce qu’ils appellent « défarber ») et peuvent ensuite les faire passer pour des UBERTI et pourquoi pas pour des HEGE UBERTI!   UBERTI a une politique commerciale qui favorise la confusion.  Il produit actuellement des revolvers  sans marquage visible, qui sont supposés  plus ressemblants aux originaux. Mais ce faisant, le fabricant encourage le vol et offre aux vendeurs malhonnêtes la possibilité de faire passer des revolvers  de qualité inférieure pour  armes plus  prisées. A l’inverse FEINWERBAU inscrit sa marque de façon trop visible sur le canon , ce qui me paraît gênant.  On passe du tout au rien.

Le contrôle d’un revolver d’occasion est une opération complexe qui  demande la compétence d’un tireur averti.  Le marché de l’occasion sur le net est la plus mauvaise façon d’acheter une arme.  Le revolver d’occasion demande des garanties qu’on ne peut obtenir que par contact direct avec le vendeur et de ce point de vue, l’achat chez un armurier offre une meilleure garantie.

Les revolvers HEGE UBERTI étaient d’une qualité plus soignée car le cahier des charges de HEGE imposait à UBERTI des critères de fabrication exigeants.   Les  HEGE UBERTI  neufs ne sont plus commercialisés, mais ces modèles étaient considérés comme des armes très bien finies, ayant vocation à  faire du tir de précision. On en trouve d’occasion qui ont souvent fait leur temps. Un revolver d’occasion demande des garanties et une expertise. Le possesseur d’un HEGE UBERTI peut  rencontrer des difficultés  pour  remplacer des  pièces défectueuses.

Le « Centaure Centennial New Model Army « ).  C’est une réplique prestigieuse du Colt 1860 que la  » Fabrique d’Armes Unies de Liège  » a réalisée dans les années 60-75 (?)  sous licence Colt, pour le centième anniversaire de cette superbe arme (usinés et commercialisés par la maison Hanquet, rue Trappee à Liège).

Centaure_cal44_2Une réplique  appelé « Centaure »,  produite en utilisant les cotes exactes de l’original. Une  production qui semble s’être achevée au milieu des années 1970.  On trouve cependant des revolvers d’occasion de cette marque dont la précision est recherchée, mais ce sont souvent des colts  qui  ont fait leur temps et leur usage,  ce qui veut dire qu’ils  risquent d’être « fatigués » et pour le prix souvent élevé  qui en est demandé, une expertise de l’arme et une garantie concernant son fonctionnement s’imposent.

Cependant ce revolver présente un inconvénient majeur : les cheminées ont un gabarit légèrement inférieur aux dimensions courantes des cal .44, à PN ,  ce qui oblige à trouver, voire fabriquer une clé en rapport dont l’acier doit être très résistant. En outre ces cheminées sont enfoncées dans les cavités dont elles affleurent à peine, ce qui présente une difficulté supplémentaire. Tout  étant sous dimensionné et difficile d’accès,   la clé  a tendance à déraper ou à se déformer, et au pire à se casser faute d’une prise suffisante: un réel défaut qui explique que des Centaure vendu d’occasion sont souvent mis en vente parce que leur propriétaire ne parviennent plus à extraire les cheminées usagées. Du coup l’arme est hors d’état de fonctionnement.

Personnellement,  sur trois Centaure achetés,  deux avaient les cheminées bloquées et du coup, elles les revolvers sont restés en attente d’une hypothétique réparation. La solution consiste alors à fabriquer  une clé aux dimensions exactes des cheminées, mais quand l’ancien propriétaire, faute de trouver des cheminées adéquates,  a mis des cheminées sur dimensionnées, en les forçant tout ce complique!  Il faut absolument parvenir à extraire une cheminée, pour avoir ces dimensions, sinon il faut prendre une empreinte et faire par tâtonnement une clé d’essai avant de faire réaliser la clé en acier spécial. Certains sortent les cheminées en les chauffant pour créer un choc thermique,  solution qui ne marche que pour des cheminées facile à débloquer, mais la meilleure méthode et la plus risquée, consiste à frapper la clé  lorsqu’elle est enfoncée sur la cheminée, pour produire le choc et en même temps, on tente de la faire tourner  par l’utilisation d’un levier.  Il faut donc une clé avec un axe  perpendiculaire, qu’on prolonge d’un tube  pour augmenter la force de rotation.  de quoi décourager le désir de posséder un Colt Centaure!

Pour ceux qui veulent disposer d’informations précises  et très complètes sur les modèles de Colts 1860 authentiques, et notamment le Centaure,  ainsi que les pièces, ils  consulteront sur internet : « Friends of the Centaure society (FROCS) »  et un article  intitulé « Production of the Belgian Colt, aka Centaure, aka Centennial Army, aka 1860 New model army ».

La qualité « match » des canons ou les versions « match » des revolvers

Vendus par des fabricants européens, les revolvers qui  sont qualifiés de « version match »  se distinguent des répliques ordinaires par une fabrication destinée à  la compétition. Qu’est-ce exactement que « la qualité match » ? Se  limite-t-elle au canon Lothar Walther (usiné selon des normes de qualité supérieures)? Lothar Walther en Allemagne, entreprise de renom,  fabrique  des canons haut de gamme que certains fabricants d’armes lui achètent.  Voir le  site:  http://www.lothar-walther.de/531.php

Le critère « match » semble échapper à toute définition précise, il semble que ce soit  dans bien des cas un critère publicitaire qui souligne l’intention du fabricant de faire mieux qu’à l’ordinaire. Il est parfois remplacé par l’expression « pour le match ». C’est flou ! Cependant certaines pièces produites par des sous-traitants de très bonne réputation,  ajoutent un plus à une arme qui, pour le reste, est standard. Certains revolvers R&S de chez Euroarms ont ainsi bénéficié des canons Lothar Walter, très prisés.  « Bénéficier de la précision extrême des canons match Lothar Walter », propose France-Armes, pour vendre une arme… Voulant en savoir plus, je clique sur le lien qui est censé nous informer,  et je tombe sur  une  page blanche !   Du vent!

Le fabricant Euroarms qui fermé boutique en 2011 a vendu un Rogers et Spencer avec canon match Lothar Walther qui jouit d’une excellente réputation, vendu à un prix très abordable. On a souvent considéré ce revolver comme étant précis, ce qui évitait l’achat d’un R&S de haute gamme vendu par PEDERSOLI ou FEIN à un prix très élevé.  Ce revolver  n’est donc plus fabriqué.

J’en profite pour dire que Le fabricant italien INVESTARM produit des fusils à PN d’excellente qualité pour un prix très  accessible, mais hélas,  pas de revolvers, !

A.3/ Les revolvers « improved » et les revolvers à « pas progressifs »

Je préconise le choix  d’une arme neuve pour 3 raisons :

  •  pour éviter de prendre des risques avec une arme vendue par le biais du net ou achetée dans des ventes publiques,  sans pouvoir la tester au tir avant l’achat, sans pouvoir la vérifier d’un point de vue mécanique, ce qui demande un examen approfondi avant achat.
  • Pour  partir avec une arme ayant des pièces sans usure,  avec des pièces bien ajustées,  ou au moins « à  peu près ajustées »
  • Pour  disposer d’une arme dont les pièces de  rechange sont  disponibles sur le marché;

Le tireur qui cherche la précision doit investir dans une arme de qualité  vendue un prix nettement plus élevé que les productions ordinaires, ceci  pour  bénéficier d’une garantie que les revolvers courants ne lui offrent pas. En deux mots,  il doit écarter  l’achat d’une arme médiocre (neuve ou d’occasion), et opter pour la garantie du fabricant qui produit une arme de compétition. Les revolvers de compétition  sont essentiellement limités  à  deux modèles, réputés précis –  le Remington 1858 et le Rogers & Spencer – que les  fabricants (FEINWERKBAU, PERTERSOLI, ARTAX)  produisent  pour répondre aux attentes des tireurs-compétiteurs.  Cette fois-ci la précision est  annoncée et garantie. C’est ainsi que de nombreuses répliques de  Colts sont reléguées  au « tir de loisir ». Il manque aujourd’hui un fabricant qui produise  un équivalent du Centaure.  Je suis personnellement intéressé par un  Colt 1860, cal.44, ayant une fabrication très étudiée, comme ce fut la cas du Centaure,  en vue du tir de précision, sachant que dès l’origine,  le Colt 1860 était  précis.

Le Remington 1858 Pietta, cal .44,  à pas progressif , un revolver apte à la compétition ?

 Un Remington 1858 PIETTA, cal 44, vendu « en version match » 

rem 1858 N army, match frankoniaLa version match  est imprécise et se situe entre le « tout venant » et le « haut de gamme », c’est donc un domaine difficile à classer en termes  techniques. Finalement le prix peut intervenir comme un critère de classement, dès lors que les informations manquent pour juger du produit. Qu’est-ce que ce 1858 peut avoir qui justifie le qualificatif « match »?

Cette version « match » fabriquée par Pietta,  est vendue  par Frankonia pour un prix initial de 900 euros, descendu à 640!  Et quand on cherche ce que recouvre cette version, on trouve un descriptif d’une pauvreté étonnante: « Poignée assurant une excellente tenue en main. Canon avec pas de rayures match (5 rayures),  Canon : 20cm, Longueur totale : 30cm, Poids : 1340g… Ahurissant !  Le modèle est d’une banalité  qui  ne cadre pas avec le prix.  Je n’en donnerai pas 400 euros, ou alors il faudrait me convaincre !

Le  Remington 1858 a été fabriqué par Pietta et Uberti dans différentes versions qui toutes rivalisent de qualificatifs plus mirifiques; les modèles en inox sont souvent associés à des options match (target, pas progessif, improved, etc)  !  Allez donc savoir ce que recouvre la version « match »!  Les modèles se multiplient:  on trouvera un 1858 target,  un 1858 Pattern, New Army inox (avec ou sans target) , ou un New Army improved, un autre avec pas de rayure progressif… de quoi embrouiller l’esprit de l’acheteur. C’est une façon de se faire un catalogue de vente qui crée la nouveauté dans un domaine qui pourrait être très peu varié.  Aussi,  en composant tous ces éléments, de  façon aléatoire, on peut diversifier les armes à l’infini ….

 Les revolvers Pietta à  « pas progressifs » mais à prix agressifs !  

1858 pietta p. progressif BeckChCe modèle « NA 1858 Pietta match » n’est rien d’autre qu’un Remington New Army, cal 44 à pas progressif . On le  retrouve sous différentes appellations  et sous différents prix,  chez  Gilles (610€) , BeckChasse (719€) , Tecmagex, etc.  Chez ce dernier il devient « 1858 New Army Compétition » vendu à 822€, descendu à 699€.  Il est vendu à  849€  par  l’armurrier J.P.  Fusil et à 778 chez Dupré, en qualité de Rem. 1858 à pas progressif. Chaque vendeur le  présente  d’une façon qui ne peut que mettre en évidence son  prix surestimé :  il n’a d’original que son canon à pas progressif et 5 rayures.  L’armurier Fusil le présente ainsi

  • Copie exacte
  • Carcasse acier Pontet argenté
  • Finition   mécanique « spéciale » pour compétition 
  • Rayure de canon à   pas progressif
  • Longueur canon : 8 pouces
  • Poids : 1250 g

pietta 1858 pas progressif gillesUne « finition mécanique spéciale » en fait-elle  une arme de compétition et justifie-t-elle une telle différence de prix?  Spéciale, qu’est ce que cela veut dire ? C’est vraiment vaseux.

Si PIETTA entre dans l’univers des revolvers de compétition avec un  modèle qui se veut prometteur en matière de tir, mais dont l’esthétique est banale (voir la photo) et les caractéristiques franchement fumeuses, c’est le bide assuré. L’arme  peut-elle s’élever à la dignité d’arme de compétition en raison de son seul pas progressif. Ce qui veut dire que PIETTA veut sortir du marché dans lequel  il se développe habituellement  pour créer des armes de standing et de précision à un prix  équivalent, sinon supérieur à  celui d’ARTAX et de PEDERSOLI, mais avec un produit banal!  Quel avantage offre un  « pas de rayures progressif » ? Sur ces revolvers,  le pas des rayures s’accentue  au fur et à mesure de la progression de la balle dans le canon. Les  Remingtons originaux suivaient ce principe, censé donner une accélération progressive de la rotation de  la balle et cela  malgré l’utilisation de balles rondes en plomb pur qui ont  tendance  à « sauter » les rayures en altérant la précision.

Le choix d’une arme  à pas de rayures progressif  laisse perplexes certains tireurs. Comme l’écrit un poudreux, « Sur certains revolvers, le canon est à pas progressif, sur d’autres les organes de visée sont réglables, sur d’autres encore, le bloc détente est (en théorie) plus doux... Bref, écrit-il, je suis un peu paumé car je n’ai pas vu de modèle réunissant toutes ces caractéristiques » :  remarque pertinente !

Son concurrent:  le  Remington 1858 UBERTI, « New Model Army improved »  avec guidon dérivable

Autre offre qui  prétend  améliorer la précision, les revolvers « improved » (améliorés) :  ces modèles permettraient aux tireurs « chevronnés » de gagner quelques points sur la cible, déclare un vendeur évasif … Dupré (par exemple) vend ce modèle sans explication détaillée sur la nature de l’amélioration, hormis les  photos  du guidon dérivable. Le prix reste en rapport avec le modèle de base (on passe de 359€  modèle courant,  à 455€, redescendu à 385€ depuis): on est loin des 900 euros du Pietta match. UBERTI  n’apporte pas davantage d’information sur le « plus » qu’offre ce modèle.  On le trouve en vente à  349€ chez Roumaillac :

Bref,  beaucoup de questions qui  restent autant d’hypothèses, car les armuriers  et les fabricants n’apportent guère d’éléments  d’information sur la nature de ces « améliorations »….  Au royaume de la poudre noire, le poudreux est-il  borgne?  Un poudreux écrit « je suis plus sceptique sur le caractère  « improved »… j’ai dans l’idée que c’est très marketing… ».  Bravo, mais ça saute aux yeux. Il semble que les modèles improved soient à pas rapide (et non progressif). Pour apporter à ce paragraphe une note d’humour, je vous invite à lire des commentaires que je trouve fort intéressants sur ce forum:

Aucun armurier ne donne une définition précise de ce que c’est qu’une arme « improved « ?  Personne! Cependant  dans les forums, il se dit que les modèles improved  ont une carcasse forgée  et un pas rapide.  Bon, moi je ne suis pas méfiant par nature, mais qu’est ce qui me garantit que tout cela est vrai? D’autres que moi ont « des doutes »; je cite un poudreux :   » Je suis sceptique sur le « improved »… parce que pour posséder un certain nombre de modèles de chez UBERTI (si, j’en possède pas mal), je trouve toujours que les versions des années 70/80 de chez ce fabriquant restent de meilleure qualité que les versions actuelles… »

  • « improved » pour le pas rapide, certes !… si on tire de la balle ogivale ! Sinon, franchement, pour moi, avec mes qualités de tireur du dimanche à la balle ronde, rien de nouveau. Aucune différence entre mon 1858 de 1971 et celui de 2010… »
  • « improved » par la carcasse forgée ?! Oui, dans les bouquins,  c’est plus solide, mais est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui a un UBERTI 1858 « non improved » qui s’est déformé ?… Bref, est-ce bien utile ? »

« Voilà pourquoi je reste sceptique… Par contre, lorsque j’ai reçu le premier « improved »,  j’ai dû le renvoyer car le canon était vissé de travers !! Bravo UBERTI !! Pour le coup, mon arme n’avait rien de « improved »…

Ce à quoi un interlocuteur du forum répond : « Je voulais initialement acheter un PIETTA à pas progressif bien plus cher !! L’armurier  m’a clairement dit : « pas la peine, ce que vous recherchez vous le trouverez avec ce modèle IMPROVED ». Il aurait pu m’encourager à acheter l’arme la plus chère. Quand je lui ai fait cette remarque, il m’a répondu en rigolant être un mauvais commerçant, mais surtout et avant tout « un tireur PN passionné » !! Que pouvais-je répondre à cela? Je lui ai acheté l’improved !  (…) Trop de paramètres qui échappent à notre logique et qui ne nous permettent pas d’en tirer des conclusions objectives. Mais on peut supposer qu’ils préféreront sans doute vendre une arme dite « match » à 800€ plutôt  que ce modèle à (3 85€). Dupré  a perdu une transaction de 400€!  

La conclusion de cette histoire, c’est que notre acheteur  est tout à fait heureux de son achat…  car grâce à ses petits talents,  il a transformé  son 1858 « unproved » en un modèle « qui équivaut un Pietta à pas progessif ». Laissons-le exprimer son  bonheur: « Pour revenir à notre Remington IMPROVED, la carcasse a dû (il le suppose)  être réalisée avec un acier spécialement traité, pour le rendre plus rigide et cet acier a ensuite été forgé / usiné pour réaliser la forme de la carcasse. Quel acier a été utilisé ? Quelle  méthode de forge a été employée pour réaliser les carcasses ? (Il n’en sait rien)…  Tu associes ça au  canon avec un pas de rayures plus rapide (pour une meilleure stabilisation du projectile), des rayures d’aspect « miroir » (bon polissage),  donc mieux finies, nous avons bien un revolver « amélioré » (là il est plus sûr de lui). Pour ma part, je lui ai travaillé la détente pour la rendre plus douce encore et nous avons là une « bête de concours » !! Il ne reste au tireur qu’à être à la hauteur de l’arme et former ainsi une équipe qui gagne !!! Une autre chose que j’ai remarquée et qui pour moi fait partie des « améliorations », il y a moins de « grattage » entre les pièces en frottement, c’est à dire une meilleure fluidité de la mécanique, c’est également très important. Une fois que j’aurai bien l’arme en main et effectué des cartons satisfaisants, je ne crois pas me tromper en disant que cette arme est tout aussi capable de nous donner autant de satisfaction qu’une arme de match ».

Ce que je constate, c’est que cet acheteur ne sait rien de la fabrication du modèle et il achète sur la base de croyances. Autrement dit, le modèle improved (et non unproved)  consiste à prendre vos papiers à poncer, votre pâte  à polir, de l’huile de coude  et vous faites de vos revolvers « des bêtes à concours ». Il suffisait de le dire…  Sur le site de Dupré,  j’ai relevé « ARME AVEC AUCUN DEFAUT, CANON, GUIDON, alignement  parfait  par rapport à  la carcasse ». Comme quoi, si ce n’est pas improved, vous êtes mal partis ! Il suffit donc de trouver le seul modèle parfait et vous évitez les ARMES AVEC DES DEFAUTS, un canon, un guidon imparfait, pas d’alignement par rapport à la carcasse, et si vous avez compris, le modèle improved , c’est donc le seul modèle à acheter pour éviter la daube!!!

A.4 Les revolvers de compétition, dont la qualité repose sur la réputation du fabricant : 

Examinons maintenant les différents modèles de revolvers de compétition vendus à des prix très au-dessus du marché ordinaire et qui ne jouent pas avec ces variations techniques (la « variété » c’est fait pour la télé !).  Allez, on s’offre une star ! Cette fois-ci le choix est plus facile: deux modèles sobres,  pas de gadgets!  Une stratégie de vente qui est à l’inverse de celle de Pietta. Par contre on va voir que l’opacité règne  en matière d’information!

Le Rogers & Spencer  Target (S347) , PEDERSOLI 

(vendu  chez  Arprotech  1137,00 €   et chez Dupré  1024 €  mais celui-ci précise que le modèle n’est plus fabriqué.

Pourtant, ce modèle « target » ne dispose pas d’une hausse réglable ! Pourquoi  alors qualifier le modèle de « R&S target » quand sa visée se limite à un guidon dérivable ?  Publicité mensongère !   Un revolver Pedersoli est facile à identifier par la présence  sur la périphérie du barillet d’une bande anti-usure, placée à la hauteur des encoches.

Le   commentaire de PEDERSOLI : « Magnifique reproduction du fameux  revolver Rogers & Spencer, avec toutes les parties les plus importantes   en métal, faites en utilisant des machines au contrôle numérique. Les   opérations d’assemblage sont achevées par des maîtres artisans, qui assurent   d’excellents déclenchements pour de meilleures performances. Toutes les   parties en métal sont bronzées anti-reflet. Comme pour les fameuses versions   « custom », le cylindre est muni d’une bande polie, qui réduit les   frottements dans la rotation. Sa poignée typique, en noyer, est une   caractéristique idéale pour le tir de précision »
  • Calibre balle: 454
  • Crosse: Noyer
  • Forme du canon: Octogonal
  • Longueur canon: 200 millimètres
  • Longueur canon: 7 7/8 pouces
  • Longueur totale: 350 millimètres
  • Longueur totale: 13  9/16 pouces
  • Pas de rayure: 1:18 pouces
  • Poids: 1230 grammes
  • Rayures: 7
  • Code de balle : USA 520-454

R&S feinwerbau

Le Rogers & Spencer  History N°2  de FEINWERKBAU  

On constatera qu’il est difficile de trouver une photo de ce modèle  produit par FEINWERKBAU (le seul modèle de revolver qu’il fabrique) et pour trouver une photo de bonne qualité, j’ai dû l’emprunter à FRANKONIA qui le vend à 1539 € (pour information on le trouve chez  ADS à 1750€ !). C’est une arme produite en petite quantité, difficile à acheter neuve et d’occasion, car la production va tout droit  sur le continent américain. Pour les pièces, il en va de même : elles sont très difficiles à acheter en Europe pour la même raison!  Uberti et Feinwerbau ont la même politique de mépris pour la clientèle européenne. Mais avoir un R&S FEINWERKBAU  n’est pas  un simple choix d’esthète:  écouter tourner le mécanisme  de cette arme est un vrai bonheur car son ajustement et sa synchronisation sont parfaits.  Chose importante l’axe du barillet peut être extrait « les doigts dans le nez » : aucun effort à faire, tout travaille en souplesse. C’est un ajustage sans défaut. De même le réglage du guidon se fait avec un petit outil qui permet de le monter ou de le descendre en fonction de la distance  de tir, par simple rotation de la pointe.

Du coup le R&S qui est une arme d’un maniement un peu difficile pour un changement de barillet en cours de tir, devient l’arme la plus perfectionnée pour ce type d’utilisation, à condition toutefois de savoir comment faire tourner la vis qui libère l’axe.  Il m’est arrivé de m’épuiser sur des R&S Armi sans marco ou Euroarms parce que l’extraction de l’axe et sa remise en place sont des opérations est laborieuses. Rien de tout cela avec le FEIN! On joue sur du velours. Pour améliorer le fonctionnement de cette arme, on peut remplacer cette double vis de blocage par une molette plus facile à tourner (sans user d’un tournevis).

Il faut également dire que les alvéoles qui entourent les cheminées  sont très ouvertes  et que les amorces éclatées ne bloquent jamais la rotation du barillet . C’est une conception qui est proche de celle du STARR.  La prise en main du R&S est excellente en raison de la poignée large et longue. La visée sur la carcasse fermée est un gage de précision.   Bref le R&S  FEINWERBAU est un modèle de revolver à PN  presque parfait.  son seul point faible : c’est l’axe qui est fragilisé par le système de blocage par la vis.  Le revolver  Ruger Old Armi  c à PN  a rempacé la vis de blocage du barillet par un système de pièces emboitées qui  est très ingénieux, mais délicat à utiliser pour celui qui change de barillet en cours de tir.

Longueur: 340mm,  Canon:190 . C’est le plus abouti des revolvers de précision,  dit-on,  mais aussi le plus cher ! Avec un niveau supérieur  dans le choix de l’acier, dans la finition et l’ajustage des pièces.  L’arme a cependant une présentation très sobre et très classique, un bronzage noir ou brun mat (antireflet) . Mais, à  la différence du  R&S PEDERSOLI , qui a lui aussi cette élégance austère, il n’a pas la bande  anti-usure  sur le barillet  au passage de l’arrêtoir

Pas d’indications techniques sur le net : le site « Poudre noire.free.fr indique ceci :

  • Poids: 1250 grammes
  • Canon octogonal à 6 rayures acier spécila krupp   avec guidon dérivable
  • Barillet à 6 chambres non gravé bronzé noir mat   Pontet arrondi acier bronzé mat
  • carcasse acier bronzé noir mat
  • Encoches de verrouillage rectangulaire
  • Chien acier bronzé noir mat
  • Pontet arrondi acier bronzé mat
  • carcasse acier bronzé noir mat
  • Cheminée alliage au berylium
  • Mécanisme de précision départ réglé à 1,4kg
  • Finition et ajustage haut de gamme

Pas d’indications concernant les diamètres du canon et des sorties de chambres. Pourtant un tireur lance un débat sur un forum concernant certains aspects techniques de cette arme fabriquée :  « avec un canon calibré en  457,  et curieusement,  un diamètre de chambre qui sertit les balles en  451 ! ».

Capture FEIN 2

Effectivement, c’est surprenant!  le tireur écrit donc à FEINWERBAU qui lui répond de façon laconique « En ce qui concerne votre question nous pouvons vous informer qu’il est normal et correct que le diamètre de la chambre (barillet) soit plus petit que le diamètre  du canon. Ces dimensions sont équivalentes à celles du revolver  à percussion d’origine Rogers & Spencer. Cela n’a aucune influence concernant la précision du revolver. Pourriez-vous nous informer quelles balles vous utilisez? »  Réponse qui va à l’encontre de l’idée  selon laquelle le diamètre de la chambre doit être légèrement supérieur à celui du canon, ou au moins égal à celui-ci en fond de rayures. Il est d’ailleurs constaté que les revolvers actuels sont généralement fabriqués  avec un diamètre de chambre inférieur à celui du canon.   De quoi nous laisser perplexes ! Nous y reviendrons.

Ce à quoi un tireur répond à juste raison : « Cela voudrait dire qu’ils se sont contentés de copier,  sans utiliser les moyens de mise au point et d’ingénierie modernes qui sont apparus depuis le moment de la conception du R&S,   il y a près de 140 ans? La réponse de FEINWERKBAU n’apporte rien. »  Un avis que je partage.

Autre avis : « On ne peux pas comparer le R&S FEIN avec celui de chez Euroarms. La rigueur de fabrication n’a rien à  voir.  Ceci dit, en cible ça ne fera pas forcément la différence et le PEDERSOLI comme le FEIN n’ont pas l’aspect authentique du R&S d’’Euroarms. Ce sont des armes « modernes » tirant à la PN ».  En effet, l’esthétique  des revolvers produits par ces deux fabricants est résolument orientées vers la « modernisation »  de l’arme, mais les modèles d’origine sont  franchement tristounets et vieillots, ce sont des armes qui portent moins bien leur âge que les Colts qui restent très intemporels. Si leur technologie s’est améliorée par rapport aux Colts, d’un certain point de vue, celui de la précision, leur esthétique avait besoin de cette modernisation pour les valoriser. Les « relooker » est donc à mon sens  plus qu’une stratégie commerciale, c’est leur redonner une nouvelle image.

Les modèles Remington « 1858 »  de compétition 

Le Remington « Pattern » de PEDERSOLI   :

Le commentaire de Pedersoli : « Après   le succès obtenu par le Rogers & Spencer “Pedersoli” Target dans le   milieu du tir de précision, nous ajoutons, à la demande de certains tireurs,   ce nouveau revolver de compétition,   fabriqué sur la base du Remington. Les matériaux utilisés sont de première   qualité ainsi que les caractéristiques balistiques qui ont guidé les choix de   fabrication du canon, du barillet et du mécanisme. Chaque arme est   littéralement “customisée” par nos artisans-tireurs dans le but de lui donner   un rendement optimum dès la première utilisation. Le canon antireflet, le   barillet anti-usure et le pas de rayure sont particulièrement prévus pour   donner au tireur une chance supplémentaire dans son activité sportive ».
  • Rayures   7
  • Pas   450 mm, soit  1:18 inches
  • Longueur du canon 190 mm, soit 7 1/2 inches

1858 pedersoliLongueur  totale 340 mm,  soit  13 3/8 inches; Moule à balles 034U307454

Pedersoli ne fabrique qu’un seul modèle dit « pattern », mais curieusement on trouve ce revolver référencé de différentes façons chez les armuriers (« target ou pattern ») alors que ce modèle  ne possède pas de target mais un simple guidon dérivable là encore.

  1. Remington 1858  target  (S349). PEDERSOLI (vendu chez Dupré 790€)
  2. Remington 1858  Pattern, PEDERSOLI  (vendu chez Douillet  649 €)

Le Remington 1858  fabriqué par ARTAX, la qualité compétition à prix raisonnable ?

L’esthétique de ce modèle de l’arme est résolument moderne,  mais les autres versions sont classiques et pour ma part, je trouve ce revolver plus élégant et plus original que  le PERDERSOLI qui est austère. Le site  REPLIQUES OLD WEST exprime de fortes réserves concernant  la qualité de fabrication des produits ARTAX  qui serait  irrégulière, mais le site Western Action Shooting n’est pas le seul à vanter les qualités de la fabrication actuelle du fabricant qui a gagné ses lettres de noblesse . Ils témoignent d’une forte montée en qualité de l’entreprise et d’une très bonne précision des armes produites.  Des essais ont été faits avec le pistolet Mortimer et les résultats sont  très bons:

remington-1858-new-model_930Ce qui me semble intéressant,  c’est le cahier des charges annoncé par ARTAX concernant le Remington 1858 qu’il fabrique  en 3 versions, dont une à carcasse jaspée:  il y a là un engagement de la part du fabricant.

Canon

  • En acier spécial,
  • calibre .44″,
  • six rayures usinées par martelage à froid,
  • pas de 510 mm (1)
  • Exécution du profil octogonal par machines numériques et finition des faces par rectification pour  obtenir un maximum de précision.
  • Profil du canon étudié pour l’équilibre des poids en phase de visée.
  • Contrôle au laser de la précision du diamètre intérieur ( tolérance maxi ± 0,02 mm par mètre )

Organes mécaniques

  • Toutes les pièces composant la mécanique de l’arme sont usinées par machines numériques dans de l’acier massif haute résistance (38NCD4- K100).
  • La carcasse aussi est usinée dans de l’acier massif.
  • Donc une totale interchangeabilité des pièces.
  • Finition « à la main » de toutes les surfaces soumises aux frottements.
  • Control « X-ray » et certification de la matière composant le ressort et la mécanique.
  • Présence d’une vis de réglage de force du ressort de chien
  • Alignement entre barillet et canon avec un écart angulaire maximum de 0,1 degré.
  • Détente et ses leviers rectifiés.
  • Barillet en alliage acier-vanadium-molybdène complètement rectifié.
  • Détente réglée pour un « lâché » franc et doux
  • Finition extérieure antireflet.
  • Traitement thermique du barillet haute résistance.
  • Espace canon-barillet réduit au zéro mécanique ( maxi 0,02 mm.)
  • Chambre du barillet finition par rectification.
  • Côtés de détente et du chien complètement rectifiés.
  • Centrage du chien dans la carcasse et des cheminées du barillet ( écart maxi 2 centièmes de mm )
  • Axe du barillet rectifié.

Organes de visée

  • Toutes les pièces composant les organes de visée sont usinées par machines numériques, avec une tolérance de précision de ± 0,02 mm.
  • Profil du guidon avec compensation angulaire du cône d’ombre (2).
  • Cran de mire traité anti-reflet et usiné en ligne avec l’axe du canon.
  • Noyer Italien, finition poncée, huilée ( la meilleure manière de préserver les bois et un « touché » plus confortable )
  • 4 ponçages successifs à la main  ( grain de 80 à 400 )
  • Poignée avec profil latéral conique pour une excellente prise en main.

Bois

  • Noyer Italien, finition poncée, huilée ( la meilleure manière de préserver les bois et un « touché » plus confortable )
  • 4 ponçages successifs à la main  ( grain de 80 à 400 )
  • Poignée avec profil latéral conique pour une excellente prise en main.

Note (2) Le guidon est dérivable, c’est certifié par le magasin RAAPAX importateur ARTAX :

Note (1): le pas est de 1/50cm (soit  1 tour en 50 cm), c’est à dire 1/20 en inches, ce qui est un pas assez rapide qui devrait permettre d’utiliser des ogives.  Bonne nouvelle. Par contre, les diamètres exacts des chambres et du canon (fond et crête de rayures) ne sont pas indiqués, comme d’habitude.  

Revolver vendu par RAAPAX (697 €) ,  BROMA (599€), « Je percute »… prix tout à fait raisonnable pour une arme de cette qualité et nettement plus attractif que l’offre d’un PIETTA à  « pas progressif ».  RAAPAX est un importateur (et vendeur)  qui n’importe que cette marque et  qui assure un service après vente suivi, rien à voir avec HUMBERT, l’importateur UBERTI et BERETTA, dont les délais de livraison des commandes oblige certains armuriers à se fournir aux USA pour les pièces et les armes UBERTI!!   Ce Remington 1858 ARTAX , à pas rapide,  est arme superbe mais si un Uberti « improved » vous suffit, ou convient mieux à votre bourse, nul ne saurait vous le reprocher et mieux vaut achetez les pièces avant usure de celles-ci.  Je trouve ensuite sur le site de BROMA les informations suivantes qui confirment celles de RAAPAX:

Arme de haute précision usinée par machine numérique dans un acier haute résistance (38NCD4-K100).
– Canon : usinage intérieur par marteaux, six rayures. Le diamètre intérieur à une tolérance maximum de ± 0,02 mm sur longueur de 1.000,00 mm).
Pas  : 510,00 mm.
Calibre .44.
– Alignement entre barillet et canon avec déviation angulaire maximale < 0,1°.
– Profil du canon étudié pour le balancement des poids en phase de visée.
– Présence de vis pour le réglage du poids de ressort du chien.
– Barillet en acier avec matériel anti-usure complètement rectifié.
– Finition extérieure anti-reflet.
– Traitement thermique du barillet haute résistance.
– Centralité du chien dans la carcasse et le cheminée du barillet < 0,02 mm.
– Axe du barillet rectifié.
– Profil du guidon avec compensation angulaire du cône d’ombre.
– Hause avec « usinage en ligne » et profil anti-réflex.
– Plaquette en noyer italien, finition à l’huile.
– Poignée avec profil latéral conique pour une excellente prise en main.

La vente d’un revolver de compétition à Poudre noire, une vente  et un achat à l’aveuglette !

Ceci pour vous dire que chez ARTAX on ne prend pas l’acheteur pour un idiot! Cette fois-ci l’information est presque complète: fini les suppositions sur la fabrication du canon, la qualité de l’acier, le pas du canon, on ne joue plus aux devinettes, on n’en est plus à  demander un avis éclairé à l’armurier en supposant qu’il en sait plus que nous et qu’il va nous conseiller non pas en fonction de sa marge de bénéfice, mais en fonction des qualités réelle, objectives de l’arme (un clin d’œil en passant à « Hondo » qui a eu la bonne idée de s’adresser à un armurier qui est un tireur ).

 Qui est ARTAX?

Ceci me conduit à penser  que les fabricants de répliques (italiens, je le précise) brouillent les cartes et que les vendeurs en rajoutent pour augmenter l’opacité de l’information: quant on  s’achète une arme à 700 euros, voire 120 et plus, on est en droit d’avoir un descriptif détaillé de l’arme.

Je fais le tour des armuriers en ligne pour avoir un point de comparaison avec le pas d’un Remington 1858 Uberti « improved ».  Chez Dupré, Douillet, Gilles, Fusil, etc, rien! Aucune indication, c’est vraiment  vendre  à l’aveuglette .  C’est encore BROMA et BECKCHASSE  qui me fournissent une réponse sur le pas : le Remington 1858 inox de marque Pietta ( cal.44) a un pas de 1/30″, quant à Uberti, personne ne donne la moindre information à ce sujet, sauf moi  (mais pas aujourd’hui) ! Un pas rapide, ça se reconnaît très visiblement. 

Qu’est ce qu’un pas rapide ? C’est un pas qui permet de tirer des ogives, car les balles rondes ont besoin de pas lents (par exemple « 1/30″,  en pouces)  car elles ne prennent pas suffisamment les rainures du canon.  Les ogives au contraire demandent un pas qui permette à la balle de faire une rotation accélérée, ceci pour les stabiliser et permettre à la trajectoire de rester rectiligne.  Question à 100 balles : si vous achetez un revolver disposant d’un pas rapide, il semble plutôt  adapté aux  ogives…. mais si vous achetez un revolver à pas progressif, c’est plutôt pour quel type de balle ??  Un canon à pas rapide est-il adapté à la fois aux  balles rondes et aux ogives  ? On se posera la même question pour le pas progressif .  En voilà des questions auxquelles les vendeurs de rêve ne donnent pas de réponse.

Ma conclusion est que le Remington 1858 ARTAX , cal.44, présente les caractéristiques d’une arme de compétition  à prix raisonnable et sur le marché actuel, c’est le modèle le mieux placé.  Je le dis et je persiste. Bravo à ARTAX.  

guidon-POUR-cz-85-75Ce superbe revolver, dans cette présentation « relookée »,  qui est franchement élégante, innovante, serait nettement valorisé par une hausse+guidon fibre optique, le must pour en faire un revolver digne de sa catégorie. On laisserait la version sobre et conforme à l’original (en termes de technologie)  à ceux qui veulent faire de la « compète » .  Pourquoi pas lui donner ce genre de visée (voir la photo) qui en ferait presque un œuvre d’art ?  bien sûr, il faudrait un peu adapter la queue d’aronde.

Pour revenir à notre sujet concernant la précision et a fortiori la compétition, c’est ARTAX et PEDERSOLI qui sont en tête, car FEINWERKBAU est manifestement trop cher et la différence de prix  ne se justifie que si  la qualité de l’acier et  le cahier des charges apportent une différence objective. Comme ce cahier n’est pas divulgué, la garantie de FEIN se fait sur sa  réputation qui est effectivement solide, mais le prix vaut-il  différence ?

Voici l’avis d’un tireur qui m’a semblé intéressant : « Fein est réputé et vaut sa réputation. DP est en baisse quant aux artisans (Baum etc.), je ne sais pas mis à part qu’ils doivent être bon ne serait-ce que par leur tarifs. Mais si j’ai bien compris, Baum, par exemple, c’est du UBERTI retravaillé. Comme le fit Hege en son temps. Sinon, tu as le Remington ARTAX. J’en ai manipulé un  et cela à l’air vraiment bien. Après, question durée, je ne sais pas. Mais à 700€, cela vaut le coup de tester si tu es prêt à mettre 3000 pour un BAUMKIRSCHNER … » Je précise que  BAUMKIRSCHNER ne produit que des revolvers  en cal.36…  

En fait les armes de précision sont faites dans des aciers de haute qualité (sur ce point il est difficile de trouver une information détaillée) et d’autre part, les procédés d’usinage ne sont pas identiques: il faut  considérer que ces deux critères définissent une arme de précision.

B/ Comment contrôler l’état d’un revolver, précaution indispensable ?

Plusieurs blogs donnent des procédures de vérification avant achat: certains contrôles sont prioritaires:

alignement du canon W  1901 ASM-Monk _0001_NEW1/ Il est indispensable de bien regarder l’alignement des chambres du barillet avec le canon, ce qui n’est pas aisé. Il faut enlever les cheminées et avec une lampe regarder par le canon, en reculant le chien, pour laisser passer la lumière de la lampe  et vérifier que chaque chambre s’aligne bien par rapport au canon. La chambre du barillet doit être ronde, sans débordement de la partie pleine du barillet,  soit latéralement , soit eu dessus ou en dessous (ce qui crée un croissant) . En fait cette méthode est difficile et dans l’idéal,  il faut avoir un endoscope (qu’on peut acheter pour une centaine d’euros chez Conrad), instrument indispensable pour faire un achat sans risque!  Certains tireurs parviennent à faire un contrôle simplement visuel, sans matériel… J’ai déjà développé cette question dans un article précédent (ici le revolver présente des croissants qui indiquent un défaut d’alignement important)

2/ L’alignement du canon sur la carcasse doit être vérifié pour ne pas avoir  un canon trop vissé à droite ou à gauche. Il faut inspecter le canon et vérifier qu’il ne présente pas d’anomalie (un gonflement qui indiquerait que l’arme a subi un incident de tir, dû à l’obstruction d’une balle restée dans le canon et percutée par la suivante) et s’il présente des rayures bien dessinées, etc. Vérifier le pas  de rayures, ce qui est essentiel. Le jeu du barillet sur son axe indiquerait que l’arme est fatiguée, ou qu’elle a été maltraitée – ou encore qu’elle a été modifiée.  De même le canon ne doit pas avoir de jeu sur son axe, cependant le canon doit être facile à extraire (c’est aussi à vérifier à l’achat) .

3/ Une partie particulièrement sensible, l’indexation et le jeu du barillet :  un fonctionnement du barillet (avec les cliquetis corrects) qui permet de le placer face au canon, sans qu’il y ait de jeu. La méthode : il faut bloquer le barillet et le hocher : s’il bouge, l’indexation est défectueuse et le tir de précision est compromis. On va donc armer le chien dans un premier temps, le tenir avec le pouce et presser la détente en relâchant lentement le chien (sans toutefois lâcher la détente, que l’on maintiendra pressée à fond). Là, on se trouve dans une situation de verrouillage total du barillet (l’arrêtoir de barillet est engagé dans une encoche, le doigt élévateur presse la crémaillère (rochet). On vérifie alors que le barillet ne hoche pas, un très petit jeu est cependant nécessaire entre l’encoche et l’arrêtoir (verrou) sous le barillet.  On peut encore s’assurer manuellement que l’arrêtoir fait prise sur chaque encoche, sans jeu anormal.  On vérifie également le parallélisme entre le barillet et la console du canon, ou le cône de forcement.  En déposant le barillet, on vérifie que le verrou (arrêtoir) est bien centré dans son orifice, qu’il monte et descend de façon souple et surtout qu’il est saillant,  sans signe d’usure anormale.

P1000762La synchronisation : Voici ce qu’écrit  un tireur sur un blog qui détaille les critères de contrôle d’un revolver à barillet: « Un barillet doit être impérativement  verrouillé avant le lâcher du chien, que ce soit en SA  ou en DA. Comment le savoir ? La vérification est simple : on arme le chien très lentement et  lorsqu’on entend le clic du verrouillage (2ème clic?), on arrête d’armer et on lâche le  chien lentement. S’il reste armé, il est trop tard, et la synchro est  mauvaise. Si on a entendu le (2ème,) clic mais  que l’on doit continuer à armer pour que  le chien soit en position d’armé (3ème clic ?),  c’est bon! »  

http://swpc.free.fr/verifier_un_revolver.pdf 

De mon point de vue, et de façon plus simple, ce qui est essentiel,  c’est de s’assurer que lorsque le dernier clic (3ème) a eu lieu, c’est à dire lorsque le  chien est totalement basculé en arrière, le cran (l’alvéole) qui encadre la cheminée sur le barillet  doit être parfaitement dans l’axe du chien (l’alignement canon /chambre en dépend),  ce que l’on vérifie aisément à l’œil. Mais d’autre part,  le barillet doit être bien bloqué. Tout décalage du cran ou défaut de blocage indiqueraient  un  fonctionnement défectueux et s’avèrerait dangereux.  Sur cette photo,  le cran du barillet  (l’alvéole) n’est pas en alignement avec le cran de la carcasse où se loge le chien:  il est  décalé à gauche,  alors que le barillet est bloqué prêt à tirer.

4/ La méthode précédente de blocage du barillet permet  également de mesurer l’entrefer, avec un jeu de cales, l’extrémité de la cale ne dépassant pas  le centre de l’âme du canon (un entrefer correct ne dépasse pas 0,2mm).  On vérifie bien entendu que le barillet tourne de façon souple (en plaçant le chien en position demi armé) et que la rotation provoquée par le retrait du  chien amène les chambres du  barillet en alignement avec le canon (l’endoscope est très utile), sans blocage, ni variation de l’entrefer (que l’on contrôle visuellement) .

5/ On vérifie si le cône de forcement existe et s’il est en bon état (pour une arme d’occasion) et s’il n’est pas trop large (un cône peut avoir été refait et élargi excessivement) .

6/ Pour la suite, ce sont des vérifications qui se font chez soi et qui demandent un examen attentif du ou des barillets: on s’est s’assuré à l’achat (avec l’endoscope si possible) qu’aucune chambre n’est en défaut d’alignement, mais les défauts des barillets sont sournois : on trouve des barillets qui ont leurs diamètres de chambres  variables, même chez des fabricants qui ont une réputation avantageuse, comme Uberti  !  Dans ce cas il faut réaléser le barillet en prenant des précautions, car il ne faut pas que le diamètre des chambres excède le diamètre du canon en fond de rayure, ce qui suppose une mesure très précise au Cerrosafe !  La méthode manuelle consistant à forcer une balle dans le canon et une dans chaque chambre est possible, mais un peu approximative;  l’usage du soufre (fleur de soufre fondue) est déjà plus efficace.

7/ Un dernier point qui n’est pas le moindre, c’est la vérification des vis, car lors d’achat, c’est souvent un vice caché : on peut avoir des vis dont la tête est abimée et dans ce cas, c’est la galère, car on risque tout simplement de casser la tête de vis et certaines vis cassées et bloquées, rendent l’arme irréparable. Dans le pire des cas, il faudra forer, tarauder car le pas de vis est souvent abimé et enfin faire refaire une vis (qui peut présenter des complications s’il s’agit d’une des  vis qui tiennent les mécanismes).  Réparation compliquée qui demande de la compétence. Quant aux vis qui sont bloquées, c’est pareil, en dernier recours, il faut forer la vis, extraire celle-ci, tarauder  et refaire une vis… opération fort délicate. Alors lors des achats, il faut obtenir la garantie que  les vis ne sont ni en mauvais état ni bloquées, ce qui met le vendeur en alerte s’il n’est pas « franc » sur sa marchandise.  Dans l’idéal, il faut avoir sur soi un tournevis (de qualité et adapté aux armes) et au moment de conclure l’achat, on vérifie si les vis bougent, ce qui coupe court aux polémiques!  Quand aux mécanismes, notamment à l’usure de la détente, du verrou ou du chien, ça reste à vérifier plus tard:  si le vendeur offre une garantie, c’est bon signe.

C/ Comment améliorer la précision ? 

Il faut d’abord faire une expertise de l’arme et si celle-ci nécessite quelques modification de nature à améliorer son potentiel, elles seront entreprises avec prudence. Nous tenterons de faire l’inventaire du possible dans l’amélioration technique de l’arme. Par contre le chargement est le domaine qui peut apporter des différences de résultats sans modification technique de l’arme.  Nous allons voir ce qui peut donner lieu à des choix de méthode et de matériaux.  La notion de régularité est importante en PN: régularité des balles et des charges, c’est la base d’un tir qui cherche la précision. Ceci conduit à l’achat d’équipements tels que : presses de chargement, balances, doseuses à poudre, etc.

C.1 / Le graissage,  un facteur essentiel de la précision ? Un domaine controversé.

ATV Sportif, propose un article intéressant concernant le chargement traditionnel, mais  sans prétention  concernant le précision:

Je cite un extrait de cet article très intéressant de John FROST qui rompt avec la pratique du « secret »  en nous donnant des informations sur les conditions de préparation en vue d’un tir de précision. Selon lui le « grand secret » réside dans le graissage qui garantit la propreté du canon.

Capture.encrassementNous avions abordé les charges de poudre noire  et indiquant celles qui sont courantes en calibre 44 et en posant quelques principes, l’un de ces principes étant que plus la charge augmente, plus elle augmente la puissance du tir (mais pas de façon proportionnelle) et plus la balle perd en précision.  Les tirs de précision vont de 0,7g à 1g  en moyenne, mais peuvent descendre jusqu’à 0,6g. Il semble cependant que chaque arme puisse avoir des paliers où la précision est bonne, bien que la dose de poudre soit supérieure  à celle recommandée.  Nous avions également posé comme principe que le tireur devait expérimenter diverses charges de PN pour tester celle qui donne à son arme le meilleur résultat en termes de précision. Ceci suppose des essais et un relevé précis des charges et des impacts. Le site AVT propose un chargement couramment pratiqué : « pour un Remington la charge idéale pour commencer est 0.9g (l’équivalent d’une douille de 9mm parabellum remplie à raz bord), par la suite vous verrez si cela convient pour votre arme ou non ». Il conseille  la P.N.F.2 « bourdaine » ou de la poudre suisse n°2,  Il propose l’usage de la bourre et de la semoule, sans plus d’information, mais déconseille la semoule de blé dure qui agirait comme du sable et userait prématurément le canon.

Pour la graisse « maison » il donne la recette suivante: un mélange fait au bain marie,  composé de 50% de suif à tonneaux, de 50% de cire d’abeille pure et de 6 ou 7 cuillères à soupe d’huile de paraffine.  Curieusement pour un revolver en calibre . 44, il propose des balles sous calibrée (cal. 450) au lieu du 454 qui est généralement utilisé, notamment pour un Remington 1858.

Mais avant toute chose,  il est important d’utiliser la bonne poudre. C’est une affaire de granulation, donc de taille des particules de poudre.   Chaque niveau de granulation a ses caractéristiques de combustion. Les poudres les plus fines sont plus vives et donnent le plus de chaleur et de pression. L’emploi de la mauvaise granulation peut conduire à la destruction de l’arme, voire pire. Le choix de la poudre est donc prioritaire, cependant différents aspects de sa combustion entrent en ligne de compte et a contrario les résidus de la combustion interviennent comme facteurs d’imprécision par l’encrassement de l’arme. John FROST affirme que préserver son arme de l’encrassement est un des secrets de la précision. Il affirme également, avec d’autres, que les graisses animales ont comme propriété de ramollir les résidus de poudre, tandis que les graisses minérales forment des calamines dures qui sont catastrophiques.

FROST donne dans son article une recette qui concerne le graissage de la balle avec l’utilisation d’un outil simple, « un petit secret » qui améliore la précision : c’est à lire et je vous renvoie à son article dont j’ai donné l’adresse URL au début du paragraphe.

Le graissage et l’encrassement, une affaire qui reste en débat

Traditionnellement, on procède au chargement  en plaçant la poudre au fond de la chambre, puis la semoule, puis la balle et enfin la graisse sur la balle à l’entrée de la chambre. Or cette méthode traditionnelle est celle pratiquée par des compétiteurs de très bon niveau (je veux dire « international »). J’en connais un (dans mon club) qui  m’assure qu’il ne tire qu’avec de la semoule et ignore ce qu’est un cookie, étant d’ailleurs franchement dubitatif sur l’intérêt de ce mode de chargement, avec la graisse sous la balle… 

Quelle quantité de graisse doit-on mettre? Selon l’avis de tireurs expérimentés , pour obtenir de la précision, il faut que la graisse soit de la consistance idéale, en fonction de la température, et c’est au tir qu’on vérifie si la  graisse est adaptée (on essaie plusieurs recettes). J’ajoute que de toute façon la graisse doit être suffisamment fluide pour ne pas former une masse qui resterait collée à la balle après le départ de celle-ci. le bon graissage consiste à mettre la graisse sur le pourtour de la balle, au fond du sillon, et pour y parvenir on peut utiliser une douille fraisée dont le creux épouse la forme de la balle et repousse la graisse dans le sillon.  La graisse qui doit être végétale ou animale, ce qui va éviter que les résidus forment une sorte de croute dans le canon:   elle va les « ramollir » en formant un goudron fluide et gras.

Pour ce qui est de la poudre, quand le choix de la charge est fixé après des essais qui visent à obtenir le meilleur groupement (dans les fourchettes qui sont connues),  cette charge adaptée à l’arme, à la distance,  devra être  versée dans chaque chambre avec une parfaite régularité. Par conséquent, comme je l’ai montré dans mes articles précédents,  il faut fiabiliser les instruments, avoir des outils de chargement qui garantissent leur standardisation  et  une compression régulière au moment du sertissage. REGULARITE des balles,  REGULARITE des chambres,  REGULARITE des charges (poudre et semoule) , REGULARITE des compressions.

Pour améliorer  la régularité,  il est souhaitable de séparer la poudre noire de la semoule, d’éviter de secouer les chambres pendant le sertissage, ce qui donne lieu à un mélange entre la semoule et la poudre noire. Mon petit secret :  je préconise l’utilisation d’un opercule fin et rigide (rondelle coupée à l’emporte pièce dans un  carton de lait) que je place sur la poudre (je l’aide à descendre avec une douille de telle sorte qu’il tombe à plat, et au cas où il se mettrait de travers, je le sors avec une pince à épiler);  en descendant dans la chambre, il nettoie les particules de poudres qui seraient restées collées sur les parois de celle-ci, et une fois que l’opercule est au fond, je le presse délicatement pour que la poudre se tasse légèrement et  se mette bien à plat. L’opercule va garantir la séparation de la poudre et de la semoule .  Cet opercule est  également très utile en cas d’erreur de chargement, de chambre qui ne brûle pas. On pourra alors vider la chambre en démontant la cheminée et récupérer la poudre grâce à l’opercule.  Il permettra aussi de sortir la balle plus facilement avec une tige d’acier légèrement courbe, car il ne se déchire pas et facilite la poussée de la balle.

Ce qui est important,  c’est  la presse qui assure le meilleur sertissage, et qui  descend les balles (surtout les ogives)  dans l’axe de la chambre.  Le sertissage doit être parfait. Certains préfèrent aléser légèrement l’entrée des chambres, pour que le plomb soit  comprimé et non découpé.  Pour ma part,  je préfère  ne pas aléser car la découpe d’un anneau très fin est un moyen de contrôler visuellement que la balle est au bon diamètre, c’est à dire légèrement supérieur à celui de la chambre.  Cette précaution  ne vaut que si on  a quelques variations  dans le diamètre des balles, mais si les balles sont pesées,  si leur régularité est assurée, ce qui prend beaucoup de temps,  il est alors recommandé d’aléser  pour ne pas modifier le poids de la balle.  La balle doit affleurer à « moins 1,5 mm ». Ne pas oublier qu’une balle qui vient trop près de la bouche de la chambre, peut bouger si elle est mal sertie, légèrement sous calibrée, et bloquer le barillet. Ce qui va créer un incident de tir sérieux s’il s’agit d’une carcasse fermée.

Ceux qui contestent ce mode de graissage mettent en avant qu’il est inutile de trop mettre de graisse sur la balle,  car dès les 1ers tirs, la graisse est soufflée alentour.  C’est vrai et plus la graisse est fluide, plus elle est vaporisée. De toute façon elle fond en partie du fait des gaz chauds.  Cependant les partisans du graissage externe prétendent que la graisse résiduelle suffit pour « lubrifier » le canon.  C’est ce sur quoi certains tireurs américains  formulent de vives contestations. Ils objectent à juste raison que l’encrassement du canon va modifier le tir, ce qui peut se constater par des impacts qui loin d’être groupées, vont  arroser.     

Le graissage en surface et à la périphérie de la balle évite de graisser la totalité du projectile,  ce qui permet,  à la balle  sertie ou siégée, de « tenir » fermement dans la chambre. C’est un argument de poids, car en effet le tir à la poudre noire utilise des balles rondes qui tiennent beaucoup moins bien en place que les balles longues, cylindriques ou ogivales. Il faut donc que le sertissage à sec assure la tenue de  la balle ronde lors des chocs subis, quand les chambres explosent.   En effet, le fait de tremper la balle ronde dans la graisse (ce qui se pratique pour un fusil à chargement par la bouche), lui enlève sa stabilité et devient un facteur de danger pour un revolver à poudre noire.  

La balle, si elle est entièrement graissée avant d’être siégée, risque de bouger et de sortir lors des premiers tirs, ce qui peut alors occasionner un départ en chaîne. Ce qui exige également de mon point de vue, que le sertissage en PN se fasse chambre après chambre, à moins que les balles pesées, présentent de garanties de régularité . La graisse étant ensuite enduite à la surface extérieure de la balle sertie, elle est « supposée » former un écran qui évite la contamination des chambres par le feu. Placée ainsi,  la graisse assure la lubrification du canon, mais suffit-elle à transformer les résidus en goudron mou?  Ce qui me semble évident, c’est que le graissage externe nettoie moins bien le canon, souvent chargé de filament noirs, comme un conduit de fourneau.

 Les graisses animales et végétales sont recommandées.  Les américains déconseillent les graisses industrielles. Cependant le site AVT considère que l’usage de graisses dérivées du pétrole, est possible:  « une graisse non inflammable de type industriel convient très bien aussi ». Tout le monde n’est donc pas d’accord, mais sur ce point je  suis en désaccord avec l’article d’AVT . Bien des tireurs abondent dans mon sens.  Il existe bien sûr des graisses qui sont vendues dans les armureries en ligne, prévues pour la PN.  Tels sont les arguments de ce mode de chargement. En parcourant internet, on trouvera sur les forums des échanges de recettes, qui permettent de tester des graisses, par exemple :

Ce qui veut dire que le chargement pose un certain nombre  d’exigences dont les solutions sont souvent  en contradiction.  Il faut alors faire un choix entre précision et sécurité.  Je vais citer deux tireurs qui abordent le problème du chargement de façon  moins classique. Il existe deux modes de graissage habituellement pratiqués:  soit la graisse sur la balle,   soit la graisse sur le pourtour de celle-ci (dans des gorges) pour les balles ogivales et celle de forme cylindrique.  Ces deux tireurs préconisent un autre mode de graissage sous la balle.

* Le graissage selon Joël “Doc” Shapiro, sur son site (« très protégé ») :

Doc préconise d’utiliser de la bourre (notamment grasse). Les bourres sont fabriquées en carton, en cire, en graisse, voire en papier, etc. Pour la  précision,  il rappelle que  la lubrification aide à empêcher l’emplombage et permet de ramollir les  résidus non brûlés.   Comme d’autres, il affirme que les meilleures graisses à balles sont les cires naturelles qui ne dérivent pas du pétrole et qu’on peut préparer chez soi. (…) Pour savoir si la lubrification est suffisante, il conseille de vérifier la bouche du canon : s’il y a des résidus de graisse, on peut penser que la balle lubrifie suffisamment, mais et si les résidus sont durs et secs, il faut améliorer le graissage. C’est un conseil que je recommande de suivre.

Jusque là, il n’apporte que des informations basiques. Deux points de ses recommandations retiennent mon attention :

  • il préconise de mettre une bourre grasse entre la poudre et le projectile, mais cette méthode  risque de causer une contamination de la poudre par la graisse. Pour réduire ce risque, il propose de rajouter un carton ciré entre la poudre et la bourre grasse.
  • Il met en garde contre le risque aussi de voir la graisse coller à la base de la balle, ce qui nuit à sa trajectoire.  Il recommande donc de mettre une bourre cirée entre la bourre grasse et la balle.  C’est en effet un inconvénient que j’ai constaté avec les balles rondes et les ogives au tir avec un revolver à PN. Sous la pression de la poudre, la cire ou la graisse dure sont plaquées contre la balle et traversent la canon, en formant un bloc qu’on retrouve sur la cible, avec une trajectoire perturbée (on verra sur la cible la graisse et des déchirures importantes  ! Il faut contrôler que les impacts sur la cible sont propres et bien découpés, sans déchirure.

Si on suit les conseils éclairés de notre ami Doc,  cela fait beaucoup d’opérations et de couches successives !  On voit donc que le fait de mettre la graisse sous la balle présente certains inconvénients qu’il faut prendre en compte.

* Le point de vue plus  critique de John L. FUHRING, un autre américain, envers le chargement traditionnel, 

Il nous propose une méthode de chargement qui va dans le sens de doc Shapiro  pour obtenir ce qu’il appelle une « bonne gestion de l’encrassement ». Le contrôle de l’encrassement est essentiel selon lui pour  obtenir de la  précision. En raison de sa composition chimique, la  poudre noire (et les substituts) laisse dans le canon des résidus durs qu’on appelle « encrassement » (fouling) ) et cet encrassement s’accumule à chaque tir,  jusqu’à obturer les rayures du  canon. L’encrassement progressif des rayures empêche les  balles de faire leur rotation lorsqu’elles voyagent dans le canon,  ce qui nuit à la  stabilisation de leur vol et affecte  la précision du revolver :   les  impacts se dispersent alors partout dans la cible.

FUHRING conteste la pratique la pratique traditionnelle  du graissage que pratiquent de nombreux tireurs à la PN et qu’impose la FFT. Il rappelle que le graissage extérieur a pour but (en principe) de transformer un encrassement dur en  une substance molle et graisseuse qui ne s’accumule pas dans le canon, mais il objecte que  la méthode traditionnelle n’a qu’un effet limité sur l’accumulation des résidus. Il faudrait donc faire un nettoyage après chaque tir (avec un chiffon). Il affirme également que l’idée selon laquelle le graissage de l’entrée de chambre empêche les départs en chaîne et sert à « lubrifier » l’intérieur du canon (the bore) est une idée fausse:  Il suffit de regarder le barillet  après le tir de la première chambre pour constater que la graisse a été soufflée à l’entrée de toutes les chambres, dit-il. Les tirs ultérieurs vont donc donner lieu à  des dépôts durs dans le canon.  Pour assouplir l’encrassement,  le  revolver a besoin d’une graisse résiduelle après le passage de la balle, ce qui selon lui, implique que la graisse  soit placée sous la balle  et non au dessus de celle-ci. FUHRING affirme  avoir maintes fois  testé cette méthode :  ses résultats sont probants, assure-t-il (comme tous les américains, son discours tient lieu de preuve).  Mettre de la graisse sur l’entrée de la chambre chargée, après que la balle ait été insérée, va juste rendre la partie avant du barillet collante, attirant ainsi des  particules de poudre qui sont responsables de certains départs en chaînes. Selon lui  le terme lubrifiant  (concernant la végétaline, le saindoux, le beurre à canon, etc)  est utilisé à mauvais escient,  car ce sont en fait des « assouplissants » :  Ils ne réduisent pas le frottement, mais transforment un encrassement dur en un mélange résidus+ graisse dont la consistance est molle. Tels sont les arguments qu’il oppose à la méthode traditionnelle.

* Sa méthode: mettre la graisse avant la balle (slug)

Cette méthode est-elle fonctionnelle ? Après avoir mis la poudre dans chacune des chambres,  il insère une bourre (wad) ou un feutre  dans chaque chambre (avec un outil approprié). Les fabricants imprègnent ces  bourres avec un  lubrifiant, dit-il, mais qui n’est pas efficace. L’utilisation de bourre  est cependant idéale pour deux raisons selon FUHRING. Tout d’abord, elle balaie les parois de la chambre de tous les  grains de poudre collés à celles-ci et laisse un espace sous la graisse qui, empêche la contamination de la poudre par la graisse en expansion.  Le remplacement de la bourre (wad) par de la « Crème de blé » ou de la semoule de maïs sec est possible, car elle absorbe bien la graisse excédentaire. Cependant  la semoule ne permet pas de « balayer » les parois de la chambre, comme le font les bourres. Donc selon lui, la bourre est préférable.

Pour des charges très légères, FUHRING propose de compléter  le remplissage de la chambre avec de la  semoule de maïs ou de la garniture de crème de blé, avant de placer la bourre. Une variante consiste à découper des opercules de liège (ou de carton qu’on trouve en brasserie)  en utilisant un emporte pièce,  pour  remplacer de la bourre.   

Vient alors le graissage, avant la balle.  Il faut enduire le bout de l’index avec une petite quantité de graisse (grease)  –  Cristo, saindoux, suif ou tout équivalent de graisse –  et faire entrer celle-ci dans la partie supérieure des chambres, avant de mettre les balles et de sertir. FUHRING recommande de ne pas mettre de graisse en excédent.  En aucun cas, souligne-t-il,  il ne faut utiliser la même quantité de graisse entre la bourre et la balle que celle utilisée lorsqu’on graisse la balle à l’entrée de la chambre. La bonne quantité de graisse se vérifie en contrôlant les résidus dans le canon avec un tire chiffon. S’ils sont secs, s’ils sont trop importants, etc… on réajuste. Si la graisse est excédentaire et qu’elle « noie » la poudre,  le tir sera faible  et produira un « flop » caractéristique;  dans ce cas il faudra impérativement arrêter le tir et vérifier qu’une balle n’est pas coincée dans le canon.  Pour résumer, la graisse placée sur la balle ne remplit pas son rôle et le canon s’encrasse (ce qui est indéniable) et ce qui nuit à la précision. Donc  pour que la graisse absorbe les résidus, elle doit être placée sous la balle.

Voilà donc une méthode qui comporte un certain nombre de couches et qui risquent de remplir la chambre d’un calibre .44, empêchant la balle de rester sous le niveau extérieur du barillet !

crisco-450gr-1333999189Le Crisco qu’utilise FUHRING est une graisse alimentaire vendue aux USA ; le saindoux n’est pas une graisse dure, c’est une graisse malléable. Quant au suif, je ne l’utilise pas (pour l’instant), il est assez malléable.  A ce point, il faut donc procéder à des essais. De toute façon je suis d’accord avec Shapiro, il faut empêcher le collage qui perturberait la trajectoire de la balle  et dans ce cas, il faut un écran entre la graisse et  le projectile. Un opercule de carton ou une bourre ne suffisent pas à empêcher une graisse molle de remonter sous la balle quand celle-ci est sertie, car le carton se déforme. Un cookie de cire dure pourrait faire un véritable bouchon, mais il collerait à la balle.  A mon avis, le « grease cookie » balaie, il nettoie à sec, mais il ne se mélange par avec les résidus pour les ramollir, il ne jouerait qu’un rôle d’écran.

D’autre part, mettre une graisse souple sous la balle risque de provoquer un flottement de celle-ci. Au delà des risques de blocage du barillet, une balle « glissante » n’assure pas une bonne compression, ce qui est nécessaire pour propulser la balle. Pour éviter le flottement, ainsi que la perte de compression, il faut un sertissage efficace qui garantissant une stabilité de la balle et une balle sèche. A mon humble  avis, tout cela  exclut la présence de graisse molle sous la balle, sauf si la balle est conique, car dans ce cas les graisses remontent difficilement, et encore, car si l’ogive  comporte un retreint, la graisse va remonter sous la pression.  Comme on le voit, la graisse placée sous la balle introduit beaucoup de complications.

 Si les tireurs mettent traditionnellement la graisse à l’extérieur de la chambre, c’est à dire sur la balle, c’est pour toutes ces raisons et pas seulement  par crainte de départs en  chaîne, comme le fait croire John FUHRING : c’est surtout  la crainte d’un manque de stabilité de la balle, occasionnant un blocage de la rotation du barillet qui justifient que la graisse ne soit pas placée sous la balle!  Mettre la graisse au dessus du projectile, est donc justifié, mais j’admets que ce mode de graissage n’est  pas idéal, car il encrasse beaucoup  : faut-il donc choisir entre sécurité et précision  !

FUHRING souligne que pour siéger les  balles (slug) dans les chambres,  il faut  une pression raisonnable afin de les siéger en douceur car les  compresser excessivement, n’est pas bon pour la précision. Il faut également être absolument certain que les balles affleurent leur chambre mais qu’elles restent sous le niveau de celle-ci, car si une balle dépasse, elle bloque la rotation du barillet, et dans ce cas il peut être très difficile d’enlever le barillet, sans chercher à le faire tourner. S’il s’agit d’un revolver à carcasse fermée type Remington, il sera « presque » impossible de le  sortir barillet même de vider  la chambre par le trou de la cheminé pour enfoncer la balle.

chargement 1chargement 2chargement 3

  1. Coupe transversale d’une chambre montrant la technique de chargement pour charges complètes. Il n’y a pas de graisse sur le dessus de la balle.  La quantité de graisse n’étant  pas excessive,  elle en traverse pas la bourre et n’imprègne pas la poudre.
  2. Coupe transversale d’une chambre montrant que l’utilisation excessive de la graisse contamine la poudre. Cela se traduira par un tir faible .
  3. Une coupe transversale d’une chambre pour les charges légères sans bourre. la graisse peut être comprimée dans la partie supérieure sans contaminer la poudre en dessous.

Les graisses « comestibles » sont recommandées car elles dissolvent et adoucissent l’encrassement tandis que les huiles dérivées du pétrole produisent  une sorte de goudron. FUHRING utilise un mélange d’environ 85 % Crisco et 15 % de cire . Crisco est une graisse végétale blanche utilisée comme substitut du beurre dans la pâtisserie  américaine et notamment pour effectuer des glaçages.

Critique  de la méthode

Ce mode de chargement me laisse quand même embarrassé , car la graisse sous la balle présente un double inconvénient  que j’ai signalé :

  1.  si la graisse est dure (un mélange de cire d’abeille et de paraffine), il est certain que cette bourre va coller à la balle
  2.  si la graisse est molle (quand on l’assouplit avec de huile d’olive, ou de paraffine ou de vaseline, etc)  le sertissage n’aura plus d’efficacité du fait que la balle  qui s’est mise au diamètre de la chambre, glissera sur la graisse molle dont la chambre est enduite. On risque un grave problème  (surtout avec un revolver à carcasse fermée) : les balles vont sortir de leur chambre  lors des premiers tirs et bloquer la rotation du barillet.

Revenons aux « grease cookies ».  

Si la chambre est suffisamment profonde,  on devrait pouvoir envisager d’autres solutions. Les « cartouches » anciennes à poudre noire comportaient bien souvent une bourre de graisse qui surmontait la charge de poudre, comblant ainsi l’espace entre la poudre et la base du projectile. Cette bourre avait pour principal objectif de ramollir les résidus laissés dans le canon par la combustion de la poudre noire et de faciliter de ce fait la rotation du projectile suivant. Elle permettait d’empêcher une fuite de gaz entre la circonférence de la balle et la paroi du canon avant que la balle ne soit complètement « gonflée » et en mesure d’assurer ainsi efficacement cette fonction. Judicieusement comprimée dans le collet de l’étui (dans le cas de cartouches métalliques) , elle permettait également  d’obtenir une bonne étanchéité de la cartouche. Les américains appellent cette bourre « grease-cookie » (gâteau de graisse). Sa composition était généralement à base de suif et de cire d’abeille, voire uniquement de cire (Pour le fusil Gras, c’est une bourre de 4mm d’épaisseur en cire pure jaune qui a été officiellement adoptée en 1887). (extrait de COMMENT FABRIQUER DES « GREASE-COOKIES » Par Jean-Pierre SEDENT) Généralement les bourres de cire sont assez dures; un grease-cookie  se déforme,  s’écrase, s’élargit  sous la pression de la balle (au moment du sertissage) et obture la chambre, ce qui améliore la compression. Il peut donc remplacer la bourre de feutre, mais il doit être séparé de la poudre et de la balle par des  opercules qui ont chacun leur rôle!

  • de la poudre:  il suffit d’un opercule de carton de lait découpé à l’emporte pièce), ceci pour éviter que la graisse ne se mélange à l’explosif au moment de l’explosion.
  • de la balle, il faut un carton qui n’adhère pas à la balle  et qui se décrochera de celle-ci dès la sortie du canon, comme le fait le calepin,  ce qui n’est pas évident .

A première vue, la balle ronde présente l’inconvénient de s’enfoncer dans le cookie, de déformer l’opercule (ou le feutre), alors qu’une balle conique ne présenterait pas de tels inconvénients. http://poudrenoire-free-fr.superforum.fr/t178-grease-cookies

Essai de chargement  selon la méthode de FUHRING, avec des modifications.

Ce qui suit n’est en rien la garantie d’un tir de précision, il ne s’agit que d’hypothèses qui vont donner lieu à des essais. L’idée me vient de remplacer la graisse molle par de la cire semi rigide (mélange de cire d’abeille et de paraffine, mais qui se déforme quand même à la compression et même à la pression du doigt) . Je remplace donc la bourre par un cookie  de cire, car j’ai trouvé plusieurs posts ou blogs qui font référence à cette méthode . Les cookies de cire dure sont utilisés pour le chargement des balles métallique (40/44 par exemple). Ma recette de cookies a évolué en partant de cire très dures pour arriver à une composition plus souple, car si les cookies doivent être fermes, ils doivent  rester suffisamment malléables et gras  pour être écrasés sous la pression du doigt et se découper à l’emporte pièce sans être cassants.  Le cookie a plusieurs rôles: il nettoie les parois de la chambre de toute particule de poudre noire (1er avantage)  et d’autre part, il ne laisse pas de dépôt visqueux sur celles-ci qui provoquerait le flottement de la balle.  Le cookie a surtout comme but de nettoyer efficacement le canon et cela, je le confirme après des essais multiples, tout en en ramollissant les résidus, il reste donc à prouver que le cookie est compatible avec la précision.

Mon cookie est placé sous la balle  (épaisseur de 4 à 8mm selon l’arme). Il  remplace la semoule et assure le remplissage du vide de la chambre. Par sa rigidité relative, il obture la chambre,  étant collé aux parois sous l’effet du sertissage (ce que la semoule ne fait pas) et augmente ainsi la compression.  Lors de l’explosion de la poudre, le cookie est suffisamment rigide pour résister à la pression,  et ensuite,  il sert de propulseur à la balle, ce qui exige de mettre un opercule entre lui et cette dernière pour empêcher le collage.  Je préconise même de mettre deux opercules. C’est un peu comme les fusées à étages, qui se détache au cours de la trajectoire.

Le cookie (mélange de cire et d’huile) vise à remplacer la graisse molle que FUHRING met sous la balle, sans avoir  les inconvénients de celle-ci,  car au moment du sertissage, la graisse molle va remonter et passer autour de la balle qui n’est jamais parfaitement sphérique, donc on aura une balle ronde grasse qui ne tiendra pas, ou un collage de la graisse sous la balle.   Certains tireurs considèrent justement que la graisse extérieure « tient » la balle et protège des départs en chaîne, c’est vrai si cette graisse est consistante, mais si elle est souple, gélatineuse, elle ne tient rien. C’est le sertissage à sec qui,  seul,  assure une bonne tenue de la balle dans la chambre,

mon chargementLe cookie de cire est placé sur la poudre, séparé de celle-ci par un opercule de carton de lait, car au moment du coup de chaleur, la cire va fondre et contaminer la poudre. Les opercules découpés dans des cartons de bock à bière ou  de C50, plus poreux et plus absorbants, peuvent être utilisés également.  Le cookie est également isolé de la balle par un second opercule (facile à placer car suffisamment rigide), ceci pour éviter le collage du bloc de cire sous la balle.  Les opercules de carton de lait n’ont presque pas d’épaisseur tout en étant rigides, ce qui est un gros avantage. Mais au moment du sertissage, la balle ronde risque d’imprimer sa forme au cookie et faire remonter la cire (qui peut se déformer sous la pression) sur les côtés de l’opercule, ce qui aurait pour résultat de coller le cookie à la périphérie de la balle,  malgré la présence du carton.  Pour réduire ce risque, on peut doubler l’opercule ou encore mettre une bourre qui ne collera pas du tout à la balle. Rajouter un peu semoule  pour empêcher ce collage ne donne pas de bons résultats ?  Les essais ont montré que le cookie sans additif de semoule est la méthode de chargement la plus précise lors du tir.  Comme le cookie ne lubrifie pas, je garde la graisse extérieure qui assure quand même une lubrification et ramollit  les résidus, car je ne suis pas convaincu de son inutilité, et surtout parce que la solution de FUHRING (graisse molle sous la balle) me paraît problématique.

Une fois que la balle est sertie, contrairement à ce que propose FUHRING,  Cependant, je conserve un graissage extérieur, sur la balle, avec une graisse nettement plus fluide, mais sans excédent. Je fais donc un double graissage. Seule la graisse qui se trouve en fond de sillon (autour de la balle) va rester après les premiers tirs une partie de cette graisse ayant été soufflée. Ceci  ce qui va permettre de faire une meilleure lubrification et un  ramollissement des résidus collés dans le canon (FUHRING démontre que ce n’est pas utile, mais il ne démontre pas que c’est nuisible) .  Il existe des outils pour faire un graissage sur la balle, ce qui  améliore la précision (une douille fraisée  pour obtenir une cavité sphérique, de telle sorte que la graisse se place dans ce sillon périphérique). Là, ça devient « très perfectionné » !  Ce chargement n’est donc plus tout à fait celui conseillé par FUHRING. Les tireurs américains préconisent des graisses animales ou végétales qui dissolvent les résidus et déconseillent fortement les graisses industrielles.

A l’essai, aux 1ers tirs, je constate qu’à l’entrée des chambres, la graisse fond et qu’elle est soufflée en grande partie. D’autre part, le cookie produit en effet  un nettoyage du canon, lequel est effectivement très propre à tel point qu’au nettoyage du revolver, l’odeur caractéristique d’œuf pourri a presque disparu, mais les résidus dans le canon sont trop secs.  Les chambres sont très propres également.  Plus de trace de cette graisse goudronneuse qui reste habituellement collée dans l’arme. Le cookie a donc un effet nettoyant, mais desséchant, Selon FUHRING cela indique que la composition de la graisse ne convient pas. Les 1ers essais ont été tentés avec une cire trop raide, cassante (du coup la découpe des cookies avec l’emporte pièce était difficile)  ;  les impacts étaient alors dispersés. Les cookies ont ensuite été ramollis avec de l’huile d’olive, jusqu’à obtenir une consistance  plus grasse tout en restant assez solides à température ambiante pour garder leur forme cylindrique et servir à pousser la balle.

Les résultats lors des tirs avec cookies semblent meilleurs  que ceux réalisés avec un chargement traditionnel à la semoule: des groupements bien dessinés ont été obtenus avec des armes considérées comme imprécises  qui « arrosaient » la cible si je chargeais « à la semoule ». Ceci est particulièrement flagrants avec le colt 1860 dont les résultats sur cible sont  « radicalement » différents.  Pour autant, il convient de poursuivre les essais comparatifs sur plusieurs armes. 

Les conditions de l’expérimentation:

Chaque revolver disposait de plusieurs barillets (4 pour le Walker et 3 pour le Colt 1860) et chaque barillet était chargé de façon différente, ceci pour revérifier si,  avec un même revolver, la précision varie selon le type de chargement.  Un nettoyage du canon est fait entre chaque tir d’un barillet. Chaque barillet a donc donné des impacts que j’ai couvert de pastilles de couleur différente pour bien mettre en évidence le groupement ou la dispersion lors du tir des 6 balles. Il apparaît incontestablement que pour le Walker le meilleur groupement a été obtenu avec le barillet N°7,  et pour le colt 1860, c’est le barillet N°2, et il apparaît donc que ces 2 meilleurs scores sont obtenus avec le chargement suivant: la semoule est remplacée par un cookie de  forte épaisseur, avec des opercules pour éviter de noyer la poudre ou de coller la balle dans la graisse du cookie;   pour finir une graisse supplémentaire plus souple est enduite sur la balle, mais qui semble avoir eu trop de consistance ou d’épaisseur aux 1ers essais , car elle est souvent restée sur la balle jusqu’à la cible, en provoquant des déchirures du carton.

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Examinons maintenant les cibles (dont l’une a été reproduite, compte tenu des déchirures importantes du carton).  Je précise que pour les essais de tir avec ces 2 armes, le point visé était le centre de la cible. Donc aucune contre visée n’a été faite, ce qui explique les impacts des balles dans la partie droite du C50 , ce qui n’est qu’une coïncidence dans les deux cas. En fait, je vérifiais la précision due au chargement et dans le même temps, je faisais un réglage du guidon dérivable. Les deux armes tirent à droite et demandent un réglage de leur guidon. J’ajoute que les tirs ont été réalisés avec un vent tellement important ce jour là, qu’il fallait attendre que la cible cesse de se balancer pour tirer, ce qui peut  perturber les  résultats obtenus. Ce jour là les tireurs avaient déserté le stand!

1/ Pour le Walker 1847 (Hege Uberti) , j’ai procédé à deux types de chargements en utilisant 4 barillets tirés avec le même revolver et 1,2g de PN.

  • L’un mixte (barillets 1 et  8) comportant de la semoule avec  un cookie dur de faible épaisseur, en supplément , mais selon le barillet, j’ai placé  le cookie soit au dessus de la semoule soit en dessous et ce qui est flagrant,  c’est que le barillet 1 (jaune) a une dispersion horizontale, tandis que le barillet 8 (vert) a une dispersion verticale !  ce type de résultat m’interroge par son caractère  bizarre. En outre, la graisse trop épaisse est restée sur  certaines balles…  il faudrait tenter de tirer sans graissage externe,  comme le recommande FUHRING, pour juger de l’utilité ou non de ce graissage en sus du cookie.
  • L’autre type de chargement (barillet 7 et B) ne comporte qu’un cookie de taille importante  pour le 7 (rose) selon le schéma de chargement que je présente ci-dessus, tandis que pour le barillet B (bleu),  j’ai ajouté un cookie supplémentaire,  afin que la balle affleure la sortie de chambre, car je trouvais que le barillet 7 avait des balles trop enfoncées (3 à 4mm sous la sortie de chambre).  Le barillet B (bleu), chargé avec un double cookie,  disperse lui aussi verticalement. Seul le barillet  7 (rose) donne un groupement qui s’inscrit dans un triangle correspondant au diamètre du visuel , bien que tirant plutôt vers le haut de celui-ci. Avec une contre visée, et un tir par temps calme, sans vent, le groupement pourrait venir dans le visuel . On aurait alors obtenir un tir présentable pour un Walker.

Ce qui est intéressant, c’est de constater que les tirs donnent des impacts très caractéristiques et franchement différents. Comment expliquer ces bizarreries ? Ces variations demandent  à être expliqués par des hypothèses (problèmes  d’encrassement?) et des tests complémentaires. Il va falloir maintenant  faire une séance de tir avec les 2 barillets graissés selon la recette 7 et 2 autres garnis strictement  avec de la semoule pure et un graissage extérieur,  tous étant chargés à 1,2g de PN (par exemple) et examiner attentivement l’encrassement.   Je travaille selon une méthode expérimentale  qui est rarement présentée sur les forums ou les blogs, ceci pour en finir avec les infos vaseuses qui circulent sur le net. Je ne suis pas un tireur de compétition et mes tirs (avec appui  pour ce qui est des essais)  sont assez instinctifs. Mes armes sont en outre d’une qualité variable, ce qui fait que j’utilise pour mes essais aussi bien des daubes que des revolvers offrant une précision honorable, selon mon projet.

P1000764P1000757Je tente un nouveau test, toujours avec un guidon qui tire à droite (je n’ai pas voulu faire le réglage pour pouvoir  vérifier la dérive à droite en fonction du tir;  est-ce le revolver qui tire à droite ou moi ?).

2/ Pour  le Colt 1860 (Uberti) qui jusque donnait des tirs franchement décevants , j’ai la surprise de constater que le barillet 2 (impacts rouges) chargé avec un cookie épais (7 à 8mm) , fait un  joli groupement dans le visuel, bien qu’un peu à droite de celui-ci, tandis que les barillets 1 (bleu) et F (flûté) ont une dispersion décourageante.   Si je m’en étais tenu aux résultats habituels,  le flingue serait déjà  au mur !! Les impacts du barillet 1 suivent une pente linéaire oblique et descendante, jusqu’au bas de la cible:  résultat  surprenant!  Ceux du flûté sont dispersés à gauche, avec 2 balles qui sortent de la cible…  mais ce barillet est loin d’être de qualité, car les chambres présentent des défauts divers.  Si l’on s’en tient à ces 2 barillets, c’est la consternation , de quoi foutre le flingue à la  poubelle!! Dans quelle mesure le barillet  ou la recette de chargement interviennent-ils ?  Telle est la question.  Il faut donc procéder à une contre vérification  en chargeant tous les barillets avec  des cookies de l’épaisseur du 2. On pourra alors juger si la recette est  fiable.

Un seul problème: si la semoule peut être utilisée sans limite de quantité peut-on faire de même avec un cookie et  jusqu’à quelle épaisseur peut-on l’utiliser (je pense au Colt Walker).  J’ai expérimenté des cookies jusqu’à 8 à 10mm qui fonctionnent  parfaitement, mais au delà la précision baisse (c’est à vérifier lors d’autres essais) .

 Conclusion : on est encore loin de mettre les balles dans le 10, mais comme disent certains poudreux, c’est en essayant qu’on atteint son but!!! En réalité, ce qui  me dérange, c’est que les dispersions constatées sur ces armes qui ont une certaine vétusté, tiennent peut-être à plusieurs facteurs, ce qui veut dire que pour être pertinent, il faut isoler le facteur recherché en faisant disparaître les facteurs parasites (tels que les cheminées, par exemple).  C’est donc un travail très laborieux et très long.

Fabrication des cookies et des opercules 

Les cookies sont découpés dans une plaque de cire (cire d’abeille et paraffine) qui a été préalablement coulée entre 4 barres de fer plates, épaisses de 4mm (et plus), ou entre des carrelages, l’un comme l’autre étant lourds.  La coulée se fait sur du papier sulfurisé (qui se gondole quand on verse la cire chaude) . Chaque cookie (galette ou rondelle de cire) est découpée  avec un emporte pièce de 11mm pour le calibre 44.  Si la  cire est trop dure dure, chaque trou percé en force (avec un petit marteau) fait fendre la plaque : c’est le signe qu’elle est trop cassante,

P1000667La plaque de cire peut être ramollie pour faciliter la découpe (avec un fer à repasser et une feuille de papier cuisson) , mais si elle est bien dosée, elle se découpe sans se casser et les cylindres sont suffisamment solides pour sortir sans déformation de l’emporte pièce (on place simplement une petite cheville de bois dans celui-ci pour repousser le cookie découpé).

Pour les opercules  je les découpe dans un carton de lait avec un emporte pièce de 11mm, en frappant le carton avec l’emporte pièce sur une plaque de chêne (un bois résistant) , afin de ne pas altérer l’affûtage de l’outil . Un bois tendre se désagrégerait très rapidement.

La balle une fois sertie doit arriver grosso modo à 2mm sous le niveau de l’entrée de chambre. Le graissage externe doit se faire dans le sillon, et un outil de type refouloir ayant une forme creuse sphérique (pour les balles rondes)  peut enduire la partie externe de la balle d’une couche fine de graisse. La recette De John FROST est la suivante : 50% de margarine et 50% de saindoux.

C.2/ Le chargement et la compression

Le moment est venu de nous intéresser de façon très attentive à l’article d’AVT concernant le chargement du revolver à percussion dont j’ai donné les références en début d’article. Il traite notamment de la combustion de la poudre noire et de sa compression.  Cet article souligne l’importance du choix des cheminées pour avoir un allumage franc et pour réduire l’encrassement du chien, ce qui n’est pas un point essentiel lors d’une séance de  tir, mais ce qui est important, c’est la perte de pression due au diamètre du conduit de la cheminée  .

 Concernant les revolvers à percussion, la perte  de pression se fait de plusieurs façons:

  1.  une forte perte de gaz a lieu par l’interstice entre la canon et le barillet, (l’entrefer) surtout lorsqu’il est important.
  2.  à l’arrière du barillet, par les cheminées

La poudre noire est un explosif brisant instable, tandis que la PSF est un propulseur, c’est à dire un combustible.  Article à lire :

« Contrairement à leur appellation, les poudres se présentent sous forme de grains de formes variées. La combustion, donc le dégagement des gaz s’effectue à la surface des grains. On comprend aisément que plus  la surface du grain est importante plus la quantité de gaz se dégageant en un temps donné sera  élevée. La forme des grains de la poudre,  outre sa composition chimique, influe grandement sur sa  vivacité (c’est à dire sa vitesse de combustion). » Lire la suite de l’article (Influence  de la forme des grains  et caractéristiques mécaniques des grains de poudre, etc

« La combustion de la poudre n’est jamais complète. De plus, il existe des ondes de pressions, prenant naissance dans les régions où la poudre s’enflamme,  qui se propagent jusqu’au  (…) culot du projectile où elles se réfléchissent et peuvent interférer en certains points. Le champ de pression dans la chambre n’est pas homogène  et ce phénomène très complexe peut  influer sur les contraintes mécaniques subies par les parois de la chambre et la vitesse de combustion des grains de poudre. Après l’allumage, la pression en chambre croît et les gaz chauds viennent pousser sur le projectile. Ce dernier ne bougera pas tant  que la force générée par la pression  des gaz sur son culot sera inférieure à celle due aux frottements statiques de son sertissage (…) qui sont un facteur important de la montée en pression initiale en chambre. »

La nature explosive et  instable de la PN favorise sa mise à feu et sa combustion est très vive.  Il est cependant impossible de faire varier cette vitesse de combustion (contrairement à la PSF qui a une combustion progressive mais qu’on peut contrôler),  ce qui est utile en terme de sécurité et pour la régularité des résultats. C’est la quantité de PN qui permet de modifier la masse en mouvement : en augmentant la charge, on peut pousser plus de masse, sur une plus grande distance, mais pas beaucoup plus vite (450m/s pour les vitesses les plus hautes en armes longues).  Quelle que soit la quantité, on ne peut pas dépasser les 900 à 1000 bars pour les valeurs les plus hautes, ce qui est très sécuritaire pour les armes à PN.

Le sertissage de la balle permet d’avoir une bonne montée en pression, car plus le frottement de la balle retient la pression de la poudre qui explose, plus la montée en pression s’élève et plus la balle va gagner en vitesse lorsque le frottement ne suffira plus ….  L’étanchéité de la bourre contribue également à faire monter la pression, surtout lorsqu’il s’agit d’un cookie.

Quels sont les effets de la compression excessive de la poudre, sur la précision lors du sertissage de la balle? 

En général on considère qu’une compression excessive est à éviter:  serait-ce une idée fausse? Je vous invite à parcourir ce forum où se déroule un débat: » Par expérience et en accord avec ce qui se dit sur les forum US , la PN ne doit pas être compactée comme un boulet de coke (le dérivé du charbon … ). La contradiction suit : « En cartouches d’armes d’épaule , la compression est un des nombreux  critères de la précision (commencer par 2mm puis monter en paliers). / « Que dire alors des doses de PN individuelles vendues compactées pour les capn’ball?   On ne cesse de préconiser l’absence de vide (ou d’air ) entre l’ogive et la charge de PN. Alors pourquoi une dose compactée poserait-elle problème ?/   « La poudre peut se comprimer et ça n’a rien de mauvais! Ce qui compte ce sont les résultats en cible! En 45LC, je fais une compression de 2,5mm, en 38-55, je comprime plus environ 4mm. (article de Black Powder Cartridge, concernant la compression)./  Quant aux cachets de poudre, c’est de la poudre avec un liant qui nuit à la régularité et à une bonne combustion, C’est pour ça que communément on dit que cette poudre c’est de la « …. » / « Ce n’est pas une histoire de pression, le repère reste la valeur d’enfoncement de la poudre.  De toute façon, il n’y a pas de règle! On peut tergiverser sur 100 pages, il n’y a aucune autre règle que l’expérimentation!!   Avec une certaine poudre, les meilleurs résultats seront avec peu de compression, avec une autre il faudra comprimer! Je n’ai pas mis tout l’article, mais il ont fait l’essai avec différentes poudres et chaque poudre donne une valeur différente en fonction de la compression. Et cela n’est valable que pour une arme et une ogive!   Donc, le mieux c’est de s’équiper du drop tube, du « compression plug », la rondelle qui va bien et ensuite il faut faire des essais et encore des essais, et toujours des essais!!   Certains champions US ont jusqu’à 100moules différents pour une seule arme, et ils passent leur temps à faire des essais de chargements.  Néanmoins, il y a une chose qui semble faire l’unanimité: la poudre suisse donne souvent les meilleurs résultats!

Quels sont les effets de la perte de compression des gaz due à un entrefer excessif ?

Je vais emprunter la réponse à l’auteur d’un article avec lequel je suis en total accord (Vérifier avant d’acheter un revolver d’occasion) .  La valeur de l’entrefer, « c’est l’écart entre la face antérieure du barillet et l’extrémité du cône de forcement. Sauf chez Colt, la valeur de cet écart peut varier entre 10 et 25 centièmes de millimètre. On a déjà trouvé moins de 10 centièmes sur un S&W, mais c’est rare et peu recommandé : dans ce cas, un encrassement de la face antérieure du barillet peut bloquer sa rotation du fait de la friction trop importante sur le cône de forcement (1). La valeur moyenne constatée la plupart du temps est de l’ordre de 15 à 18 centièmes. À partir de 20 centièmes, je recommande de ne pas acheter. Bien entendu, il sera bon, en plus de la lampe de poche, de se munir d’un jeu de cales ! La vérification de l’entrefer doit être faite sur les six chambres ».

Le diagnostic est évident : « un excédent d’entrefer cause (…)  une perte de pression des gaz de combustion de la poudre, et donc une perte de puissance et de précision, etc, etc « .  Donc il n’y a pas de doute,  si vous voulez faire de la précision, évitez les revolvers d’occasion qui ont pris de l’entrefer, à moins que vous soyez en mesure de  réduire cet entrefer (voir mon article sur le Walker, une affaire délicate ! ). [note1 : c'est d'ailleurs courant, il suffit alors de faire tomber le canon et d'essuyer le barillet]

Si on veut conclure sur le sujet de la pression dans les chambres,  voici une liste de points qui contribuent à  donner à la balle de la puissance, ce qui ne veut pas dire de la précision… (où intervient la différence ? )

  1. - la charge de poudre
  2. - la vivacité de la poudre  pour avoir le plus de gaz possibles générés tôt dans l’arme, et donc avoir en peu de temps le plus de pression disponible): ceci strictement  pour les armes à canons courts, mais qui finalement ne sont pas trop concernés par la précision,
  3. - le calibre de la balle le plus élevé possible (pour rendre son dessertissage plus difficile, donc avoir l’explosion à l’état le plus avancé possible avant que la balle ne commence à sortir du barillet, passer le cône de forcement et  atteindre les fonds des rayures du canon (en réduisant les vents (fuites )). Par contre l’augmentation du calibre entraîne un emplombage, etc
  4. - avoir une balle non graissée avant sertissage (pour rendre le dessertissage plus difficile). – mettre de la graisse devant la balle (pour réduire les frottements dans le canon car ceux-ci ne font que freiner la balle pour rien (énergie perdue pour juste chauffer le canon)).
  5. - avoir le moins d’entrefer possible (éviter les fuites qui font perdre de la pression).
  6. - avoir une longueur de canon adaptée (pour que la pression combustion puisse durer le plus longtemps possible et que la pression puisse  monter à son maximum et donc continuer d’accélérer la balle le plus longtemps possible).

Il me semble que la précision découle des mêmes points, à l’exception de la charge qui doit être plus faible, et du calibre qui doit rester raisonnable?

C.3/ Les cheminées, un point essentiel de la technologie du tir à  la PN et de sa précision

Nul ne saurait me contredire si j’affirme qu’elles doivent être en bon état :  ni rouillée, ni usée (élargissement du trou), ni obstruées, ni fendues , ni écrasées! Il est important de rappeler que le chien ne doit pas être rabattu sur des cheminées dépourvues d’amorces, car il les écrase!  Si on pose toutes ces exigences, ce  n’est pas  tant pour la précision que pour la sécurité, car pour la précision, selon un tireur de très haut niveau, « l’évent des cheminées est le point primordial de la précision ». Donc, on revoit ses cheminées et on mesure l’évent. Si lors du tir, le chien recule, c’est le signe que l’évent est trop important. Mais comment contrôler le recul du chien quand on a l’œil sur la cible ? D’autre part, ce recul peut résulter d’une tension insuffisante du grand ressort du chien, ce qui  se constate également par des amorces qui ne partent pas .

Voici ce qu’écrit un poudreux sur le forum http://forum.poudre.noire.free.fr/viewtopic.php?f=27&t=7429:

 « L’éclatement des amorces est occasionné par le retour des gaz au travers des cheminées.  Pour les « Colt » c’est encore plus gênant car le mécanisme est plus exposé que sur le Remington ou le R&S. Sur un Colt Dragoon neuf, le diamètre intérieur des cheminées est supérieur à 1mm. Les amorces sont désintégrées et le mécanisme est rapidement bloqué par les débris métalliques. (…) il faut alors aller ramasser les petits bouts d’amorce dans  le mécanisme ! » Tout cela me semble pertinent.  Un autre dit ceci : « J’ai eu la curiosité de tenter d’apprécier la taille de mes cheminées (d’origine, jamais démontées!), avec une aiguille médicale de 0,6mm; l’orifice fait à peu près le double … d’où l’idée de les remplacer par des béryllium 0,7 mm« .  Ce à quoi un autre répond sur le forum:  « La plupart des cheminées de repliques de revolver sont en (M6  X 0.75), donc parfaitement interchangeables de ce point de vue ;  il reste des variations sur la longueur du filetage, la hauteur du cône ou la taille de la clef pour les enlever, mais rien de bien méchant ».… C’est un point de vue!

Les cheminées constituent un domaine complexe et varié, avec des pas merdiques (pas américains souvent) et leur qualité varie selon leur mode de fabrication. Grosso modo on distingue les cheminées en acier et celles  au béryllium, ou encore celles avec  insert (tungstène, etc) . Mais outre leur solidité, leur durée et leur rapport qualité prix, c’est l’évent qui est le point essentiel et qui doit être vérifié à l’achat, car  des défauts existent – y compris sur des armes neuves.  Les cheminées en acier semblent être d’un bon rapport qualité prix et leur durée  est importante, sauf si « on charge la bête ras la gueule », dans ce cas là elles souffrent.

Autre commentaire extrait d’un  forum qui soutient l’importance de l’évent en tant que facteur de précision :

« La qualité d’un groupement tient au fait qu’à chaque coup, les conditions sont identiques : diamètre et poids de balle, charge de poudre, allumage, état du canon (encrassement), température du canon etc… Les tireurs de Bench Rest peuvent nous en apprendre pas mal à ce sujet, même si leurs armes sont différentes. Pour le revolver, les choses se compliquent à cause des six chambres différentes. D’une part leur diamètre doit être strictement identique puisque c’est chaque chambre qui recalibre le projectile. Des différences de diamètre des chambres entrainent des différences de diamètre des projectiles,  ce qui, dans toute arme, nuit gravement à la précision. Pour l’allumage c’est pareil, des variations à ce niveau entrainent des écarts de pression et donc de vitesse du projectile, ce qui influe sur la précision.  Ce phénomène est bien connu des tireurs de précision à la cartouche qui font attention au diamètre du trou d’évent et à la qualité des amorces. De plus, comme nos systèmes sont « ouverts »,  des pertes de pression sont engendrées par les fuites de gaz au niveau des cheminées. Si ces pertes sont variables, les pressions vont varier aussi. Il est donc important d’avoir des cheminées identiques sur chaque chambre d’un revolver PN. Pour une arme destinée à la compétition, investir dans un jeu de cheminées de qualité, en bronze par exemple, est un gage de précision ».

Pour ce qui est du « pinçage » des amorces, c’est une opération liée au sous calibrage du diamètre des cheminées par rapport au diamètre des amorces. Ce jeu existe aussi sur les cheminées de qualité pour tenir compte de l’encrassement extérieur des cheminées lors de séances prolongées. Dans ce cas, il est habituel de devoir pincer les amorces sur des cheminées propres,  alors que cette opération devient superflue au bout de quelques tirs. Si ce jeu n’existait pas, la pose d’amorces deviendrait impossible au fil des tirs. S’il faut toujours pincer les amorces sur une arme bien encrassée, c’est que le diamètre des cheminées est vraiment trop faible. »

C’est un véritable cours ! Ces extraits traitent de façon complète la question des cheminées !  La règle sera donc celle de l’étroitesse des conduits de cheminée,  mais avec le risque de ratées lors de l’allumage des chambres (un peu de saleté dans celui-ci…). Du coup, je me suis senti obligé d’aller vérifier certaines de mes cheminées,  avec le sentiment que la plupart d’entre elles pourraient bien être trop larges.  Le problème est que la fine tige d’acier que j’introduis dans la cheminée d’un colt 1851 montre un jeu très important à l’entrée de la cheminée, mais  l’aiguille bloque et ne permet pas de savoir si le conduit a la même largeur  à la sortie, dans la chambre !  Comment faire ? Il faut donc sortir chaque cheminée et la vérifier dans la partie qui se trouve à l’intérieur de la chambre. Quoiqu’il en soit, cette vérification est assez laborieuse.  Je vais donc procéder à des essais avec  mes anciennes cheminées et avec les nouvelles, et nous verrons alors aux résultats.  Donc à suivre…

C.4/ la régularité des balles:  mesurer  et trier les balles de plomb coulées avec un moule (voir article 4)

J’entends souvent que le tireur doit s’équiper d’une balance précise pour trier ses projectiles, mais qu’en est -il des diamètres de ceux-ci, la relation entre poids et diamètre a-t-elle un intérêt ? Les diamètres des balles ont une incidence directe sur le chargement, car le sertissage des projectiles se fait en réduisant leur diamètre, ce qui peut donner lieu à des déformations si le diamètre du projectile est de beaucoup supérieur à celui des chambres .  De même que  la presse de sertissage ne peut réduire le diamètre d’une balle que de façon progressive, par étapes, avec plusieurs outils, le sertissage des projectiles dans les chambres doit donc se faire lui aussi en tenant compte de l’écart de diamètres pour ne pas  déformer les balles et maltraiter l’axe du  levier de chargement pour ceux qui l’utilisent.

Le calibre des balles dépend de la fiabilité et de la qualité du moule : les balles coulées à domicile  dans des moules courants (LEE) ainsi que les balles vendues dans le commerce varient en diamètre de façon suffisamment sensible pour affecter la précision. John FROST  l’auteur de l’article d’AVT sportif, recommande un moule PEDERSOLI en cal. 454 (référence 99218 26)  et décrit le façonnage des balles réellement rondes de chez PEDERSOLI. Il est évident que si on tire avec une arme PEDERSOLI, on doit viser le haut de gamme dans leur fabrication et avoir la garantie de leur sphéricité (à quoi s’ajoute d’autres critères, notamment la dureté en rapport avec la profondeur des rainures du canon). Sans chercher à viser la compétition, mais en étant soucieux d’obtenir un degré « raisonnable » de précision, en rapport avec un usage courant de l’arme et une fabrication personnelle des balles, l’achat d’un moule de qualité  PEDERSOLI est souhaitable, même si on ne tire qu’avec un revolver UBERTI par exemple.  Ce n’est cependant pas le diamètre qui est le critère de tri des balles, entre celles qui sont au bon calibre et celles qui sont défectueuses, c’est leur poids.

4mso03t1v02i01 Il me semble que les tireurs qui sélectionnent leurs balles le font par pesée, ce qui n’est pas une tâche facile, car pour ma part, les balances que j’utilise sont longues à régler. Je parcours le net à la recherche d’une balance précise mais d’un usage facile, et je ne trouve que ce genre d’outil (Lyman 500, voir la photo).  A titre d’exemple, ESP vend une balance Lee et une balance Redding qui fonctionneent comme ma balance.  Je me vois mal en train de trier mes balles avec une balance qui travaille au ralenti. Reste les balances numériques… j’en ai achetée une chez Conrad, de la Daube ! En poudre noire, le plastique est  totalement déconseillé : il faut du laiton.

Nous avons constaté,  et ceci de longue date,  que les balles (rondes notamment) varient en diamètre  lorsqu’on les coule: ces variations sont dues à la température du moule au moment de la coulée.  J’ai procédé à quelques mesures sur des balles de cal .454 et .451 que je conserve et qui pour la plupart proviennent  de mes moules Lee. En cal .454 elles devraient avoir comme diamètre 11,53 mm; en réalité leurs diamètres réels qui varient entre 11,47mm et 11,55 mm, soit une différence de diamètre de l’ordre 1/10ème de millimètre, Les résultats obtenus au pied à coulisse numérique sont souvent différents de ceux obtenus au palmer .  Les balles n’étant  pas parfaitement  cylindriques, les diamètres est une indication sujette à erreur, et d’autre part, selon le plan dans lequel l’outil fait la prise de mesure, le résultat peut varier (la mesure d’une balle ronde est plus difficile à prendre que celle dune balle cylindrique).

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La question qui se pose,  c’est de savoir si on a pu prendre le diamètre maximal (comme on parlerait du diamètre de la terre à l’équateur)? Avec le pied à coulisse numérique  (PACN)   le chiffre affiché n’est généralement pas stable et parfois, il  est même  absurde:  il faut à chaque mesure « remettre le compteur à zéro », car  le PACN indique que le point « zéro »  a bougé.  De toute façon,  prendre la mesure des diamètres d’un lot de balles est un travail laborieux,  aussi n’est-il pas possible de procéder de cette façon pour 300 balles;  il faut donc une méthode plus rapide. Le palmer et le pied à coulisse sont cependant intéressants pour mesurer des balles, lorsqu’on fait des échantillons ou des vérifications.

Pour faire le tri, 2 procédés me semblent possibles :

  1. soit la pesée, balle par balle, car la pesée ne tient pas compte de la forme de la balle, mais cette procédure est fastidieuse et surtout très longue,
  2. soit  un tri par diamètre, mais sans faire de mesure : on utilise une « trieuse manuelle », une petite innovation dont je suis l’auteur. c’est une plaque d’acier perforée de façon graduée selon les calibres . Bien entendu, le tri n’a rien à voir avec une mesure obtenue en utilisant une balance apte à peser les balles au grain près;  c’est simplement une méthode rapide pour éliminer des balles qui, sous calibrées, vont provoquer des incidents de tir et des flyers . On homogénéise les balles. On part du trou cylindrique correspondant au calibre .454  (par exemple) et  on procède au tri de la façon suivante :
  • soit la balle de 454 ne passe pas dans le trou, c’est donc une balle qui permet un sertissage correct, mais qui peut être sur calibrée, donc il faut la tester dans le trou supérieur  (456) et voir si elle ne doit pas être classée dans ce calibre
  • soit elle passe, mais  en la poussant avec le doigt, c’est une  balle qui risque de donner un sertissage modéré, mais exploitable
  • soit elle passe facilement (elle tombe) et on sait alors qu’elle est nettement sous-dimensionnée (c’est une balle à ne pas utiliser en 454)

On recommence l’opération avec le trou suivant en procèdant de la même façon:   la vérification est alors en échelonnée  ce qui permet d’effectuer le tri. Cependant selon l’orientation donnée à la balle, elle peut passer ou non dans le trou en raison de son irrégularité  (la balle n’est pas parfaitement sphérique).!  En général,  si son diamètre est inférieur au trou, on s’en rend compte au 1er tri. C’est une méthode assez rapide qui demande un outil que j’appelle une » plaque de  calibrage ».  Je trie les 454  avec un trou de diamètre  approximatif de 11,54 mm (vérifié avec une carotte de soufre). Il se trouve que plus de 50% des balles coulées ne passent pas, ce qui veut dire qu’elles sont sur-calibrées et le reliquat se partage entre les balles qui passent « en poussant » et celles qui passent avec facilité et tombent d’elles mêmes  (du fait de leur plus faible diamètre). a trieuse manuelle que j’utilise a des trous de diamètre échelonné, qui  en principe devaient avoir comme mesure les diamètres standards : 11,30 – 11,45- 11, 53 – 11, 58-  11,60  mais en réalité les diamètres sont différents: 11,45 – 1150 – 11,54 – 11,56 , ce qui s’avère fonctionnel .

On peut encore conjuguer les deux méthodes, à titre de vérification, pour voir si le tri par diamètre est en corrélation avec celui par masse de plomb,  car  en dernier ressort, c’est la masse de la balle qui est notre véritable objectif, le tri par diamètre n’étant qu’on moyen de contourner la pesée, trop complexe.

Les résultats de ce 1er tri  sont intéressants :

J’ai classé mes balles 454 selon ce principe  de sélection, c’est à dire selon que la balle passe ou non dans le trou de 11,54mm:   J’ai pris ensuite 10 balles au hasard dans les 3 catégories  que j’ai pesées en grains (balance Lyman 500 ) : les moyennes confirment  une différence de masse significative :

  • lot 3.1 :  différence de masse  allant de 140.2 à 138.6, ce qui veut dire que des balles nettement sous-calibrées sont dans ce lot et qu’il va falloir les éliminer ( moyenne 140,24 grains,   écart de 1.16 grains)
  • lot 3.2 : différence de masse qui se distribue entre 141.2 et  140.0 (moyenne 140,64 grains, écart 1,2 grains))
  • lot 3.3 :   différence de masse qui se distribue  entre 141,9 et 140 ( (moyenne 141,24 grains, écart 1,9 grains)

Si ce tri n’avait pas été effectué,  l’écart se situerait entre 141,9 et 138,6, grains,  ce qui correspondrait à 3, 3 grains, différence de masse très sensible.

Il nous reste alors à refaire un tri plus affiné pour les catégories 3.1 et 3.3 : j’ai fait éclater la catégorie 3.3 en 2 nouvelles catégories en passant au trou supérieur  d’un diamètre de 11,56mm  et je sépare alors  les balles : restent en 3.3  celles qui tombent et  celles qui entrent en poussant , et  vont en 3.4 celles qui ne rentrent pas et qui sont supérieures à 11,56mm.   Ce qui nous conduit à classer les balles de 454 en 3 catégories qui ont de fortes chances de correspondre au classement par masses. La catégorie  des balles comprises entre 11,50 et 11,54mm , celles qui avoisinent 11,54mm, celles qui sont comprises entre 11,54 et 11,56mm. Certains balles, trop fortes vont passez en 457, d’autres trop petites passent en 451.

plaque de calibrage IMG_NEW

Nous procédons maintenant de la même façon avec les balles de 451, en repassant d’abord par le trou de 11,50mm…   et en constatant que certaines balles peuvent être classées dans la catégories 3.1, ce qui veut dire qu’elles qu’elles n’entrent pas dans le trou dimensionné à 11,50mm (c’est à dire 3/100 en dessous de la dimension prévue pour le 454 ) .  Elles sont trop petites pour du 454 et trop larges pour du 450. Ce qui veut dire que pour ce classement,  on adopte le principe d’une tolérance de sous calibrage pour le 454:   jusqu’à 11,50,  on est en 454 faible ,  Les moules vendus dans le commerce ont des calibres tellement variables à la sortie des moules, qu’on peut trouver des 451 et des 454 qui sont au même diamètre !!  C’est  le principe de la trieuse manuelle qui doit donner un tri « raisonnablement » sélectif, sans aller jusqu’à la précision recherchée aux concours de tir. Pour la compétition, les balles sont pesées une à une. ce qui me gène c’est l’absence  de trou à 11,45mm, ce qui fait  qu’on va avoir un lot de balles de 451 sous-dimensionnées et un autre surdimensionnées, la plaque doit donc être réalésée, en tenant compte de l’échelonnement standard prévu initialement.  Néanmoins le principe du tri  selon les 3 critères retenus est efficace.

On peut ainsi avoir des lots de balles qui sont assez homogènes sans être parfaitement au même poids.  On peut cependant encore affiner le contrôle des balles en choisissant une balle qui a le poids souhaité pour sa catégorie (454) et s’en servir comme référence en utilisant une balance Roberval. C’est plus facile en procédant à une pesée comparative. Je constate que les fabricants vendent des moules  qui varient d’un grain (soit 1/15ème de gramme)

  • Moule à balles rondes 454 Pedersoli  /  139 grains
  • Moule à balle ronde   LEE calibre .454, référence  90442 /  140 grains.

Ce qui va intervenir,  c’est  aussi le calibre de l’arme utilisée, car la mesure des chambres et du canon  peut inciter à faire un choix entre ces normes de balles. Une fois le modèle de référence choisi, il suffit de vérifier que les autres balles placées sur la balance,  sont  peu ou prou en équilibre avec la balle de référence et celles qui sont  trop en décalage  sont alors retirées du lot.  il reste ensuite  à savoir quelle balle choisir pour chaque revolver, et pour cela,  il faut procéder au contrôle des diamètres des chambres et du canon. Une fois que les lots sont réalisés , on fait des essais  en plaçant les balles sur les entrées de chambres et en les siégeant, ont voit à la taille du copeau si elles sont trop larges ou trop étroites, ce qui permet ensuite de savoir quel lot  convient à l’arme

Si la vérification des balles rondes a donné lieu à quelques surprises, celle des ogives m’a fait découvrir une anomalie de mon équipement,  J’utilise deux types de balles « ogivales » en 454 dont l’une provient d’un achat en armurerie , tandis que  l’autre balle est  coulée-maison avec le moule 90382DL. la première est au diamètre 454, mais la seconde, après vérification,  passe le trou des 11,54mm et même celui des 11,50 et 11,45 mm « comme une lettre à la poste » : c’est une surprise, car je les utilise rarement et je n’ai pas vérifié leur diamètre .  Ces balles sont en fait plus proches du cal .445.  ce qui permet de dire que cette ogive ne convient pas au 1858,  J’ai fait une recherche et  J’en profite pour signaler que le moule Lee pour ogives 454 n’est pas fabriqué actuellement .balles coniques LEE

  1. moule LEE à balles ogivales cal .454 , réf. 90382DL (prévu pour le 1858,  etc)
  2. moule LEE à balles ogivales cal .457, réf. 90384 (prévu pour le ROA)
  3. moule LEE à balles rondes cal . 454 réf. 90442 (prévu pour le 1858, etc)
  4. moule LEE à balles rondes cal .451 réf. 90440 (prévu pour Hawken)
  5. moule à balles rondes LEE cal .457 réf. 90444 (prévu pour le ROA)
  6. moule LEE à balles rondes cal .441 réf. 90436 (prévu pour le Patriot)
Voici le type de balles « coniques » ou ogives  (conical bullets molds) produite par les moules LEE, mais  pas en cal. 454.   Le  moule 90382 est bien un calibre 450 !  Je suis donc conduit à considérer que je n’ai pas de moule pour couler des ogives destinées au Remington 1858, qui est un révolver prévu pour ce type de balles, mais j’en ai un pour le ROA  qui lui doit être chargé avec du 457. (si un lecteur a une référence à me proposer pour un moule ogives en 454, je suis preneur)

C.5/ Le couple diamètre du canon, diamètre des chambres.

Une fois qu’on aura mesuré  les diamètres canon/chambres,  il peut apparaître que le diamètre des chambres soit inférieur au diamètre du canon en fond de gorges. Faut-il alors envisager de procéder à un réalésage pour améliorer la précision?  Devant cette question qui me laisse embarrassé,  j’ai procédé à un recueil des avis sur internet.  ceux-ci sont partagés.

  • certains pensent que le diamètre de la chambre doit être au moins égal à celui du canon en fond de chambre et dans l’idéal, qu’il doit être légèrement supérieur.
  • d’autres, et notamment des fabricants, semblent considérer que l’expansion de la balle sous la pression des gaz (même quand il s’agit d’ une balle ronde)  est suffisante pour permettre à la balle de gonfler jusqu’à se mouler en fond de rainures.  on a vu notamment que c’est le cas du R&S FEINWERKBAU,  et nous avons lu la réponse du fabricant, qui reproduirait les dimensions d’origine.

Pour ma part, j’ai constaté sur plusieurs de mes revolvers à PN, en cal.44, que les chambres avaient un diamètre inférieur à celui du canon. J’avais donc entrepris de réaléser très légèrement certains barillets de Walkers,  notamment des Army San Marco, ne serait-ce pour obtenir une régularité des diamètres des chambres.  Depuis, je creuse cette question et je suis perplexe,  Il me semble que si la balle est sous calibrée au passage dans le canon, les « vents  » créent un déperdition supplémentaire des gaz. On pourrait penser que si la balle est sur-calibrée, elle favorise au contraire des fuites par l’entrefer.  Commençons par procéder aux mesures.

- Comment mesurer les diamètres des chambres et celui du canon d’un revolver

Il faut acheter du soufre vendu sous forme de « fleur de soufre » de couleur jaune (500g environ)  dans une droguerie en ligne, comme par exemple « mon droguiste.com » ou du cerrosafe vendu chez ESP.  Cependant, le souffre est corrosif et « risque » de tacher les canons et chambres, ce qui suppose de faire un nettoyage des pièces  mesurées après la prise d’empreintes. Cet inconvénient n’est  pas suffisamment connu. Il faut éviter de caraméliser le soufre et d’inhaler ses vapeurs qui sont toxiques ! Le soufre a une rétraction minimale, mais réelle que j’ai vérifiée, ce qui veut dire que si on veut une mesure très précise, il n’est pas adapté.

La fleur de souffre se chauffe à feu doux et fond à 115° environ dans une petite casserole sur un réchaud, en évitant que le soufre trop chauffé ne noircisse (pas de casseroles en cuivre qui serait attaquée) : le liquide ocre se coule alors dans les chambres et dans le canon qu’on aura préalablement légèrement graissés.  Pour les chambres, il faut  prévoir une rondelle en bois qui permettra, une fois la cheminée enlevée, de pousser la rondelle de bois et dans le même temps la carotte de soufre refroidie   pour qu’elles sortent de  la chambre. Pour le canon, on insère une boule de papier avant la coulée pour permettre au soufre de rester dans le canon; une carotte  de soufre  doit avoir entre 3 et 6 cm .  Le souffre une fois refroidi, il durcit et ne colle pas au métal. On peut alors sortir facilement la carotte et procéder aux mesures des diamètres (qui pour le canon, varient entre la crête  et le fond de gorge) . Il est recommandé de conserver ces carottes pour une autre occasion (je les conserve dans des éprouvettes). Cependant le soufre est cassant, et il arrive fréquemment que le palmer ou le PACN écaillent l’empreinte des rainures du canon.

Le Cerrosafe est un produit nettement plus sain et plus fiable, dont la rétraction est insignifiante, sauf au démoulage, car pendant une courte  période, il se rétracte pour reprendre ensuite sa dimension exacte: l’extraction doit se faire rapidement et la lecture après  une heure environ. C’est ce qui permet  de sortir facilement les carottes de cerrosafe et de les mesurer quand elles ont regonflé. Par la suite la rétraction est de l’ordre de 0,002% après une dizaine de jours . Le  cerrosafe est un alliage qui contient différents métaux (plomb, étang, cadnium) et du bismuth. Sa température de fonte se situe entre 70 et 88° Celsius. Il fond comme de la paraffine … et son  utilisation demande simplement que les parties à couler soient propres, sans rouille pour permettre son extraction.  Il peut être réutilisé à volonté.   La surchauffe est déconseillée, car le cerrosafe peut se décomposer.

On le trouve chez Sinclair USA à un  prix moindre que celui pratiqué par ESP

et chez Track of the wolf à un prix hors concurrence :  14$

- Quelle solution adopter pour gagner en précision ?

Je dirais que faire un réalésage progressif serait l’idéal avant de procéder à l’irréparable, mais au prix de l’opération (car je déconseille fortement le réalésage à la main avec des alésoirs expansibles ou coniques),  faire le choix de réaléser doit être bien réfléchi. Voici ce qu’écrit un poudreux: « Tireur depuis de longues années (PN et PSF), je me suis « amusé » à mesurer sur plusieurs armes (Pietta et Uberti notemment) le diamètre à fonds de rayures (forçage d’une balle plomb surcalibrée avec un poussoir laiton) et diamètre de barillet (forçage de balle puis « éjection » avec un poussoir passé dans la lumière de cheminée,  après dévissage de cette dernière naturellement). Force est de constater que le diamètre de sortie du barillet est presque toujours inférieur au diamètre à fonds de rayures du canon. Ceci ne peut se traduire que par un vent important dans le canon, et donc une dispersion importante sur cible (défaut majeur de notre « cher » 1873 d’ailleurs, sauf modèle de marine pour lequel le défaut avait été corrigé par un alésage différent du barillet et une munition optimisée. Pour résoudre le problème du 73 sans dénaturer l’arme,  j’ai investi dans un barillet refait, plus un axe neuf, et passé un coup d’alésoir au diamètre EXACT de mon canon à fond de rayures. Résultats améliorés sur cible ! J’ai modifié quelques barillets de la sorte sur mes répliques à PN (1858, 1860…), avec les mêmes améliorations ! Je n’ai par exemple plus de copeaux de plomb projetés à l’entrefer, et j’ai une meilleur précision.

Qu’est ce qui explique le choix des fabricants qui sous-calibrent les chambres? Si FEINWERKBAU lui-même produit des revolvers avec des chambres sous calibrées, dire que c’est conforme à l’original est  un explication qui surprend, mais les résultats sont là. Donc il faut admettre que l’expansion de la balle compense sa taille un peu étroite.  Mais pourquoi ne pas élargir un peu, y aurait-il un inconvénient ou ne s’agit-il que d’une affaire de conformité par rapport aux originaux?

alignement du canon W  1901 ASM-Monk _0001_NEWQuel est le rôle du cône de forcement ? Il permet de sertir en douceur la balle au diamètre exact du canon pour qu’elle prenne le fond de rayures et dans un certaine mesure, il permet de redresser un écart d’alignement chambre/canon. J’ai présenté dans un article précédent des photos de ce genre de malfaçon constatée sur des revolvers bas de gamme. Tout revolver présente des défauts d’alignement, peu ou prou, mais quand ces défauts se manifestent sous la forme de croissants visibles lorsqu’on place une lampe dans le canon (ou un endoscope), c’est que le problème est important.  ce qui demande en priorité une vérification de l’indexation.   Dès lors que l’alignement n’est  pas correct, on a un revolver qui va perdre en précision.  Si l’arme ne possède pas de cône de forcement, on risque d’avoir une déformation du projectile et une perte de vitesse, en cas de mauvais alignement chambre /canon ou de sur calibrage, la balle va venir buter le rebord du canon en laissant un copeau de plus…  ce qui n’est pas  très bon pour la balistique. Faire l’examen détaillé d’un revolver révèle parfois des  surprises qui expliquent des tirs imprécis ou aléatoires. Pour information, ce site est à lire, ainsi que d’autres qui concernent le contrôle  de revolvers d’occasion lors de l’achat

Quel est le bon rapport canon/ barillet?

Je me suis adressé à RAAPAX, importateur ARTAX en France qui m’a donné cette réponse concernant les cotes du Remington 1858 ARTAX; mesures effectuées par la perrsonne qui m’a  répondu en utilisant le  pied à coulisse sur sa propre arme

  • pour le canon, fond de rayure : 11.62 et sommet de rayure : 11.19
  • pour le barillet,  j’ai introduit une balle que j’ai ressortie et mesurée : 11.43 .
  • les cotes sont donc  cohérentes.

Il est donc confirmé que les fabricants ne donnent pas aux chambres un diamètre supérieur à celui du canon en fond de rayures, ceci parce que la balle va s’expanser dans le canon. Si l’alignement est bon, je serais plutôt favorable à avoir une chambre au diamètre exact du canon en fond de rayure et rien de plus. L’expansion de la balle devrait permettre de bien faire pénétrer le plomb dans les rayures, sans déformation excessive de celle-ci qui, sinon,  deviendrait patatoïde!  Mais par contre, les balles nettement sous dimensionnées vont flotter dans le canon, en prenant une trajectoire aléatoire (flyers) et perdre en puissance  du fait du « vent ». Si l’alignement de toutes les chambres est défectueux, il faut voir le doigt élévateur en priorité et le verrou (l’arrêtoir) du barillet.  Mais si une ou 2 chambres seulement sont décalées latéralement ou verticalement lorsqu’elles sont placées face au canon, alors que les autres sont bien placées, dans ce cas c’est un défaut de fabrication et il n’y a pas de solution. Il faut alors trouver un autre barillet ou ne plus utiliser cette chambre. Si les chambres sont toutes décalées de façons diverses, il faut changer le barillet ou accrocher l’arme au mur, car pour la précision, c’est cuit !

Le réalésage.

C’est une opération qui doit se faire avec un alésoir cylindrique, car un élargissement conique des entrées de chambre empêcherait les balles serties de rester en place et occasionnerait des blocages du barillet, des  départs en chaînes  et d’autres incidents. L’alésage ne peut se faire que si les chambres présentent des irrégularités de diamètres ou si elles  sont nettement inférieures au diamètre du canon, en prenant une mesure moyenne des relevés assez difficile à faire, surtout pour le canon. C’est aussi une opération qui suppose  une compétence et du matériel ;  le travail doit être fait dans un atelier de mécanique ou mieux, chez un armurier, mais la modification du  diamètre des chambres suppose  non seulement un savoir faire, mais aussi l’achat d’alésoirs adaptés au travail demandé, ce que tous les armuriers n’ont pas nécessairement.  De toute façon, il n’est pas garanti qu’un réalésage donne des résultats convaincants, car une arme de qualité courante a  une précision qui découle d’un ensemble de facteurs et notamment de la qualité de son canon. Le réalésage et un contrôle de l’indexation peuvent cependant améliorer les groupements.

C.6/ Réduire le poids de la détente pour éviter les coups de doigt

Il faut commencer par mesurer le poids de la « détente » (et non de la « gâchette » qui est une pièce interne sur certaines armes) , ce qui peut se faire par un procédé apparemment simple,  en suspendant une bouteille  qu’on remplit progressivement d’eau jusqu’au moment ou le chien percute.La technique de la bouteille suspendue à la détente est rudimentaire et de fait peu pratique.

P1000804Le mieux est de fabriquer un crochet qui permet  de suspendre des masses aux deux extrémités (voir la photo);  par exemple un poids d’un kilo d’un côté,  et de l’autre une boite dans laquelle on ajoutera des poids supplémentaires.  Les deux branches, même déséquilibrées en poids,  restent  en place du fait de la forme donnée au crochet et à sa rigidité. Ce crochet a été fabriqué avec un anse de seau que j’ai tordu. Il  faut mettre une gaine plastifiée là où le crochet repose sur la détente,  pour qu’il ne glisse pas (j’utilise et un petit morceau de tube transparent). J’ai ajouté une boîte de maïs vide que je remplis de  poids en laiton (500g, 200g, 100g, 50g, etc) ou de sable et dans ce cas,  on peut utiliser une poire à poudre  qui permet de verser le sable dans la boîte, sans toucher  celle-ci; ça fonctionne parfaitement!  Le poids de détente peut être ensuite mesuré en comptant tous les  poids en laiton qui sont suspendus, auxquels on va ajouter le poids de l’appareillage qui sert à les suspendre sur la détente ( le crochet + la boîte = 173g) . En partant d’un poids de départ (1kg par exemple), on va monter progressivement en poids jusqu’au poids qui provoque le lâcher du chien.  Si on veut une mesure encore plus précise, au lieu d’utiliser des poids en laiton, on complète avec du sable dans la boîte,  qu’on égrène  jusqu’au déclenchement du chien.  Il suffit alors de peser ce supplément de sable pour obtenir le poids de la détente, soit  1kg + (poids du sable) + le poids du matériel.

Mesurer est une chose, mais réduire le poids de la détente de telle sorte que le doigt ne rencontre pas une résistance trop importante au moment du tir est une autre affaire, car  il faut alors démonter la détente et le chien pour modifier le  cran de détente quand il accroche trop.  Pour la FFT,  le poids de la détente d’un revolver ne doit pas descendre en dessous de 1360 grammes (selon plusieurs sources). Attention, on ne peut pas descendre le poids de détente sans certaines précautions, c’est à dire sans être un bon bricoleur et avoir les informations nécessaires, car une arme qui part toute seule est dangereuse pour tous les tireurs sur le stand, pour le tireur lui-même et pour son entourage. Un tireur  doit connaître son arme et son poids de détente.

Il faut savoir que toute réduction du cran de détente sur le chien est irréversible ou presque ! Donc limer est une opération très délicate, à n’entreprendre qu’en connaissance de la technique de ce genre d’intervention. On commence d’ailleurs par polir les pièces avec des produits abrasifs doux, pâtes et papier de ponçage, etc, pour réduire les frottements.  Il est difficile de conjuguer la mesure du poids de détente et le travail à effectuer sur le cran avec une petite lime diamantée, car cette opération se fait avec l’arme démontée. Démonter et remonter, ça n’est guère possible en même temps.

Avis d’un tireur : « Il faut travailler toutes les pièces en mouvement,  les polir et faire un cran à la pierre à affuter (grain très fin) et pour finir  un petit coup de Mirror ou de pâte à roder.  Une course un peu longue n’est pas désagréable:  elle nous prépare au départ du coup,  l’essentiel  étant que la glisse des pièces se fasse sans accrochage. Il  faut aussi régler le ressort  du chien aux petits oignons  et polir la surface de contact avec la roulette (du chien) .  Un petit coup de lubrifiant  au  téflon la-dessus et c’est une merveille ! »

Il y a là des conseils à retenir, cependant une critique de fond me vient  à l’esprit concernant  le réglage de la détente en utilisant la vis de tension du chien. Les éventuelles vis de réglage de la tension du chien qui se trouvent sur la crosse de certains revolvers ne doivent pas être utilisées pour adoucir le lâché  de la détente sur des revolvers à PN, ce n’est pas leur fonction. Un tireur  écrit ceci :  « cette vis ne sert pas à modifier le poids de détente. Elle sert à modifier l’action du grand ressort sur le chien. De ce fait le chien part plus ou moins vite et avec plus ou moins de force. Effectivement,  il y a une action indirecte sur le poids de détente,  mais au prix d’une modification complète de l’action du chien; une détente plus légère implique un chien plus lent et moins puissant, donc moins de précision et la possibilité de ratés des percussions. »  L’objection est totalement fondée (lire l’ensemble du débat sur le forum  qui suit).

Pour réduire le poids de la détente sans endommager le cran d’armé, certains tireurs placent une lamelle de laiton sur le chant arrondi du chien  et qui entre dans le cran, là où la détente  glisse pour se bloquer dans celui-ci. Cette surépaisseur réduit la pénétration du bec de la détente.  Ils utilisent une mince feuille de laiton ou de cuivre qu’on peut trouver sur de vieilles piles, en réduisant son épaisseur,  et la fixent avec une colle époxy (voire une brasure) . Le laiton étant sensible aux variations de température, cela peut avoir des effets indésirables. La lamelle de laiton protège en outre l’usure du chien à l’endroit où il est fragile, mais son utilité pour réduire le poids de détente déplace le point de butée de celle-ci qui attaque le cran d’armé du chien à son sommet, et non plus en fond de cran. A terme cette modification risque à de provoquer des lâchés imprévisibles de la détente.

CHIEN-COLT-WALKER-WHITHNEYVILLEChien-Colt-PiettaSur un revolver neuf, la cran d’armé (A) est profond, tandis que sur une arme usagée, il se réduit à une simple saillie, avec un angle à peine aigu,  ce qui  suppose alors  de reformer le cran à la lime, à condition que la largeur du chien à cet endroit soit encore suffisante !  Ici sur la 1ère photo montrant un chien de Walker 1847, le cran d’armé (A) est nettement moins profond que le cran de demi-armé (DA). Mais le fond du cran d’armé n’est pas trop près du trou circulaire où passe l’axe du doigt élévateur, car l’intervalle est suffisamment épais .

Par contre sur la photo suivante montrant le chien d’un colt 1851, le cran d’armé n’est qu’à 1mm du trou de l’axe (en jaune), ce qui veut dire que pour les 1860 et 1851, par exemple, le cran d’armé n’a pas de marge prévue pour l’usure.   Les coups de lime successifs et l’usure du chien ont tendance à faire progressivement remonter le cran d’armé vers celui du demi armé ou à  réduire l’intervalle qui le sépare de l’axe du doigt élévateur, une fine paroi d’acier qui se réduit comme peau de chagrin! Pour finir c’est de la dentelle. Les revolvers vendus sur des sites d’enchères peuvent alors avoir comme défaut une usure des crans et  dans ce cas l’arme perd beaucoup de sa valeur car les pièces sont difficiles à renouveler sauf chez Pietta. Essayez de trouver un chien de 1860 Uberti neuf et vous m’en direz des nouvelles !

détente et becdétente et chienVoici deux autres photos  qui montrent bien le positionnement de la détente et de son bec contre la base du chien en rotation autour de son axe (face opposée du chien) . On voit nettement que le cran d’armé est peu marqué, ce qui signifie que le tireur a choisi d’avoir une détente légère.  Sur ce chien on voit que  l’axe du doigt n’est pas atteint par le cran d’armé, il y a encore une belle l’épaisseur : c’est sans doute un chien de Walker ou un Dragoon.

Je dirais que l’âge du revolver se mesure surtout à l’âge du cran d’armé de son chien,  car quand le chien est creusé et que la détente le traverse pour toucher l’axe du doigt élévateur, il ne reste qu’à trouver un chien de rechange….  ! Quand un tireur écrit « En cas de ratage, il m’aurait suffit de commander un autre chien… », il est évident qu’il se fournit chez Pietta !

Les crans DA et A sont donc placés sur le chien si près de l’axe,  qu’on peut dire que le concepteur a fait preuve d’une certaine « désinvolture » (Colt notamment)  et aujourd’hui le remplacement du chien  est une opération couteuse. Pour un revolver Uberti, il faudra alors commander la pièce aux USA, si la douane le laisse passer, car en France les pièces Uberti sont fournies au compte goutte !

Certains tireurs font procéder à une cémentation du chien, ce qui lui donne une grande résistance. Le cran bien que plus robuste et résistant à l’usure,  risque d’être cependant plus cassant. Du coup, c’est la détente  qui va s’user, plutôt que le cran. La cémentation est un procédé qui demande une compétence professionnelle. Elle est pratiquée sur les carcasses de revolvers (avec  le jaspage) pour augmenter la résistance de l’acier.   Elle se fait dans des ateliers spécialisés et certains tireurs la pratiquent avec du matériel courant et une ignorance de la qualité de l’acier, mais avec le risque de températures qui ne sont pas contrôlées .

Autre procédé :  la goutte d’étain sur le chien…

L’opinion courante tend à penser que plus la détente est enfoncée dans le cran,  plus le poids de départ est élevé. Quelle est l’explication mécanique de cette variation du poids en fonction de l’enfoncement de la gâchette dans le cran d’armé ? Comment peut-on diminuer le poids de la détente en déposant une goutte d’étain sur le chien et en la limant ensuite pour l’ajuster ?  Où est déposée la goutte d’étain ? J’ai fait quelques recherches :

Voici une explication précise du procédé qui me convient : « A l’armé, le bec de la détente  est placé tout au fond du cran d’armé qui est taillé dans le chien. Pour que le coup parte, le bec de détente doit sortir de ce cran. Le ressort de chien projette alors le chien  qui va percuter l’amorce.  Pour adoucir le départ, il y a plusieurs solutions :

  1. Polir toute les pièces impliquées : certes, on gagne quelques grammes…
  2. Limer ce cran (le réduire) … mauvaise solution car irréversible.
  3. Empêcher le bec de détente d’aller au fond du cran,  soit en ajoutant de l’étain fondu au fond du cran  ( pourquoi pas ?) … soit en déposant une goutte d’étain fondu sur le chant du chien (la tranche), en dessous du cran d’armé,  car c’est là que vient frotter la détente. Au lieu de buter contre la tranche du chien, elle va buter contre la goutte et donc ne pas engager le bec de détente tout au fond du cran. Le bec aura moins de chemin à faire pour sortir. En jouant sur l’épaisseur de la goutte, on joue sur le poids de détente. Mon Remington  et mon Colt sont réglés à 500 g et ne déclenchent pas au choc. »

CHIEN-POUR-COLT-1851-ET-1860-UBERTISelon l’avis de plusieurs tireurs qui ont réduit le poids de détente de leurs revolvers, c’est la lamelle soudée qui est la meilleure méthode. On prend alors une lamelle de cuivre faite à partir d’une douille de 22mm et on la soude à l’étain comme sur le schéma:  la soudure se fait de préférence avec un fer à souder  électrique d’une puissance suffisante (150 watt au moins).  L’utilisation d’un petit chalumeau à flamme est moins conseillée car  il chauffe l’ensemble du chien, ce qui n’est pas  souhaitable : le fer à souder ne chauffe que la proximité.  Il faut préalablement passer le chant au papier de ponçage fin, bien nettoyer, passer ensuite de la pâte à étamer (rien à voir avec la pâte à décaper) puis souder la lamelle.  Elle doit ensuite être limée pour  que le bec de détente passe sur la lamelle sans accrocher.

lamelle 2La forme du cran d’armé doit être à angle droit comme sur le schéma.  La lamelle en réduit la profondeur. Elle présente un autre intérêt :  tout comme la goutte d’étain, elle réduit l’usure du chien au niveau du cran d’armé.  Cependant,  cette méthode présente un risque de départ intempestif si la modification est mal  faite. Dans ce cas, elle  expose les autres tireurs à une percussion non contrôlée. C’est donc une méthode à utiliser « avec précaution ».

En conclusion, le réglage du poids de la détente est une opération délicate, mais nécessaire si l’on veut éviter les coups de doigt et gagner en précision,  mais descendre trop le poids de détente d’un revolver sort du cadre de la sécurité auquel les tireurs sont attachés. Par exemple, descendre à 500g  n’est pas recommandé sur les stands de tir sans prendre des précautions. La question inverse se pose,  à savoir comment augmenter le poids de la détente sur une arme qui volontairement ou par usure, présente le risque d’un départ imprévisible avec une détente qui n’a plus assez de profondeur de cran pour retenir le chien?  On peut refaire le cran, ce qui est possible tant que celui-ci garde suffisamment de distance par rapport à l’axe du doigt élévateur (il faut veiller à remonter le cran légèrement en non le creuser). Mais si cette distance est insuffisante, le chien doit impérativement être changé car l’arme est dangereuse.

Comment fixer la goutte d’étain sur de l’acier sans le détremper ? L’étain va-t-il « coller » ? Des réponses sur ce forum :

Selon mon armurier l’étain peut être soudé sur l’acier avec un petit fer à souder électrique,  par exemple, mais la technique de la goutte d’étain  sur la détente est de l’ordre du « bidouillage », elle n’est pas pratiquée en armurerie par des professionnels .

C.7 / Peut-on mettre une hausse réglable sur un COLT ? (article en cours)

Je vais traiter de  la visée, facteur indispensable de la  précision.  Les revolvers qui sont privilégiés sont ceux qui disposent d’une hausse réglable,  ceci pour plusieurs  raisons Peut-on monter une hausse réglable sur un COLT pour en améliorer la visée, question soulevée par Roland D. ?

D’une façon générale, la visée sur les revolvers à PN de type Colt est vraiment rudimentaire, faite pour descendre le bonhomme ou le cheval, selon la formule consacrée… ou encore pour « tirer dans la porte de la grange » à 50m.  Ces revolvers  ont un handicap : la hausse se limite à un simple cran dans le chien, alors que le chien sur certains Colts anciens peut avoir  du jeu (surtout les  Armi San Marco). C’est le grand ressort de chien qui, par la pression qu’il exerce, empêche alors le chien de bouger ! Il peut cependant se décaler lorsqu’on arme et quand il  se rabat.   Autant dire que  le chien, mal stabilisé, met alors en cause la précision du revolver.  C’est un problème bien connu qui élimine les Colts  des concours.

On peut pourtant remplacer ce type de visée sommaire par une petite hausse fixe ancrée dans la partie supérieure  du  canon  à l’arrière de celui-ci, juste avant le barillet et du coup,  le cran de mire placé sur le chien ne sert plus à rien.  Cependant, on réduira ainsi la distance entre la nouvelle hausse et le guidon.

Voici un document qui nous est proposé par Roland D. avec une hausse à 2 feuillets dont malheureusement nous ne trouvons pas les  références. Elle est montée sur queue d’aronde. Elle est réglable latéralement, précisément du fait de la queue d’aronde.  Elle est un peu réglable en hauteur grâce au changement de feuillet (basculant). 42555910820615CaptureOn peut monter un type de hausse  plus simple,  comme sur la photo de droite (une photo empruntée pour la bonne cause au blog « Gunsmith »)

Certes, l’utilisation d’une visée réglable sur un revolver est un « plus » en termes de précision pour le tireur, sans parler de hausse « micrométrique », qui pour les revolvers à PN type Colt, n’est pas indispensable. Restons raisonnables.

Il faut déjà constater que les fabricants n’ont pas tenté de faire cet ajout pour une raison évidente :   il n’est pas facile de monter cet accessoire qui, placé avant le barillet, entrave l’engagement du revolver dans un étui en cuir,  donne à l’arme un aspect « bizarre « pas franchement esthétique  et enfin  réduit la distance de visée entre  la hausse  et le guidon!  Le revolver n’est pas une carabine et  son utilisation  doit respecter  certains impératifs, dont celui du rangement, car au départ il n’est pas prévu pour être placé dans une mallette.  Le Cow boy action shooting (CAS)  redonne au revolver  son rôle d’arme mobile. Ces hausses réglables  sont encombrantes.  Elles  prennent de la hauteur et  dépassent  de la partie haute de l’arme, quand  les concepteurs (Colt) ont prévu  de supprimer toute partie saillante. Monter une hausse  relève la ligne de visée bien au-dessus de celle qui est prévue à l’origine.

Le principal handicap des COLTS en terme  de visée, tient au fait qu’il  est difficile de modifier la visée d’origine et de monter sur le bloc console-canon des hausses micrométriques ou les hausses réglables qui sont plutôt faites pour des revolvers à carcasse fermée comme le Remington 1858, le Rogers & Spencer et le Ruger Old Army, car elles viennent se positionner  derrière la carcasse fermée, sous le niveau supérieur du canon  et leur dépassement est compatible avec  l’arme, tandis que sur un colt, la hausse ne peut se situer qu’à l’arrière du canon, emplacement qui n’est pas adapté .  Il ne l’est pas parce que le  canon n’a pas assez d’épaisseur pour qu’on puisse  l’entailler en profondeur pour mettre une queue d’aronde épaisse,  comme c’est le cas sur un pistolet Ruger ou un Remington 1858. Mettre une hausse à queue d’aronde risque de fragiliser le canon.

hausse sur 1860 bMais certains colts ont été dotés par le fabricant d’une hausse à feuillets, principalement lorsqu’il s’agit de canons longs, ce qui se comprend car dans ce cas, la visée retrouve sa longueur, mais on trouve quelques Colts équipés  par les fabricants  d’une hausse implantées dans le canon:  des Dragoons et des colts 1860 ont été équipés de hausses à feuillets ou de hausse  fixes  dont le cran de mire est à fleur de canon, ceci pour rester compatible avec un guidon de faible hauteur .  Armi San Marco a produit des dragoons avec une hausse à feuillet.  Sur cette photo, il s’agit d’un Colt 1860 d’origine.

http://poudrenoire.free.fr/liste%20models/colt%20N%B009%20Third%20Model%20Dragoon%20buntline.html http://www.tirmaillyforum.com/mildot/printview.php?t=84833&start=0&sid=e93686eba2ce901844e047fc0cb15ffe

et cette vidéo :  (attendre qu’elle se charge)

http://link.brightcove.com/services/player/bcpid1329233575?bclid=1364171755&bctid=1343631805

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Alors faut-il adopter  des hausses fixes avec feuillets  pour Les  revolvers COLTS ou ne peut-on pas adapter des  hausse réglables  qui demandent d’autres modes de fixation  et pourraient avoir l’avantage de ne pas affaiblir le canon ?  Celles que j’ai trouvées  sont de plus grandes dimensions .  Des hausses dont le cran de mire est nettement plus haut , soit environ 14mm au-dessus du canon, relèvent la ligne de visée et nécessitent  que le guidon ait une  hauteur en rapport .  Voyons comment adapter une nouvelle visée sur un Colt.

De deux choses l’une,

  1. Soit  le guidon est dérivable latéralement, avec une hausse fixe
  2. Soit  c’est la  hausse  qui est dérivable latéralement  et le guidon reste fixe.
  3. Pour ce qui est de la hauteur de la visée,  les hausses dérivables sont  réglables également en hauteur, mais la marge de variation reste  limitée  en général et c’est la guidon qui sera  adapté à la hauteur de la hausse et non l’inverse, à condition que le guidon choisi soit suffisamment haut ;

1/ Guidon dérivable,  avec hausse fixe

GUIDON grain d'orge -3-MMLes colts sont fabriqués avec des guidons fixes qui donnent une visée déplorable, nécessitant de faire une contre visée. Le guidon le plus simple est le « grain d’orge », en laiton, Il n’est absolument pas réglable, une vraie daube !  On trouve aussi un guidon en laiton plus haut, de type « pain de sucre », légèrement conique qu’on peut réduire en hauteur et refaçonner . On trouve plus généralement des guidons plats, qui font entre 4 et 6mm de hauteur, et qui cette fois-ci  peuvent être réduits en hauteur en les limant.  C’est la hauteur du guidon qui va déterminer la hauteur du tir en cible.

On va alors les remplacer ces guidons d’origine par des modèles dérivables, plats et  hauts qui peuvent être limés, afin de leur donner la  bonne hauteur.  On peut rester dans le style des Colts en optant pour des guidons Pedersoli ou Uberti, produits en acier bronzé, ou en bronze teinté en noir, ou en inox, dont les hauteurs sont généralement moyennes.  En voici un modèle en inox dont les côtes sont indiquées. Il est vendu par Tir Chasse et Accessoires sur Naturabuy.

Guidon-derivable-Remington-inox-Uberti-Pedersoli3_Guidon-derivable-Remington-inox-Uberti-Pedersoliguidon colt standard1Ce guidon est esthétiquement très laid, et pour le faire entrer dans un étui, c’est totalement inadapté. On ne va donc pas regretter de mettre un modèle plus seyant…

La première solution consiste donc à changer le guidon, plutôt que la hausse. Monter un guidon dérivable sur queue d’aronde, permet de rectifier les défauts graves de certaines visées: en déplaçant le guidon latéralement, on peut rectifier la dérive latérale du tir.   Il reste cependant à trouver  un  guidon qui aille bien (d’un point de vue esthétique) avec l’arme, et là  il semble que  les modèles soient limités et leur pose est délicate.  Tailler un sillon pour queue d’aronde ne se fait pas à la lime, contrairement  à ce que montre une vidéo du site de MIDWAY USA. Il faut une fraise d’angle  de 8mm, pour un angle de  60° , sinon la queue d’aronde va être bâclée et le guidon ne sera pas stable.  C’est un travail de professionnel. Pour ce qui est de la hauteur du tir (dérive verticale), on se contentera de limer le guidon de façon progressive, jusqu’à obtenir la bonne hauteur.

__00001_Ardesa-guidon-laiton-petit-Voici un autre modèle de guidons dérivable  en laiton vendu par Broma, produit par ARDESA (il est prévu  pour des armes longues, type plain riffle, etc  ). Du très bon matériel que je garantis. Dommage qu’ils ne fournissent plus qu’une seule taille. L’intérêt c’est de lui donner non seulement la hauteur  adéquate, mais il est facile à retailler pour lui donner la forme qu’on veut : quant à son prix, il est inférieur à 6 euros, donc très bon marché par rapport aux autres produits.  origine.

P1000801Si on ne cherche pas à faire de la compétition,  on peut également s’autoriser à monter un guidon dérivable avec une fibre optique : voici un modèle qu’on trouve chez la plupart des armuriers et qui présente un intérêt essentiel: il est vendu par taille graduée, et on peut donc, comme je le fais, s’acheter toutes les tailles ce qui permet de faire des essais et des choix de taille, car ce modèle ne permet pas de réduction de hauteur: il suffit alors de changer la taille du guidon (le prix est autour de 19 euros à l’unité). Je le monte sur des colts, ce qui pour certains tireurs  est une hérésie.

2/ Guidon fixe,  mais  hausse réglable

En principe, l’avantage de cette solution, c’est de ne pas toucher au guidon s’il est suffisamment haut, cependant les colts ont souvent des guidons  qui ne le sont pas suffisamment pour  être compatibles avec une hausse réglable,  puisque celle-ci  relève  fortement la ligne de visée.   Il faut donc changer le guidon et mettre un guidon haut, ce qui du coup limite le choix.  On trouve cependant des modèles à fibre optique qui sont très hauts, tel que celui que j’ai indiqué.

Quant à la hausse dérivable, son adaptation au revolver à carcasse ouverte n’est pas évidente, tant du point de vue esthétique que du point de vue pratique. Seul avantage, elle peut être fixée par des vis au lieu d’être fixée par une  queue d’aronde. Elle est alors fixe,  mais par son mécanisme, elle permet une dérive latérale. On peut cependant  monter une hausse sur queue d’aronde qui sera réglable  par  son glissement  dans le sillon creusé dans la canon, mais pour ma part, je préfère les vis, qui  ménagent davantage le canon.

 Cas d’un revolver qui tire trop bas : deux solutions : soit on réduit la hauteur du guidon pour relever le tir, soit on augmente la hauteur de la hausse.   Dans ce cas une hausse dérivable peut  convenir, car elle  est très haute de par ses dimensions.  On trouvera sur le site RECKNAGEL de nombreux modèles tels que ceux-ci .

Capture.RECKNAGEL618

Voici à gauche une hausse simple  avec queue d’aronde qui peut être facilement montée sur un Walker ou un Dragoon. Voici également une hausse prévue  pour être vissée sur un canon rond (1860, etc) , mais on peut modifier sa base si nécessaire. L’arrondi du socle doit être compatible avec le revolver, il faut donc le vérifier avant d’acheter. Cette hausse comporte un feuillet dérivable latéralement monté sur queue d’aronde, ce qui donne de la hauteur à la hausse.  On peut réduire sa  hauteur, mais à la lime. Ces hausses sont  souvent prévues pour des canons ronds et leur base est courbe, si on veut les adapter à un Walker ou un Dragoon, il faut alors leur donner un fond plat  et prévoir dans ce cas  une seconde  vis:  un travail qui est possible. On peut d’ailleurs raccourcir la longueur de  la hausse .

Comme vous le voyez, monter une hausse réglable est un travail délicat. Les Colts Walkers et dragoons sont particulièrement  intéressés par cette adaptation car bien qu’ayant un canon rond,  car ils sont  hexagonaux  dans la partie arrière de celui-ci (voir la 1ère photo) .  Un  autre problème est la présence d’inscriptions dans cette partie supérieure, notamment « original Hege-Uberti », ce qui ne permet pas la présence d’une hausse, avec deux trous pour les vis dans ce cas. Par contre pour les Armi san marco, les ubertis, rien ne s’oppose a priori à ce changement qui sera définitif, irréversible.  Donc bien réfléchir avant de  faire une telle adaptation.

Voici trois types de crans de mire qui sont courants crans de mire

Capture RECKNAGEL2Capture RECKNAGEL1

1/ Ces hausses  réglables latéralement et verticalement, ont comme inconvénient leur hauteur qui convient mieux sur des armes longues. Sur la 1ère, le feuillet est un triangle largement ouvert avec une encoche dans le bas pour placer le guidon. L’espace très ouvert permet de bien situer le guidon et de l’amener dans le bas, au centre de la hausse. les point lumineux aident également.  Une variante du modèle (1) est la hausse en cornes de buffle, qui  s’adapte bien aux armes longues de type western (en vente chez Track of the Wolf), mais qui est montée sur queue d’aronde. C’est ce  type de hausse que nous avons vu sur un canon de 1860.

2/ La seconde  hausse  présente un feuillet fermé dans le haut avec une petite encoche (triangulaire sur les chiens des Colts)  où l’on va placer le guidon (2),  mais pour avoir un bon repérage du guidon dans ce cran de mire, il faut que ce guidon vienne un peu au dessus du cran. Généralement les tireurs élargissent le cran (2bis) pour mieux pouvoir centrer le guidon.  C’est système de visée  qui est le plus difficile à utiliser selon moi. On trouve des hausses Lyman à feuillets qui  ont ce type de cran.

guidon-POUR-cz-85-753/ Les hausses modernes utilisent un cran de mire rectangulaire dans lequel  le guidon, lui aussi rectangulaire, vient se placer et on voit très nettement les erreurs de positionnement du guidon  comme c’est le cas sur l’image (4) ;  c’est le système de visée le plus précis. Cette hausse présente un intérêt : contrairement aux précédentes hausses , le cran de mise n’est pas placé au dessus du socle: il est à l’arrière et ne dépasse pas trop . Ce positionnement évite d’avoir une hausse à étage.

Les hausses réglables des pistolets et revolvers modernes – et notamment celles des Remington 1858 – adoptent le système (3). Cependant on trouvera des hausses de carabine modernes qui utilisent  le système (1).

Une fibre optique pour tirer dans le visuel, « point visé point touché ».

Il est d’usage de tirer sous le visuel pour que la balle aille au centre de celui-ci, ce qui veut dire qu’on tire « à côté » pour tirer « dedans », ceci supposant que la visée soit réglée pour fonctionner ainsi. La raison en est que les guidons sombres ne se voient pas dans le visuel noir d’une cible et le tir sportif  recommande de tirer sous noir.  En faisant affleurer le guidon sous le visuel, on contrôle certes bien la hauteur;  il ne reste alors qu’à contrôler le placement latéral du guidon. Voici un post extrait du forum  Tir longue distance, à l’initiative de « Feederfou »,   qui m’a beaucoup plu :

« Je vais vous poser une question qui va peut-être vous paraitre bête, mais bon … j’ai toujours eu un sentiment de frustration de devoir tirer sous le noir pour atteindre le 10, comme on me l’a appris étant plus jeune, comme on le lit dans les manuels de tirs, et finalement, comme le pratiquent les tireurs de mon stand. Donc depuis une quinzaine de jours, je mets du blanc sur le 10 ( tout le cercle )et je corrige ma hausse pour avoir cette sensation de tirer là ou je vise, mais d’abord c’est pas évident de reprendre ses repères, et vu l’air interrogateur de mes collègues tireurs quand ils me voient avec mes cibles peintes en blanc, et vu que j’ai l’air d’être le seul à en avoir, j’aimerai savoir si d’autres tireurs tirent en visé/touche et si ils ont des « trucs » pour améliorer la visée du 10 dans cette configuration. » Bravo, voici un tireur qui ose bousculer les habitudes !  Retenons cette idée de peindre le 10 en blanc ou de coller un carton blanc.

Ce à quoi un partisan du tir recommandé répond immédiatement : « Le tir sportif existe depuis 600 ans. Si une meilleure méthode que de viser le bas du visuel avec une marge de blanc confortable existait, il est fort probable que cela se saurait. Nous vivons à une époque où chacun se fait une gloire de tout remettre en cause mais l’expérience montre que quand on pisse contre le vent, on a les pieds mouillés. Il y a probablement de nombreux tireurs qui visent le centre de la cible mais ils ne s’étendent pas sur leurs résultats. Le jour où un de ceux-là dépassera les 580, je suis prêt à en rediscuter. » Fermez le ban!

Certes, le tir sur cible est un tir artificiel, dit sportif, et certains tireurs se disent que le tir « in live » (notamment à la chasse) ne voit pas l’intérêt de ces artifices, aussi  la technique du « point visé point touché » est-elle une technique naturelle  de tir qui n’est pas effectivement destinée au tir de compétition et « tout le Saint Frusquin »… Un autre répond alors : « Toutes mes armes ont une hausse réglable et je les règle « point visé point touché » pour une seule raison : non pas pour faire du point, mais participant à des concours fun et TSV ,  il y a des cibles non standard : canette, quille , plateau de ball trap,  etc… »

Tirer « point visé, point touché » consiste donc à placer  le guidon dans le visuel noir au moment de la prise de visée, ce qui dispense de faire de contre visée.  Mais à 25m, au tir sur cible C50, le guidon nage dans  le disque noir, ce qui fait  qu’il n’est pas facile de le placer et surtout de le voir lorsque le guidon est sombre. Blanchir le 10 est une solution, mais le guidon risque de recouvrir ce petit cercle blanc qui va alors disparaître.  Ce qui me fait dire  que l’utilisation de la fibre optique colorée (le rouge est très lumineux) facilite le repérage du guidon et son placement, fut-ce une « hérésie historique » . Certes le collectionneur peut souhaiter conserver une arme et ses organes de visée tels qu’ils étaient à l’origine, mais le tireur qui choisit de tirer à la PN pour différentes raisons, notamment parce qu’il trouve son plaisir dans le chargement, dans la technologie de l’arme, se voit imposé un système de visée désuet,  car l’objectif du collectionneur est la conservation, tandis que celui de l’usager de l’arme, lorgne du côté des nouveaux systèmes de visée …

L’amélioration de la visée peut donc conduire à l’utilisation de la fibre optique associée à des hausses réglables, et si l’arme est suffisamment précise, on peut aller jusqu’à la hausse micrométrique, je n’irai pas jusqu’au viseur point rouge,  car placer celui-ci devant le barillet l’exposerait à être rapidement endommagé et côté esthétique ça gêne!

Reste le travail  d’adaptation de cette hausse et de son guidon. Passons  en revue  différentes solutions :

Faut-il adapter la hausse au revolver ou le revolver à la hausse?   Nous avons vu des hausses  prévues pour des canons ronds qu’on peut cependant modifier pour les poser sur des canons hexagonaux.   Maos in peut modifier un canon hexagonal pour lui mettre une hausse réglable à base arrondie. . Par exemple un Walker  auquel on arrondit le canon, sur sa partie arrière hexagonale, pour lui redonner l’aspect arrondi  qu’il a à l’avant du canon, mais strictement là où se place la hausse : c’est faisable . Ce faisant la hausse  va enserrer  le canon et  avec une seule vis, elle ne bougera pas.

Smith et Wesson 586 et 686Voici une  hausse qui n’est qu’une lame  fixée par une  vis, avec feuillet  dérivable. Pour la relever, il suffit de la caler (même avec une vis). Il faut prévoir de placer une seconde vis et donc avoir une lame suffisamment longue.  Ce type de hausse peut se fabriquer de façon très simple :   il suffit de trouver une lame plate de 1cm de large qui fasse ressort, taillée dans une truelle en acier par exemple. On la détrempe pour la façonner  en la portant au rouge (avec une lampe au butane) et on laisse ensuite refroidir par une baisse de température progressive. Une fois la lame refroidie, on la plie, on façonne le cran de mire à la scie et à la lime, puis on perce les trous pour les vis avec une profondeur calculée (très important)  pour ne pas percer la canon : c’est donc un travail qui demande un taraudage et du matériel précis : à confier à l’armurier sous peine de « bousiller » le canon !  Ensuite on la retrempe en la portant au rouge et en la plongeant dans de l’huile moteur. Cette lame aura l’intérêt de pouvoir dépasser l’arrière du canon,  venant au-dessus du barillet,  pour augmenter la distance entre la mire et le guidon.  On donnera à la hausse une hauteur  adaptée au besoin.  Pour la longueur tout dépend de l’usage : plus elle est longue, plus elle permet de faire ressort  et plus on peut la relever; on peut alors obtenir un  réglage en hauteur en plaçant sous le ressort (la lame) une cale. C’est déjà une solution qui permet de résoudre le dysfonctionnement d’un revolver qui tire trop bas. On peut disposer d’une nouvelle hausse plus haute, tout en réduisant le guidon dérivable à l’avant qui lui permettra le réglage latéral.

Voici une  hausse récupérée sur une carabine Remington. Elle se relève grâce à  une crémaillère, mais la longueur du socle empiète sur le barillet  sans inconvénient ni esthétique,  ni de fonctionnement.   On peut en encore descendre le cran de mire de 2mm à la lime, si nécessaire, et passer de 13,6 mm (son point le plus bas), à 11,6mm. On peut ainsi récupérer d’anciennes hausses réglables chez des armuriers et  les adapter aux Colts. Les résultats sont  divers et  c’est une façon de personnaliser une arme.  Voilà un nouveau look pour mon Walker, c’est carrément vintage!  Notez que le guidon est en laiton, fait main ! Je suis prêt à lui faire une poignée « PSRauben »  en châtaigner  et là,  du coup, je suis partant pour la chasse au grizzli!  … heu, disons au sanglier !

Ces modifications sont-elles adaptées à des Colts ? Question qui reste posée.

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Vidéo

9 – PSRauben diffuse des vidéos sur le chargement et bien d’autres sujets qui concernent les revolvers à poudre noire :


Lire l’introduction (en haut de la page) pour connaître les différents articles du blog.

Un blog comme le mien est une source d’informations que je tire de  mon expérience certes modeste, mais elle est constamment enrichie, mise à jour et confrontée notamment aux documents, articles  que je trouve sur internet et dont je fais la synthèse (avec des emprunts). Il m’arrive aussi de mettre en confrontation des points de vue trouvés ça et là.  Ce qui veut dire que mon blog est volontairement interactif dans certains articles,  je  cueille sur internet des contenus qui sont utiles et j’en fais une synthèse, mais ce n’est que de la citation qui me permet de développer d’éventuelles contradictions ou des commentaires.  Ceci vous évite de parcourir de nombreux blogs ou forums qui se dispersent dans des échanges parfois plus savoureux que sérieux et informatifs. Les forums de poudreux sont souvent constitués de 40% de messages à contenu et 60% de brèves de poudreux et de smileys!

Cependant la lecture d’un blog est lourde et assez peu pratique, car il faut remonter en arrière pour suivre les articles les uns après les autres et comme vous l’avez constaté,  les articles de mon blog sont copieux . Les vidéos seront donc plus pratiques pour une diffusion de mes idées et de mes petites innovations qui ont le mérite de s’attaquer à un monolithe:  car le tir à la poudre noire est devenu un bloc de recettes qui résistent à tout changement et des institutions honorables mais conservatrices contribuent largement à  enfermer  la pratique du tir avec des revolvers dans un cadre réglementaire parfois étriqué et surtout dans une tradition qui pour moi n’est pas le livre de la loi: tout en restant dans le cadre   « technologique » des armes anciennes à poudre noire, nous bricolons…

 Je débute dans l’utilisation des montages vidéos, mais là comme ailleurs, je suis capable « d’avancer » et mes premiers résultats encore maladroits  seront revus ultérieurement si nécessaire.

Mes vidéos sont publiées sur Youtube  

Vous pouvez cliquer sur les liens placés au dessus des captures d’images des vidéos.   Sinon,  tapez PSRAUBEN55 (sur Youtube)  pour accéder à l’ensemble de mes vidéos en cours de réalisation, ou encore  utiliser ce lien …

Capture

2 vidéos qui font le point sur l’outillage et les procédures courantes de chargement des revolvers à PN

CaptureCette vidéo montre les difficultés du chargement traditionnel des revolvers à PN, qui comme on le sait,  rebutent nombre de tireurs en quête de facilité. Ne soyons pas démagos: attirer les tireurs en leur proposant un chargement facile n’est pas mon but, car la poudre noire n’a rien à voir avec le tir destiné à Monsieur Dupont qui  s’achète un pistolet  semi-automatique et  vide ses chargeurs comme on tire une chasse d’eau, en utilisant des boîtes de cartouches vendues chez l’armurier du coin. Mais de là à faire de la PN une tradition qui développe le culte du masochisme, non!  Soyons pratiques et innovants.

la pratique du tir au revolver à PN nous conduit à utiliser des armes de la 8ème catégorie. Ce qui est un avantage est aussi un inconvénient d’un certain point de vue :  la technologie de l’époque semble inamovible et vétuste . Elle était pourtant ouverte à plusieurs mode d’utilisation, mais les connait-on?  Aujourd’hui, le tireur ne circule plus avec un cheval et un Walker accroché à la selle; il utilise une voiture et fait le chargement soit sur le pas de tir, soit à domicile. Par conséquent, à conditions d’utilisation différentes, méthodes de chargement différentes.  Le tireur actuel veut un chargement fiable, facile mais aussi plus rapide et recherche également un  tir plus précis.  Nous examinons dans cette vidéo les inconvénients eu chargement « à l’ancienne ».  Charger un revolver « à l’ancienne », mais sans le cheval et la selle, ce n’est plus de la tradition, c’est du passéisme!  Il faut cependant reconnaître que l’outillage actuel n’offre guère de choix, mais ça peut changer, je vais proposer une nouvelle conception du chargement dans la suite des vidéos !  

http://www.youtube.com/watch?v=TUFkCdZlxO0

(en cours de modification) Cette vidéo montre les inconvénients du chargement  avec des leviers ou des presses vendues fréquemment dans les armureries en ligne et  annonce un nouveau matériel présenté dans la série des  vidéos (de 1 à 5) qui ont pour titre : le rechargement des revolvers à poudre noire : une modernisation des procédures.

2 vidéos en cours qui  réfutent quelques idées reçues concernant les revolvers à poudre noire.

En réalité, ces idées sont diffusées par ceux qui peu ou prou rejettent les armes historiques à PN, au nom de la technologie actuelle, plus performante, plus fiable mais aussi par ceux qui cultivent  une sorte de traditionalisme et enferment les armes historiques dans une cage dorée . Les critiques contre les défauts de fonctionnement des revolvers à PN ne sont fondées que si on part du principe que ces copies doivent être soumises à une totale conformité aux modèles d’origine. Une conformité qui concerne non seulement le fonctionnement des revolvers, mais aussi le mode de chargement de ceux-ci, alors que les conditions d’utilisation de ces revolvers ne sont plus du tout comparables à ceux de l’époque où elle furent crées.  Il ne fait aucun doute qu’ils  ne souhaitent pas remettre en question un mode  l’utilisation qui rend ces armes vétustes pour des raisons qui mériteraient d’être examinées.  C’est vrai que la vétusté  a comme contre partie un classement en 8ème catégorie et certains avantages. Cependant, les revolvers à poudre noire ne sont soumis à aucune obligation d’en faire des pièces de musée.

Capture Idée reçue

Cette vidéo fait partie d’une série de 2 vidéos qui traitent des idées reçues concernant le fonctionnement  et les défauts des revolvers à poudre. Ces défauts  (blocages des barillets, encrassement, etc)  peuvent donner lieu à des modifications  discrètes des revolvers ou de leur utilisation pour une amélioration de leur efficacité. Sous le prétexte des idées reçues, j’introduis la possibilité de changer l’usage des revolvers ou de procéder à des modifications , ce qui ne peut manquer d’aller à l’encontre des normes  qui pèsent sur la poudre noire, ce que certains appellent  « la tradition ». .

Une série de 5 Vidéos  qui présente un matériel (sabot de chargement et presse à crémaillère) destiné à fiabiliser  et moderniser le rechargement des revolvers à poudre noire (en cours)

Deux vidéos sont déjà publiées:

Capture1-5

Cette vidéo présente le chargement à domicile d’un barillet de colt 1860 avec des doseuses Lee Perfect et le nouvel outil que j’ai conçu  : le sabot de chargement.  Le sertissage est cependant encore effectué avec un « poussoir » (outil fabriqué en remplacement du levier de chargement traditionnel).  Cependant la vidéo 4/5 montrera comment le sabot est en fait prévu pour un double mode de sertissage :  soit avec un poussoir (qui reste un moyen rustique) utilisable sur le pas de tir, soit avec une presse de chargement à crémaillère qui est le mode de sertissage recommandé pour la préparation des barillets.

Capture 4-5

  • Cette vidéo présente l’ensemble du matériel de chargement à domicile :  une presse destinée au sertissage des balles dans les barillets et un sabot de chargement adapté au Walker 1847. La démonstration  du sertissage  est totalement convaincante  par la qualité du procédé, par sa facilité, par la rapidité et l’efficacité  de sa mise en œuvre avec plusieurs barillets.  C’est une solution qui modernise le rechargement des revolvers à poudre noire, dans une conception de leur utilisation qui  suppose  de disposer de plusieurs barillets pour chaque revolver, sinon, en cas d’utilisation d’un seul barillet (avec des cartouches papier notamment),  le sabot de chargement suffit .  

(les autres vidéos sont en cours, à suivre)

2 vidéos qui montrent les possibilités des revolvers à PN pour un chargement plus rapide sur le pas de tir  ! Une procédure utilisable avec toutes les armes à poudre noire et pas seulement avec le 1858

Capture tests

Des tests comparatifs de vitesse de changement de barillets sur un Walker, un Remington 1858, un  Rogers Spencer, un Ruger Old Army. Le but est de pouvoir recharger vite pour tirer vite. Tous les revolvers à poudre noire sont aptes au rechargement rapide, mais l’utilisation des leviers de chargement installés sur les revolvers n’est plus nécessaire,  sauf en cas d’incident de tir. Les  conversions des revolvers à PN en revolvers à cartouches métalliques perdent alors leur attrait et la poudre noire reste la matière magique que nos recettes rendent percutantes  !

Capture tir rapide au walker

Le tir rapide au Colt Walker avec poignée « ergonomique », un outrage à la tradition diraient ceux qui  entendent conserver les revolvers de l’époque Old West tels qu’ils étaient censés être …  le tir au Walker se fait en pratiquant le changement de barillet pour un rechargement plus rapide : démontage rapide, rechargement rapide, tir rapide.  Une méthode de tir dynamique avec un revolver souvent  considéré comme trop rustique et désuet pour le tir actuel. Avec cette façon de tirer, le Colt Walker, véritable légende,  revient « dans la modernité »! D’autres modifications de l’arme sont faites qui bousculent la tradition et évitent le blocage du barillet par les amorces. Le but: fiabiliser le fonctionnement du revolver et sa rapidité de tir.

Vidéo

8 – Une innovation dans le mode de chargement et l’usage des revolvers à poudre noire?


 Lire l’introduction (en haut de la page) pour connaître les différents articles du blog.

A/ La nouvelle forme de communication  de PSRauben: les vidéos sur Youtube

Je vous propose des vidéos sur Youtube dont je suis l’auteur:  trois sont actuellement déjà produites.  Allez  dans mon article 9 pour trouver les liens.  C’est du « PSRauben », 100%, des vidéos qui  engagent le débat sur le fonctionnement de nos revolvers,  dans un esprit de totale liberté. Elles reprennent notamment les arguments de cet article et d’autres sujets. 

B/ un inventaire comparatif des différents mode de chargement des revolvers à PN

chargement avec les outils du poudreuxVoici une photo  qui correspond au chargement traditionnel, avec l’opinel SVP,  et je crois qu’il est possible de rénover un peu l’image du poudreux !  Concernant les revolvers à poudre noire, les précautions sont d’une part réglementaires (par exemple toujours orienter l’arme vers la cible, transporter l’arme déchargée, etc ), mais elles sont aussi mécaniques : les armes à poudre noire n’ont pas de cran de sureté qui bloque la détente. Par contre, sur les Colts,  le chien peut être positionné entre les cheminées, ce qui lui donne une forme de mise en sécurité, bien que l’arme soit chargée et prête à tirer. Le chien est alors simplement  retenu par un (ou des ) aiguillon qui l’empêche de sortir de cet emplacement, ceci pour éviter que le coup parte par accident.  Ces aiguillons qui dépassent à l’arrière du barillet constituent une entrave au chargement du barillet sur une presse, c’est à dire hors de l’arme, car on ne peut pas mettre facilement le barillet en appui sur son « cul ».

Aujourd’hui, on n’a plus besoin  de conserver ou de transporter l’arme chargée avec le chien posé sur l’aiguillon de sécurité (au lieu de le poser sur une cheminée avec amorce).  Le revolver se transporte  dans une mallette et doit être déchargé, c’est prévu dans la loi. Par ailleurs sur les revolvers à carcasse fermée,  ces aiguillons disparaissent généralement, ce qui permet  alors de placer le barillet en appui sur sa rosette (il n’y a souvent plus de crémaillère)  et d’utiliser une presse de chargement (mobile) , plutôt que le levier installé sur le revolver.  L’évolution a donc déjà remis en question certains usages de sécurité qui sont pourtant conservés par les tireurs.  Une autre évolution semble envisageable: elle concerne les alvéoles qui entourent les cheminées et qui  sont considérées comme des éléments techniques de sécurité pour empêcher  « les départs en chaîne »  au cours du tir.

 HUMOUR DE POUDREUX !

Pour avoir une idée du travail « laborieux » qu’impose le chargement à l’ancienne et vous marrer un bon coup, regardez la vidéo qui suit, car elle met en évidence les difficultés de ce chargement : c’est une vidéo exemplaire qui dénonce ce que je veux éviter… cette vidéo n’est pas faite pour nous faire de la pub., car le tireur souffre littéralement jusqu’à lâcher: « saleté de saleté » !  Et quand au moment du tir avec le Walker 1847, il conclut, un peu dépassé, « ce n’est pas évident de tirer à bras franc avec cet engin » et  ajoute  pour finir « je crois bien que là, on se paye un bide », il est grand temps qu’il change sa manière de charger et de tirer!  Je lui recommande donc de passer par mon blog.

Dès lors que l’arme n’est plus utilisée dans les conditions qui étaient celles du 19ème siècle, faut-il garder des éléments techniques désuets et inadaptés à l’usage actuel ? Par sécurité ou par goût de la tradition ? Je me suis consacré à une recherche pour modifier les conditions du chargement et du sertissage des balles  et voici dans un tableau les possibilités qui s’offrent au tireur: comme on dit, il y en  a pour tous les goûts et pour tous les portefeuilles.  Que vous soyez plutôt pour un chargement traditionnel ou pour un chargement « vite fait bien fait » avec un levier mobile mais qui ne vous ruinera pas, tout est possible. Mais ce qui est surtout intéressant, c’est un chargement de précision, facile, soigné, précis en terme de sertissage et qui s’adapte à chaque arme, sous réserve de disposer  de la pièce qui correspond au  format du barillet (cette pièce existe dans une gamme de sabots) .

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 dans cet article, nous allons donc présenter deux modifications  du processus de chargement des revolvers à PN :

  • A/ la première modifie le barillet;  je l’ai déjà évoquée, mais je reviens sur cette question, pour répondre aux objections
  • B/ la seconde concernera l’outillage du chargement et du sertissage du barillet, avec une conception nouvelle : le sabot de chargement.

C/ Des barillets sans alvéole sur des revolvers à poudre noire:  pourquoi ?

J’ai déjà évoqué cette question et la traiter de façon complète dans cet article  peut donner l’impression d’une redite, cependant mon blog est linéaire, il évolue en fonction de ma réflexion et chaque article demande un rappel de certaines informations. Il m’a semblé nécessaire aujourd’hui  de faire une synthèse de plusieurs aspects de ma façon d’utiliser les revolvers à poudre noire;  mon objectif est d’arriver à disposer d’outils très simples et fonctionnels pour utiliser plusieurs barillets pour chaque révolver et avoir un rechargement facile. Mais progressivement je me concentre sur le chargement proprement dit, que je veux rendre à la fois aisé et fiable. J’arrive maintenant à une étape où je vais me consacrer aux outils de chargement que je crée pour mes propres besoins.

Dans cet article, je reviens sur le STARR (présenté dans mon article 2),  car ce revolver fabriqué aujourd’hui par PIETTA , a subi une modification de la part du fabricant qui est passée inaperçue: elle constitue cependant une « dérogation »  aux normes des revolvers  à poudre noire,  car à 99%,  tous ont des alvéoles qui protègent leurs cheminées.  Il est vrai que la présence des alvéoles  donne un design particulier aux révolvers à PN  qui les différencie des revolvers modernes à PSF et qui permet de les  identifier au 1er regard . Le STARR d’origine semblait comporter des cloisons (bien visibles sur la photo ci-dessous du modèle d’origine) et non des alvéoles, pour séparer les cheminées . Un revolver à PN sans alvéole, c’est aussi impensable qu’un zouave sans sa culotte ou sans sa moustache, ou que la France sans sa tour Eiffel !! Cette innovation qui n’avait sans doute pas la prétention d’en être une,  est cependant loin d’être anodine.

« Une légende circule parmi les poudreux selon laquelle les alvéoles empêchent les départs en chaîne » avais-je écrit et ce propos a  chatouillé certains poudreux .

STARR cloisonné

Il faut tirer de cette photo 2 questions distinctes :

1/ l’information effectivement incite à en savoir plus;  le STARR d’origine était-il  cloisonné comme l’indique cette photo  et pourquoi Pietta a-t-il fait cette modification ?  Peut-on croire que ce fabricant de répliques soit inconscient ou  qu’il s’agisse d’un oubli ??? ?

2/ Quel est l’intérêt technique de supprimer les alvéoles? Il n’en demeure pas moins que des STARRs sont vendus par PIETTA sans alvéole et que ce constat m’a amené à me poser une question ES-SEN-TIEL-LE : à quoi servent vraiment les alvéoles, sinon à bloquer les amorces entre le barillet et   le bouclier (ou  la carcasse)?  Et quel est le risque réel de cette suppression ?

Le fait de supprimer les alvéoles sur les répliques à PN soulève des résistances  de la part de certains poudreux,  au point que je me suis demandé s’il ne fallait pas leur donner la parole pour qu’ils développent leurs objections. A ma grande surprise, leurs objections sont peu argumentées de façon technique, mais cette modification de la technologie des armes à poudre noire ne les convainc pas….  Résistance à ce changement ou résistance au changement, telle est la question? Le changement porte-t-il atteinte à l’identité de la poudre noire ?  Quoiqu’il en soit,  les alvéoles ont toujours existé , diront-ils, sur la série des révolvers à poudre noire fabriquée  au cours du 19ème siècle. C’est comme ça depuis les Colts d’origine,  par conséquent cette technologie est certainement nécessaire. Voilà en gros le raisonnement qui prévaut,  mais que nous devons examiner.   Certes cette longue tradition des alvéoles me dérange.  J’ai quand même le sentiment que les fabricants avaient leurs raisons.  Mais alors quelles sont celles de PIETTA?  Ne serait-ce par curiosité intellectuelle, cette question mérite d’être soulevée.  C’est une dérogation à  des dispositions techniques qui touchent à la sécurité et pour certains la sécurité est  prioritaire. Alors, pourquoi ce silence sur une dérogation qui devrait créer un débat ?  Qui, à part moi, a soulevé la question d’un tel changement ?

Pourtant dès qu’on évoque les alvéoles, le débat s’oriente vers les « départs en chaîne », c’est un classique.   J’ai fait un test sur un Forum Poudre Noire et  je n’ai obtenu que trois arguments qui justifieraient la présence des alvéoles.   Si vous en voyez d’autres n’hésitez pas à me les communiquer.

Pourtant les poudreux ont des raisons  de mettre en cause des alvéoles qui présentent divers inconvénients  et le bénéfice de cette suppression devrait les intéresser. Si le STARR peut fonctionner sans alvéole et sans risque pour la sécurité, il convient d’utiliser cette innovation pour d’autres armes à PN  dans le but d’en finir avec les problèmes d’amorces : d’une part en raison de la difficulté de mettre celles-ci en place (pour ceux qui ont de gros doigts), ce qui nécessite de  petits outils que je trouve merdiques mais qui sont supposés faciliter cette opération,  et d’autre part en raison de ces fameux problèmes de blocages d’amorces en cours de tir: elles ne s’évacuent pas et restent bloquées à l’arrière du barillet entre les parties hautes des alvéoles et la carcasse, ce qui empêche le barillet de tourner.  En cours de tir, il faut veiller constamment à faire tomber l’amorce sur le côté. J’ai donc eu l’idée de supprimer les alvéoles  sur la plupart de mes revolvers…!   Du coup les petits aiguillons de sécurité qu’on trouve sur beaucoup de barillets d’armes à PN (destinés à bloquer le chien entre deux crans de cheminées) disparaissent, mais si la sécurité l’exige, on peut par exemple laisser une chambre vide, pour l’appui du chien lors du transport de l’arme … ça s’est beaucoup fait. Lorsque les alvéoles disparaissent, les amorces percutées peuvent encore venir se loger sous le barillet, entre celui-ci  et la carcasse  (mais c’est rare).  De toute façon, les amorces constituent un emmerdement constant!

Chose importante, quand on enlève  les alvéoles qui protègent les cheminées,  il faut conserver une couronne  d’appui (de 2 à 3mm) à l’arrière  du barillet, autour de la crémaillère.  Lors de la mise à feu, le barillet recule et vient s’appuyer sur la carcasse. Sur les Colts il existe un anneau  qui sert d’appui au barillet.

Voici différents barillets qui ont été modifiés, façon STARR : 2 barillets de R&S, 1 de Walker etc. J’ai  laissé un peu de creux autour des cheminées et j’ai conservé le cran pour l’emplacement du chien. My beautiful pictureDe gauche à droite vous avez 2 barillets de R&S, puis un barillet de Walker, un barillet de STARR et enfin un barillet de Colt 1851… Ayant pressenti cette méthode, avant d’acheter un STARR,  je « me permets » d’appeler cette opération chirurgicale « une star-raubenisation » du revolver !

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est d’examiner les arguments qui s’opposent à ce changement fonctionnel et pas seulement esthétique des armes à PN.   Ceux qui utilisent ces armes n’ont pas une véritable connaissance technique de l’utilité des alvéoles et s’en remettent à  des hypothèses car on n’a pas d’éléments théoriques donnés par des fabricants de l’époque qui justifient leur fonction.   Je cite les arguments qui m’ont été  donnés:

1/ « Je crois me rappeler que c’était pour protéger un peu mieux les amorces des aléas du transport, en plus du holster fermé que chaque homme portait. »

 Effectivement, c’est un argument de bon sens :  l’introduction  et le transport d’un revolver dans un holster risque de décrocher les amorces et dans le passé les alvéoles ont très certainement joué un rôle pour conserver l’arme prête à tirer. C’est un argument que je retiens et qui s’écarte de la thèse du risque de  départ en chaîne. Cependant aujourd’hui,  on n’est plus autorisé à  transporter l’arme  de cette façon, sauf chez soi, si on dispose d’un hectare de terrain  et d’un cheval. Dès lors cet argument perd de sa pertinence pour un usage actuel.

2/ « Le départ en chaine existe, j‘en ai vécu un… une seule fois avec 2 coups partis. C’est rare, mais ça reste possible ». 

Ca c’est la ritournelle que j’ai évoquée:  le risque existe, je n’en doute pas.  Nous n’avons pas en poudre noire, d’ouvrage technique (à ma connaissance) qui réponde à cette question et c’est la sagesse collective qui fixe une norme de sécurité. La question est de savoir si les alvéoles sont prévues pour une réelle protection contre les départs  en chaîne ?  Mais au fait, pourquoi et comment ce départ en chaîne s’est-il produit ?  Je constate,  étonné,  que notre ami évoque un fait tout à fait inhabituel, mais n’apporte pas d’explication sur ce qui a pu le produire.    Je réponds d’abord que l’on survit en général à cet accident (en étant sans doute impressionné) et  sans pour autant y laisser des doigts !   Le gros danger des armes à poudre noire, c’est  le surdosage ou l’usage de poudre sans fumée qui peut provoquer l’éclatement du barillet, ce qui est alors un accident grave.

Un autre poudreux répond  aussitôt : « Moi  de même, mais ce ne sont pas les cloisons qui l’empêcheront de se produire, on sait très bien que ça provient de cheminées non étanches, c-à-d  damées, pourries, ou d’amorces mal pincées,  etc! »  Là je suis intéressé , car cette réponse tord le cou aux arguments alarmistes et rétablit un peu de rationalité dans le débat.  La mauvaise qualité des amorces et des cheminées  apparaît pour certains comme le vrai  facteur  de risque du départ en chaîne, qui le plus souvent a lieu par l’avant.  C’est le sertissage de la balle qui garantit  l’étanchéité, car une balle mal sertie bouge  et la graisse ne joue pas un rôle prioritaire. Vieux débat qui a fait couler plus d’encre que le zouave a vu couler d’eau dans la seine.  Mais à l’arrière,  quand les cheminées sont trop larges,  défectueuses, la poudre s’égrène et des particules se logent au fond des alvéoles, ce qui est sans doute un facteur de contamination lors de l’allumage: il faut donc nettoyer ses cheminées après avoir placé des amorces.  D’où l’intérêt du chargement à domicile, soigné, propre – et d’où l’intérêt  d’avoir des cheminées accessibles, faciles à nettoyer .  Si on prend les précautions qui s’imposent (car il en faut),  on peut décaloter ses barillets (supprimer les alvéoles) , mais il faut renouveler les cheminées quand elles sont fatiguées.

Effectivement,  les cheminées et  les amorces peuvent être la cause de départ en chaîne. Ces dernières  sont maintenues par le chien et lors de l’explosion, que se passe-t-il ? Le chien doit bloquer l’amorce  et obturer  la cheminée au moment où la charge explose.  Son rôle  est  donc essentiel  pour éviter que l’amorce ne saute au moment de la mise à feu de la chambre, car nous le savons, l’explosion de la poudre crache par l’avant (l’entrefer) et par  la cheminée à l’arrière,  et cela d’autant plus que le trou de la cheminée est large. Si le ressort de chien est trop faible,  pas suffisamment tendu, pas suffisamment  raide, le chien se relève sous le souffle et  ne bloque  plus l’amorce: elle saute.   Il faut donc renforcer le ressort de chien (par exemple en le doublant)  et j’ajoute que  l’orifice de la cheminée ne doit pas être bouffé par l’usure au point que le souffle trop puissant relève le chien.   Mais pour que d’autres cheminées s’allument,   il faudrait que les amorces ne tiennent pas  ou que le souffle les emporte…  C’est ce qui peut arriver  si les cheminées sont en mauvais état, mal vissées, fendues, si elles n’assurent pas la tenue des amorces, si elles ne sont pas étanches.  De même, si les amorces sont mal calibrées,  trop larges,  elles sautent plus facilement.  Le contrôle des cheminées, la bonne tenue des amorces  et la tension du chien sont  donc à contrôler. Dans le cas où l’arme est mal entretenue, on peut donc croire que les alvéoles  sont « prévues » comme une protection pour éviter la contamination des chambres.  Or les départs  en chaîne peuvent se produire malgré les alvéoles  et par conséquent, on peut penser, avec réserve, que celles-ci pourraient n’avoir comme  fonction que de protéger  les amorces des chocs et des chutes de barillet. Entendons nous bien : je ne suis pas ici en train de tenir un discours de vérité: « j’évoque » comme dirait M. AUDIARD, je lance des hypothèses. Si des poudreux plus informés sur cette question ont des arguments à opposer, ils seront les bienvenus sur le blog.
Cependant,  comme l’écrit un tireur (Youkaï) sur le « forum des fans de la poudre noire » de façon assez catégorique: • « les départs en chaîne peuvent être attribués à deux causes essentiellement :
  •  le sous-calibrage des balles ;  (il faut)  toujours vérifier le diamètre des chambres avant de choisir quel calibre de balle on va introduire dans celles-ci (ça doit forcer  dans le barillet).
  • la mauvaise pose des amorces sur le barillet ; (il faut) vérifier régulièrement l’état des cheminées et choisir le modèle d’amorces adapté. »
« En conclusion,  écrit-il, si n’importe qui prête attention à ces deux points, il n’y aura normalement pas de départs en chaîne.  » Normalement…. Voilà qui est dit et ce n’est pas moi qui le dit. Les amorces représentent le facteur de risque le plus sensible. Je pense que les tireurs actuels à la PN disposent de cheminées de qualité et  si toutefois  les amorces qu’ils utilisent  sont adaptées,  il ne doit pas y avoir de risque de départ en chaîne, malgré l’absence des alvéoles .
Je tiens cependant à dire qu’un autre article souligne le rôle délicat des amorces, en  mettant  en cause leur qualité de fabrication actuelle : elles sont trop courtes et mal ajustées, ce qui est une  cause possible de départ en chaîne. Lire l’article :
Dès lors que PIETTA  supprime les alvéoles sur le STARR, il fait la preuve  qu’on peut supprimer les alvéoles sur tous les revolvers à poudre noire, car je ne vois rien qui  distingue la mise à feu du STARR de celle des autres revolvers à PN, carcasse fermée ou non.

3/ dernier argument opposable ? « Les alvéoles servent à éviter que les cheminées soient saillantes, avec un risque de départ au moindre choc (en cas de chute de l’arme notamment) »

Cet  argument plaiderait en faveur des alvéoles. Il est vrai que les amorces placées sur ces barillets sont légèrement saillantes et qu’en cas de chute, le choc peut porter sur l’arrête de l’amorce. Les craintes concernant cet usage me semblent fondées : supprimer les alvéoles demande donc des précautions. En principe on évite de faire tomber les barillets, car un barillet qui tombe (notamment sur du béton), c’est un barillet endommagé (qui peut avoir une chambre écrasée). Au prix d’un barillet UBERTI, c’est peu recommandé.

L’usage du STARR représentent-il un risque  pour les autres tireurs du fait de ses alvéoles supprimées par le fabricant?  Non, mais par contre,  le changement de barillet du STARR  sur le pas de tir peut occasionner une chute de celui-ci . Le STARR dispose d’un levier comme tous les revolvers à PN , mais son système d’ouverture de la carcasse  basculante permet un échange facile du barillet au cours du tir, comme c’est le cas du  Remington 1858. Ceci étant,  le STARR n’ayant pas d’axe qui traverse son barillet, celui-ci tombe facilement si on ouvre la carcasse: il faut donc être très prudent lors du changement de son barillet . En fait  le risque n’est pas tant  celui d’un départ en chaîne,  que celui de faire chuter des barillets sur le pas de tir : un barillet mal stabilisé qui roule et qui tombe ou un barillet qui tombe au moment où il est replacé dans la carcasse. Dans mon  club, ma façon de charger a fait l’objet d’une petite discussion, mais  nous avons convenu de certaines précautions.  Le transport et le stockage des barillets impose des précautions : il doit se faire  dans une boite sécurisée (j’ai une caisse métallique réservée à cet usage, avec de la mousse pour empêcher les chocs).  Je change  les barillets sur la table de tir en en veillant à les poser sur  un support qui les empêche de rouler (un linge)  en raison de la pente.  La sécurité  dans un club est nécessaire, mais pour autant, on doit pouvoir utiliser le changement de barillets  sur le pas de tir ou disposer d’un stand aménagé,  apte au rechargement plus rapide.  Voici une petite collection de barillets tous modifiés (cliquez sur l’image et elle s’agrandit) avec la boîte de transport que j’ai acheté dans une bourse aux armes : c’est  une petite caisse de soin d’urgence de l’armée américaine « first aid, for emergency use only ».

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Sortir de la routine du tir pour   « faire du point »

Le tir en compétition est codifié par des postures de tir et des règles.  Faire du point,  est-ce le seul objectif d’un tireur au revolver à poudre noire ? Les tireurs peuvent avoir envie de  pratiquer d’autres formes de tir, plus instinctifs, moins codifiés.  Il faut donc diversifier les activités en stand et le CAS (cowboy action  shooting) est une de ces activités;  le Bench rest s’inscrit lui aussi dans l’objectif de  faire du point .  Supprimer les alvéoles permet-il de défourailler sans craindre de perdre les amorces ? Les tirs instinctifs, sur des cibles mobiles notamment, sont intéressants et d’autre part,  il existe des compétitions très surprenantes de tir  rapide (fast draw shooting) , mais qu’on ne se leurre pas:  de tels tirs ne seraient pas admis en stand pour des raisons de sécurité et ce  n’est pas à proprement parler du  tir à la poudre noire, car on y utilise  des Colt 1873 S.A.A. et des cartouches métalliques sans balles. Pour en savoir plus, voir le site:

http://www.normandy-westerners.net/pages/FAST_DRAW_SHOOTING-944261.html

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Les avantages du barillet sans alvéole

Il a une sorte surenchère de précautions chez les poudreux, comme si pour ne pas inquiéter l’Etat, pour  passer entre les filets des réglementations qui s’alourdissent et qui jusqu’à présent les épargnent,  il fallait rassurer,  monter  qu’on est plus blanc que blanc, ce qui est difficile pour qui est dans la poudre noire ! Mais dans les clubs,  il faut prendre des précautions car la population des poudreux n’est pas homogène  et certains tireurs irresponsables pourraient  exposer les autres tireurs à des risques d’accident graves, sans parler des armes qui  sont parfois imprévisibles (détentes trop sensibles ou mécanismes usés).  Je ne soutiens pas l’idée qu’un stand est  à l’abri d’accidents de tir, peu s’en faut.  Il faut une vigilance collective. Cependant, j’essaie de trouver des solutions crédibles qui innovent dans les domaines où le tir à la PN  est  enfermé dans  des procédures fastidieuse de rechargement.

Ce supplément de risque (que je reconnais) ne doit pas occulter les avantages de l’usage de barillets  sans alvéole ;  l’accès des cheminées est alors beaucoup plus facile et peut se faire avec les doigts. Cette modification ne réduit-elle pas les incidents de tir dus fréquemment aux amorces bloquées entre les alvéoles et la carcasse (ou le bouclier)? Sans parler de celles qui tombent dans le mécanisme et bloquent l’arme au moment de l’armé ?? Une amorce coincée, un barillet qui se bloque, imposent des manipulations souvent délicates,  car pour faire tomber l’amorce éclatée, ne faut-il pas sortir le barillet et pour cela multiplier des gestes qui, à mon sens, présentent des risques ? A mes débuts il est arrivé qu’un revolver bloqué par une amorce « résiste »,  alors que nous étions plusieurs à tenter de le sortir de  l’arme. La suppression des alvéoles signifie une réduction importante du nombre des amorces bloquées; ça c’est un gain de sécurité.

Le risque de chute va être réduit par une solution simple  que je proposerais prochainement, sur ce blog. Du coup de dernier argument tombera. Une solution de chargement rapide qui va faire ses preuves en termes de facilité de chargement et de sécurité! Quelle est cette solution?  C’est un support (transportable dans la poche), qui va également servir lors du rechargement et du sertissage des balles et  pour un rechargement avec des cartouches-papier. Du coup sur le pas de tir,  la possibilité de placer les amorces sur le barillet sera grandement facilitée car le barillet sorti de l’arme pourra être stabilisé sur ce support  pour éviter qu’il ne roule. Ce  support  pourra remplacer le chevalet en bois traditionnellement  utilisé  mais trop encombrant.  Certains poudreux sont très attachés à  leur chevalet (support en bois démontable )  et l’ont réalisé avec soin. Ce qui veut dire que dans le tir,  chacun trouve son plaisir selon des choix personnels que je ne conteste pas.   Mais  pour moi, un chargement rapide et sécurisé est nécessaire pour  pouvoir venir tirer quelques barillets en m’épargnant les complications dues au rechargement traditionnel. Le jeu de supports  en cours de réalisation va  être complété par  un levier mobile adapté à tous les barillets, pour un réaliser un chargement à domicile.  Du coup,  je balaye la dernière objection qui m’est faite : le  danger de la chute du barillet va être réduit considérablement, mais il restera un faible risque qu’on ne saurait supprimer: c’est celui de sortir le barillet de sa boîte et de le faire tomber par un geste maladroit.

Une objection m’est faite: est-il légal de transporter des barillets chargés (avec ou sans amorces)?  Je pense que le chargement le plus sécurisé (sans parler de l’usage traditionnel du levier de chargement placé sur l’arme) est celui qui se fait intégralement à domicile  – amorces comprises –  et non sur le pas de tir qui présente des conditions de chargement parfois sommaires : tables encombrées, inclinées, bancales ou trop étroites, trop de personnes à proximité, etc. Le chargement des barillets doit se faire dans le calme, avec l’outillage adéquat et dans la concentration. Je suis à peu près certains que les stands sont trop occupés pour disposer de telles conditions, c’est pourquoi, les amorces qui constituent la dernière opération de chargement doivent être placées dans un environnement compatible, ceci pour la sécurité, parce qu’à ce stade, la sécurité est indispensable. Bien  entendu, cette remarque ne concerne pas le chargement sur  chevalet en bois, qui du point de vue de la sécurité,  est absolument parfait.

Ma réponse est donc la suivante : le transport d’une munition à cartouche métallique n’exige pas qu’on enlève l’amorce de la douille,  ni qu’on vide la douille,  en demandant au tireur de transporter séparément la douille, l’amorce , la poudre et le projectile. La réglementation prévoit  que la munition soit séparée de l’arme, c’est à dire transportée dans une mallette séparée. En poudre noire, la munition est dans le barillet qui tient lieu de douille. Mais pour être conforme à la loi, il est nécessaire de séparer les barillets de l’arme,  comme un chargeur est séparé  d’un pistolet et les transporter dans des  mallettes séparées  qu’on ouvre sur le pas de tir. C’est une méthode qui est totalement conforme à ce que font les tireurs  utilisant des armes à cartouches métalliques.

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D/ une nouvelle conception de l’outillage pour un rechargement rapide

1/ Le chargement traditionnel avec le support de chargement en bois , dont l’usage remonte à …. et qui est à  mettre au musée!  

OLYMPUS DIGITAL CAMERAsupport de chargement en bois 1Depuis l’origine (les Colts) le chargement se fait grâce au « levier de chargement » fixé sur le revolver.  Outil indispensable du tireur :  pas de revolver à PN sans son levier.  A quand remonte les chevalets en bois?  Au risque de commettre une erreur,  je présume, qu’ils sont apparus  avec les stands de tir, car on peut difficilement imaginer que les soldats utilisaient cet accessoire pratique, mais encombrant.

Les poudreux qui  tirent de longue date, ont bien sûr un équipement très complet et notamment ce genre de support  vernis,  patiné, en deux mot : très bien fait…  Le support  (chevalet) est destiné à maintenir le revolver debout pour utiliser  le levier placé sur l’arme.  En voici deux destinés au chargement du ROA.    Pour  faire un chargement,  le problème est qu’il  faut faire tourner le barillet  à la main et cela exige des précautions,  car le chien ne doit pas se rabattre (il faut donc  le mettre en demi armé) .  Dans cette position, il n’est pas facile de reculer le chien. Quand une chambre est remplie avec  un entonnoir, on introduit la balle et pour la sertir , on  tourne le barillet afin que que celle-ci vienne sous le refouloir. Puis on descend  le levier  placé comme on le voit sur le second revolver .  Cette opération se fait chambre par chambre en faisant tourner le barillet,  ce qui n’a rien de facile, car l’accès aux chambres est  exigu. C’est vraiment très simple, mais pas très pratique , voire dangereux,  si par idiotie,  on place les amorces avant de sertir !!!   Ensuite il faudra garnir l’arrière du barillet avec mes amorces…  avec un petit outil qui n’est guère pratique:  un vrai chemin de croix ! Il y a pourtant des poudreux qui pratiquent ce chargement (en compétition notamment) et qui pour rien au monde n’en changeraient!  Bref  c’est fastidieux, et si on veut voir cette procédure avec optimisme, on dira que « cela prend du temps »!

Le chargement traditionnel  a cependant connu quelques toutes petites évolution: un remplacement progressif du levier placé sur l’arme au bénéfice de leviers (ou presses)  mobiles, qui sont loin d’être de bonne qualité mais qui permettent de prépaper plusieurs barillets chargés. Ce type de chargement  reste cependant  pratiqué aux USA, car en France on est resté au stade du revolver avec son barillet unique. Autre innovation qui n’est pas des moindres,  le remplacement de la poire à poudre par des dosettes en plastique qu’on prépare à domicile. Ce changement a été accepté, car les poires à poudre  étaient jugées dangereuses dans les stands, ce qui est évident. Mis  à part ces  deux points, rien ne change, car la FFT de tir impose une conformité  des armes et des usages  à ce qu’elles étaient à l’origine. Je n’en parlerai pas, car j’ai peu d’intérêt pour la compétition, trop codifiée à mon goût.

Nous en sommes donc restés au chevalet en bois, quand les américains montent des guidons à fibre optique sur des Hawken version moderne. En France on n’a pas le goût de l’innovation dans le domaine des revolvers à poudre noire : au contraire,  on freine des deux pieds à toute idée de changement dans ce domaine. Aux USA et au Canada  le changement va très vite: ce sont les fusils à chargement par la bouche qui connaissent un développement spectaculaire, avec des munitions à sabot dont la portée et la précision sont impressionnantes.  En réalité la poudre noire est remplacée par des « poudres » modernes qu’on ne trouve pas en France. THOMPSON CENTER est leader dans ce domaine.  Les fusils à poudre noire récents sont équipées  de culasses permettant un chargement par l’arrière du canon , sans oublier les organes de visée et les matériaux (qui sont ceux des armes modernes).  Ces armes sont destinées à la chasse.   C’est une toute autre conception.

La situation est simple : le tir n’est autorisé en France que dans des stands (ou chez soi si on dispose d’un stand privé) . La FFT contrôle les stands, développe ses disciplines (qui sont certes variées)  et ses compétitions dans lesquelles l’utilisation des revolvers à PN  est  soumise à des normes précises.  Or l’usage des armes à poudre noire n’appartient pas à la FFT. C’est pourquoi, bien que tirant en stand,  je  me permets  de sortir des standards des compétitions.  Pour apprécier  l’emprise de la FFT sur le tir aux armes anciennes, lire le règlement MLAIC  (site : http://www.fftir.asso.fr), ça donne une idée exacte de la pesanteur des règlements dans les concours de tir. C’est l’esprit « compétition », règlement, contrôles  à la loupe et jugulaire,  et bien que les épreuves soient variées,  ce genre de  règlement fige toute innovation.

Les défauts des leviers de chargement dont sont équipés les revolvers à PN et les presses bon marché 

Levier-chargement-refouloir-axe-barillet-Roger-Spencer-Euroarms

L’embarras pour l’utilisateur d’un revolver à PN , c’est que le levier de chargement est source de problèmes: l’axe (de rotation) qui lie le levier  et le refouloir est le plus souvent une vis de faible diamètre,  comparativement au levier et au refouloir, qui, sur les Colts, sont  très robustes. Conséquence: si le levier est indéformable, c’est l’axe qui se tord, qui casse ou qui  se dévisse … et tombe.  Comment changer cet axe,  quand il s’agit du Walker UBERTI ou du Walker Army San Marco….  c’est difficile; il faut alors faire fabriquer l’axe. Sur les principaux revolvers à carcasse fermé (1858, R&S, etc), ces leviers sont solidaires de l’axe du barillet (trop fin) qui est alors susceptible de plier  lors du sertissage;  je précise qu’un ensemble complet (levier de chargement + refouloir) de R&S se vend à 109 euros sur Naturabuy!  Donc techniquement, je considère que les levier des Colts et des revolvers à PN en général sont fragiles, sauf celui du Ruger Old Army  qui est exceptionnellement bien fait, solide, mais un peu délicat à sortir.

Sur un Roger et Spencer, par exemple (voir la photo) , si on a oublié de tourner la vis qui bloque l’axe, celui-ci peut sortir au moment du sertissage  et plier au niveau de l’encoche que j’indique sur la photo, ce qui m’est arrivé!  L’axe de barillet est alors  inutilisable. Je considère donc qu’il est préférable de limiter au maximum l’usage du levier.  Partant de cette idée, il faut trouver  une solution de rechange pour le chargement: acheter un levier mobile (dont j’ai déjà parlé dans l’article 4) n’est pas une bonne solution. Des leviers mobiles sont rudimentaires  dans leur conception et leur fonctionnement et ne s’adaptent pas à  tous les barillets.

Je vais tenter de créer un matériel qui permet de ne pas utiliser le levier de chargement fixé sur l’arme, mais une presse qui s’adapte à tous les barillets, en vue d’un chargement à domicile, et cela tout en conservant la possibilité de faire un chargement moins soigné sur le pas de tir .

2/ L’utilisation des leviers de chargement mobiles

presse de précision frankoniaL’autre méthode consiste à sortir le barillet et à faire le chargement  sur un levier mobile, appelé pompeusement « presse de chargement » (Frankonia la qualifie de « presse de précision ») .  Hé bien non, ce n’est pas du tout une presse de précision, c’est  un levier qui n’est pas vraiment bien adapté à sa fonction. Voici à droite un levier de chargement mobile présenté par Franconia comme étanat un levier de précision. Comme je le dis dans ma vidéo, c’est véritablement de la daube!

3/ La 3ème solution : le sabot (support) de chargement que j’ai créé

Voici un jeu de sabots destiné  au chargement des principaux revolvers à PN. Ces supports constituent un mode de chargement totalement innovant. Ils permettent de stabiliser les barillets dans les deux positions de chargement:  on peut soit placer les chambres soit les cheminées tournées vers le haut .  Le sabot est destiné à stabiliser  et maintenir le barillet  au cours du chargement et du sertissage (il ne roule pas, donc pas de risque). Son poids lui confère une stabilité lorsqu’on sertit les balles (maillet, poussoir ou autre  outil). Dans l’idéal, le support est un accessoire de la presse. Mais on peut l’utiliser sans presse en le tenant avec la main sur une surface plane, ce qui suffit pour pouvoir sertir la balle avec un poussoir .  Le barillet tourne librement et très  facilement dans le sabot,  ce qui permet de l’orienter  selon le besoin.

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Voici des photos qui  montrent deux barillets d’armes différentes avec des sabots différents, mais tous les barillets ont été modifiés de telle sorte que les cheminées  soient dégagées et les sabots sont prévus pour tenir des barillets sans alvéoles (ou du moins avec des alvéoles en grande partie supprimées. On a gardé une partie des alvéoles pour conserver  un peu de l’aspect d’origine des armes. Les barillets ne portent jamais sur leur crémaillère. Aucun risque d’écrasement des crémaillères.   Cet outil est prévu pour un usage de l’arme en utilisant plusieurs barillets. Une fois les barillets vides, le tireur peut souhaiter faire un rechargement rapide.  Sur le pas de tir  les supports sont faciles à utiliser en remplacement  du levier placé sur l’arme.

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A ce stade, nous avons résolu la question du chargement rapide sur le pas de tir :  le barillet est placé dans son support, chambres vers le haut. Les cartouches sont  introduites et les balles sont serties avec un refouloir  mobile adapté (une clé à douille emmanchée de 7,  dont l’embout à été fraisé à 11mm, fraise sphérique sur perceuse).  Le sertissage se fait à la main (en évitant le maillet) comme on pousse une balle dans le canon d’un pistolet à chargement par la bouche. Puis les entrée de chambres du  barillet sont graissé et celui-ci est retourné  et remis dans son support (comme ci-dessus);   cette fois-ci les cheminées sont en haut. On place les amorces à la main, après les avoir pincées et on souffle pour chasser les parcelles de poudre noire.  Le barillet est près pour le tir. Le temps de chargement est bien inférieur au chargement avec le levier sur l’arme;  les gestes et  le matériel sont plus simples.  Un support de chargement tient dans la main. voici le plus gros des supports, celui du Walker, toute marque confondues.

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E/ Projet de création d’une presse à crémaillère,  pour un sertissage à domicile, en remplacement des leviers  de chargement

Ces supports doivent compléter une presse vendue dans le commerce, mais modifiée pour s’adapter au sertissages des balles de revolver à PN.  Le but est d’obtenir un sertissage qui ne sera pas « merdique », comme c’est le cas des leviers de chargement mobiles (type PIETTA) dont le refouloir n’est jamais à la verticale de la chambre.  Les leviers à bas prix sont conçus sur le principe du poussoir à bouchon,  car le refouloir est fixé par un axe A sur une barre qui descend en tournant autour d’un point fixe B .  La vis  du  refouloir (au point A) ne travaille jamais à la verticale en suivant une trajectoire linéaire : elle descend en suivant  un arc de cercle. Ce qui veut dire que la poussée sur la balle est fréquemment oblique. Nous allons remplacer ce matériel pour une presse (ou levier de chargement) Bench Rest qui garantit une poussée verticale très facilement contrôlable.  Sur cette presse seul l’axe vertical sur lequel est vissé le refouloir,  est mobile.

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Il ne reste plus qu’à faire la synthèse de ces différentes  observations et conjuguer un levier de chargement Bench Rest  avec un support de barillet de ma fabrication : quel en est le but ?

1/ pouvoir sertir la balle avec une pression descendante verticale et progressive du refouloir et de l’axe du levier de chargement mobile: de sorte que cette pression s’exerce impérativement dans l’axe  de la chambre pour ne pas déformer les balles ni les incliner au moment du sertissage

2/ avoir un barillet stabilisé par un support, de sorte que la pression s’exerce sur la balle et sur le barillet sans porter également sur la crémaillère (la rosette) qui est à sa base du barillet,  évitant ainsi de la détériorer.  Ce support est strictement prévu pour des barillets qui ont été modifié (les alvéoles  ne sont pas totalement supprimées, mais elles sont totalement ouvertes.

3/ pouvoir placer le barillet sous le refouloir  et le positionner de telle sorte que l’axe du refouloir soit au centre de la balle. il est prévu de faire un guidage, mais ce guidage est d’une grande complexité;

4/ pouvoir tourner le barillet facilement pour changer de chambre après chaque sertissage.  Ce qui compte c’est de pouvoir conserver le réglage de la 1ère chambre  lors du changement de chambre (par rotation):  le positionnement doit rester stable et chaque chambre doit pouvoir se replacer facilement;

5/ conserver un sertissage chambre par chambre (et non un sertissage simultané des 6 chambres), ceci afin d’avoir le meilleur sertissage possible, avec mesure de la pression exercée si nécessaire pour le rendre constant .

Tel est l’enjeu de notre recherche qui est maintenant aboutie.

La presse Bench Rest K&M modifiée,  très souple, adaptable à tout type de barillet et sans défaut de fonctionnement  

La presse que je propose est vendue par ESP : http://www.espfrance.com/category.php?id_category=231

On la trouve en vente sur le site américain K&M (K&M « Arbor press ») qui doit pouvoir l’expédier en France, car ce n’est pas un matériel d’armement à proprement parler: http://abfirearms.com/

C’est un produit qu’on trouve sur une multitude de site de vente aux USA sous l’appellation « K&M arbor press ». Cette presse a été modifiée dans un atelier de mécanique de précision pour assurer un sertissage avec des refouloirs prévus pour deux types de balles à poudre noire : des balles rondes et ogivales, cal .44. On pourrait prévoir et fabriquer  des refouloirs adaptés à d’autres types de balles, et pourquoi pas à d’autres calibres,  qui seront également vissés sur l’axe de la presse.  Une vidéo  qu’on trouvera dans l’article 9 de mon blog  montre l’excellence de son fonctionnement.

Le barillet placé dans le sabot de chargement est préalablement garni avec de la PN et de la semoule,  en utilisant les doseuses Lee. On peut alors voir  sur la vidéo comment la presse (car il s’agit bien d’une presse et non d’un levier)  sertit les balles « en douceur »:  un sertissage soigné et facile,  réalisé  avec « précision », sans abimer les balles (sauf en laissant une trace due au refouloir achetés en armurerie, mais qu’on va « adoucir »), sans comprimer excessivement la poudre, sans écraser la crémaillère du barillet.

La presse  est donc prévue pour  compléter  les sabots de chargements. Ils constituent un ensemble  (le choix des sabots se fait selon le type de revolvers utilisés) qui permet au tireur de préparer de préférence à domicile des barillets dont le chargement vise à obtenir une précision maximale « dans  l’ordre du possible » , c’est à dire selon les qualités propres au revolver utilisé.  Ces sabots et cette presse garantissent une préparation de tout type de barillet utilisé sur un revolver à PN,  avec un sertissage vertical dans l’axe de la chambre, progressif (par le bras de levier et la crémaillère), c’est à dire sans accoup, sans choc et  mesurable en terme de pression (on peut adjoindre à la presse un accessoire qui assure cette mesure). On obtient alors un chargement fiable, précis, et régulier.   On est sorti du « bricolage artisanal et traditionnel » et on travaille alors avec un objectif de qualité et de fiabilité., Le chargement devient beaucoup plus qualitatif tout en étant confortable, à l’instar du chargement  avec  des cartouches métalliques.   C’est incontestablement un pas en avant.  Mais pour la précision, il faut  aussi veiller à la fabrication de balles très régulières en terme de poids, une autre dimension de l’amélioration » du chargement.

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Pour tout renseignement sur ce matériel,  je suis à la disposition des tireurs qui,  après avoir vu la vidéo,  seront,  j’en suis certain, convaincus de ses qualités adaptées à leurs besoins. Si vous en doutez, il vous reste à  ramer avec les leviers de chargement et  les leviers mobiles, si c’est une affaire de conformité à la tradition, teintée d’un certain « masochisme ».

Voici quelques indications sur la modification de la presse Bench Rest K&M : l’axe d’origine n’a pas été été raccourci: il dépasse de 0,5cm sous le bloc bleu qui contient la crémaillère. Il a été simplement percé et taraudé par un professionnel (filetage extérieur du pas de vis à 8,3mm environ) pour pouvoir visser le refouloir qui,  par contre, provient d’un Colt Walker Uberti, raccourci et modifié. Il a une longueur de filetage de presse bench rest11,85mm.  Il prolonge l’axe  et il est interchangeable : on peut le tourner avec une clef plate pour le bloquer . Sa longueur prolonge l’axe de 3cm. J’ai fait 2 modèles de refouloirs, un avec une forme en creux sphérique et l’autre ogivale. L’axe monte et descend de 3cm grâce au levier, ce qui est largement suffisant pour enfoncer tout type de balle et garder  de la marge pour compresser. Le bloc bleu est lui-même réglable en hauteur grâce aux vis de fixation qui sont aussi des vis de réglage (les vis noires derrière la colonne montante) .

Voici également une photo en grande taille de cette presse.  Il faut savoir que son intérêt découle de l’utilisation du sabot prévu pour permettre une rotation du barillet  très facile, sans déplacer le socle (une fois qu’il est en place). Le barillet tourne avec une grande douceur. D’autre part, le barillet n’est pas en appui sur la crémaillère, puisque le fond du sabot est percé d’un orifice ajusté au diamètre externe de cette crémaillère, suivant le modèle qui convient au revolver (il y a 5 modèles de sabots) . Enfin le sabot garde le barillet vertical et stable, pour que le refouloir et la chambre soient alignés.  C’est un sertissage chambre par chambre, qui de mon point de vue, est préférable à un sertissage des 6 chambres à la fois, bien que la presse de M. Lamoureux présente d’indéniables qualités. Mais  sur le principe, son sertissage groupé ne tient pas compte des erreurs de chargement (ça arrive) qu’il faut pouvoir contrôler au moment du sertissage.  C’est un principe de sécurité. Se priver de ce contrôle est un risque réel qui peut avoir des conséquences fâcheuses.  Par exemple, une balle trop étroite peut échapper à la vigilance  et occasionner un blocage du barillet sur un 1858, ce qui va créer un blocage de l’arme.  Ceci dit,  cette presse sertit en douceur, mais avec quelle pression? la pression sera-t-elle régulière  d’un chargement à l’autre? Je crains que non. Pour toutes ces raisons je considère  que le sertissage doit se faire chambre par chambre et que vouloir « industrialiser » le chargement d’un revolver à PN est une erreur  qui répond à des motivations commerciales. Gagner du temps, réduire l’effort, épargner le matériel, standardiser  et fiabiliser OUI,  mais industrialiser  sans précaution, NON!

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Vidéo

6 – Les marques, logos et indications sur les répliques de revolvers à poudre noire


article terminé le 27/01/2013

1/ Comment reconnaître les marques et les logos à l’achat d’un revolver: Les poinçons et leurs emplacements habituels ?

Les revolvers à poudre noire comportent différents marquages et poinçons  qu’on trouve principalement sur la carcasse (côté droit) , sur la console du canon (côté droit) , sous le canon (parfois en tout petit),  et aussi sur le barillet.   Deux poinçons sont systématiquement présents sur les revolvers :

  • Les lettres PN surmontées d’une étoile,  qui indiquent qu’il s’agit d’un revolver à PN , à n’utiliser qu’avec  cette poudre et surtout pas avec de la PSF.
  • marchiit12 L’autre poinçon  est un poinçon de ban d’essai (italien) ; il représente  2 fusils entrecroisés  surmonté d’une étoile.

  marchiit2Voici ces poinçons sont généralement placés côte à côte. On trouve parfois en plus une étoile seule dans une forme circulaire ouvragée.

ASM avec 3 marquages bis

poinçons  courants 2

walker ASM 2

poinçons

 1851 Euroarms

walker uberti 5528Sur les revolver Uberti, ces  poinçons se trouvent à l’état de miniatures, jouxtant les numéros, devant la sous-garde  (comme on le voit sur cette image) et de ce fait, ils  sont difficile à identifier. On y trouve également, sur certains revolvers de cette marque,  le logo Uberti qui est ajouté à cette série de miniatures. En voici un exemple sur mon Walker HEGE Uberti.  Dès l’instant où HEGE-UBERTI est indiqué sur le canon, il faut se contenter d’un seul numéro et si le logo Uberti se trouve sur la carcasse, le canon quant à lui est indiqué Original HEGE-UBERTI, ce qui veut dire que le canon (et peut-être le barillet)  est probablement de fabrication HEGE.  Mais le fabricant UBERTI a habituellement comme politique de rendre les marquages discrets, au point qu’il est difficile d’identifier un revolver de cette marque. Il a aussi la mauvaise habitude de faire des poinçons qui sont très mal frappés et qui sont parfois peu lisibles On les trouve placés devant le pontet de la sous-garde,  à la jonction de la carcasse et de la console du canon (on le voit sur cette image).  Mais sur d’autres revolvers, le logo Uberti se trouve généralement à gauche de la carcasse ou sous la crosse, frappé sur sur l’armature de celle-ci (remington 1858)…

Il est  nécessaire de disposer d’une loupe de philatéliste  pour vérifier les poinçons et logos sur des revolvers de cette marque.  Sur le canon de mon Walker HEGE UBERTI, on ne trouve donc  pas de numéro, ce qui est embarrassant car on peut alors procéder à des échanges;  mais on trouve les deux poinçons  (les lettes PN et les fusils croisés, frappés en travers de la console, l’un sous l’autre). Sur la carcasse de cette arme, on trouve rassemblés   tous les poinçons, le logo et le numéro devant la sous-garde,… En allant (de gauche à droite à nouveau) , le logo Uberti, à peine visible, placé dans le sens du canon, puis transversalement, la datation avec les lettres (BA?) dans un rectangle et enfin les 2 poinçons habituels : PN et les 2 fusils entrecroisés surmontés de  leurs étoiles et en dessous le numéros  bien lisible. Sur cette arme, le marquage est complet mais on ne peut pas garantir que  le canon et la carcasse appartiennent , à la même arme depuis l’origine.

2/ la présence nécessaire des numéros et leurs emplacements

Ce qui est important, pour tous les revolvers, c’est de vérifier les numéros inscrits sur l’arme, afin de pouvoir vérifier que pour chaque pièce de l’arme (y compris la clavette des colts), le numéro correspond à celui des autres parties et que les différentes pièces sont d’origine. Si les numéros sont identiques, l’arme est totalement d’origine. Ce qui est prioritaire, quand il s’agit de Colts (sauf pour les HEGE -UBERTI), c’est d’avoir au moins 2 numéros, l’un sur la carcasse l’autre sur le canon. Pour ce qui concerne les révolvers à carcasse fermée, un seul numéro suffira (frappé sur la carcasse).

My beautiful picture

J’ai déjà abordé cette question dans mon article 3, intitulé: « Un autre regard sur le Walker 1847″. Dans l’idéal, les numéros se trouvent à 3 endroits proches (côte à côte), comme indiqué par les flèches sur l’une des photos précédentes. Les numéros sont frappés de façon transversale. Sur les ARMY SAN MARCO, le positionnement est exemplaire. Mais sur d’autres revolvers,  on trouve aussi le numéro sous la crosse, frappé sur l’armature. On trouve également le numéro sous le levier de chargement des revolvers, à la base du canon. Voici différentes photos qui montrent ces positionnements. Sur la photo qui montre la crosse renversée, à côté du numéro, on trouve le logo de PIETTA, ce qui est inhabituel à cet endroit.

  colt 1860 ubeti gardonepietta ancienne marque

3/ Comprendre le code de datation 

La datation des revolvers est inscrite dans un rectangle, placé sur le côté droit ou sur la carcasse, devant la sous-garde (ou le pontet). Elle est indiquée selon deux types d’écriture : de 2 à 3 chiffres romains jusqu’en 1974 et 1 couple de deux lettres depuis 1975 et jusqu’à aujourd’hui  (source J.P. DeBaeker, Répliques et poudre noire). Ce sont les « code/date » du banc d’épreuve (d’essai)  italien. Les différentes datations qu’on peut lire sur les photos (XX7, XXX, AF, AU) correspondent donc aux années 1971, 1974, 1980, 1989. C’est donc très simple à déchiffrer, à condition de disposer de ce code. Selon J.P. Debaeker, il semblerait que le code n’ait pas été suivi de façon logique, car, il manque certains codes lettres entre 1984 et 1993 (de AL à AZ ). On aurait donc sauté AJ, AK, AO, AQ, AR, AV, AW AX AY. Ces codes auraient-ils trouvé une autre utilisation ? Voici le tableau qui permet de dater une réplique de revolver:

 datation des revolvers_NEW

  Il ne reste maintenant qu’à identifier les logos des marques et de savoir ce qu’elles furent,  ce qu’elles sont devenues et quelle est la qualité de leurs armes ?

4/ Connaître  les marques des fabricants et leur logos

 

fabricants de revolvers3_NEW

fabricants de revolvers_NEW

fabricants de revolvers2_NEW

On peut classer les fabricants de répliques de revolvers cap & balls en 3 catégories :

a/ Ceux qui fabriquaient ou fabriquent encore des armes correctes mais de qualité courante :

on mettra ARMY SAN MARCO (ASM) et ARMY SAN PAOLO (ASP), qui l’un comme l’autre, ont fabriqué des armes solides, de belle présentation,  mais avec des mécanismes un peu rustiques : j’ai montré un Walker ASM et ses imperfections, mais j’ai un 1851 ASP, qui est excellent.

EUROARMS a été un fabricant de revolvers très connu. Il avait repris ASP et jusqu’à récemment il produisait des armes courantes très appréciées (comme le R&S) : c’était de la bonne fabrication.  Mais il a fermé en 2012. Je cite les commentaires de tireurs trouvés sur le forum « poudre noire » et je m’associe à leur conclusion:

http://poudrenoire-free-fr.superforum.fr/t313-euroarms-la-fin-d-un-geant-de-la-replique

« C’est avec grande tristesse que j’apprends la fin d’un géant de la réplique (encore une). EUROARMS – Armi San Paolo semble avoir trépassé. Pour moi, c’est une grande perte, puisque ARMI SAN PAOLO fut créée en 1971 par un groupe de personnes expérimentées dans le domaine des répliques (leur collaboration avec de grands maitres de la réplique western le prouve). En 1987 après une grande période de doute et de perte d’argent en raison d’un marché de répliques saturé d’offres, la société déplaça ses installations de San Paolo (25 km de Brescia) vers Concesio toujours en Italie. Après des années que je qualifierais de réussies  sur le point de la qualité, des modèles proposés, et de prises de marchés importants, A.S.P fut littéralement absorbé par son Distributeur-Importateur de toujours EUROARMS. En 2002, les deux entreprises ne faisaient plus qu’une seule entité. En 2012, le groupe disparait. » (S)

« Le marché de l’arme civil (par opposition aux marchés militaires avec un grand S) est en voie d’extinction. Les législations qui grignotent nos libertés sous le fallacieux prétexte de la sécurité, font que la possession d’armes, sera, dans les décennies à venir, une exception rarissime ! Il n’y a qu’à voir la position de la presse !  Il y a moins de cinquante ans, les armureries étaient présentes dans toutes les petites villes ! Combien en reste-t-il  à Paris, aujourd’hui ? Jusqu’en 1939, la vente des armes était libre !! Maintenant une carabine à air comprimée d’une forte puissance est classée!! Nous verrons disparaître les armureries et les fabricants. Ou alors, mes amis, il faut vous réveillez auprès de vos députés, et fermement, car au train où vont les choses, nous ne pourrons même pas transmettre nos pièces de collection en 8ème catégorie à nos descendants. » (DO)

« Chaque fois qu’une entreprise ferme, c’est toujours dur pour tout le monde, Sebou, je pense que tu lis la revue de l’ami Trusty Phil (…) rédacteur en chef d’Action et de La Gazette, et bien dans le numéro 344 de mars-avril 2012 d’Action, il y a un article parlant de la fermeture d’EUROARMS dont l’activité armes longues avait déjà été reprise par PEDERSOLI, et désormais plus aucune arme de poing ne serait produite. Bedec Tir, l’importateur pour la France, a raflé une partie du stock qui restait en Italie,  mais il n’est pas question de pièces détachées ! » (DW)

 PIETTA  est  considéré comme un fabricant qui produisait des armes de qualité moyenne, mais à bon prix. Actuellement, il reste seul à produire des revolvers dans une gamme de fabrication courante, mais en améliorant la qualité et la présentation de ses produits, il tente de se montrer compétitif envers son seul concurrent actuel: UBERTI.   PIETTA produit certains revolvers en dehors de la gamme courante avec une ambition de qualité   (Lemat, ou Starr DA ou SA par exemple) et même de précision (revolvers à pas progressif). PIETTA occupe le marché français, profitant d’une distribution au compte-goutte des revolvers UBERTI et surtout de leurs pièces de rechange.

 b/ Ceux qui fabriquent des armes d’une qualité supérieure

Dans ce créneau, on trouve surtout le fabricant UBERTI (très rarement PEDERSOLI qui produit des armes longues principalement).  Sans aller jusqu’à faire des armes de compétition, comme c’est le cas de PEDERSOLI, UBERTI  est réputé pour faire des répliques à PN très proches des modèles d’origine ; de très belles armes, appréciées pour leur finition et leur fiabilité, à des prix qui sont encore raisonnables, mais la qualité semble moindre,  pour les armes vendues en France, que celles vendues aux USA . Le Walker 1847 que fabrique UBERTI est très affiné par rapport aux modèles antérieurs  des anciens fabricants  (ASM et ASP) : est-il vraiment dans les proportions du Colt d’origine? A une certaine époque, l’Italie, comme la Belgique, fabriquait des répliques et certains fabricants travaillaient pour des marques comme UBERTI dans le cadre d’une association connue sous le nom de C. Gardone qui regroupait  des entreprises (souvent familiales). Cette association leur permettait de rester anonymes: UBERTI a donc vendu des armes sous le couvert de sa marque dont certaines pièces étaient sous-traitées. Il faut voir si les répliques UBERTI & C. Gardone valent les UBERTI. On dit qu’UBERTI baisserait un peu en qualité, tandis que PIETTA monte. D’autre part, UBERTI est un fabricant dont les pièces sont difficiles à trouver, car les délais d’importation sont  « capricieux ». La production part en direction des EU qui ont un marché de la vente des répliques très actif.

Les ventes de revolvers UBERTI d’occasion  pullulent actuellement sur les sites de vente aux enchères ! Voici (par exemple) 2 photos de revolvers mis en vente sur NaturaBuy et qui sont déclarés être des « UBERTI ». Pourtant aucun de ces vendeurs ne présente la moindre preuve qu’ils sont de fabrication UBERTI: ni l’indication gravée sur le canon, ni le logo, ni les numéros et leur concordance : juste une photo qui indique « black powder », cal .44…. et . C’est le procédé classique de l’arnaque . NaturaBuy accepte ça !   Le 1er est mis en vente par NIKKO89 qui déclare vendre un  « colt 1860 UBERTI », le second est vendu par MANWE, un vendeur qui pourrait être d’origine … , spécialiste de ce genre de vente bidon. Lui ne lésine pas : il déclare que c’est du HEGE-UBERTI, carrément ! Il est clair que NaturaBuy permet ce genre de vente qui pue l’escroquerie et qui compromet le site ! Mais c’est son fonds de commerce.

Nikko89 colt-1860-Uberti

Manwe-1860-HEGE-UBERTI

 Des photos juxtaposées peuvent constituer un montage . Les acheteurs doivent être plus exigeants.

 

HEGE est un fabricant allemand qui vend des revolvers UBERTI, dont il fabrique les canons et les barillets ou qu’il revend simplement,  mais en apportant sa marque, sa réputation et « un plus » : il achète à UBERTI des armes sélectionnées. Il est cependant arrivé que HEGE vende des UBERTI de qualité plus courante, en cas de rupture de stock. HEGE vend des revolvers selon son inspiration…

colt-confedere-cal44-uberti-hegemarquage Hege Uberti

 

ORION est un importateur Allemand  et contrairement à ce que certains prétendent, l’inscription « Orion » sur un revolver  ne signifie pas qu’il s’agit d’un HEGE-UBERTI.  On la trouve assez fréquemment.  Il importait différentes marques notamment des Euroarms, des Armi San Marco.

Je précise qu‘HUBERTUS n’est pas Uberti, C’est est un revendeur allemand qui apposait, comme le fait HEGE, sa marque sur les revolvers UBERTI.

Un mot sur le colt 1860 CENTAURE.  Un fabricant belge qui a fait des répliques du Colt 1860 réputées pour leur qualité et qu’on trouve sur le marché d’occasion à prix assez élévé. Elles ont été fabriquées sous licence Colt et à ce titre elles sont considérées comme des Colts. Elles sont d’une sobriété qui rend l’arme superbe. Voici l’adresse d’une vente qui présente un colt 1961 en très bel état extérieur: http://www.naturabuy.fr/Colt-Army-1860-calibre-44-Centennial-fabrication-Centaure-item-602022.html. Le logo de centaure est précisément un centaure.

 3/ Enfin ceux qui font des armes destinées à la compétition

Ce sont des armes qui ont un haut niveau de fabrication : on trouve 2 fabricants PEDERSOLI (Italien) et FEINWERKBAU (allemand).  Mon article 10 comporte un paragraphe très détaillé à ce sujet  et je vous invite à le consulter.


Vidéo

5 – Le démontage d’un revolver à poudre noire, compréhension de son fonctionnement et de l’indexation


 vitrine ! Certaines images se sont réduites…  cliquez dessus pour les agrandir

Article repris le 20/12/2013.

Cet article fait suite  à 4 autres articles; il est recommandé de les lire dans l’ordre, car certains contenus ont été déjà abordés et ne seront pas repris dans cet article ;

  1.  La nomenclature d’un Colt
  2.  Le démontage du mécanisme
  3.  Comprendre le fonctionnement du Colt pour en assurer l’entretien et la réparation
  4.  Le rôle du verrou et de sa butée dans un révolver à PN
  5. L’indexation d’un révolver, un point très important du fonctionnement
  6. Le problème de l’entrefer et son réglage
  7. Le nettoyage d’un revolver à PN

1/ La nomenclature d’un Colt

Un outil très utile pour faire tomber le canon d’un colt (en principe mes canons sortent sans forcer et si nécessaire, je fais un petit ajustage pour réduire les frottements), mais sur certains colts neufs ou achetés récemment, il arrive que la clavette et le canon résiste fortement. Il est prévu qu’on utilise le bourroir pour sortir le canon (on le met en appui sur le barillet et on pousse comme si enfonçait une balle dans une chambre, mais au lieu de pousser une balle, on fait reculer le canon, si la clavette a été enlevée préalablement! Il est cependant recommandé de mettre la clavette ou un petite plaquette de bois entre le bourroir et le barillet pour éviter  d’abimer ce dernier. Cette petite barre peut être utilisée conjointement avec le bourroir en cas de gros effort et comme protection du barillet, mais aussi sans celui-ci, en l’utilisant comme un levier, quand le canon n’est pas très bloqué et qu’il ne demande qu’un peu d’aide…

  démonte canon

La compréhension du  fonctionnement du Colt est une étape indispensable  pour devenir un « poudreux », c’est à dire un tireur à la poudre noire.  J’ai pour ma part franchement « ramé » au début, ne sachant pas démonter le canon avec l’aide du refouloir (qu’on pourrait aussi appeler repoussoir), ni démonter les pièces situées  dans la carcasse et je ne pouvais donc pas nettoyer correctement l’intérieur des mécanismes: avec de l’eau bouillante ou du white spirit, il reste quand même des résidus.  Je devais également donner mes révolvers à l’armurier pour régler les détentes par exemple. Une telle ignorance me donnait le sentiment d’être dépendant de tiers et bloqué devant tout problème mécanique.  N’ayant pas une formation technique,  le mystère de cette mécanique m’intriguait : elle semblait contenir des pièces très simples, mais leur articulation échappait  à ma compréhension.   Il fallait  s’y mettre ! J’ai dû chercher sur internet des plans, des schémas, des nomenclatures  qui me permettent de comprendre l’agencement des pièces et leur rôle; les documents manquaient de précision concernant les fonctions de chaque pièce et leur mouvement (en rapport avec les déclics).  Voici une nomenclature qui peut servir pour beaucoup de révolvers et qui m’a bien servi pour apprendre le jargon des tireurs jusque-là un peu ésotérique concernant les pièces d’un colt.

terminologie d'un colt

Ma collection d’armes d’occasion s’élargissant, avec des problèmes propres à chaque arme, il devenait nécessaire de tenter le démontage des Colts,  après quelques achats d’outils appropriés:  démonter, était faisable, mais remonter, c’était « une autre paire de manches », ce qui me donna quelques inquiétudes !  Les vis constituent une source de problèmes majeurs et fréquents, car elles sont souvent bloquées par manque d’entretien ou en raison de l’oxydation (absence d’huile dans les filetages): certaines ont dû être remplacées après avoir été démontées en force, tellement elles étaient bloquées. Autre souci, il arrive que les têtes  de vis soient martyrisées par les tireurs amateurs (usage de tournevis inadaptés à l’armurerie ou serrage excessif) au point que tout démontage devient impossible. Une arme dont une seule vis est bloquée peut donner un problème sans solution et en faire une arme condamnée à l’étagère:  il faut alors passer par un armurier qui va tenter une réparation  et qui va devoir soumettre les pièces à des traitements de choc ! A moins d’avoir  l’aide d’un ami expert en armes anciennes (mon ami Yan, un anglais pour qui les armes de ce genre n’ont pas de secret) ;  en clair,  l’arme risque d’être abimée  (serrage dans les étaux, traces de coups, d’outils, perçages difficiles etc).

Le gros souci, ce sont  les ressorts de chiens qu’il faut tendre quand on remonte les revolvers (voir la pièce N°19): un vrai cauchemar!  Dans mes débuts, je me suis battu avec ceux-ci pour les remettre en place, utilisant des petits serre-joints…  jusqu’à ce que je mette au point un système qui rend le remontage assez facile : en remplaçant le serre joint par du cable électrique.

Le colt simple action doit avoir une mécanique bien soignée, bien polie : lorsqu’on arme doucement le chien, on doit entendre 3 clics successifs. Il va d’abord passer par le cran de demi armé pour arriver en fin de recul en position d’armé, prêt à tirer.  Mais en tirant légérement  sur le chien, on peut simplement débloquer le barillet et le faire tourner à la main, chose nécessaire.  Le recul du chien fait entrer le verrou dans la carcasse et libère le barillet. Le verrou est une petite  cale ovale qui se trouve sous le barillet  et qui s’encastre dans les 6 encoches prévues sur celui-ci : il descend et remonte lorsqu’on arme et s’introduit dans chaque encoche : le barillet est alors en principe aligné avec le canon. Rentrer le verrou  est nécessaire pour sortir le barillet et le demi-armé permet cette opération (si on a préalablement enlevé la clavette et le canon, bien sûr) .

Le colt se décompose en 4 parties principales :

  • - le bloc canon avec en dessous le levier d’armement et le bourroir (ou refouloir)
  • - la carcasse en acier ou en laiton dans laquelle est vissé l’axe de barillet (il ne peut pas être sorti, car il est serré à chaud)
  • - le barillet
  • - la crosse, avec la poignée et son armature en acier, fixée sur la carcasse (par 3 vis) .
  • - la sous-garde en laiton (qui sert de pontet) et qui maintient la carcasse et la crosse (par 3 vis) . Sur les colts, ces vis sont interchangeables , mais attention à les garder en bon état et démontables !

Comment armer un Colt ?  C’est le rôle du chien que l’on tire en arrière et qui peut prendre 2 positions, mais faire entendre 3 clics :  au départ la détente est légèrement inclinée vers l’arrière  et s’avance à la verticale lors du mouvement du chien.

  • - 1er clic : le verrou rentre et  la détente se place dans le cran demi-armé et à la verticale (en avançant un peu) ; elle produit alors un 1er clic. 
  • - 2ème clic :  le chien poursuivant son recul, la détente revient en arrière et se place maintenant dans le cran d’armé : elle est alors à nouveau ramenée à la verticale en produisant un second clic
  • - 3ème clic : la came (l’arrêtoir du barillet) est relâchée  et le verrou sort poussé par le bilame : il produit un clic.  Il bloque maintenant le barillet . L’arme est prête à faire feu si on appuie sur la détente.

chien au reposchien demi armé

chien armé

 

2/ Le démontage du mécanisme

Une fois que la sous-garde est tombée, le mécanisme apparaît et c’est l’occasion de vérifier que l’entretien est efficace: en réalité, il ne l’est que partiellement, c’est pourquoi lors du nettoyage courant, il est utile d’utiliser des produits qui protègent l’acier et bloquent la corrosion due aux résidus (Armistol, « 3 en un », huiles mécaniques, etc). Mais il faut procéder régulièrement à un nettoyage complet. Je recommande d’utiliser un pinceau et de laver le mécanisme au white spirit ou au pétrole désodorisé qui, l’un comme l’autre, ne risquent pas de provoquer la rouille. De surcroit, les saletés contenues dans le white spirit se déposent au fond du flacon, ce qui permet une réutilisation du produit de nettoyage après décantation. L’eau bouillante est excellente pour le nettoyage du canon et des barillets, mais pour le nettoyage de la carcasse, on risque de laisser des résidus et de l’eau, malgré un séchage au sèche-cheveux. Il faut sécher l’arme de telle sorte que l’eau s’écoule (tête à l’envers). Le white spirit (avec un peu l’huile mécanique diluée) me semble plus adapté et nettoie très bien, sans risque de rouille et sans souci de séchage.  Une arme doit également être conservée dans un endroit sec.

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Déposer la sous-garde est pas une opération courante d’entretien: toute intervention sur l’arme qui met en jeu la visserie est délicate, surtout lorsqu’on a affaire à des San Marco ou des San Paolo, pour lesquels les vis sont introuvables. Enfin une crosse de colt est vissée à l’armature et à la sous-garde par 3 vis et pour les remettre en place, il faut opérer une tension, si nécessaire avec une serre-joint de petite taille, pour rapprocher la carcasse et la sous-garde : en principe la main suffit si le ressort est maintenu comme je vais le montrer. L’utilisation du serre joint est cependant inadaptée et certains armurier dévissent les ressorts de chien.

Je recommande ma méthode qui est très pratique.  Au remontage, le ressort de chien et la sous-garde seront difficiles à remettre en place, car le ressort pousse le chien et écarte la sous garde: il faudra donc serrer ressort (c’est l’intérêt du câble électrique) et maintenir la sous-garde et la carcasse en pression pour que les orifices des vis se placent en alignement. On procède au remontage avec le ressort tendu à fond et tenu par le câble; Il n’est pas nécessaire de tendre le ressort avant de mettre le cable : on enserre le cable à la base du ressort et ensuite, on fait remonter le cable enroulé en le glissant, ce qui du coup serre le ressort de chien. Le chien doit être en position demi-armé pour qu’il laisse de la place au ressort.

Il faut prendre de grandes précautions concernant les vis de la sous garde et de la crosse et ne pas serrer excessivement. Il faut surtout les graisser. Mais les lavages intensifs à l’eau exposent les filetages à l’oxydation, il est donc important de démonter et de graisser les vis à chaque fois  pour éviter qu’elles ne se grippent.

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C’est au démontage qu’on prépare le remontage : un conseil, gardez le ressort de chien tendu et fixé sur la sous-garde pendant tout le démontage jusqu’au remontage. Si on ne l’attache pas, quand la carcasse et la sous-garde vont être désassemblées, le ressort sautera! Donc on va le garder tel qu’il est, en le maintenant bloqué contre la sous-garde par le câble électrique en cuivre (avec sa gaine), ce qui va nous épargner bien des « emmerdements » (voir les photos)! D’autre part,  je recommande de maintenir le chien collé à la carcasse (position de repos) avec un élastique, cela évite à la détente de se balader et de gêner le démontage (idem au remontage): on n’enlèvera l’élastique au démontage que pour sortir le chien, après avoir retiré le bilame, la came et la détente. Selon la marque du revolver, le remontage de la sous-garde sera plus ou moins facile, on a toujours du mal à remettre les vis en face de leur trou, mais il faudra placer le chien en position demi-armé pour mettre l’extrémité crochue du ressort sous le bec auquel il s’accroche, sinon il va contrarier la remise en place de la sous-garde.

L’astuce  : il faut procéder à l’enroulement du ressort dans la partie basse, ce qui évite d’avoir à alors à tenir le ressort tendu pendant l’enroulement : il suffira de faire glisser le câble enroulé vers la carcasse (vers le haut), pour que le ressort de chien se tende, car il est serré contre le cadre en laiton de la crosse et  en remontant l’enroulement, le ressort se plaque  contre celle-ci, c’est là toute l’astuce de ma méthode!

  bilame

Voici les parties mécaniques après nettoyage au white spirit. Le démontage de la carcasse commence : nous allons déposer le ressort bilame : la vis est très délicate et souvent, par abus de serrage, elle se détériore: il est alors difficile de la changer sur des modèles Army San Marco ou San Paolo: problème fréquent. On peut « retremper » les têtes de vis en acier pour les renforcer, mais la qualité du tournevis reste essentielle. De la douceur et un bon outillage s’imposent !

 On va maintenant sortir 2 axes visibles sur le côté de la carcasse en les dévissant avec toutes les précautions requises (un tournevis parfaitement adapté, à bout plat, aux dimensions exactes)

  • 1/ l’axe de la came du verrou de barillet, en regardant bien comment celle-ci se place sous l’axe de la détente et côte à côte avec celle-ci.
  • 2/ celui de la détente, qui se tient droite tant que le chien ne bouge pas, grâce à son axe et à l’élastique.

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Une fois la came et la détente sorties, il ne reste plus enlever l’élastique qui maintient le chien, dévisser l’axe du chien et sortir le chien avec le doigt élévateur qui est  accroché sur sa face A.  Ce doigt et son ressort sont logés dans un couloir rectiligne et ne peuvent sortir que si on les tire dans  le sens de l’axe du couloir,  avec délicatesse:  pour ce faire,  on procède comme indiqué sur l’image. C’est très facile.

 8 on sort le chien et le doigt

 Voici maintenant des photos qui indiquent l’agencement des pièces mécaniques dans la position où elles se trouvent articulées au chien:

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 My beautiful picture

3/ Comprendre le  fonctionnement du Colt pour en assurer l’entretien et la réparation

Démonter l’arme ne signifie pas qu’on a compris son fonctionnement et les subtilités de la synchronisation des différentes actions, à moins que l’on ne soit mécanicien ou très à l’aise avec ce genre de mécanisme d’horlogerie. Voici le mécanisme tel qu’on le voit sous la carcasse: ce qui aujourd’hui me paraît très simple est resté une énigme pendant pas mal de temps et j’espérais (en vain) trouver un article sur son fonctionnement. Finalement, j’ai pris le temps de tout examiner à la loupe et de m’initier à cette mécanique dont je vous donne la clé.

5après nettoyage

Le ressort bilame, dont on a vu les deux lames bombées, appuie sur la détente et sur la came (photos précédentes), ce qui les oblige à revenir à leur position dès que le chien n’exerce plus de pression sur celles-ci : la came se met à l’horizontale et la détente à la verticale.  Le détente présente une petite proéminence (saillie) plate de 3mm environ sur laquelle le bilame appuie.  Conseil utile : en  cas d’impossibilité de trouver un ressort bilame pour un revolver ancien, on peut en fabriquer de différentes façons :  on peut utiliser une lame de truelle en acier, qu’on va tailler, détremper , courber et retremper. On peut aussi utiliser des tiges en acier d’1 mm environ qu’on va de la même façon, détremper, courber, façonner et retremper. en voici un modèle découvert sur un revolver acheté sur Naturabuy, le site où tout est possible!

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Par l’intermédiaire de la détente, le bilame agit indirectement sur le chien. Pour comprendre l’agencement des pièces et leurs interactions, il faut imaginer un assemblage dans l’espace et comprendre que le chien fait une légère rotation autour de son axe. C’est le soleil autour duquel gravite des satellites ! C’est cette rotation partielle du chien qui produit plusieurs actions :

  •  1/ la rotation du chien agit sur le doigt élévateur articulé par un axe sur sa face A et qui en montant, sous la poussée du chien, fait alors tourner le barillet. Voici des photos montrant le doigt élévateur sorti de la carcasse et la rosette crantée qui est à l’arrière du barillet et sur laquelle le doigt élévateur exerce une poussée (ascendante) pour faire tourner le barillet. Pour réduire les frottements et adoucir l’armé, il est recommandé de polir entièrement le doigt, son ressort et le couloir dans lequel ces pièces exercent leur mouvement ascendant et descendant. Le ressort maintient le doigt au bon endroit dans ce conduit, sinon il flotterait et raterait les crans de la rosette. Mais pour polir ce couloir, qui sur des San Marco (notamment) est très mal « fini », il faut au moins une lime diamantée de faible largeur (en vente chez Conrad).  Quand on regarde un Walker Uberti, le couloir est parfaitement lisse: différence de qualité très significative. C’est alors au tireur de finir son arme à la main !

doigt élévateur et verrou

cheminées et rosette crantée

  • 2/ La rotation du chien agit dans le même temps sur la came du verrou par une butée montante et descendante, située sur sa face B. Lors de la rotation du chien, cette butée monte et  « accroche » la came au passage en la forçant  à monter également, tandis qu’à l’autre bout de la came (comme une balançoire), le verrou suit le mouvement inverse: il descend et rentre dans la carcasse. Mais arrivé à un point, la cale se décroche et le bilame agit aussitôt, repoussant le verrou vers l’extérieur : ce dernier cherche  alors une encoche du barillet: s’il ne la trouve pas (mauvaise indexation), il bloque le barillet .
  • 3/ La rotation du barillet entraînée par le doigt élévateur est cependant arrêtée par le verrou qui arrive à point (c’est essentiel) quand la came se libère de la butée (sur la face B du chien) et revient à sa place sous la pression du bilame : c’est donc le chien qui a pour fonction de rentrer le verrou dans la carcasse, mais c’est ensuite le bilame qui a pour fonction de remettre celui-ci dans les encoches du barillet , quand le chien cesse de relever  la came. Cette alternance est calculée pour que la sortie du verrou soit coordonnée avec le doigt élévateur : l’un fait tourner, l’autre arrête.

Le grand ressort de chien a comme rôle de renvoyer violement le chien vers sa position de repos, en frappant celui-ci contre les amorces: en anglais, on l’appelle le « marteau » (hammer). C’est la mise à feu. Il faut bien vérifier que ce ressort est en place: quand il est maintenu par un tenon il faut le pousser à fond,  quand il est maintenu par une vis il faut vérifier de temps en temps qu’elle est bien serrée : si le ressort prend du jeu, il perd en puissance et donne d’autres soucis.   Le retour du chien et la frappe sont  contrôlés par la détente dont la pointe (partie délicate) vient se placer dans les encoches qui sont à la base du chien. Elle  bloque ainsi le retour du chien, mais plus elle est usée, plus le cran est lui-même usé, moins elle bloque, plus ça part tout seul, ce qui devient dangereux pour le tireur et pour son entourage ! La détente attend que tireur appuie sur elle avec le doigt pour libérer le chien, mais cette pression doit être douce, sinon il se produit « un coup de doigt » qui fait perdre beaucoup de précision au tir. On peut doser la force à exercer sur la détente pour lâcher le chien et son percuteur, afin d’avoir un tir plus précis. Les tireurs mesurent cette poussée et la règlent. Le chien n’agit donc pas sur la détente, c’est le contraire, mais il la fait bouger légèrement lors de la rotation pour qu’elle change de cran et c’est le bilame qui oblige celle-ci (par un appui en (P) sur les photos) à venir se loger dans les 2 encoches placées à la base du chien (demi-armé et armé). Le bon état du bilame est essentiel pour que la détente retienne le chien à l’armé.

Voici un site [Gunsmith.fr; Le site participatif sur les armes anciennes] qui donne des informations sur les préparations des armes et les petites pièces mécaniques, ainsi que des informations concernant les étapes du mouvement du chien et les « clics ». On y voit en gros plan les pièces les plus petites et les plus fragiles d’un colt. A consulter.

http://gunsmith.fr/article9/preparation-d-un-colt

4/ Le rôle du verrou et de sa butée dans un révolver à PN

verrou de coltQu’est ce que j’appelle la came et que d’autre appellent le verrou ? Le terme came n’est peut-être pas approprié : je nomme ainsi un bilame qui comporte d’un côté  un verrou (un téton qui  bloque le barillet en se plaçant dans ses encoches)  et de l’autre une crosse en forme de croissant (sur ce modèle, le croissant est très  petit). La came  se  balance autour d’un axe sous la poussée d’une butée qui  est fixée sur le chien.  le terme verrou n’est pas totalement adapté, car il ne rend compte  que partiellement  du fonctionnement de cette pièce.

La pièce mécanique qui déclenche les mouvements et assure la synchronisation des actions, c’est « le chien ». Quand on le bascule (ce qu’on appelle « armer » le chien sur un révolver simple action), il va enclencher différentes actions qui se traduisent par des clics sonores et successifs. Le chien agit directement sur le doigt élévateur et sur le barillet par l’intermédiaire d’un verrou  (que j’appelle à tort « une came »)  C’est une sorte de bilame en forme de triangle plat qui se balance autour d’un axe et qui est prolongée par une petite crosse en forme de croissant (voir la photo). C’est cette crosse sous laquelle se loge la butée, qui va recevoir la poussée ascendante de cette dernière. La butée est la pièce la plus complexe de la mécanique du Colt parce qu’elle travaille soit en poussée sur la crosse (en montant), soit en écrasement de celle-ci (en descendant).  C’est le point le plus difficile à comprendre:  du fait de son orientation et de sa surface inclinée par rapport au plan du chien, la « butée » (un terme à moi) accroche la crosse du verrou et la posse vers le haut, mais quand le chien fait la rotation en arrière, la butée qui redescend doit écraser les deux lamelles de la crosse pour passer, et ça elle le fait parce qu’elle présente une inclinaison qui est essentielle. Si la butée est usée, le verrou n’est plus accroché et la butée passe sans relever le verrou. Si la crosse est usée, le problème est alors identique ou alors le verrou ne monte que partiellement. Du coup tout est déréglé, l’indexation ne fonctionne plus, le barillet ne tourne plus.

Ce qui m’intriguait, c’était la pente de cette butée (biseautée). C’est un axe qui dépasse du chien de 1,5mm, mais qui n’a comme fonction que d’accrocher et de pousser dans un sens ou d’écarter dans l’autre sens. Il est incliné de telle sorte que le côté le plus épais pousse (en montant) la crosse vers la haut, tandis que l’autre côté, qui n’a pas d’épaisseur, resserre (en descendant) les deux lamelles de cette crosse pour lui laisser le passage,  ces lamelles étant séparées par un espace qui se réduit ou s’écarte selon le besoin.

terminologie

Je vais retracer  par un schéma les étapes du déplacement des 2 pièces:

  1. 1ère étape : le chien est au repos, la butée biseautée se trouve sous le croissant de la came, sa partie la plus épaisse vers le haut. Le chien commence sa rotation vers le 1/2 armé. La butée gravite à son tour autour de l’axe du chien, et avance sous la came en suivant le contours interne du croissant qu’elle repousse, exerçant une poussée ascendante sur la came : la came monte d’un côté, bien qu’étant soumise à une contre-poussée du ressort bilame à l’autre bout où le verrou de barillet descend. Au 1/2 armé la butée biseautée est arrivée au bout du croissant de la came et le verrou est totalement rentré, mais la butée est toujours sous la came, en appui sur elle.
  2. 2ème étape : on passe le 1/2 armé et soudain, au point K, la butée n’a plus d’appui sur la came qui, du coup, étant libérée, revient instantanément à sa position initiale sous la pression du bilame … Le chien lui,  poursuit sa rotation et atteint l’armé. Le tireur vise, il appuie sur la détente: le chien revient alors violemment en avant, tandis que la butée redescend! Elle trouve sur sa route la came qui a repris sa position mais qui ne peut pas reculer : la butée force alors le passage, en comprimant les 2 lames souples de la came (séparées par un intervalle), grâce à son biseautage et à cet intervalle… la butée passe et reprend sa place sous la came. Ni le verrou, ni la came n’ont reculé. Belle histoire que je compte vous raconter en images!

 Les 5 étapes du fonctionnement de la came et de la butée en images

 came et butée 1_0001_NEW_0001  came et butée 2_NEW

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5/ L’indexation d’un révolver, un point très important du fonctionnement

Comment constate-t-on le défaut d’alignement? Et qu’est-ce que l’indexation ? (extrait d’un forum « Tir longue distance »)

  • - L’indexation est la faculté du mécanisme à mettre le barillet en place puis à le verrouiller avant que le coup ne parte en DA et / ou que le chien soit à l’armé en SA.
  • - Le défaut de verrouillage est la capacité de tirer sans que le barillet soit verrouillé, ce qui  cause d’évidents problèmes liés à un alignement aléatoire.
  • - Le jeu en rotation au verrouillage du barillet et la possibilité pour le barillet de quitter l’alignement alors que le verrou (l’arrêtoir) est dans l’encoche.
  • - Le défaut structurel d’alignement, qui résulte de l’utilisation d’un barillet comportant des  chambres forées au mauvais endroit.

Une arme achetée neuve ou d’occasion doit avoir « une bonne indexation »: c’est un point qui est souvent mis en avant dans les annonces, de façon très publicitaire,  mais attention aux  attrape-nigauds : se méfier des apparences ! Et qu’en est-il du reste?  J’ai déjà écrit que les revolvers de mauvaise fabrication  (que je qualifie de « tocards ») ont tendance à aboutir dans les petites annonces !

L’indexation est une synchronisation de différentes pièces et un calcul de leur mouvement, de telle sorte que le barillet fasse une rotation correcte, qu’il s’arrête au bon moment, au bon endroit, pour que la chambre soit en alignement avec le canon au moment du départ de feu. Un décalage latéral entre la chambre et le canon, un barillet qui tourne mal, qui ne s’arrête pas à l’endroit prévu, ou qui a du jeu en position d’arrêt,  voilà les principaux dysfonctionnements à craindre et qui sont dangereux ! Il reste le jeu normal du barillet: un petit jeu, mais sans excès. Un jeu excessif est contraire au bon fonctionnement de l’arme et peut devenir dangereux, car il rend l’alignement des chambres et du canon aléatoire.

L’indexation est un problème délicat et demande une compréhension des mécanismes qui assurent la rotation, le positionnement et la stabilité du barillet. Le doigt élévateur et le verrou de barillet sont des pièces essentielles qui s’usent et doivent être remplacées, mais les encoches du barillet peuvent également s’user et contribuer à donner du jeu. Bien entendu, il ne faut pas modifier la longueur du doigt élévateur, sans précaution, c’est une opération qui met en cause la sécurité du tir. Les problèmes peuvent provenir de plusieurs causes, notamment:

  • - un ressort bilame d’arrêtoir trop faible qui ne pousse pas l’arrêtoir suffisamment fort (donc vite) vers le haut et rate l’encoche; du coup le barillet n’est plus stoppé;
  • - un verrou (arrêtoir) usé, ou trop arrondi, ou encore il « glisse » sur le bord de l’encoche ;
  • - des encoches usées, aux bords arrondis, donc même problème;
  • - un verrou (arrêtoir) trop neuf, relié à un bord d’encoche trop neuf; il n’a pas le temps d’entrer dans l’encoche…

Une arme dont l’indexation est défectueuse, c’est une arme dont le barillet, ses encoches et sa rosette ne correspondent pas au travail du verrou ou sont mal alignés avec celui-ci. Il en est de même de l’alignement du canon et des chambres : ce qui veut dire que si la fabrication de l’arme est trop grossière ou si l’arme a été modifiée, le problème est délicat  (il peut avoir été monté un barillet modifié et qui n’est pas de la même marque).  J’ai constaté que dans certaines marques (Army San Marco ), les barillets de Walker ne sont pas interchangeables … y avait-il eu modification? Les barillets ne sont généralement pas numérotés, mais ils peuvent porter un logo de la marque (c’est le cas pour Uberti). Par contre si l’arme est fatiguée, dans ce dernier cas on peut changer les pièces à condition qu’elles soient encore produites (Ubertis et Pietta notamment). Le doigt élévateur peut lui aussi être défectueux, usagé et ne pas pousser le barillet suffisamment loin. Si le doigt élévateur trop court, la chambre n’arrivera pas en face du canon (généralement la longueur est bonne).  Le verrou (la came) et le doigt élévateurs sont difficiles à refaire et à trouver sur des armes qui ne sont plus fabriquées.

Si l’indexation paraît bonne, il faut quand même faire au moins une vérification visuelle de quelques points : l’usure du verrou, l’usure des encoches (qui tous les deux, indiquent la fatigue du revolver) et enfin l’état du doigt élévateur (à l’œil, on voit s’il sort suffisamment, etc) ; voilà au moins trois points qui doivent être examinés avec attention.  Mais surtout, il faut faire tourner le barillet qui doit fonctionner sans défaut (ratées, résistance, raideur… ) et entendre les clics. Ce n’est plus l’indexation proprement dite, mais l’indexation est inséparable du bon fonctionnement de toute la mécanique.  Si le barillet tourne bien, si le verrou fonctionne bien, est-ce que pour autant les chambres se placent  parfaitement dans l’alignement du canon ? Il faut alors démonter les cheminées avoir l’œil pour le vérifier, ou utiliser l’endoscope.

Le doigt élévateur, une pièce qui peut présenter des  dysfonctionnements

doigt élévateur Euroarms 1858Le doigt est une pièce qui vient pousser les crans de la crémaillère et fait tourner le barillet pour qu’il vienne se positionner face au canon. Le petit ressort est destiné à le maintenir en place dans un conduit ascendant.  A  sa base le doigt est fixé sur le chien par un axe placé presque au niveau du cran d’armé. Il  monte et descend avec la rotation du chien quand l’on arme.  Il sort par une petite fenêtre  qui s’ouvre derrière le barillet.  La longueur du doigt doit permettre une rotation correcte du barillet et si elle n’est pas bonne, il en résulte  un décalage du barillet et des incidents lors ci de tourner.  Cette coordination se vérifie aisément.  Si le doigt n’est plus coordonné,  il risque de travailler quand le verrou bloque. Le doigt peut être diminué de longueur  s’il pousse le barillet trop loin.  Cette pièce doivent correspondre au barillet avec lequel elle travaille. Il joue également le rôle de frein lors de la rotation du barillet. au départ du coup, le doigt supporte le recul du barillet.

 Le travail du doigt est le plus difficile à comprendre, parce que cette pièce  est placée derrière le barillet et ne peut pas être observée dans ses mouvements. La synchronisation   verrou/ doigt élévateur donne lieu à trois avancées progressives du barillet  entre chaque étape de l’armé ; au 1er cliquetis le verrou entre, au second il ressort de façon sèche, au 3ème le doigt se sort. Le barillet n’est en place qu’après le 3ème cliquetis, prêt pour le lâcher du chien..

Le réglage  du doigt  élévateur  est  un travail  plutôt délicat :  en cas de dysfonctionnement, il est recommandé  de changer le doigt plutôt que de vouloir le modifier.  C’est pourquoi les revolvers destinés à un usage intensif ont intérêt à disposer de pièces de rechange, sauf si on est apte à les refabriquer.

Vérification de l’alignement des chambres et du canon d’un Colt Walker avec un endoscope…

 Pour faire une vérification, il  faut enlever les cheminées et éclairer les chambres par l’orifice. On verra alors à l’œil nu (ce qui n’est pas évident) si le cercle de la chambre et celui du canon sont concentriques ou si un croissant de lune se forme sur le côté dans toutes les chambres, signe d’un défaut d’alignement.  Pour ma part,  j’utilise un endoscope, qui permet de visiter le canon avec un éclairage associé à une caméra à fibre optique : ça se trouve chez Conrad pour une centaine d’euros. Si des croissants apparaissent à l’éclairage, situés latéralement, c’est que l’alignement est mauvais, mais si ces croissants varient de position, s’ils n’ont pas une position latérale systématique, si on les trouve soit en haut ou en bas, cela veut dire que le barillet est de mauvaise fabrication. De toute façon, des croissants importants indiquent une arme de mauvaise qualité. Ce qui veut dire que quand vous achetez, prenez la précaution d’amener avec vous un endoscope ! Cela vous évitera d’avoir ensuite bien des regrets….

Les armes vendues d’occasion sont donc exposées à des dysfonctionnements de l’indexation du barillet ou des défauts d’alignement du canon et des chambres, ce qui n’apparaît pas sur une simple photo qui peut mettre l’arme en valeur (on joue sur le jaspage, l’esthétique générale). Mais dans ce domaine, le risque est que les problèmes d’alignement soient dus à la fabrication. En fait, en achetant une arme d’occasion sur Natura, Delcampe ou Egun, on entre dans le circuit de revente des tocards, car les bonnes armes ne se revendent pas là. Les bonnes armes (quand le tireur renonce à les utiliser, ce qui n’est pas très courant)  se vendent plutôt par relation ou sur des Forums de poudreux, ou enfin dans les bourses aux armes (où on a un contact direct avec l’arme et le vendeur), mais à mon humble avis, pas sur les sites de vente d’armes d’occasion. L’achat d’une arme d’occasion sur internet est une loterie.  Dans une bourse aux armes vous allez pouvoir faire une vérification avec un endoscope notamment. Ceci dit des armes qui sont simplement fatiguées, se remettent en état, mais à quel prix va-t-on les acheter ? C’est une autre affaire. Il est évident qu’une arme prétendue « en bon état et qui n’attend que l’acheteur pour retrouver le pas de tir » sera vendue plus cher que son prix réel, car les défauts ne sont pas déclarés: nombreux sont les tireurs qui dénoncent  les tarifs de vente excessifs sur les sites d’enchères.

Voici 6 photos qui montrent les défauts d’alignement du Walker 1847 ASM acheté sur Natura et dont j’ai parlé dans un article précédent : il est clair que ce revolver présente un défaut de centrage des chambres par rapport au canon.

alignement du canon W  1901 ASM-Monk _0001_NEW

Le croissant lumineux (qui correspond à la jonction entre la chambre et le canon) révèle ce défaut, montrant un déplacement systématique de toutes les chambres au sud-ouest, puisque la lumière de l’endoscope se réfléchit sur une partie saillante à l’opposé,  au nord-est.  Le croissant est large, ce qui indique que  le défaut est sensible.  C’est bien un défaut présumé « d’origine » :  il  indique que la chambre est à la fois trop basse (mauvais forage du barillet) et trop avancée (problème qui concerne réglage du système mécanique, le barilet, les encoches ou le verrou, donc l’indexation), défaut qui affecte chaque chambre et qui  indique par conséquent que le barillet  est en décalage par rapport au  centre du canon. Attention, l’endoscope peut inverser les  images, c’est à vérifier. D’autre part l’effet lumineux amplifie le dépassement qui donne lieu au croissant, car à l’oeil, avec une lampe placée dans l’orifice de la chambre, ça ne saute pas yeux: c’est infime.  C’est donc une arme qui peut manquer de précision.  La vérification de mes 2 autres Walkers ARMY SAN MARCO avec l’endoscope fait apparaître que tous ont des problèmes d’alignement identiques à ce Walker. Il semble donc que la marque ASM fabriquait des armes qui souffraient d’une fabrication plutôt « rustique » … ce qui expliquerait que leur précision en soit affectée, à moins que les plus mauvais revolvers soient ceux qu’on trouve sur internet (ceux que j’appelle les « tocards ») ?  La question qui s’impose, c’est de savoir si un tel défaut se traduit par une dispersion importante des « boulets ou des ogives, à 25m ?  Est-ce que ce défaut d’alignement entraîne un manque de précision?  ! ?

La seconde question est de savoir si mon meilleur Walker acheté lui aussi d’occasion présente un tel désordre ? J’ai donc procédé à la même vérification de l’alignement des chambres et du canon sur mon Walker Hege- Uberti : voici le résultat, c’est parlant ! L’alignement est superbe, mis à part une chambre qui semble légèrement décalée.  La marque Uberti confirme donc sa réputation de fabriquer des armes soignées, mais cette constatation se vérifie-t-elle sur d’autres revolvers Uberti. C’est donc une arme d’occasion qui m’a été vendue en bon état sur NaturaBuy. Mais les rainures, me direz-vous, comment sont-elles ?  fatiguées ou encore bien dessinées ?

  alignement du canon W U 5528 Monk _NEW

 Cette réflexion nous conduit donc à  considérer que la marque peut donner lieu à des défauts de fabrication qui  sont à examiner lorsqu’on achète un revolver à poudre noire .

5/ Les précautions indispensables lors du tir.

Un revolver à poudre noire est une arme qui peut donner lieu à des dysfonctionnements dont les principaux sont les suivants : 

1/ un tir doit avoir toujours un départ franc, avec un bruit sourd, sec et puissant. Tout départ qui donne une sorte de bruit inhabituel, faible et un « tschhh »…  est un danger potentiel. Il faut alors s’assurer que la balle est sortie du canon. Or cette précaution est difficile lorsqu’il s’agit d’un revolver à carcasse fermée.  Lorsqu’il s’agit d’un colt, on peut facilement  déposer le canon et s’assurer visuellement qu’il est vide,  opération totalement impossible avec un Remington 1858 par exemple – et totalement dangereuse.  Quelle est la cause ?

Soit la poudre est défectueuse pour des raisons variées, soit  en raison de l’humidité, soit encore en raison d’une mauvaise compression de la balle qui laisse la semoule se mélanger à la poudre ou laisse un vide dans la chambre sous la balle.  Dans ce cas, la balle va partir, mais avec une poussée insuffisante et celle-ci va  rester dans le canon en raison du frottement. Ce qui explique que plus une balle est surdimensionnée, plus elle risque alors de rester dans le canon en cas de charge mal préparée ou de fuite des gaz. La balle obstruant le canon, elle empêcher le tir suivant  de fonctionner et le canon a de fortes chances d’éclater, car la pression due à l’explosion de la poudre peut faire éclater un canon en acier; la PN, c’est de l’explosif!

2/ l’amorce est percutée, mais le coup ne part pas, soit parce que l’amorce est défectueuses, soit parce que la cheminée est matée, trop éloignée du chien, soit  parce que la flamme n’a pas suffisamment traversé le conduit de la cheminée pour atteindre le fond de la chambre, ceci en raison du mauvais été de l’amorce : vétusté, humidité ou amorce trop pincée, par exemple, ou encore parce qu’elle est encrassée, ou enfin parce que le conduit est étroit (sur certaines cheminées de compétition). Il arrive alors que l’allumage de la chambre soit simplement retardé,  surtout lorsqu’il s’agit de cartouches-papier qui font un bourrage à la base de la chambre et dont combustion  peut se faire de façon progressive jusqu’à l’ignition de la poudre.  Ce qui peut laisser un laps de temps assez long entre la percussion de l’amorce et le départ du coup (jusqu’à une minute). C’est très dangereux. 

Règle impérative, en cas de mauvaise percussion, il faut garder l’arme orientée vers la cible durant une minute et attendre avant de déposer le barillet pour remettre une amorce.  Le mieux et de tirer toutes les autres chambres avant de changer l’amorce.

3/ Le chargement défectueux, sans précaution,  peut provoquer l’allumage de plusieurs chambres simultanément : c’est ce que l’on appelle un « départ en chaîne » qui a un effet impressionnant et qui risque d’être dangereux. Les causes sont connues :

  • balle sous dimensionnée, qui ne tient pas et qui va sortir lors des 1er tirs, en risquant de laisser une chambre ouverte et chargée
  • chargement qui a répandu de la poudre à l’entrée des chambres et absence de graisse qui assure l’étanchéité au feu, mais attention dès les 1er tirs, la graisse est souvent soufflée;
  • cheminées défectueuses (fendues, trop ouvertes, etc)  et qui perdent de la poudre ou qui ne tiennent pas (elles tombent et la poudre sort) .  
  • amorces trop larges qui ne serrent pas les cheminées et/ou mauvais état du chien qui se relève au moment du coup de feu.

6/ Le problème de l’entrefer et son réglage

La spécificité des Colts,  c’est la question de l’entrefer qui résulte de leur carcasse ouverte – ce qui les met pénalise d’un certain point de vue, celui de la précision.  Il faut cependant dire que la carcasse ouverte  est un système extrêmement simple à utiliser, permettant un démontage  facile, ce qui est absolument nécessaire en cas de blocage du barillet.  Le soldat qui avait peu de moyens techniques pour réparer ses armes était à l’abri d’incidents  sérieux, car la technologie des Colts est merveilleuse, si on se replace dans le contexte historique.  A contrario, les revolvers à carcasse ouverte, on ne le dit pas assez,  sont une vraie galère quand  une balle sort de la chambre et bloque le barillet.  Rien de tel qu’un Colt: on enlève la clavette et « Sesame ouvre toi »,  le barillet est débloqué. Sur un Remington 1858, ou sur un R&S, l’arme risque de finir chez l’armurier!   C’est pourquoi les colts ont été choisis par l’armée lors des guerres de sécession, celle-ci ayant toujours été méfiance envers des armes plus sophistiquées qui sur le terrain,  s’avéraient source d’ennuis et que les soldats ne parvenaient pas à garder en bon état de fonctionnement.

Ceci dit, la technologie du Colt présence certains aspects problématiques. Un article de Johannes COUTURIER sur le site ATV, ayant pour titre : « l’optimisation du Colt 1860 Army pour le tir », examine la question de l’optimisation d’un revolver Colt , un article qui ne peut que retenir notre intérêt par sa réflexion et sa qualité.

http://www.kitandsoft.com/gallery/article%20colt%201.pdf

http://www.kitandsoft.com/gallery/article%20colt%202.pdf

Cet article  ne signale pas un défaut de fonctionnement du Colt, il  propose une optimisation de l’arme et entend tordre le cou à « quelques idées reçues »,  ce à quoi je m’associe. Ce qui concerne ma réflexion sur le Colt en général, c’est l’axe « arbor bottomed« , c’est à dire un axe qui vient se loger dans la console (dans une sorte de couloir, de puits) et qui,  sur les revolvers d’origine,  venait buter sur le fond de cette cavité où il se loge.  Est-il nécessaire que l’axe bute ? ?   Il y a sur un Colt plusieurs points d’appuis qui servent à  maintenir ensemble les pièces et qui servent également à  prévoir des écarts, des intervalles. Le fait que le canon soit bloqué par l’axe, empêche la clavette de repousser le canon  trop près du barillet et ce faisant de bloquer sa rotation.  Du coup,  la clavette  voit son effort limité  par cette butée.

Voici différents schémas de coupes  d’un Colt qui présentent le barillet, l’axe du barillet, la console du canon et la clavette , c’est à dire  comme si on avait coupé un Colt  au niveau de son axe dans le plan horizontal.

1 fonctionnement normal d'un Colt

Sur cette photo, il apparaît de façon évidente que si on pousse  la clavette qui est légèrement trapézoïdale, elle prend appui sur  la console du canon en C et repousse l’axe du barillet en B, en avançant dans la fenêtre qui traverse la console et l’axe. Si le canon recule librement vers le barillet et si l’axe avance en sens inverse dans le bloc canon, cela ne resserre pas les deux pièces qui ne sont que partiellement liées: ça peut bouger.   Pour que le canon et l’axe tiennent ensemble de façon stable, bloquée, il faut un calage .  Celui-ci ne peut avoir lieu que quand l’axe qui pénètre dans la console, arrive en fond de couloir et bute en A.   Quand A et A’ sont collés, l’axe ne peut plus avancer, le recul du canon est alors  stoppé. La clavette ne peut plus que bloquer les pièces par sa forme de trapèze: elle se serre contre les points C, D et B devenus fixes.  A ce moment  l’axe et le canon sont totalement liés.

Cependant sur certains revolvers qui ont beaucoup tiré, l’espace entre le canon (le cône de forcement) et le barillet tend à s’élargir, ce qui est dommageable pour la précision : une perte de puissance, sans parler des projections au moment du tir.  L’optimisation d’un revolver  concerne aussi bien les armes usagées que les neuves et si le défaut des Colts 1860 Uberti notamment doit être  amélioré, nous allons réfléchir à cette occasion au problème de l’entrefer qui résulte de cet assemblage canon /carcasse et du calage par la clavette.  L’augmentation de l’entrefer résulte surtout de deux facteurs :  des tireurs croient utile de trop serrer la clavette pour que  les pièces ne bougent pas lors des chocs  provoqués par les tirs et  dans le même temps, en chargeant les revolvers plein pot,  ils raccourcissent la durée des pièces qui sont  soumises à des chocs.

Grosso modo,  un entrefer qui dépasse 0,5mm commence à réduire la qualité du tir.  quand il dépasse 1mm, cela devient gênant.  Dans un article précédent  sur les revolvers à carcasse fermées, j’ai déjà traité  de façon complète  la procédure de réparation, mais aujourd’hui, je  traite plus spécifiquement de l’axe qui doit buter dans le fond de la cavité et  de la façon dont  on  va résoudre l’entrefer.  Voici une série de schémas qui rendent compréhensible les appuis et calages d’un Colt .

 2 liaison canon carcasse2

 3 blocage de la clavette

4 la clavette nage5  réduction de l'entrefer 16 1ère solution7 2ème solution

 

Venons-en au problème soulevé par l’article :  comment compenser le vide qui se trouve sur certains revolvers, comment faire en sorte que l’axe empêche le canon de serrer le barillet ? C’est la démarche inverse : nous avions  raccourci l’axe pour  permettre au canon de revenir plus près du barillet, nous  allons maintenant contraindre le canon à garder sa distance.

Il est nécessaire de rappeler  que les colts ont deux points fixent qui assurent l’indexation et l’assemblage : l’axe de barillet et les deux ergots qui viennent lier la console et la carcasse, ce qui donne parfois un assemblage  très raide, que personnellement j’améliore en donnant un coup de foret  dans les deux cavités, pour  pouvoir démonter le Colt très rapidement.  Le conseil que donne Johannes COUTURIER, l’auteur de cet article,  est de faire tourner l’axe pour l’amener au fond du couloir et en déterminer la profondeur.  l’intérêt de cette méthode sera aussi de vérifier que l’axe et son logement sont rectilignes, car si l’axe  a  été déformé, il aura du mal à tourner et même à entrer dans on l’orientera différemment :  c’est un constat que j’ai fait sur un de mes révolvers. on parfois des surprises!

 Trois points me paraissent  essentiels que  COUTURIER mentionne:

  1. L’axe et le canon étant ainsi bloqués, la clavette ne peut pas s’enfoncer excessivement.
  2. Ce blocage donne de la régularité à l’arme lors du montage, alors  que des variations qui affectent l’enfoncement de l’axe, et modifient l’entrefer, affectent la précision (les points d’impacts en hauteur) .  Le tir de précision  recherche les régularités.
  3. On peut jouer sur l’enfoncement de l’axe  dans la console pour réduire  l’entrefer ( c’est ce que j’ai  exposé de façon nettement plus détaillée)

Il nous propose alors une méthode pour rattraper le manque de longueur de l’axe, rendre l’arme « arbor  bottomed, et rétablir  les deux points fixes qui sont nécessaires aux Colts:  Uberti commet donc une erreur de fabrication regrettable!  Pour ces revolvers qui  ne sont pas fabriqués en respectant leur brevet d’origine, c’est la clavette qui se substitue  à l’axe pour assurer le point fixe haut .

liaison canon carcasse

La solution que propose COUTURIER consiste alors à forer l’extrémité de l’axe pour y mettre un boulon poêlier, ce qui n’est pas un travail à la portée du 1er venu.  Si on n’a pas la pratique,  il faut avoir recours à un professionnel, c’est évident. Ce boulon pourra alors être coupé à la longueur voulue, vissé selon l’importance du vide à combler.  Une solution qui,  à mon sens, fragilise l’extrémité de l’axe des petits Colts, laquelle n’est guère épaisse.  C’est une solution à risque  –  surtout pour qui ne maîtrise pas le forage d’un axe avec une perceuse à colonne, le taraudage, etc . Néanmoins, c’est une solution à retenir.

Pour ma part,  je soulève plusieurs autres difficultés. L’axe doit porter de façon précise sur le fond de son logement dont on ne connaît pas bien  l’aspect: est-il plat ? bombé?  quelle est sa courbure ? Celle-ci correspond-elle vraiment à celle du boulon poêlier ?  Pour mesurer la profondeur de la cavité, si le fond est bombé, c’est assez incertain.

Certains  tireurs mettent des rondelles métalliques pour rattraper le vide, mais là encore, il est difficile de trouver des rondelles qui s’adaptent à la dimension exacte du  manque et comment les faire tenir?   Ce qui me conduit à dire que les solutions sont toutes imparfaites, bien que certaines soient ingénieuses.

Pour ma part, j’aurais tendance à rechercher la solution du côté d’un métal qui serait coulé dans le fond du logement de l’axe, mais là encore des difficultés surgissent. Comment connaître le volume de métal à couler, sachant que celui-ci doit être précis?  Le métal existe : c’est le Cerrosafe qui fond à 70°, il suffit donc de tremper le canon dans l’eau bouillante;  le Cerrosafe va fondre et se loger au fond.  Mais comment en prévoir la quantité ?  Après réflexion je retiens la méthode suivante : verser du sable ou la semoule dans le fond du logement et par tâtonnement déterminer le volume qui remplit exactement le fond jusqu’au niveau de l’axe, une fois celui-ci en place. Le sable  sera ensuite tassé dans une douille et celle-ci sera arasée et coupée. On aura alors reconstitué un volume identique.  Cette fois-ci la méthode ne demande pas une technologie de pointe:  juste de la patience et un travail méticuleux. La douille sera alors remplie de Cerrosafe fondu et l’excédent sera coupé à froid,  Il suffira de récupérer le contenu de la douille et de le fondre dans le canon, plongé dans l’eau bouillante. On introduira l’axe et on pourra vérifier qu’il descend à la profondeur voulue.  Après refroidissement , on pourra sortir le Cerrosafe et vérifier qu’il épouse la forme de l’axe, sinon, il faudra fondre  et recommencer…

Du réglage de l’entrefer à la réparation d’un Colt

Sur les Colts achetés d’occasion, on constate souvent que l’entrefer est trop important, ceci en raison de l’usure et du surmenage de l’arme . Je précise que cette « maladie » s’accompagne souvent d’autres signes de vieillesse … .  Si on procède comme je l’ai conseillé dans l’articles 4 (concernant le Colt Walker ) et dans l’article 5,  concernant la technologie des Colts en général, il reste cependant un problème, car lorsqu’on a réduit l’entrefer en faisant entrer l’axe plus profondément dans le canon, la clavette n’a  généralement plus d’appui sur l’axe (en B) du fait que la fenêtre s’est élargie quand les pièces ont été déplacées et que l’axe ne dépasse plus en B. Il faut donc refaire l’appui de la clavette sur l’axe en B et pour ce faire il faut qu’il déborde dans la fenêtre.

La solution que j’ai proposé consiste à souder une épaisseur de métal en B.  On peut procéder de deux façons, à mon humble avis :

  1. souder à l’étain un petite plaquette de cuivre  dans la fenêtre  (fer à souder électrique assez puissant et pâte à étamer)
  2. ou, autre solution, faire une soudure à l’arc pour redonner du fer à la fenêtre, dans la partie da la fenêtre qui est côté fond de la cavité) :  un travail plus délicat. La soudure un peu irrégulière, sera ensuite limée pour redonner à cette face de la fenêtre son aspect plat initial, qui va servir d’appui à la clavette.

7/ le démontage des cheminées et les problèmes de cheminées bloquées 

 

clé universelleNous abordons maintenant une question très importante. Certains tireurs ne démontent pas leurs cheminées après le tir pour éviter d’user les pas et parce qu’ils estiment que cette  opération laborieuse est superflue. D’autres tireurs  font un nettoyage à l’eau chaude du barillet, ce qui occasionne des corrosions si le séchage n’est pas parfait : en particulier, une corrosion des pas de cheminées!  C’est à éviter totalement.  Les pas de cheminées nettoyés au White spirit et traités contre la corrosion (un passage dans le WD40), doivent se démonter sans difficulté après  chaque tir et son remontées après avoir passé un peu de graisse sur le pas  avec un coton tige.  Certaines graisses sont recommandées parce qu’elles résistent bien à la chaleur.

Il est essentiel de disposer d’une clé à cheminée d’excellente qualité  et parfaitement adaptées aux dimensions des cheminées. utiliser une clé trop large abime la clé et les cheminées.  le clé doit saisir la cheminée sans jeu. Pour avoir un démontage des cheminées rapide, celles-ci doivent être  parfaitement propres et légèrement graissées, de telle sorte que la clé la fasse tourner avec une rotation rapide une fois qu’elle est engagée dans le pas. on ne force pas les cheminées, on les amène en fin de pas et on desserre très légèrement.

La clé doit avoir une forme en croix qui permet de la faire tourner très rapidement , comme une hélice. L’acier de  la clé doit être très résistant: la meilleure clé, c’est une clé universelle de chez Pedersoli, faite dans un acier de  très bonne qualité. Elle  ne bouge pas , elle ne s’abime pas, elle ne se déforme pas… si on entretient ses cheminées.  Cette clé est adaptée au révolvers à PN courants, elle est assez chère, mais le prix se justifie par son usage et sa durée.  Un tireur doit disposer de cette clé.  Le fait que la clé universelle dispose de 4 bras permet de sen servir comme levier: les bras décuple la traction de rotation, mais  la clé doit être bien en place et sans jeu.

 

Nous allons maintenant aborder un problème très important : que faire quand les cheminées sont bloquées? 

C’est la cauchemar du tireur. Ceci arrive également avec une arme achetée d’occasion, vendue par un « enfoiré » qui se garde bien de dire que les cheminées ne sont plus démontables!! Autrement dit, si on ne parvient pas à sortir les cheminées, si on ne trouve pas un barillet de rechange qui s’adapte bien, l’arme est bonne pour la vitrine!

A moins de trouver  un tireur expérimenté qui sache comment faire,  il reste la possibilité de parcourir internet en quête d’une solution, mais je vous avertis :  les recettes sont rares et hasardeuses. Voici donc la méthode PSRauben  pour sortir des cheminées bloquées.  Il faut

  • un étau
  • deux pièces en bois pour serrer le barillet dans l’étau. Cela demande un peu de travail avec une perceuse et une  scie à cloche,   de telle sorte que les deux morceaux de bois enserre le barillet sans déformer les chambres.
  • un marteau assez lourd
  • la clé universelle,  modifiée si nécessaire.
  • un tube de 10 cm de long , en acier et épais   (un morceau de canon de revolver fait l’affaire , si on a pris la précaution d’en garder un  sur une arme  qui passée à la casse: ça arrive)
  • un chalumeau à gaz Dremel

1/ on laisse le barillet tremper dans un dégrippant pendant une journée; ça peut favoriser le décollement

2/  On  règle la flamme du chalumeau pour obtenir un dard  pointu et fin : on chauffe la cheminée durant une dizaine de secondes  avec le dard pour provoquer un choc thermique.

3/ On place alors la clé sur la cheminée en l’enfonçant pour qu’elle soit parfaitement en place. Puis on enfile le tube sur l’axe vertical supérieur de la clé, de telle sorte qu’il prenne appui sur les deux bras latéraux au moment du choc du marteau.

4/   On donne alors deux coups secs mais assez vigoureux avec le marteau,  pour produire un choc mécanique qui va décoller les cheminées ;

5/   Au moment du choc,  on fait tourner la clé avec l’aide les deux bras latéraux comme leviers.  On va alors constater que les cheminées tournent d’abord légèrement , puis la rotation se libère. C’est gagné!

Les cheminées  des Colts Centaure  sont particulièrement exposées à des blocages. Ces Colts  Centaure exigent des clés parfaitement adaptées aux dimensions plus étroites des cheminées. Elles n’existent pas dans le commerce (ou du moins sont rares et de mauvaises qualité).  On en trouve chez Vordelader Shop en Allemagne à un prix très abordable,  mais en cas de cheminées bloquées, elles sont trop fragiles.  Il faut donc faire réaliser soi même une clé  à cheminée spéciale pour ce Colt. On utilise alors la Clé universelle Pedersoli, qu’on adapte  en coupant le tournevis pour faire un embout aux dimensions exactes des cheminées.  Ce travail ne peut se faire que dans un atelier de mécanique de précision, en sachant que l’acier est dur et que le puits dans lequel le cône de la cheminée entre, doit être réalisé avec une fraise très étroite   (voir les indications dans l’article sur le Colt Centaure).

Cette opération peut provoquer une détérioration des pas de cheminées si la frappe avec le marteau est trop forte, mais  deux coups porté sans excès ne provoquent pas de dégâts.  L’acier de la clé Pedersoli   ne se déforme pas au cours de  cette intervention si elle a été  ajustée avec une parfaite exactitude au dimensions de la cheminée.

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8/ Le nettoyage d’un revolver à PN

 

Cette question m’a été posée et voici la réponse que j’ai donnée : sur le pas de tir (après le tir), je passe un carré de chiffon dans le canon avec un pousse chiffon adapté et j’essuie toutes les parties de l’arme qui sont accessibles;  ça permet de mettre l’arme à l’abri de la corrosion le temps de rentrer et de faire le nettoyage complet (on peut attendre 2 à 3 heures, mais en arrivant, il faut plonger les barillets dans le white spirit qui nettoie et dissout très bien la poudre noire. Une boite en plastique assez profonde est nécessaire pour faite tremper les barillets. Le pétrole ne nettoie rien du tout,  contrairement au white spirit  et au « 3 en 1″ (et ses variantes) qui décollent ou dissolvent les poudres!

Il faut Faire bien attention de ne pas mélanger les cheminées quand on démonte plusieurs armes en même temps, donc se servir de petite boîtes en plastique (pot de yaourts, etc) pour les ranger séparément. Personnellement j’utilise une petite boite compartimentée qu’on vend en pharmacie et qui sert à  ranger les divers comprimés à prendre durant une semaine quand on suit un traitement un peu « chargé ».  Le mieux est de démonter les cheminées avec une très bonne clé (pour aller vite), de les passer au White Spirit et les remonter après avoir donné un petit coup de WD40 ou produit similaire.  Ce que les cheminées craignent c’est la corrosion de l’eau, un mauvais séchage.  On les démonte (ce qu’il faut faire une fois sur deux)  avec une clé en croix assez lourde (Pedersoli) qui fait volant d’inertie et permet de les faire tourner très rapidement : la clé doit tourner comme un “hélicoptère” ! Ne surtout pas huiler les cheminées, car on risque de les boucher et de noyer la poudre en provoquant des retards d’allumage.

a/ Le nettoyage classique… laborieux!

Lavage de l’arme au white spirit et/ou à l‘eau chaude (surtout le canon), très efficace (le vaporetto marche assez bien, mais il faut passer quand même plusieurs fois et faire un nettoyage avec des papiers dans les chambres des barillets  pour enlever ce qui reste collé aux parois et enfin, à la fin, il faut rincer à l’eau bouillante pour que le revolver (barillet, canon, etc), reste chaud et sèche vite. Je fais égoutter à chaud, je souffle sur les cheminées (si on ne les a pas enlevées) .  Je sèche la mécanique et les barillets au sèche cheveux .

Pour la partie mécanique, le nettoyage au white spirit est préférable car il n’expose pas l’arme au risque de rouille. Je passe encore des papiers (méthode perso) dans le canon et les chambres pour enlever l’eau qui reste dans les endroits fermés ou profonds et quand c’est parfaitement sec,  je badigeonne avec un produit tel que le WD40  ou Armypower qui protègent de la corrosion et assurent un nettoyage supplémentaire, car souvent lorsque le jet pénètre dans l’arme, un peu de poudre dissoute sort encore !  Pour nettoyer les chambres, ce qui est le plus laborieux, j’utilise un petit écouvillon qui est censé brosser les canons, mais dont les poils en laiton sont écrasés: il sert à fixer  un vieux carré de scotch brite vert (surtout pas un neuf qui attaquerait le métal) ou des bandes de papier essuie-tout que j’enroule autour dans le sens  qui convient; tout cela accroche sur les poils ….  mais le vaporetto m’épargne ce travail,  à condition de passer dans les chambres l’écouvillon avec le papier enroulé (une à 2 fois) jusqu’à obtenir des chambres nettes et finir je passe le papier dans le canon, imprégné de WD40 ! A la fin, je coule de l’huile de vaseline ou de l’huile pour mécanique (machine à coudre, etc) dans les mécanismes, ce qui est très important!  Il faut huiler tout le revolver. Dans le canon je passe un papier imprégné d’Army power. L’huile est le meilleur traitement préventif pour éviter la corrosion. De plus une arme débronzée et polie,  qui conserve une fine pellicule d’huile,  est plus belle.

 S’il s’agit d’un  revolver en inox (Remington  1858), le White spirit n’est utile que pour les mécanismes. Pour le reste le nettoyage et le séchage se fait très facilement sans craindre la rouille : de l’eau chaude et du produit de vaisselle …. Même sur un revolver en inox,  la partie mécanique (ressorts, etc…)  est en acier  et demande le même traitement, les même précautions, que les autres révolvers. L’inox a besoin d’huile, non pour résister à la rouille, mais parce que les frottements sont plus  importants que sur l’acier ordinaire, lequel  glisse beaucoup mieux. Donc de l’huile en abondance  sur les parties qui coulissent ou qui subissent des frictions, et tout ce qui déborde, on essuie!. Neuf ou usagé, le revolver en inox est toujours raide.

Pour le nettoyage des mécanismes, il faut faire entrer de façon généreuse le nettoyant à l’intérieur du revolver avec le jet de la bombe , après avoir tiré le chien en arrière, et cela jusqu’à ce que l’écoulement qui sort sous la carcasse soit propre. Le White spirit doit être ré-utilisé, sinon quel gaspillage ! On le laisse décanter dans un bocal et les résidus se déposent au fond. Une fois redevenu propre , le White Spirit resservira au prochain nettoyage, tout simplement.

b/  Le nettoyage avec des moyens techniques  plus élaborés:  ouf, fin de la corvée!

Comme je me sers de plusieurs revolvers  et de plusieurs barillets par revolver à chaque séance de tir, la « corvée de nettoyage »  que beaucoup reprochent à la PN, commençais à devenir un peu longue, le temps du petit nettoyage méticuleux à la main était révolu, il fallait entrer dans l’ère de la technologie de pointe !  Je me suis donc équipé  de deux appareils :

1/  un nettoyeur à  vapeur chaude sous pression  (type « vaporetto »)  acheté en promo chez CDiscount (marque Polti)  avec une pression de 4 bars, car l’eau chaude dissout très bien la PN  et surtout elle fait monter les barillets à presque 100° , ce qui a comme avantage, non pas de les aseptiser, mais de les faire sécher très vite, car du fait de leur température,  l’eau s’évapore une fois qu’on les a essuyé et qu’on a passé un papier dans les trou de cheminée. On peut bien entendu les mettre dans le four à 60° pour éviter la corrosion des cheminées… Si on utilise un vaporetto, il est préférable de démonter les cheminées pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans les filetage et les attaque.  Si le barillet a été nettoyé au vaporetto, il est brûlant et sans les cheminées, il va sécher en un clin d’œil, avec un petit coup de sèche cheveux en plus. Les cheminées sont nettoyées à part au WS et c’est alors que ma boite compartimentée est très utile .

2/ Le nettoyage du mécanisme (carcasse ou platine) au White Spirit

Mais je peux nettoyer tout le mécanisme d’un revolver sans utiliser d’eau chaude ou de vapeur, car je suis certain que l’arme ne va pas s’oxyder, ce qui est fortement recommandé  . Il suffit de projeter le WS dans l’arme avec une seringue  achetée en pharmacie et le jet va laver les résidus.  Le gros avantage, c’est que le WS n’endommage pas la crosse en bois huilée, une fois le nettoyage fait je repasse  un papier huilé sur le bois et tout est top.

3/ un nettoyeur à ultra son.   Ces appareils se vendent maintenant dans les  supermarchés (LID’L, ALDI, etc)  à prix très abordable (moins de 30 euros), mais leur contenance est limitée.  J’en ai donc acheté sur le net de marque Velleman, avec une contenance de 2,6l et une cuve en inox étanche et une puissance qui supporte des pièces un peu lourdes  sans que le moteur ne surchauffe.  Il fallait prévoir un appareil  avec une cuve inox et un chauffage  pour un nettoyage à l’eau autour de 60°. Je place les barillets dans le bain et j’ajoute du savon de vaisselle liquide. Je rince ensuite au vaporetto

Mais mon idée, c’est d’utiliser du pétrole dans la cuve et non de l’eau.  Ce qui m’a été déconseillé… mais après un essai prudent,  le nettoyage au WS conjugué à l’effet des ultras sons s’est avéré excellent : la carcasse sort du bain totalement propre et  on peut directement l’immerger dans un mélange WS + huile, et faire égoutter!  Le matériel sort  comme neuf!

Vidéo

4 – Un autre regard sur le Colt Walker 1847


José walesAttendre le chargement des images    

Correction effectuée le 28/1/2013

 1 – L’image et l’utilisation du Colt Walker selon la culture du pays

Après avoir abordé dans l’introduction l’aspect culturel et politique de l’usage des armes à poudre noire, après avoir parcouru les principaux modèles de revolvers « cap & balls » qui ont introduit l’usage des armes modernes, je reviens maintenant sur le Colt Walker déjà présenté dans l’article 1 (Historique) .

En parcourant des blogs et forums américains, je me suis rendu compte qu’en France, ce revolver n’a pas l’attrait qu’il conserve aux USA. Je voudrais commencer par un texte que j’ai trouvé sur un forum et qui m’a ouvert les yeux à ce sujet.

 » I carried and used a Uberti 1847 WALKER for a mighty long time. Laying here beside of me right now loaded all the way around. I use Triple Seven 3fff, .457 swaged round lead balls (…) I use 48 to 50 grains…. It take’s a long time to really learn how to use and handle a Walker… » It takes a long time to really learn how to use and handle a Walker… A long time….If your Walker is properly tuned up and properly loaded and you have practiced and worked with it for a good year, may be 2, (…) . I worked HARD with that gun for 2 years or better before I was willing to tell myself I knew how to shoot it. (…) Cowboy, just don’t give up. Just keep shooting when you can and keep working at it and then all of a sudden; there it is. »(…) I watched an Indian friend of mine knock down an Antelope on my property this morning with his Walker at about 55 yards… »

 » J’ai trimbalé et utilisé un WALKER Uberti pendant longtemps. Il est posé à côté de moi à cet instant, toujours à portée de main. J’utilise la poudre triple seven 3F, en 457, balles rondes, (…) et je charge entre 48 et 50 grain de poudre. Il faut longtemps pour vraiment savoir comment utiliser et manipuler un Walker… longtemps…. Si votre Walker est correctement réglé et correctement chargé et si vous avez pratiqué et travaillé avec pendant une bonne année, peut-être 2, (… …) J’ai travaillé dur avec cette arme à feu pendant 2 ans avant que je n’aie été enclin à me dire que je « savais comment tirer avec ». Cowboys n’abandonne pas ! J’ai regardé un de mes amis indien abattre une antilope sur ma propriété ce matin, avec son walker, à environ 55 yards… »

My beautiful pictureC’est incontestablement un art de vivre et de faire vivre l’arme qui s’inscrit dans la culture américaine. Voici une vidéo en anglais qui illustre le tir au Walker. C’est une arme qui trouve aux USA des conditions de tir « épanouissantes » dans des espaces ouverts, ce qui d’ailleurs est préférable, compte tenu de la fumée. En France le tir au Walker est un tir confiné en stand, ce qui ne lui donne pas le cadre qui lui convient. Je suis totalement enthousiasmé par la démonstration que fait le tireur et qui montre l’efficacité de l’arme; le levier se décroche, certes, signe que le tireur doit utiliser de fortes charges.

Le défaut bien connu du Colt Walker

Cette image trouvée sur le site « Tir longue distance » montre les performances médiocres du Walker et affiche aussi le fonctionnement défectueux du système de fixation du levier d’armement placé sous le canon de l’arme. Je ne sais pas si le tireur (que j’appellerai X) s’enorgueillissait de ce tir ou s’il voulait faire croire que le Walker 1847 est un bourrin dont le tir à 25m tient plus de l’arrosage que du tir ?

Sur les Walkers, la fixation se trouve à la base du levier et sous l’effet de forte charge, il se décroche. Pour remédier à ce problème, X a placé un morceau de cuir qui retient la chute du levier pendant le tir. Dès 1848, Colt améliorait ce système sur le Dragoon (le colt qui sort en 1848) en fixant le levier à son extrémité, système qu’adopteront ensuite la plupart des revolvers à PN. Mais cette imperfection d’origine indique aussi la manière dont le tireur X utilise son arme, car un levier qui ne tient pas est le signe d’un usage « plein pot, à ras bord, chargé plein la gueule, bourré à bloc » selon les expressions en usage… La courroie de cuir qui maintient le levier sur la photo est cependant adaptée au style de l’époque. Autre point à surveiller: la vis qui tient ensemble le levier et le bourroir tombe facilement et doit être serrée et vérifiée régulièrement, avant chaque usage. Une vis perdue et c’est une arme qui reste en attente de réparation… Avec les répliques Army San Marco (ASM), dont on ne trouve plus les pièces, ça peut prendre du temps et de l’argent!

Je constate que le tireur X utilise des ogives (une se trouve à droite de la crosse sur la photo), mais de quel calibre ? Il n’y pas d’indication. Le « carton » est très moyen dans l’ensemble car le groupement n’est pas bon. Tirer avec 3gr de PNF2, comme indiqué sur la cible, c’est une charge très puissante. X a voulu montrer que le Walker nécessite de bourrer la bête pour obtenir finalement un tir passable à 25m, confortant ainsi la thèse que cette arme est archaïque ? Je possède 4 Walkers dont aucun n’a de levier qui décroche, ce qui me laisse penser que les tireurs qui les ont utilisés avant moi ont été raisonnables. Mon désir est de changer l’image du Walker qui ne correspond pas à la réalité. Il est souvent décrit:

  • · soit comme un « bazooka », une arme qui n’est pas « pour les gonzesses », comme disent certains tireurs qui mettent leur virilité dans leur holster, mais qui sert à faire étalage de puissance plutôt qu’à rechercher un score.
  • · soit comme un revolver massif, lourd, volumineux et archaïque, tant du point de vue technique qu’esthétique … mais qui peut encore servir à se donner des « sensations » en rapport avec la puissance (ça secoue) .

Bref à mettre sur l’étagère et à sortir 2 fois par an! Je me suis ensuite plongé avec quelques arrières pensées dans les forums qui traitent du Walker et j’ai classé les modes de chargements selon deux critères qui sont caractéristiques d’un profil de tireur:

Ceux qui tirent avec cette arme pour « les sensations » et le sentiment de puissance qu’elle leur procure

Je cite quelques échanges typiques de ceux qu’on trouve dans les forums:

  • · « A 2,5g, tu as surtout beaucoup de bruit et de fumée, mais l’arme ne bouge pas dans la main. Un Remington à 2g sera beaucoup plus « vivant » car beaucoup plus léger. Essaye à 3,5g, tu devrais sentir la différence! » (discours qui incite à forcer le chargement pour rendre l’arme « vivante »)
  • · « Le Walker ou le Dragoon sont prévus pour être chargés à ras la gueule. Pas de bourre, juste la place pour poser le boulet (en général des 457), avec environ 3gr de pnf2. La précision n’est peut-être pas au rendez-vous mais les sensations…… oui !! Après faut trouver son dosage, il y a autant de paramètres que de tireurs. (discours qui incite à l’usage hasardeux du Walker: l’arme ne serait pas sensible aux différences de chargement.)imagesCAQ6MWZO

Ce dernier message me semble typique sous deux angles: d’une part il montre que cette arme n’est plus utilisée prioritairement comme une arme de tir (avec l’ambition d’atteindre la cible ), mais comme un objet qui procure du plaisir, crachant le feu, la fumée et produisant une détonation qui impressionne l’entourage: plus on charge, plus on monte soi-même en puissance… un discours couramment tenu. C’est du tir de foire ! Je ne vois d’ailleurs pas où est le plaisir de faire « rugir la bête » car le bruit impose au tireur de se mettre un casque de protection sur les oreilles : c’est essentiellement « les autres » qui profitent de cette exhibition à la James Bond! Quant à se donner des sensations dans le poignet…

D’autre part je relève une idée fréquemment répandue: l’arme échappe à toute rationalité concernant le chargement. Le chargement ne tient qu’au choix du tireur et à sa personnalité. Il y aurait une sorte d’entente secrète entre le cavalier et son cheval (une sorte de bourrin). Un esprit rationnel comme le mien croit plutôt à d’autres critères plus objectifs qui expliquent la réussite d’un tir et de ses échecs: connaître son arme est essentiel, mais l’étude des trajectoires n’est ni évidente ni inutile.

Ceux qui ont une conception plus exigeante de l’usage du Walker

Je poursuis donc ma lecture des forums et je relève quelques bémols de la part de tireurs concernant l’usage abusif du Walker chargé « plein pot »: leurs propos modèrent l’argument selon lequel le Walker est « prévu » pour un tel fonctionnement. Je les cite:

  • · « Les charges de 3 grammes avec des balles de 200 grains sont les charges d’époque, l’arme étant destinée à être la plus puissante possible! De très nombreux Walker originaux en ont souffert jusqu’à la destruction (…). Si aujourd’hui, les aciers ont fait d’énormes progrès, les répliques supportent les charges maxi, mais il est conseillé de ne pas en abuser… et Uberti ne préconise certainement pas une utilisation « plein pot » ;
  • · « Charge, mais pas trop quand même ! Avec mon Uberti, je chargeais comme toi et j’ai dû renvoyer le flingue au constructeur car l’axe avait pris du jeu. Il était sous garantie mais ils ont failli me la refuser car selon eux, je l’avais utilisée anormalement (pourtant je mettais que 2,5g de PN, ce qui était trop, toujours selon eux)…. »

Je cite encore un autre tireur qui découvre les qualités du revolver et qui s’en étonne:

  • · « j’ai récupéré mon nouveau Walker chez (….) , j’ai bien fait gaffe à le démonter et le graisser généreusement avant le premier tir, j’ai chargé à 2.5g de PNF2 et 0.8 de semoule. J’ai tiré 4 barillets avec nettoyage de l’axe entre le 2nd et le 3eme. Je reste très surpris de la précision de la bête à 25M sur appui. Beaucoup de noir, 8 et 9 à 11h et 12 h. au moins trois tirs avec des impacts qui se touchent sur le visuel. J’avais lu beaucoup de post sur l’imprécision des Walkers et je suis vraiment très agréablement surpris … et quelles sensations !!! J’encourage tout le monde à essayer ce colt, c’est exceptionnel….. et je maintiens qu’à 2.5g c’était déjà magnifique !

Evidemment, on n’échappe pas aux fameuses « sensations » : tirer au Walker, c’est l’aventure ! Mais ce tireur reconnaît à l’arme sa vraie fonction qui est quand même d’atteindre la cible à 25m. C’est parfaitement possible avec un Walker, encore faut-il savoir s’en servir! J’ai donc parcouru les forums et j’ai constaté que les tireurs se limitent le plus souvent à « faire vibrer les murs » des stands et que trop rares sont ceux qui recherchent la précision relative que le Walker peut leur apporter. J’ai pris comme critère de mon recensement, les messages qui donnent des informations sur la charge des armes: or je constate que bon nombre de tireurs évoquent soit la charge en poudre, soit le diamètre des balles (sans préciser s’il s’agit de rondes ou d’ogives) mais sans prendre en compte les deux critères simultanément ! Or une balle et une charge vont de pair, ce qui veut dire que pour ces tireurs, le lien entre la charge et la balle est superflu. Manque total de rigueur dans la pratique du tir ! C’est ce qui explique des résultats médiocres et la réputation injustifiée du Walker, arme qui perd sa fonction d’arme correcte pour en faire un usage ludique qui ne la valorise pas. En réalité le Walker est une arme complexe qui n’est pas à la portée des amateurs, sauf pour faire du bruit.

Une façon non conventionnelle de tirer avec le Walker : un tir avec double prise en main visible sur cette vidéo!  

tir à la psrauben

En lisant tous ces forums où le Walker est décrié pour son levier « merdique », une  idée  m’est venue : et si l’absence de fixation à l’extrémité du levier devenait un atout pour le Walker plutôt qu’un défaut, car ce levier rabattu permettrait de tenir l’arme stable pendant le tir, ce qui est utile compte tenu du poids du revolver? Appelons cette innovation « le tir façon PSRauBen »…  j’avais écrit ceci que je relis : « Mais attention, cette méthode oblige le tireur à ramener le levier entre chaque tir pour éviter que le bourroir (refouloir) ne bloque le barillet; un petit coup de main très facile, sinon, on ne peut pas réarmer.  Au lieu de relever le levier à chaque fois, on le relève légèrement au moment de l’armé du chien, puis on le redescend pour le tir. »…ERREUR !

Hé bien non, ce n’est pas vrai! L’objection qu’il fallait  opposer à cette idée,  c’était de dire qu’on ne peut pas descendre le levier au cours du tir sans que le refouloir ne pénètre dans la  chambre la plus basse, ce qui est incompatible avec  le bon déroulement du tir.  Mais si  le levier reste en position oblique pour ne pas enfoncer le refouloir dans la chambre, il ne peut pas servir de poignée;  donc c’est sans intérêt ! La seule solution, c’est donc d’enlever le refouloir pour pouvoir descendre le levier à la verticale en cours de tir. Personne n’a fait cette objection.  Certains ont exprimé des réserves concernant la sécurité. Je précise que  la main qui tient le levier n’est pas mise en danger,  puisqu’elle  vient se placer sous le barillet.  Je ne suis donc pas en contradiction avec les règles de sécurité que je mentionne dans la suite de mon article. Ceci dit, je tire au Walker à une main, mais je teste la position de tir à deux mains pour voir si elle permet un gain de temps et de stabilité pour le tir rapide.

PEUT-ON SERIEUSEMENT  TIRER DE CETTE FACON?

Sur la vidéo  intitulée « Le tir rapide avec un Walker 1847″,  on peut voir que j’ai monté une poignée « ergonomique et multicolore » en pâte Fimo dure, qui est emboîtée sur le levier !  

Capture le tir au W1847

La double prise en main est parfaitement possible.  C’est juste une façon de tirer avantage du levier du Walker qui – pour beaucoup – a l’inconvénient de ne pas être maintenu à son extrémité…. et qui tombe au cours du tir, problème  technique et esthétique  dont la véritable cause tient  aux chargements excessifs de l’arme.  Contrairement à tous ceux qui dévaluent le Walker en raison de cette tenue défaillante, je suis un partisan du levier sans fixation à son extrémité parce que ce levier est très confortable en main: il ne blesse jamais.   Comme j’utilise un sabot de chargement (que je présente dans les articles 8 et 9) à la place du levier et du refouloir, ce levier me paraît utilisable pour une nouvelle fonction: il sert d’axe à la poignée. Quant au refouloir, je m’en passe totalement, donc je le supprime ! Je résous ainsi la question  de la chute du levier au cours du tir et celle du refouloir qui « dérange ».  

Qui a dit qu’un revolver doit être tenu d’une seule main ?  Qui a dit qu’un revolver doit être tenu à bout de bras, sans appui ?  Qui a dit qu’un revolver est destiné à faire de la compétition sportive? Qui,  sinon des  gens qui  participent à des compétitions de tir sportif  avec un seul objectif:  la précision,  … mais rechercher la précision  ne signifie pas qu’on doive le faire  dans des postures qui, si elles sont acceptables pour des armes légères (comme le tir à bras franc),  sont peuvent devenir inadaptées quand il s’agit d’une arme lourde. A quoi sert un revolver ?   Pour moi, les règlements de compétition ne peuvent pas prétendre être imposables à  tous les usagers des revolvers à PN  qui tirent dans les clubs, sinon les clubs de tir tombent sous l’emprise des compétiteurs; un revolver, quel qu’il soit  comporte plusieurs objectifs et critères de tir : la rapidité,  la précision, la puissance du tir, mais il reste un point qui échappe à  ces  exigences : le confort pendant le tir!  Or l’inconfort nuit à la précision. Donc, en ce qui concerne le Walker, tirer à bras franc est une contrainte qui peut nuire au confort du tir. En ce qui me concerne, je préfère utiliser le bras gauche comme appui (voir la photo) pour la stabilité, mais pour le coup, j’ai le bras placé très près du barillet et le revolver trop près du visage, ce qui nuit à la précision.

Celui qui veut faire de la compétition rejettera donc le Walker  pour tirer avec des armes plus légères et plus confortables, comme le 1858, le R&S, le Colt 186, etc  ou des revolvers à PSF. De cette façon,  la compétition élimine le Walker des stands de tir et du coup cette arme privée des honneurs de l’usage sportif, tombe dans la catégorie des « gamelles » destinées au  tir « n’importe quoi », ou « aux sensations » qui supposent qu’on bourre la bête  de poudre à ras la gueule, façon charge de guerre, histoire de lui trouver un usage ludique.  C’est donc la conséquence  de la normalisation des postures de tir imposées par les compétitions et par les compétiteurs qui veulent régenter le monde des tireurs selon leurs réglementations. Hé bien non, je ne ferais pas de cette arme  un « bourrin » que le tir sportif  range dans le placard des armes encombrantes et que la tradition (bidon) condamne  aux charges de guerre!  Je vais donc balayer ces  réglementations  et rechercher  en toute liberté une méthode de tir confortable qui me permettra d’améliorer la précision du Walker ou la vitesse de tir. J’en vois deux: la canne Pirsch et  le tir façon PSRauben, avec une double prise en main.

Alors,  si vous en avez marre de mettre une lanière de cuir autour du canon de votre Walker, et de le relever à chaque tir,  essayez « le tir façon PSRauben »  et croyez moi, vous gagnerez en stabilité. Quant aux arguments en faveur de cette méthode de tir,  vous les trouverez développés dans la vidéo  précitée et prise lors de tirs effectués sur le stand  et qui prouvent que cette façon de tirer n’est nullement impossible. Elle montre surtout les  avantages qu’elle présente pour le tir « semi-rapide ».   Et comme me disait récemment un tireur qui fait de la compétition, « on a besoin de se mesurer aux autres…  donc il faut des normes pour que la comparaison soit possible »  ! Et bien moi je n’ai pas besoin de me comparer  et je ne me mesure qu’à moi-même.  C’est d’ailleurs ce que font les chasseurs qui évaluent leur niveau à la réussite de leurs tirs.  Désolé de ne pas me joindre au club des compétiteurs, mais  j’ai mieux à faire.  je vous invite à regarder cette vidéo dont la fin montre sur le mode de l’humour, qu’un tireur anglais désapprouve les modifications que j’ai faites à mon Walker et  qualifie ces bricolages de « sacrilège »…, pire de « abortion »  (ce qui signifie littéralement « avortement »  et gâchis au sens figuré) –  ce qui m’a fait franchement rigoler!

Deux règles de sécurité impératives avec un Walker 1847

  •  Se protéger les oreilles avec un casque car les explosions lors du tir sont fortes  surtout avec des charges puissantes. Certains tireurs prétendent qu’elles n’endommagent pas l’audition, car la poudre noire produit un bruit sourd.
  •  Ne jamais mettre la main sous la console (devant le barillet) au moment du tir, car le souffle chaud qui sort par l’entrefer va provoquer des brûlures et un choc important dans la main. Il faut savoir qu’un revolver à PN n’est pas étanche et que l’explosion crache par le canon, mais par l’entrefer et par des cheminées, donc  il faut éviter de mettre la main surtout au niveau de l’entrefer. Il m’est arrivé de prendre le souffle et la flamme dans la main avec une simple charge de 1g : j’étais secoué et légèrement brûlé, c’est dire qu’avec 3g….

En principe, un chargement soigné  ne provoque pas de départ en chaîne:  si les balles sont bien serties, si le barillet a été bien nettoyé et graissé, s’il a été chargé en dehors du pas de tir pour éviter de « disperser  » de la poudre à l’avant du barillet en utilisant des dosettes  sans entonnoir,   il n’y a aucun risque !  Cependant comme le montre la vidéo, une balle sous-calibrée peut donner l’impression d’avoir été correctement sertie, mais ne pas tenir correctement dans la chambre, ce qui fait que sous le choc des tirs répétés elle sort et peut tomber.  Si la balle reste dans la chambre,  elle bloque la rotation du barillet (c’est un incident de tir);  si elle tombe,  la semoule tombe également  et la poudre noire sans protection est exposée à la mise à feu: ce qui  peut causer plus qu’un incident de tir, on peut avoir  un départ en chaîne partiel.   J’en viens à dire que le chargement à l’ancienne, sur le pas de tir,  avec  les dosettes est de nature à provoquer un départ en chaîne, car il y a toujours de la poudre qui se disperse à l’entrée des chambres. Au contraire un chargement à domicile avec un barillet sorti de l’arme,  ne disperse pas la poudre dans les interstices: le barillet étant dégagé de la console du canon et de la carcasse, on peut alors le nettoyer facilement après avoir serti les balles et avant de graisser l’entrée des chambres (un coup de pinceau à sec pour enlever les particules de semoule,  de poudre et les anneaux).   Le départ en chaîne, qui reste exceptionnel  est  dû à une arme mal chargée, notamment avec des projectiles inadaptés et un travail sale !

2/ Essai de tir au Walker 1847, à 25m avec 1,6gr de pnSuisse et des ogives de 454

My beautiful pictureMettons le Walker à l’épreuve : voici un tir que j’ai effectué à 25m, avec appui, avec une « réplique » (qui pour moi n’en est pas une) Uberti achetée d’occasion sur Naturabuy (vendeur Monk), C’est un essai que j’ai effectué pour voir si le groupement était amélioré après un réalésage très léger du barillet d’origine à 11,4mm… Mes nouveaux barillets n’ont pas été réalésés, car ils ont un diamètre supérieur à celui d’origine et l’alésoir entrait pile-poil dedans. Le chargement : 1,6g de PNSuisse, balle rondes de 454. J’avais fait poser un guidon dérivable provisoire, avec queue d’aronde (c’est à dire encastré dans l’épaisseur du canon) : il est assez folklorique et vaguement coloré. Réglé au pif, il tirait un peu à droite et en haut! La hauteur était presque bonne, une contre visée légère ou un coup de lime sur le guidon pouvait suffire à la rectifier .

Au résultat, 5 balles sur 6 sont groupées. Comment expliquer qu’une s’écarte du groupement ou disparaît de la cible? Là je suis intrigué. Il va falloir vérifier différentes hypothèses : je pense que ce ne sont pas des coups de doigt au moment du lâcher de la détente; peut-être une balle mal chargée trop enfoncée, (au pire une chambre mal alignée?). Ce que j’ai constaté, c’est que cette arme peut donner un bon groupement, mais en réalité, elle en donne 3 dont les centres (étoiles à 5 branches) viennent se placer dans le quart nord-est du visuel. La solution classique (traditionnelle), c’est « la contre visée » de telle sorte que le strabisme de l’arme la fasse tirer au centre du disque noir (visuel): quand l’arme tire de travers (problème de canon ou de guidon), il faut viser faux (ailleurs) pour que le tir touche au bon endroit. Il est d’usage chez les tireurs de régler son arme de telle sorte qu’en tirant sous le visuel, l’impact aille au centre de celui-ci. Les deux flèches vertes et rouges correspondent grosso modo aux 2 contre-visées à faire (les points jaunes)… Cependant, dans l’idéal, il faudrait un seul groupement et une seule contre-visée, alors laquelle?

My beautiful pictureC’est surtout le réglage latéral du guidon qui va ramener les groupements sur l’axe vertical, passant par le centre du visuel (étoile à 6 branches), ce qui est mon but. Faut-il se contenter d’une « contre visée » ou mettre un guidon dérivable (sur queue d’aronde) permettant un déplacement latéral? C’est la 2ème solution que je retiens. Pour la hauteur, je choisis un modèle de hauteur adaptée au tir à 25m, après avoir fait des essais avec différentes tailles de guidons provisoires. Il me reste donc à remplacer ce guidon provisoire par un modèle définitif, avec fibre optique rouge, car je tire en visant au centre du visuel et le point rouge lumineux se voit mieux que les guidons en métal (qui ne se distinguent pas bien dans le noir). J’en ai acheté toute une série de taille graduée: le top ! L’armurier va encore me voir arriver et dire, « ça y est le revoilà avec ses flingues diaboliques », car vous vous en doutez, faire monter de la fibre optique sur un Walker, c’est une « diablerie » ! J’ose pourtant !

Des groupements qui varient selon le barillet ?

Le groupement est donc possible (on est loin de l’arrosage du tireur X) , mais l’arme varie dans ses résultats en fonction du barillet. Qu’est-ce que cela veut dire ? Avec une arme achetée d’occasion sans connaître son histoire, tout est possible. Ce qui m’interroge, c’est que chaque barillet chargé avec des cartouches-papier, donne non seulement des groupements localisés différemment (le 1er correspond aux pastilles rouges, le second aux vertes), mais je note également leur forme ovale (une sorte de petite gerbe) qui s’écartent du centre. Je précise que mes tirs sont assez cool: je me donne un temps assez rapide pour capter la cible et avec mon guidon provisoire assez rudimentaire, la précision ne peut pas être optimale. Voilà donc un problème nouveau: le changement de barillet peut-il à ce point modifier le tir ? Est-ce l’arme (l’alignement barillet/canon) qui intervient ou s’agit-il d’une différence dans le chargement des 2 barillets que ne n’ai pas prise en compte (des balles trop enfoncées, un manque de semoule)?

Quelle contre visée choisir? Il faut refaire l’essai en veillant à charger les 2 barillets de la façon la plus rigoureusement identique et si les groupements se différencient à nouveau, alors, le choix du barillet deviendra une variable à prendre en compte dans le tir. Pour ma part, je suis un perfectionniste et quand une arme ne tire pas là où j’ai décidé qu’elle doit tirer, je lui impose mes exigences. Pour moi, c’est l’arme qui doit être adaptée et tirer au plus près du centre du visuel (de préférence au centre). Il faut donc resserrer les paramètres qui interviennent, limiter les variables.

Les chargements étaient-ils parfaitement identiques (cartouches-papier, balles rondes, peut-être). Un départ précipité pour le stand et tout n’est pas noté; ma mémoire est embarrassée. Les indications écrites sur la cible étant incomplètes, je suis dans le doute. Il faut noter de façon précise lors des préparatifs de tir toutes les données du chargement qui peuvent modifier la trajectoire des tirs et devenir des « variables » dans l’équation de la réussite. Je n’irai pas jusqu’à mesurer le vent !

My beautiful pictureJ’en profite pour vous donner le matériel de base du tireur à la PN: semoule, pain de cire d’abeille brute, acheté chez un apiculteur (mais les abeilles disparaissent du fait des traitement: l’apiculteur a vu ses ruches tomber de 54 à 5!), paraffine achetée au super marché; vous voyez mon petit mandrin en plastique pour rouler une cartouche (tube de stylo évasé de 7 cm), des flacons pour prise de sang achetés chez dans un laboratoire pour conserver mes cartouches et les transporter, … pour voir le détail, cliquez sur la photo et vous obtenez un agrandissement.

Nouveaux essais pour vérifier la problématique des groupements variables selon le barillet

Retour sur le stand avec le Walker Uberti et aux tripes l’envie d’en savoir plus! Cette fois-ci je charge les 3 barillets à 1,6g de PNSuisse (un barillet d’origine qui a été réalésé et 2 neufs). Balles ogivales de 454 coulées-maison, serties au maillet (pas de cartouches-papier) et qui doivent venir à 2mm des entrées de chambres. Cette fois-ci, je vais veiller à faire un chargement très précis et uniforme (je manque d’instruments de précision dans ce domaine, car j’utilise des embouts standards allant sur ma poire à poudre mais qui bizarrement n’indiquent pas tous la contenance en poudre). Je les ai vérifié avec les moyens du bord, mais je vais commander chez Conrad ou sur Amazon une cuillère balance numérique à commande digitale (un modèle Sunartis) qui permet de peser la poudre à 0,1 gr près : la commande est partie…

10522016-tir-a-la-cible-de-papier-pour-pratiquer-le-tirJe n’ai pas encore rectifié mon guidon: l’arme tire un peu à droite. Le 1er barillet est utilisé comme essai pour vérifier à nouveau la hauteur du guidon provisoire (qui est très haut pour un Walker: 7 mm au lieu de 3,5 mm! ). Comme lors des tirs précédents, 2 essais me confirment que 7 mm est la bonne hauteur. J’essaie une balle sous le visuel noir et une sur celui-ci (à la limite du noir et du blanc , entre le 6 et le 7) : c’est concluant. Dès la 4ème balle, j’attaque la contre visée en visant sur la ligne horizontale qui passe par le centre, mais à gauche de celui-ci, dans le 8.

My beautiful pictureMes 3 dernières balles se groupent dans le bas (cercle bleu) et les impacts sont sur l’axe vertical qui passe au centre. Au 2ème barillet (ovale vert), le tir commence à cadence soutenue; pas de nettoyage. Cette fois-ci, ça tire trop haut… Au 3ème, surprise : un groupement superbe, mais il manque une balle (peut-être celle pour laquelle j’avais oublié la semoule ?) Quand je vois le résultat, il est évident que la largeur et la position du groupement varient selon le barillet. Un de ceux-ci (groupement vert) disperse un peu. On est loin cependant des résultats du tireur X que j’ai mis en introduction de cet article. L’hypothèse du choix du barillet comme variable sensible s’affirme. Aaille !!! Malheureusement je n’ai pas numéroté sérieusement les barillets et j’ai un léger doute concernant l’ordre des tirs: le doute doit être éliminé. C’est à refaire pour confirmation, mais en repérant mieux les résultats propres à chaque barillet (je vais les numéroter au feutre permanent).

Ces résultats démontrent qu’un Walker peut faire des tirs groupés à 25m (avec des ogives) et avec seulement 1,6gr de pnSuisse. Ce qui prouve que les fortes charges ne sont pas nécessaires pour donner au Walker une précision « honnête »; il faut voir maintenant ce que cette arme donnerait avec des charges de 2,5gr par exemple.

Les inconvénients du tir mal contrôlé

Je ne pense pas que les tireurs qui font de la compétition me contrediront. Il ressort de cette petite expérimentation que le tir à la poudre noire est plein de surprises qui ne sont pas toujours compréhensibles d’emblée. Ce qui est certain, c’est que la conjugaison de plusieurs facteurs négatifs peut entraîner un résultat médiocre, de quoi reléguer définitivement un revolver dans la vitrine du collectionneur. Ce même Walker avait donné des résultats très variables et parfois médiocres lors d’essais antérieurs, avec des charges de l’ordre de 1gr à 1,6gr et des balles soit rondes soit ogivales, mais sans noter les détails du chargement. A cette époque je manquais de rigueur et de régularité dans le dosage de la semoule: je remplissais à vue de nez et à chaque fois, la balle n’affleurait pas où j’avais des difficultés pour la descendre. Les groupements étaient alors plus étendus et donnaient occasionnellement des « gerbes ». C’était du bricolage!

My beautiful pictureVoici un carton qui montre un essai désastreux en cal 451 (sans doute avec une charge de 1gr, mais dans la précipitation du départ au stand, j’ai oublié de noter cette indication sur la cible). D’où il apparaît qu’il faut noter systématiquement le type de balle (ronde ou ogive), le calibre, la charge, le type de chargement (avec ou sans papier dans la chambre), l’enfoncement de la balle, la qualité de la graisse… car tous ces paramètres « expliquent » la valeur du résultat. Des essais répétés et une rigueur dans la notation des paramètres, un ensemble d’exigences de que je n’avais pas prévues au départ, lorsque j’ai commencé mes 1ers tirs! Mais, comme on dit « c’est le métier qui rentre » .

Quelle était l’origine de ces variations? Des balles trop petites, trop enfoncées, une charge trop faible et peut-être des variations dans la taille des chambres ? Je pensais que celles-ci étaient trop étroites et après des mesures précises, j’avais alors procédé à leur réalésage à 11,40mm. Puis d’autres barillets avaient été commandés et depuis, il m’est possible de faire des tests pour savoir si le barillet d’origine est en cause dans certains résultats ou si le chargement est mal fait.

3/ Quelles sont les utilisations du Walker 1847 selon les tireurs ? Un peu d’humour pour traiter la question

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Voici donc les résultats d’un recensement très modeste auquel j’ai procédé sur le net et qui m’a laissé perplexe. Quelle conclusion tirer de ces indications ? Que tout est possible ! Devant cette variété de chargements, il est difficile de conclure tant que les essais n’auront pas été faits avec toute la gamme des charges de PN et des types de balles ! Ce tableau m’a donné l’idée de porter un regard humoristique sur les tireurs….

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Partons de l’hypothèse que pour un Walker 1847, la charge de poudre conseillée pourrait se situer entre 1,5gr et 2,5 grammes (peut-être), mais cette indication est trop générale, car elle ne différencie pas les charges pour balles rondes et celles pour les ogives. On dira grosso modo, qu’une ogive demande 1,6 gr pour commencer et peut-être plus (avant l’essai de ce jour, j’aurai dit 2,5gr en me fiant à l’avis des usagers… Pour le choix des calibres, il me paraît plus raisonnable de partir avec du 454, car le 457 est très fort et pour le faire entrer dans les chambres, il faut avoir un bon levier; de toute façon on martyrise les balles, le levier et le reste. Seul le Walker Uberti serait prévu pour du 457. Selon les mesures faites sur mes Walkers avant réalésage en 11,40 mm, j’ai trouvé des Army San Marco et San Paolo qui avaient des chambres très étroites et c’était un problème de forcer des balles de 454 dans celles-ci: les balles devenaient ovales, ce qui nuisait à la précision. De plus sur d’anciennes répliques de Walkers, les chambres ont des diamètres variables et inférieurs à celui du canon, ce qui est contraire à la précision du tir ! Le diamètre d’une chambre doit être légèrement supérieur à celui du canon pour que la balle soit sertie dans le cône d’entrée. Aujourd’hui, Uberti continue la production des Walkers: il fournit des recommandations qu’on reçoit avec le carton d’emballage de l’arme lors de l’achat. Il préconisent des balles de 457. A voir à l’essai.

Le choix des balles ogivales ? Tirer à 2gr avec des balles rondes, c’est peut-être gâcher la poudre : la balle ronde est plus précise, mais avec une charge double, la poudre ne porte pas toute sa poussée sur la balle. L’intérêt du Walker c’est d’utiliser des balles plus lourdes, bien que le pas soit lent. c’est une question que je creuse et sur laquelle je reste prudent.

Voici l’avis d’un connaisseur concernant le chargement du Walker : http://www.premiumorange.com/tiretcollection/ARMES%20REPLIQUES/Rev%20COLT/UBERTI%20Colt%201847/Colt%201847.html

« Charge militaire

  • « Balle ronde de .454 de 130 grains ,charge en PN  maximale de  3,9 grammes ( 60 grains). Ce chargement donne la balle la plus rapide (mais la moins lourde) , hélas, avec une telle accélération, elle prend difficilement les rayures : Elle est très imprécise, et emplombe inutilement  le canon…

soit

  • « Balle ogivales de 200 grains (LEE conical 450), maxi 3 grammes de poudre noire.

« Charge d’origine :

  • « Balle ogivale de 170 grains, issue du moule acier « Walker » (attention, c’est la forme originale des ogives du Walker, mais tirées dans les répliques modernes qui ont un pas de rayures nettement plus serré, ces ogives, malgré leur grande longueur, manquent de  prise de rayure et emplombent énormément…  pour une précision déplorable…

Soit :

  • « Balle ogivale de 180 grains, issue du moule laiton « Walker/Dragoon » ou du moule acier « Colt ». Cette ogive fût conçue après  le Walker, dans la période de fabrication  des Dragoons, mais elle fût souvent utilisée en remplacement de l’ogive d’origine dans les Walkers subsistants (plus lourde et plus précise).
  • « (Dans les 2 cas ?) Charge de 37 grains ( 2,5 grammes) de PNF2.  Ce chargement n’est pas le plus féroce et la balle se trouve sertie assez loin dans la chambre, mais c’est le rechargement le plus proche,  en terme technique et balistique, du rechargement original.

« Un conseil pour ceux qui veulent tirer à plus de 2 grammes de poudre : optez pour des balles coulées en plomb durci car si le plomb est trop mou, la vitesse et  le frottement des balles dans le canon emplombent  l’arme assez rapidement.  N’hésitez donc pas à bien les graisser !

Je résume ces indications  qui me laissent pour le moins perplexe :

 type de   charge

 balle

 poids en grains  

 moule

charge maximale de PNF2 

 résultats

 militaire  ronde  130 grains (.454)  3,9 grammes  trop légère, trop rapide, ne va pas en fond de rayures, donc imprécise
 militaire  ogive  200 grains  (LEE conical 450),  3 grammes (quel résultat??)
 d’origine  ogive  170 grains,  acier « Walker »  2,5 grammes (37 grains)  ne touche pas assez les rayures, emplombe, précision déplorable
 d’origine  ogive  180 grains  laiton « Walker-Dragoon » ou acier  « Colt »  2,5 grammes (37 grains)

 “plus precise”

La question qui me vient à l’esprit, c’est de me demander pourquoi l’utilisation d’une balle ronde se ferait avec une charge aussi importante, d’autant que  les résultats mettent en cause sa légèreté et sa rapidité : il suffirait peut-être de lui faire perdre de la vitesse pour qu’elle aille davantage en fond de rayure ?

Concernant les charges dites « d’origine » qui ne seraient pas militaires ( le Walker est de par son origine une arme militaire: il a été commandé par un militaire et directement utilisé dans un cadre de guerre!),  il semble que les ogives testées par ce tireur ne soient pas convaincantes, jusqu’à être « déplorables ».  Ce tableau semble donc conclure à l’impossibilité de trouver un projectile satisfaisant, mais la fiabilité de ces indications reste à démontrer du fait des choix qui semblent  ne répondre à aucune logique clairement exprimée ou justifiés: les frottements d’une ogive sur des pas trop serrés, emplombent (donc elles frottent), mais contradictoirement « manquent de prise de rayure »…  j’y perds mon latin!

P1000556Ces indications sont à mettre à l’épreuve des essais et de leur précision (relative voire « déplorable »), bien que dans l’esprit du tireur, l’utilisation du Walker se doit d’être conforme  au cahier des charges de l’époque et  l’usage qu’il recommande va plutôt dans le sens du « plein pot » et de l’utilisation de balles ogivales.   Le tir au Walker avec des charges de guerre est-il justifié sur un pas de tir, sans pour autant réduire le chargement à des  charges ridicules,  relativement à son gabarit ? Ce qui me semble inapproprié c’est de tirer avec des balles rondes et 3,9grammes de PNF2, ça n’a pas de sens!  De toute façon, l’utilisation de balles rondes  dans un Walker devrait être déconseillée lorsqu’on charge sur le pas de tir,  pour la raison suivante :   les refouloirs (bourroirs)  des Walkers  sont conçus d’origine pour des balles ogivales et ne sont pas adaptés aux balles rondes,  au point que lors du chargement,  ils entaillent celles-ci  (et les déforment) en formant un sillon circulaire tout à fait anormal, faut-il dire contraire à la balistique?  Il arrive même que les balles  sortent  des chambres en restant collées au refouloir  (voir les photos dans mon article  3 concernant le chargement) dixit le tireur évoqué précédemment !  Ma concluion est que le Walker manque d’une étude sérieuse quant à son utilisation avec des projectiles actuels

2ème source qui me semble crédible :

Ma recherche me conduit alors sur le Forum  « Poudre noire » où je trouve cet article qui confirme mes hypothèses, puisque j’ai moi-même fait un réalésage d’un  barillet de Walker UBERTI et que je tireur a procédé de la même façon avec celui d’un  Armi San Marco :

Méthode des essais comparatifs : le juge suprême, c’est  la cible et les résultats réels, objectifs,  lors des essais. Après on  peut faire des hypothèses et des recherches sur ce qui peut améliorer les résultats.

  1. 1er essai Walker ASM (2 mains) : 2g PNC, balle ronde de cal .454 ou ogive LEE cap§ball 200 grains,  semoule et végétaline.
  2. 2ème essai Walker UBERTI (sur appui) : ogives LEE  cap§ball 200gr, 30 grains  PNC, 20gr semoule et végétaline.
  3. 3ème  essai :; Le canon a fond de rayure est très large ( 457) et auparavant les balles trop rétrécies dans les chambres flottaient dans le canon.
  4. 4ème essai:   Walker UBERTI (après réalésage des chambres de barillet à 11.5mm soit .4528  » ; modèle récent, sur appui):    les balles de 456 qui se sertissent bien. Les ogives coulées LEE du 45Colt en 255gr et 452 se sertissent facilement. Les LEE 255gr et 2g de PNC (soit a peu près l’equivalent du 45Colt). Les balles de 456 passent bien; les ogives coulées LEE (du 45Colt) en 255gr et .452 se sertissent facilement;

1er essai walker ASM

2ème essai Walker UBERTI 1

  3ème essai walker UBERTI (2ème modèle, pas plus rapide ) 4ème essai Walker Uberti réalésé

Quelques vérifications à faire pour connaître son arme

Il existe plusieurs de répliques italiennes du Walker : Uberti est toujours fabricant; Army San Marco et Army San Paolo ont fermé depuis pas mal de temps. Les répliques ont des différences sensibles: il est donc nécessaire de vérifier pour chaque Walker et sur l’arme quel est le diamètre des balles à utiliser, sachant qu’il varie selon la marque de fabrication. On peut faire cette vérification d’une façon très empirique, en testant des balles de différents calibres. On les introduit dans les chambres: si c’est trop fort, si le copeau est trop épais, on passe au calibre inférieur; si ça rentre sans faire de copeau, on passe au calibre supérieur. Le copeau est un bon moyen de vérifier l’adaptation de la balle à la chambre. On peut voir ainsi quelle balle convient le mieux aux chambres, mais c’est une méthode qui ne me satisfait pas, car il y a 3 diamètres à prendre en compte; celui de la balle, celui de la chambre et celui du canon. Pour moi la règle est la suivante : Balle > Chambre > Canon.

Il est recommandé de faire des mesures précises avec un pied à coulisse au 1/100 de mm, en sachant que sur d’anciennes répliques, il y a des différences entre les diamètres des chambres. Evidemment on prend la mesure moyenne (de même pour le canon) et on fait un choix à partir de ces mesures. Cependant l’affaire n’est pas dans le sac, car prendre le diamètre intérieur d’un canon est laborieux, compte tenu des rainures qui le font varier: on risque de sous-estimer. Et là on a des surprises: des chambres de diamètres variables ou un diamètre de chambre inférieur à celui du Canon… les balles vont alors flotter et se disperser… dans tous les cas, il faut procéder à un réalésage manuel pour rétablir la hiérarchie des diamètres. Ensuite on teste.

Que doit faire un tireur devant cette incertitude concernant le chargement? Il lui reste à se procurer un carnet de tir et à faire des essais progressifs : il partira de 1,5gr gr et il montera en charge jusqu’à 3 gr, par curiosité, en progressant par tranche de 2/10 ou de 4/10 de gramme de poudre noire. Il verra alors ce qu’il advient des balles. Mais cette expérimentation doit se faire avec des balles rondes et des ogives, donc une double expérimentation, sans compter l’utilisation ou non de cartouches papier (faire au moins quelques essais comparés). Il faut alors acheter des moules ou s’approvisionner en balles dans le commerce (voir article précédent). Pour le tireur au Walker, un long travail commence, mais on peut bien sûr aller sur le pas de tir et arroser pour le plaisir! Le tireur doit apprendre à connaître son arme, pas seulement par accoutumance, mais par des mesures, des vérifications, ce qui est la seule et incontournable méthode en matière de poudre noire. C’est tout un travail qui constitue aussi la motivation du poudreux. L’oeil se met ensuite au service de l’esprit.

My beautiful pictureQuelques outils spéciaux à se procurer quand on travaille sur les revolvers : la loupe est nécessaire pour vérifier les poinçons, les marques (logos); les limes diamantées pour travailler le réglage de la détente, adoucir ou modifier certaines pièces, etc. J’ai aussi un endoscope (acheté chez Conrad) pour vérifier l’alignement des chambres et du canon. Le tournevis doit être très solide (acier trempé spécial armurerie) et plat à l’extrémité, car les têtes de vis ne supportent pas les tournevis du commerce, qui sont de section presque triangulaire. La clé de démontage des cheminées doit être de ce modèle, lourde et en croix, pour faire « volant d’inertie » (elle tourne alors toute seule).

Les groupements et leur régularité sont les indices d’une arme qui fonctionne bien. Mais comment relever les résultats, les évaluer, les noter? ? Il faut garder les cibles, les classer, les annoter. Il faut numéroter les tirs (avec des pastilles de couleur qui changent selon le barillet, ce qui permet ensuite de vérifier l’évolution des impacts au cours des tirs et des barillets successifs). Plus le groupement s’élargit, plus le tir est mauvais, plus il se resserre, meilleur est le tir. Ensuite on ramènera le groupement vers le centre de la cible en jouant sur la visée. Pourquoi ne pas noter les groupements en fonction de leur diamètre, en fonction de cercles concentriques ? Il faut mettre au point un système d’évaluation. Je ne me réfère pas aux notations qui se pratiquent en concours, c’est un autre univers. Si c’est un groupement ovale, on peut prendre le diamètre le plus large et faire la moyenne avec le plus petit. Il suffit alors de se faire un étalonnage. Parfois, on a un bon groupement mais avec des « flys », des balles isolées qui se dispersent, c’est moins grave, mais il faut en chercher la cause. De toute façon en PN, on ne supprime pas les flys: on en réduit le nombre. L’encrassement de l’arme après le 2ème barillet altère la qualité du tir: on change de barillet et on nettoie un peu l’axe et le canon, sinon on perd en précision. Voilà le principe de la recherche:walker 5_0001

4 – Achat de Walkers d’occasion sur NaturaBuy: attention aux ventes d’armes défectueuses!

Je vais aborder maintenant la restauration (en cours) de 2 Walkers ASM, des « reliques » (qui furent des répliques) achetés sur le site NaturaBuy : l’un comme l’autre étaient impropres au tir. Ces vendeurs sont plutôt des récupérateurs de « flingues destinés à être exposés sur l’étagère », jolis parfois, mais mécaniquement épuisés! Certains vendeurs n’hésitent pas à les présenter comme des armes en état de fonctionnement: pourquoi ne pas parler de ferrailleurs ou de brocanteurs au noir? J’ai reçu ainsi un Walker vendu par Roccoco dont le mécanisme était plein à ras bord de résidus de poudre; un vrai cendrier !

Je vais donc ouvrir une parenthèse sur mes achats de Walkers ASM sur ce site, ceci pour apporter aux amateurs de revolvers à poudre noire quelques informations sur le marché des armes d’occasion et sur les pièges à éviter.

Le 1er des deux Walkers était vendu par Monk, sur « NB » (NaturaBuy) ! Le revolver présentait de gros soucis, l’apparence était belle, mais l’arme bonne pour le musée. Nouveau tireur, je ne pouvais pas faire un diagnostic lors de la réception. Sur le site, les évaluations du vendeur étaient positives: j’ai acheté. Les vieilles armes (je parle des reproductions) ont un charme particulier et l’achat d’un Army San Marco d’occasion peut présenter un attrait qui justifient certains risques, mais en prenant des précautions vis à vis du vendeur, précautions que le site permet, mais que le vendeur peut ne pas respecter. A-t-on vu sur « NB » autre chose que des revolvers à PN qui « n’attendent qu’un acheteur pour retourner au stand » ?! L’indexation, le jeu du barillet et l’entrefer sont toujours « annoncés » comme étant « corrects », formules creuses, qui lors de la réception de l’arme s’avèrent peut être plus ou moins vraies, mais l’arme cache peut-être d’autre vices qu’on n’évoque pas. Ce site ne présente comme seule garantie pour l’acheteur, que la réputation du vendeur. Il est prévu un système de notation qui en théorie protège les acheteurs des ventes pourries, mais l’acheteur exigeant qui pénalise un vendeur par des appréciations critiques, se trouve ensuite pénalisé à son tour par une côte négative qui met les autres vendeurs en alerte: sur NaturaBuy, certains vendeurs ont l’oeil. Les évaluations sont donc particulièrement flatteuses de part et d’autre! Autrement dit pas de garantie.

My beautiful picture1ère précaution : n’acheter que des armes dont le vendeur présente les numéros et la marque avec des photos suffisamment nettes, car les photos floues permettent des déclarations sans preuve et sont des arnaques potentielles, pour ne pas dire probables. Je suppose que quand les numéros des armes ne sont pas visibles, on peut aussi présenter des photos qui ne sont pas celles de l’arme concernée (il faut alors vérifier les dessins du jaspage à réception). Un révolver qui a « un vécu », peut réserver des surprises, avoir été modifié, reconstitué à partir d’éléments récupérés et adaptés. Il faut comparer les différents N° inscrits sur l’arme : ici, sur la photo, il ne fait aucun doute que l’arme n’est pas faite de pièces récupérées sur d’anciennes répliques, car on peut constater que les numéros sont identiques sur la carcasse, sur le canon et sur la sous-garde. Un bon point; c’est un critère important, sinon on peut avoir une arme dont les pièces ne sont pas cohérentes ou retouchées: selon les fabricants, il y a des variations de taille par rapport au modèle d’origine; les axes et les barillets diffèrent. Le modèle Uberti est nettement affiné au niveau de la crosse; les pièces internes ne sont pas aux mêmes dimensions. Un barillet de Colt Walker Army San Marco n’est pas nécessairement transposable sur un autre de la même marque !

Il est donc important de prévoir, en accord avec le vendeur, une « reprise » et un remboursement (ce qui est loin d’être facile à négocier) si l’arme est défectueuse. Il faut surtout ne pas craindre de questionner sur plusieurs points: les têtes de vis sont-elles en bon état? sont-elles démontables, etc… On voit alors le vendeur donner des signes de mécontentement, ou répondre par des remarques désinvoltes. Une vente sur le site NB devrait obligatoirement montrer les numéros et la marque, surtout lorsqu’il s’agit d’un modèle Uberti qui doit alors posséder le poinçon caractéristique : le canon en coupe, avec le U. Or on voit nombre d’annonces sur ce site qui prétendent vendre des revolvers Uberti sans présenter le logo!  Demander aux vendeurs de présenter des photos qui montrent avec netteté  les marquages et les poinçons,  donne lieu de la part de certains d’entre eux à  des réactions agacées ou même arrogantes: signal d’alerte !  NaturaBuy encourage donc la dissimulation en permettant aux vendeurs de supprimer les messages (polémiques): seules restent visibles des questions qui n’abordent pas les défauts éventuels de l’arme, ce qui pour moi rend évident le fait que ce site préfère vendre de la merde plutôt que garantir des transactions fiables, il y va de sa commission sur les ventes.

Cependant certaines armes de la marque Uberti n’ont pas toujours le poinçon. Est-ce parce que le fabricant est un peu pingre sur l’affichage de son logo ? Ce défaut d’affichage pose certaines questions quant à la fabrication du revolver. Quel est l’intérêt du fabricant de ne pas apposer son logo, qu’est-ce que cela cache : de la sous-traitance ?  A  l’opposé Pietta  en met partout et affiche en grand tandis qu’ASM ne varie pas dans l’inscription de la marque  et  la frappe en tout petit. J’ai encore vu récemment un Walker Uberti neuf, dans sa boîte, en vente chez un armurier: pas de logo, seulement l’inscription sous le canon et des numéros qui correspondent… ça me laisse rêveur. Si un lecteur pouvait apporter une réponse sur ce point ?

Je recommande au nouveau tireur de lire un article de l’armurier du site « Freelancers », pour comprendre comment on doit examiner l’état d’une arme, comment découvrir ses défauts et en conclure qu’il est facile de se faire arnaquer en achetant sur photo une arme d’occasion qui, à la livraison, ne respectera pas les critères du bon fonctionnement. Voici l’article concernant le bon état d’une arme:

Restauration d’un Walker ASM acheté à Monk sur « NB »

Monk fait partie des gens qui font de la vente sur NB. Je précise que le Walker Uberti que j’ai évoqué précédemment est également une arme qui m’a été vendue par lui : elle ne présentait aucun vice mettant en cause le fonctionnement de l’arme, mis à part a tenu de l’armé qui demandait de refaire le cran.

A cette époque, je ne savais pas comment vérifier l’état de fonctionnement d’un Colt Walker et c’est après coup que j’ai découvert les défauts de cette arme. Le problème majeur de mon Walker ASM concernait un défaut de parallélisme entre le canon et le barillet et un entrefer très important qui rendaient l’arme impropre au tir. Enfin, le canon bougeait sur l’axe et il fallait serrer la clavette à fond pour qu’il tienne!! J’ajoute que l’axe de la détente était complètement bloqué, problème grave: il a alors fallu couper l’axe, et en refaire un nouveau … Merci à Yan M… , un ami anglais et poudreux, qui fréquente mon club, un inconditionnel comme moi de la poudre noire et qui m’a donné un sérieux coup de main pour cette réparation. Le blocage de l’axe rendait impossible le démontage complet du mécanisme du revolver et son nettoyage. Pour finir, le cran de mire était tellement entaillé (avec peut-être un disque à métaux, car l’acier des chiens est très dur) que le guidon a bien du mal à se placer au centre en raison de l’écartement! Vendre ce Walker sans avertir l’acheteur de son état était pour le moins malhonnête, mais sur NaturaBuy, c’est à l’acheteur de faire le choix du vendeur honnête…

My beautiful pictureVoici donc le revolver tel qu’il est aujourd’hui, superbe: débronzé, déjaspé (car le jaspage était moche), avec un barillet modifié où les amorces sont totalement dégagées… et enfin un guidon dérivable provisoire qui peut surprendre un puriste de la PN! Mais ce que cette arme ne montre pas, c’est le travail que j’ai fait pour la remettre en fonctionnement…

Dès lors que l’entrefer était trop important, il fallait ramener le canon plus près du barillet et de la carcasse. Il fallait donc le faire avancer un peu sur l’axe, sachant que, du coup, l’alignement des pièces de serrage (la console du canon et l’axe) et les points d’appuis pouvait être sérieusement perturbés. Voici le travail qui a été effectué :

  1. clavette et axePour cela il fallait limer en (D) l’axe qui tient ensemble le barillet et le canon, car il butait au fond de la cavité où il se loge à l’intérieur du bloc canon (comme l’extrémité de l’axe était plate et le fond sphérique, j’ai simplement limé le bord de l’axe);
  2. Il fallait réduire l’axe juste avant le barillet pour permettre au canon d’avancer d’1 mm sur la partie conique de l’axe (en C) qui s’élargissait.
  3. Il fallait ensuite limer la partie du bloc canon (en B) qui reçoit les 2 ergots (e) et cela jusqu’à ce que le parallélisme canon/barillet soit rétabli;
  4. Enfin j’ai donné un petit coup de perceuse dans les logements des ergots (en B) !My beautiful picture

Le parallélisme était presque rétabli, l’entrefer résorbé … mais il restait la clavette, car celle-ci n’est pas prévue pour une avancée du canon sur l’axe et l’alignement des deux orifices rectangulaire destinés au passage de celle-ci était décalé. Du coup, c’est le serrage qui ne fonctionnait plus! Autrement dit, arrivé à la fin de ce travail, le canon bougeait sur l’axe car la clavette ne serrait plus (elle était trop étroite) et d’autre part, l’avancée de l’axe n’offrait plus qu’un léger de dépassement pour permettre la poussée de la clavette. J’ai mis une clavette plus large et j’essaie de ne pas écraser le poil de dépassement de l’axe qui reste, sinon il faudrait engager une autre intervention chirurgicale! Le Walker est donc revenu en état de fonctionnement, avec un entrefer adapté! Les 1ers essais sur le pas de tir étaient normaux.

Le rôle essentiel de la clavette dans le fonctionnement des colts et son réglage

rôle de la clavette walker _NEWCette restauration me permet d’amener une information sur le fonctionnement spécifique des colts. Le schéma ci-dessous permet de comprendre comment fonctionne la clavette d’un Walker, pièce très sensible pour une arme exposée à de fortes charges. Il explique comment elle tient ensemble les parties du revolver, comment elle assure le jeu nécessaire entre le canon et le barillet (un entrefer normal de 1/15 de mm), comment on doit la serrer sans toutefois bloquer le barillet contre le canon (sinon il ne tourne plus et se bloque dès que l’encrassement crée un frottement), comment on peut remédier à l’absence de serrage d’une clavette qui n’a plus les appuis nécessaires: c’est l’étape suivante qui sera abordée concernant un autre Walker acheté d’occasion, sur NaturaBuy, le site des affaires risquées … et à prix élevé!

Le schéma en coupe, vu au-dessus du canon et du barillet, indique comment la clavette prend appui sur l’axe en obligeant le bloc canon à se rapprocher du barillet si on pousse la clavette dans les cavités qui lui sont réservées, en forçant un peu. Ce qui arrête l’avancée du canon, c’est d’une part le fait qu’il bute sur l’axe (normalement il doit rester un peu de vide au fond du logement qui reçoit l’axe, sinon on ne pourrait pas serrer la clavette), et c’est le caractère conique de l’axe, avant le barillet, qui finit par bloquer l’avancée du canon. C’est à la fois un système très ingénieux propre aux Colts et c’est toute la difficulté à y remédier quand la cavité dans l’axe s’est trop usée. Je pense que les revolvers à carcasse fermée ont supprimé cette technique qui prend du jeu avec le temps et un peu délicate pour des revolvers qui tirent « plein pot ».

Restauration d’un Walker ASM acheté au vendeur Roccoco sur le site de NaturaBuy

My beautiful pictureSur la photo qui suit on voit sans l’ombre d’un doute le problème posé par ce revolver, qui lui aussi a le charme des anciens Walker produits par ASM ou San Paolo (repris ensuite par Euroarms). Je précise que ces modèles ont des crosses plus massives que celles des Uberti qui sont produits actuellement.

Le constat du défaut de l’arme.

Comme on le voit, le jeu entre le canon et le barillet est mesuré avec des cales et le verdict tombe : jeu trop important (75/100 de mm), ce qui constitue un entrefer excessif et problématique. Je vais donc tenter de procéder de la même façon que j’ai restauré le Walker acheté à Monk . Il faut d’abord vérifier comment se positionne la clavette et vérifier (en A) ses appuis dans l’axe et dans le passage prévu pour la clavette dans la console du canon, en regardant à l’œil nu, si la partie de l’axe prévue pour l’appui a encore un peu de dépassement par rapport à B. Si c’est le cas, la restauration sera identique, sinon, une intervention chirurgicale plus délicate sera nécessaire, mais en ayant en tête la compréhension du fonctionnement.

My beautiful picturePremier constat, au point (A) sur la photo : il n’y a plus de dépassement de l’axe, tout au plus 1/10 de mm par rapport à (B) , ce qui veut dire que si on avance le canon pour résorber l’entrefer, il fera disparaître le petit dépassement de l’axe en A et la clavette n’aura plus d’appui sur celui-ci; elle se mettra alors en appui sur la console du canon en (B), ce qui ne sert à rien. Quelle solution ? Il faudra alors limer la console d’1,5 mm en bordure de la fenêtre en (B), de chaque côté de l’arme, pour que l’axe réapparaisse et pour ce faire, il faut des outils spéciaux: des limes diamantées permettant attaquer l’acier (actuellement il est difficile de trouver des limes plates qui travaillent sur champ).

My beautiful picture2ème vérification : les numéros sont bien visibles. Tout est d’origine, donc les pièces mal ajustées ne résultent pas de bricolages entre des modèles proches . C’est une arme fabriquée par Amy San Marco (année XXX), marque qui est inscrite en tout petit, comme c’est l’usage, sur la carcasse jaspée et sous le barillet. Il est important d’avoir le N° du revolver dans la commande et la correspondance en cas de recours.

La réparation est-elle possible ?

Nous allons maintenant réfléchir à la méthode de réparation de cette arme, qui en l’état, est bonne pour la vitrine. A suivre ….

3 – La fonte du plomb, la fabrication des balles et le chargement des cartouches à poudre noire


José walesAttendre  si nécessaire le chargement des images .   Article en cours de mise à jour (le 1/08/2013)

A/ De la fonte du plomb à la fabrication des balles

Cet article aborde des aspects plus artisanaux du tir à la poudre noire, mais aussi toute la culture qui accompagne cet artisanat: un « poudreux » qui ne fabrique pas ses balles est rare,  car le choix des armes à poudre noire est fondamentalement un choix qui implique un sens du bricolage, du système D, un sens du « fait main », de l’outil qu’on travaille soi-même, privilégiant un rapport direct avec la matière,  plutôt que l’usage d’une arme préfabriquée qu’on se contente de nettoyer et qui garantit une fiabilité certaine.

Le tir à la poudre noire est un art de vivre qui admet l’imprévu et qui pousse à l’autosuffisance, comme les pionniers qui le  pratiquaient par nécessité et avec les moyens du bord.  Evidemment toute généralisation est abusive. Je dirai presque que le défi de la poudre noire est de transformer  l’imprévisible en un événement prévisible, une recette qui nécessite de bien connaître son arme et de travailler sur ses résultats.  Je vous invite à lire  un article exemplaire consacré à Yvon Martinant, tireur de haut niveau, qui conforte cette idée:  » Le tir n’est qu’une finalité dans ma discipline, toute la préparation qui précède est autant, voire plus importante. Elle détermine l’exactitude du tir. « 

Fabriquer des balles de plomb, sans atteindre le niveau d’exigence de ce tireur,  est une industrie aisée si l’on se procure le matériel  : il faut d’abord acheter du plomb de tuyauterie ou en provenance de toitures, qu’ on trouvera facilerment chez un ferrailleur.  Il doit être parfaitement sec, car l’eau au moment de la fonte provoquera des projections. Il faut également éviter tout risque de projection d’eau pendant la cuisson du plomb.  Le plomb est alors coupé en morceaux de taille raisonnable et ajouté au fur et à mesure dans la cocotte.

Si on utilise du plomb pur de tuyauterie ou de toiture, le résutat sera parfait pour la PN, si on récupère toutes sortes de sous-produits du plomb (des balles contenant des alliages, des lests de roues de voiture, etc) on obtiendra un plomb impur et dur qui n’est pas adapté au tir courant à la poudre noire, car c’est le plomb pur qui lui convient pour sa qualité « molle ». Le plomb en provenance d’anciennes batteries de voiture est à éviter.

1/ La fonte du plomb et la fabrication des lingots

Il faut disposer d’un espace en plein air, abrité du vent pour maintenir  le feu constant du réchaud à gaz,  mais ce local doit être suffisamment aéré pour  que les vapeurs toxiques du plomb s’évacuent : c’est très important.  Le mieux est de travailler en plein air. Les vapeurs de plomb sont extrêmement dangereuses  pour la santé et une inhalation provoque au moins des maux de tête, mais  les conséquences postérieures sont  plus sérieuses.  L’idéal est de disposer d’un masque avec un tube  assurant la ventilation. Je me sers d’un appareil  à ventiler et d’un masque lorsque je travaille. Je pense qu’on peut utiliser la soufflerie d’un petit aspirateur  spécialement réservé à cet usage. C’est recommandé.

 Il faut se procurer une cocotte en inox ou en fonte d’acier que l’on mettra  sur un support renforcé,  sous lequel on placera un réchaud  à gaz de camping,  en veillant à ce que la cocotte ne se renverse pas. Il faut donc une structure métallique très stable et résistante qui supportera  celle-ci (dont le poids une fois qu’elle est chargée en plomb est conséquent).

My beautiful pictureSur la photo, la cocotte en fonte (trouvée chez un brocanteur dans les Vosges) dispose d’un resserrement à la base, ce qui fait que je peux la bloquer par son poids dans un cadre métallique renforcé, aux dimensions exactes de la cocotte et dans lequel je la coince. Ce cadre est formé par des barres perpendiculaires en fer, de section carrée (2 cm), soudées entre elles pour assurer la rigidité de ce châssis porteur. Il repose sur des agglos et doit être très stable. Ce qui fait que la cocotte ne peut pas se renverser.  J’évite systématiquement de transporter du plomb en fusion dans la cocotte, ce qui m’oblige à transvaser le métal fondu à la louche, opération qui doit être menée de façon énergique car le plomb durcit aussitôt versé dans les moules .  La lingotière est placée à proximité du réchaud, à portée de main. Si on peut passer un coup de chalumeau pour la chauffer un peu avant de verser le plomb, les lingots de plomb seront plus homogènes.  Mes lingots présentent toujours des tries en fonction de l’arrivée des louches, mais c’est insignifiant! Un gant de protection est nécessaire, ainsi que des chaussures épaisses et un pantalon long pour se protéger des projections de plomb pendant les manipulations. Le mètre n’a rien à voir avec ces opérations, mais il sert à donner une idée des dimensions des objets. Par contre le briquet est nécessaire pour allumer la  bouteille butane et  l’ancien réchaud rond en acier destiné dans le passé à  chauffer des lessiveuses et que j’alimente par une bouteille de butane.

My beautiful pictureLe plomb chauffé va fondre rapidement et à l’aide d’une louche (en laiton ou en acier) on écume les scories qui montent à la surface  jusqu’à nettoyer la totalité de la surface du plomb.  On tourne alors le plomb fondu à l’aide d’un fer plat long pour faire bien remonter les impuretés au-dessus, on évacue celles-ci avec une grande cuillère en acier.  Mais au fur et à mesure de la chauffe, une peau et des croutes sèches se reforment à la surface qu’on évacue à nouveau. On nettoie aussi les bords de la cocotte car des résidus verdâtres se collent. Lorsque le plomb bleuit, devient pourpre, jaune et vert, c’est qu’il est trop chaud (il faut alors réduire le feu), la température de fonte du plomb est de 327°C.  Quand le métal fondu été bien débarrassé des principaux corps étrangers qui flottent à la surface (des douilles de plomb, par exemple, quand on ramasse un peu de plomb sous les cibles, des saletés, les dépôts calcaires dans les tubes, etc), quand il est devenu propre, on passe au fluxage.

Le fluxage et la lingotière « PSRauben », une invention qui devrait faire des émules

Pour bien nettoyer le plomb,  il faut jeter dans la cocote un bon carré de paraffine qui va s’enflammer spontanément et provoquer des fumées noires.  La cire mélangée au plomb favorise la remontée des impuretés. On tourne alors jusqu’à la fin de la combustion. Cette opération s’appelle « fluxer » le plomb.  Quelle quantité de paraffine?  Un morceau de 3cm sur 3, ou plus, ce n’est pas un problème. Le fluxing est inoffensif. Il peut donc être renouvelé autant de fois que nécessaire.

My beautiful pictureQuand le plomb liquide est bien propre, avec une belle couleur métallique, on le verse dans des moules à lingots (des lingotières) avec une large louche (c’est l’opération la plus dangereuse, car il ne faut pas renverser le plomb qui éclabousserait et provoquerait des brûlures graves). Il est possible de se fabriquer une lingotière avec des cornières d’acier (largeur 5 à 6 cm) tronçonnées à la longueur de 15 cm environ,  que l’on assemble avec des barres plates de même largeur, mais dont la longueur varie en fonction du nombre de lingots à couler (voir photos). Les différents morceaux de cornière doivent avoir impérativement la même largeur au mm près, ce qui fait que la barre aura été coupée par un serrurier professionnel.  Si ces éléments, qui vont servir à cloisonner l’ensemble du moule, varient de quelques millimètres, laissant des intervalles, des jours, le plomb liquide va s’évacuer par ceux-ci: les lingots seront alors défectueux.  Cette lingotière est inédite, le brevet n’est pas déposé, alors profitez-en !

Une fois les pièces du moule collées les unes contre les autres, bien mises en place, elles sont bloquées  latéralement entre les 2 barres plates  en acier,  dont la longueur dépend de l’assemblage prévu (je prévois 5 moules). L’ensemble est rigidifié à l’aide de 2 serre-joints. La lingotière  ne tiendra bien que si les cloisons sont exactement de la même longueur.  Elle est mise est en place,  au sol,  sur une surface plate (pour que la lingotière ne se déforme pas) et résistante à la chaleur (cela peut être un carré de contre-plaqué épais). On pourrait améliorer le dispositif en le bloquant dans un châssis en bois.  Le plomb est alors coulé dans les compartiments  formés par les cornières qui servent de cloisons;  il va durcir rapidement (avec quelques petites bavures). Dès qu’il est figé,  on peut « casser le moule » et faire glisser les éléments sur un sol béton  qui se trouve  sous la plaque, pour accélérer le refroidissement.  Si on a un sol en béton est parfaitement plat, on peut travailler directement dessus.  Les lingots refroidis sont conservés en attente du jour du moulage des balles.

Pour en savoir plus je vous invite à consulter ce site : en rajoutant (http:)

2/ Le moulage des balles

Cette seconde opération se fait toujours en plein air de préférence.  Le plomb conservé sous forme de lingots va être à nouveau fondu dans un  four électrique (j’utilise un four LEE courant)  et on va couler des balles dans des moules LEE à deux cavités.  Avoir plus de cavités ne semble pas adapté à  type de travail très artisanal.  Voici mon installation :

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Comme vous le constatez, j’ai bloqué la base du four LEE sur un établi, car cette base est trop légère par rapport à la cuve qui est portée par des tiges d’acier. Sous la cuve, on voit l’appui sur lequel on fait reposer les moules au cours des coulées. Règle prioritaire dans cette nouvelle étape où je vais travailler quasiment tout près du four, j’utilise un appareil respiratoire doté d’un masque – précaution indispensable pour ne pas respirer les vapeurs de plomb. Mon matériel est sobre : un planchette en bois assez large sur laquelle je frappe raisonnablement le moule pour faire tomber les deux balles et sous laquelle je place un gros chiffon épais dans lequel mes balles très chaudes vont rouler et se refroidir (j’utilise une serpillière neuve en coton réservée à cet usage). J’ai encore un petit morceau de bois pour frapper le moule lui-même quand une balle reste collée. J’utilise un pince courante, un tournevis pour resserrer (si nécessaire) la cisaille qu’on trouve sur chaque moule et enfin une petite pince quand des morceaux de plomb restent collés dans la cisaille du moule: bref du petit outillage. On élimine les balles qui présentent des défauts: elles retournent dans le four au fur et à mesure. Couler 300 balles me prend environ 2 heures à 2 heures et demie. Je dispose actuellement de 5 moules LEE pour couler des balles rondes et ogivales en calibre 44 et 45, d’usage courant. Ce n’est pas de la haute technologie car les moules de très bonne qualité sont des LYMAN… mais le prix du moule n’est pas le même.

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 Une bougie est nécessaire  pour préparer chaque moule avant utilisation: on couvre les 2 cavités (rondes ou ogivales) du moule avec du noir de fumée pour éviter que le plomb n’attache sur l’aluminium.

Le réglage de la vis de coulée du four est une opération pour laquelle seule l’expérience aide … Il faut que le plomb cesse de couler quand on abaisse  la petite poignée en bois. Il faut trouver la bonne hauteur de réglage et la conserver. L’orifice de coulée est à la base de la cuve;  c’est en principe du plomb propre qui descend dans le petit tube. Il faut donc éviter de vider complètement le four,  au risque que des impuretés ne bouchent cet orifice. Il faut  surtout bien faire remonter celles-ci à la surface en cours de chauffe du plomb.   Si le tube d’écoulement du four se bouche, je suppose qu’il faut le vider, le retourner à chaud et introduire une petite tige métallique  dans l’orifice très  chaud pour le déboucher.

 My beautiful pictureComment placer le moule sur l’appui fixé sur une tige d’acier qui soutient le four (voir sur la photo) ?  C’est toute la difficulté si on ne veut  pas rater le filet de plomb en fusion qui coule quand on la soulève la petite poignée en bois.  Par expérience je recommande de mettre un repère sur le côté du moule pour le placer exactement en appui au bon endroit du support, afin que le jet de plomb tombe avec précision dans le 1er orifice biseauté de la cisaille et descende dans le moule, puis  déborde, ce qui est nécessaire. Après la 1ère coulée, on fait faire glisser le moule sur l’appui  pour que le jet tombe de la même façon dans le 2ème trou,  toujours avec un débordement,  sans quoi la balle sera peut-être malformée. Après 2 à 3 heures de pratique, on sait placer le moule. Plus le plomb coule droit dans l’orifice, plus belles sont les balles! Plus le moule est chaud, plus le plomb reste liquide à l’intérieur et prend bien la forme,  ce qui évite les déformations de balles. A contrario, un moule froid fige le plomb qui descend mal dans la cavité et entrave la bonne coulée des balles. Mais un moule trop chaud est à éviter aussi.  Il faut changer de moule en cours de travail. Les variations de température du moule entraînent  des variations de taille et de poids des balles. Il faut donc faire un tri des balles : éliminer celles qui ont déformées, celles qui sont sous-calibrées, ce qui suppose de les vérifier une à une pour un tir de précision, mais pour un tir courant,  on se contente de vérifier leur diamètre, ce qui me fait penser qu’un petit outil est à fabriquer pour un contrôle visuel. Je pense à une plaque de plexiglas avec des trous au diamètre prévu. Une balle doit avoir une légère sur-dimension et celle qui descend trop dans le trou,  a nécessairement un diamètre insuffisant.  On peut alors faire plusieurs trous dans la plaque et éliminer les balles qui descendent sous le niveau prévu.

Il est également recommandé de se laver les mains après chaque manipulation du plomb, car on conserve sur les mains un poison.

B –  La fabrication des cartouches et le chargement

 J’ai déjà donné des informations détaillées concernant la fabrication des cartouches-papier et les diverses méthodes de chargement d’un revolver dans mon deuxième article (Historique : les revolvers à PN, ca.44, à carcasse fermée) ; je ne reprends donc pas ces informations dans l’article qui suit. Ce qui est utile pour un débutant,  c’est de trouver des sites complets qui donnent des informations sur les méthodes de chargement des revolvers à poudre noire:  je n’ai pas l’intention de faire mieux ou de refaire ce que d’autres ont déjà fait, c’est pourquoi je donnerai quelques adresses de sites qui sont des modèles d’information. Je conseille vivement aux poudreux qui sont en quête d’une information  de qualité de les consulter:

 Le B-A-BA … du chargement d’un révolver à la poudre noire!

chargementSur cette coupe d’un barillet, on voit 2 chambres, contenant en bas la poudre (en noir), puis vient la semoule qui sert de bourre (en jaune), puis « le boulet » (comme on dit au canada) et enfin la graisse (en orange). En bas, au-dessus des flèches, se trouvent des cheminées démontables (à nettoyer après chaque tir ;  c’est très rapide si on dispose d’une clé en croix assez lourde) sur lesquelles on place des amorces. Il est impératif pour la sécurité que la balle soit compressée dans la chambre où se fait la combustion de la poudre noire, car il ne doit y avoir aucun vide entre la poudre et la balle, ce qui provoquerait une explosion du barillet au lieu de propulser la balle. C’est pourquoi la bourre (semoule fine ou feutre vendu en armurerie) remplit l’espace creux dans la chambre et la balle doit être bien poussée à fond, précaution très importante qui nécessite d’utiliser un levier (toute arme à poudre noire comportant un barillet en possède un).

Lorsque l’amorce explose,  elle allume  la poudre et la balle est non seulement propulsée dans le canon, mais  légèrement gonflée sous l’effet de l’explosion : elle vient alors se mouler dans les rainures (cannelures) du canon, car le plomb est mou. Il est alors important que les gaz de combustion ne s’échappent pas d’une façon excessive au niveau de l’entrefer  et surtout dans le canon, en raison d’un diamètre insuffsant de la balle (ronde ou ogivale).  Si elle ne va pas en fond de rainure et laisse des jours, la balle perd en puissance et provoque des « flys » (balle qui perd sa trajectoire).  Si le projectile ne va pas en fond de rainure et laisse des jours, il perd en puissance et provoque des « flys » (balle qui perd sa trajectoire). La semoule ne se met pas au pifomètre : elle doit être dosée en fonction du barillet et de la balle. Il faut que celles-ci (on notera pour chaque arme et chaque type de balle la bonne mesure) Il faut que la  semoule laisse au projectile strictement la place nécessaire pour qu’il affleure la sortie de chambre (2mm en dessous, sans dépassement, précaution très importante), laissant de quoi mettre en dernier la graisse qui joue un rôle très important, surtout à fortes charges.

 La graisse fait l’objet de recettes très sécrètes de « Papy Powder », chacun ayant ses mélanges faits maison qui se composent préférentiellement de cire d’abeille, d’huile d’olive, de paraffine, voire de saindoux, ou à défaut de ces graisses nobles de l’époque du far-ouest, de la graisse mécanique consistante, mais qui est trop souple et collante. Dans la tradition, on peut mettre de la graisse de pied de bœuf, de la graisse d’ours, mais il n’est pas recommandé d’aller au zoo de Vincennes pour s’en procurer (le zoo est en réaménagement complet, la réouverture est prévue pour avril 2014)  en encore moins d’utiliser des rillettes !

 Quelles charges de poudre? Un domaine un peu nébuleux !

Lorsqu’on achète un revolver neuf, les charges de poudre noire recommandée(s) pour son utilisation sont indiquées dans la documentation qui devrait accompagner l’arme.

 Pietta fournit une brochure de belle qualité et très complète que je retrouve dans la boîte du Starr. Il est donc important de vérifier cette documentation. Je note : calibre .44 = balles 454, 11,55mm ronde, entre 12 et 15 grains maximum (ou entre 0,8 et 1gr maximum) de poudre FFFG (recommandée pour les revolvers à calibre .44). C’est un repère très général, mais qui n’indique pas les quantités pour l’utilisation des ogives (Rem 1858). Bien entendu, ne jamais mettre de PSF dans une arme à PN, qui ne le supporterait pas et exposerait le tireur à un accident. Quand on débute, il faut respecter cette indication générale.

quantité de PNUberti nettement plus pingre, fournit ses indications sur un papier type journal! Il donne une indication plus détaillée qui comporte une charge « standard » et une charge maximale (en précisant : à n’utiliser que pour la chasse). Le « grain » est une unité de mesure anglo-saxonne, utilisée notamment aux Etats-Unis. La conversion entre grains et grammes se fait de la façon suivante :

  • 1 grain = 0,0648 gramme.
  • 1 gramme = 15,43 grains.

Il apparaît que la charge pour une balle ogivale est moindre, car la puissance est mieux récupérée (du fait de la base plate) : donc économie de poudre ! Au contraire une balle ronde perd en puissance. En calibre .44 les charges recommandées sont les suivantes

  • 19grains = 1,23gr (balle ogivale 454-457)
  • 22grains = 1,42gr (balle ronde 454-457)

Par conséquent, les charges indiquées par Uberti concernant le Remington 1858 avec des balles de 454 et 457, sont plus fortes que celles indiquées par Pietta pour un Starr cal .44.

Les indications données sur les sites, concernant les charges de poudre (équivalentes pour la PNF et la PN suisse), restent souvent générales, approximatives, voire incertaines, car elles indiquent des normes de chargement qui restent à personnaliser et à affiner sur le pas de tir. D’autre part, le choix des calibres de balles varie d’un tireur à l’autre, du moins pour certaines armes: les uns préférant les balles rondes pour la précision, les autres les ogives qui séduisent par leur similitude avec les armes contemporaines. Tout le monde s’accorde à dire que le Remington 1858 tire des balles de cal 454, mais quand on passe au Walker, on va trouver des différences importantes, selon la marque et selon qu’on veut obtenir de la précision ou faire « tomber le cheval » ! Souvent l’information donnée pour une balle et le chargement en rapport, ne tient pas compte de cette diversité d’usage et se limite à distinguer l’usage courant, la charge de guerre et éventuellement la charge maximale. Il faut donc savoir quelle balles conviennent à telle arme et quelles charges leur sont nécessaires? Par exemple, je trouve sur différents sites, cette indication succincte : « pour le .44″ :

  • Charge de poudre standard: 0,8 à 1 gramme
  • Charge de guerre : 1,4g
  • Charge maximale : 2 ,2 grammes

Autres indications que  j’emprunte au site « Poudre noire » : ces quelques données, bien que très documentées, n’en sont pas moins nébuleuses sur la question de la charge. Il s’agit de charges « maximales » et non de charges courantes, ce qui est loin de me satisfaire: qu’en est-il de la charge courante? Quels changements dans la balistique produisent ces variations entre charges courantes et maximales?

Revolver de calibre .44″ (réplique de Colt Army 1860):

- Balle ronde de 141 grains (9,1 g), diamètre .454″:

  • charge max 35 grains (2,2 g)
  • vitesse: 285 m/s
  • énergie: 370 joules
  • quantité de mouvement 2,6 kg.m/s
  • pénétration totale 50 cm
  • diamètre final 12,2 mm

-Balle ogivale de 200 grains (13,0 g), diamètre .454″:

  • charge max 25 grains (1,6 g)
  • vitesse: 221 m/s
  • énergie: 317 joules
  • quantité de mouvement 2,9 kg.m/s
  • pénétration totale 61 cm
  • diamètre final 11,4 mm

Colt 1847 Walker:

- Balle ronde de 141 grains (9,1 g), diamètre .454″:
charge max 60 grains (3,9 g)
vitesse 392 m/s
énergie 700 joules
quantité de mouvement 3,6 kg.m/s
pénétration totale 45 cm
diamètre final 13,5 mm

- Balle cônique de 200 grains (13,0 g), diamètre .454″:
charge max 50 grains (3,2 g)
vitesse 330 m/s
énergie 708 joules
quantité de mouvement 4,3 kg.m/s
pénétration totale 71 cm
diamètre final 11,4 mm

Une autre information que je trouve  sur un site de poudreux : les calibres recommandés par d’Uberti en cal .44, mais qui sont spécifiques à ses armes :

  • Uberti Colt Walker en calibre .44, balles de .457 diamètre de balle donnée en millième de 1 inch, soit 11.60 millimètres (1 inch = 2,54 centimètres) : c’est une dimension qui m’étonne, car mes propres mesures sur mon Walker m’orienteraient vers du 454, au plus, ce qui veut dire qu’Uberti propose de sertir fortement la balle: je préconise de faire des essais. Une balle qu’il faut forcer est certainement endommagée. La pression pour entrer la balle dans la chambre a 2 buts: augmenter la montée en pression et empêcher la balle de sortir lors des tirs.
  • Uberti Colt Dragoon en calibre .44, balles de .457
  • Uberti Colt 1860 Army, balles de .454 .

 Ces indications ne sont pas pratiquées par tous les tireurs, notamment pour l’usage du  Walker. On apprend vite que la charge doit être adaptée pour chaque type de balle, mais aussi « pour chaque arme » qui présente toujours des particularités et pour l’usage qu’on prévoit.

 L’usage qu’on entend faire de l’arme modifie les charges : si on veut faire du tir sur carton et de la précision, il n’est pas recommandé de choisir des charges trop puissantes. En outre, on gaspille la poudre. Mais si on veut chasser avec un revolver à PN, genre Remington 1858, on peut aller jusqu’à  la charge maximale (et une balle en conséquence).  C’est est à ce niveau que la personnalité du tireur intervient : il peut avoir envie de tester la puissance ou au contraire de ménager sa poudre et son arme qui, à moindre charge, aura plus de longévité (ce sont notamment les axes qui souffrent des surcharges). Moins de poudre implique moins d’encrassement et des tirs plus nombreux, car il ne faut pas oublier que les fortes charges demandent des nettoyages en cours de tir : si on veut utiliser des barillets échangeables, il faut modérer les charges. Certains tireurs considèrent que les aciers sont meilleurs aujourd’hui que ceux d’origine, ils pensent alors qu’il est sans dommage pour l’arme de tirer à fortes charges. Entre sensation et précision, le choix est à faire. Devons-nous en conclure à l’impossibilité d’établir certaines normes ?

Les projectiles et les charges en poudre noire :  des pratiques diverses ?  

Pour y voir clair dans cette nébuleuse, parcourons les messages qui sont publiés sur le net, travail de recherche un peu laborieux, mais instructif. J’ai choisis le Remington 1858, arme qui est considérée comme étant d’un usage assez standard. Je me suis alors livré à une petite recherche sur le net, en sélectionnant des messages qui indiquent quelle charge de PN utilisent les tireurs de 1858 et/ou en indiquant quelle balle, ronde ou ogivale, ils utilisent? Je n’ai pris que des messages qui montrent que le tireur pratique lui-même le tir avec ce revolver et j’en ai relevé 17 (seulement). Voici le résultat : j’ai séparé les cal 454 des autres que j’ai rassemblés dans une seule catégorie (450 -451 ou 457 )

chargement du 1858_NEW

Bien sûr, compte tenu de sa taille réduite, l’échantillon n’est pas représentatif, mais il indique le degré de « bricolage » ou de diversité dans lequel fonctionne le tir à la PN. Le débutant va avoir du mal à s’y retrouver.

Grosso modo, pour le tir au Rem. 1858, il est admis qu’une balle ronde de 454 et une charge de PN de 1gr conviennent  si on veut obtenir une précision et groupement corrects, mais je suis prêt à  entendre des avis plus éclairés que le mien.

Les facteurs qui interviennent dans un tir à la PN

 C’est donc la partie la plus nébuleuse du tir à la poudre noire; il faut dire que la réussite d’un tir avec une arme à PN dépend de nombreux facteurs:

  1. de la charge de la poudre et de sa qualité (PNF ou PN suisse, il y une différence ?)
  2. de l’allumage instantané ou non de la poudre (qui fait intervenir l’amorce et le papier de la cartouche, si on utilise des cartouche-papier);
  3. de la bourre (semoule ou autre) qui non seulement évite de laisser des vides dans les chambres, mais nettoie le canon, ce qui permet de garder la précision;
  4. de la manière dont la balle est sertie dans la chambre, donc du fonctionnement du levier de chargement qui pourrait introduire une balle ogivale avec un léger biais;
  5. du graissage (de sa composition) et de l’encrassement du canon;
  6. de l’état des rainures et du « pas » du canon: rapide ou lent / usé ou neuf?
  7. de l’alignement des chambres et du canon et du rapport entre le diamètre de la balle et celui du canon;
  8. de l’entre fer, qui doit être raisonnable (sinon, il y a une perte de puissance), et du jeu normal du barillet …
  9. Sans parler de la sensibilité de la détente (qu’on adapte), et de la pratique de l’arme par le tireur, indépendamment de ses aptitudes… et du vent.
  10. Il reste la question de la visée (sujet essentiel que j’aborderai) et de l’état de l’arme, qu’elle soit d’occasion (si elle a été maltraitée ou non) ou qu’elle soit neuve (car il existe des différences de finition et de qualité entre les marques). De quoi être pour le moins découragé!

 Le chargement classique du révolver à PN, une méthode « laborieuse »:

R&S perdersoliChaque revolver à PN dispose  d’un levier de chargement sous le canon qui donne à ce genre d’arme un look tout à fait particulier (en particulier le Colt Walker). Des tireurs s’en servent encore, mais ils doivent disposer d’un support en bois qui permet de maintenir le revolver pendant qu’on exerce la pression du levier sur la balle: méthode traditionnelle , mais qui pour moi n’est utilisable que pour sertir des balles après avoir utilisé des barillets pré-chargés à domicile.  Trois barillet pré-chargés, soit 18 tirs,  me suffisent en général, car à  la différence des tireurs utilisant des armes modernes à cartouches métalliques, je ne prends pas mon pied à vider 100 cartouches et plus sur le pas de tir à chaque séance. La poudre noire, c’est comme la gastronomie, la quantité n’est pas  source de qualité!

Tout ce qui concerne les techniques de  chargement a déjà  été suffisamment développé sur les sites  cités et dans mes articles précédents. Aussi vais-je simplement en faire une synthèse  et montrer qu’il existe des méthodes de chargement plus simples, mais qui se font à domicile, avant le tir. Je rappelle que dans une chambre de barillet,  la balle est placée après les différents composants et qu’elle doit entrer en force (on la sertit ).

2 outils très importants : la poire à  poudre noire qui dispose de plusieurs embouts en laiton, ayant des volumes précis et pour la semoule, j’utilise comme le font tous les tireurs, une douille de 9mm (raccourcie ou non) et une autre de cal 32, soudées sur un tube de cuivre de 6mm de diamètre.

Le chargement « traditionnel »  que j’utilise rarement, car trop long, est présenté par Michel Bottreau dans une vidéo où il dit lui même « c’est quand même une opération assez longue » ;  il donne cependant les conseils indispensables concernant les étapes du chargement et les composants, c’est donc une vidéo à voir quand on débute.  On remarquera en outre que la mise en place des amorces est laborieuse avec un revolver qui n’a pas été modifié par une suppression  les alvéoles (ce que j’appelle avec un peu de provocation  le « décalotage » du flingue) .

 Nous allons aborder les solutions pour éviter le chargement à l’ancienne, qui bien que satisfaisant, présente cinq gros inconvénients:

  1. les refouloirs ont une cavité trop ovoïde qui déforme les balles lors du sertissage

  2. le temps de chargement est  beaucoup trop long!

  3. les risques d’erreurs sont importants (on oublie la poudre ou on double la ration, etc)

  4. Il est souhaitable sinon nécessaire de se servir d’un support de chargement en bois, constitué de 2 planches assemblées, pour maintenir  le revolver dans la position verticale lorsqu’on charge!  Imaginez un cavalier qui,  lors de la guerre de sécession,  descendait de son cheval, installait son support sur le sol (de préférence plat) pour recharger son revolver…  Impensable, certes, c’est pourquoi le chargement du barillet  devaient se faire  autrement.  C’est pourtant ce support qui est utilisé dans les stands, ce que je trouve esthétique, charmant, mais un peu ringard. Cet instrument (ce meuble)  a cependant l’intérêt de sécuriser le chargement sur le pas de tir, évitant le risque d’une chute du barillet chargé (et une mise à feu) ou une manipulation risquée de celui-ci.  Les responsables des stands le recommandent donc avec un peu d’insistance, on les comprend.

  5. Dernier point,  on est obligé de transporter sur le pas de tir une quantité d’accessoires qui  encombrent et ritualise le chargement.  La  poire à poudre étant interdite, elle est alors remplacée par des dosettes en plastique qu’on charge de PN à domicile (hé oui, quand même). En deux mots, le tireur emporte sur le pas de tir un arsenal de gadgets, faisant ainsi concurrence au pêcheur à la ligne qui trimbale sa caisse et ses gaules ! La fermeture des dosettes doit être sécurisée , car il m’est arrivé que des éprouvettes s’ouvrent d’elles-mêmes sur le pas de tir.

Nous allons alléger toute cette procédure et tout ce matériel!

La préparation des barillets à domicile selon PSRauben

Presse%20de%20chargementUn autre moyen de préparer ses barillets (3 pour chaque revolver au moins), c’est d’utiliser un levier de chargement mobile et de préférence « réglable » (voir la photo). Ce modèle (un peu sophistiqué) n’est pas courant et son coût est sans doute onéreux,  pour autant il ne s’adapte pas mieux à tous les barillets que le levier mobile Pietta vendu dans toutes armureries : en raison des différences de tailles et de hauteur des barillets, en raison des  diamètres des axes trop larges ou trop étroits, ces modèles sont peu adaptés au chargement des barillets de revolver à PN .

Les Colts Walkers  notamment ne peuvent pas être chargés avec ce matériel   car l’axe de leur barillet  est très large et le barillet très long,   Les tireurs connaissent bien ce problème et doivent inventer leurs solutions: du coup le Walker 1847 et  le Dragoon ne sont rechargeables « qu’à l’ancienne », avec le levier placé sous le canon  et le support en bois qu’il faut transporter sur le pas de tir .  Ce qui explique que ces armes souffrent d’être considérées comme vétustes.

Charger des barillets à domicile impose de trouver un levier mobile  ou une presse  de chargement qui fonctionne bien, ce qui n’a rien d’évident : le tireur en est réduit au bricolage. Pour ma part j’avais utilisé une planchette de chargement (une plaque de bois en chêne creusée de trous aux diamètres des barillets,  pour les stabiliser).

On peut alors faire chez soi, à l’atelier (plutôt que sur la table du salon), un chargement soigné et prendre  note de toute sa préparation dans un carnet de chargement,  ce qui permet ensuite de faire des essais comparatifs sur le pas de tir: il faut cependant  enregistrer les chargements et les  essais avec rigueur, car pour obtenir un tir performant au tir à  la poudre noire, la fantaisie n’est pas recommandée.

P1000281Voici mon Remington 1858 UBERTI et ses 4 barillets « décalotés » !   L’utilisation de plusieurs barillets  incite à trouver un autre mode de chargement.  Le pré-chargement à domicile permet d’avoir plusieurs barillets pour une arme et dispense  du rechargement  au stand de tir, nécessitant  l’usage du levier monté sur l’arme et l’utilisation des cartouches-papier . Les tireurs à la poudre noire en France sont souvent très attachés à la tradition et mes pratiques  bousculent une norme ; les poudreux  qui participent aux compétitions sont particulièrement hostiles aux modifications, rejetées par tout l’appareil compétitif. Il faut que la copie respecte totalement l’original. Décaloter un barillet soulève des résistances, des rationalisations, des critiques:  certains y voit le danger de départs en chaîne,  mais surtout c’est une sorte de profanation de l’arme dans son état original. Les tabous ont la vie dure.

Pour un chargement rapide, on va charger chaque barillet sur table – c’est nettement plus confortable – et sertir les balles avec différents outils (maillet et poussoir) , mais dans l’idéal, on va utiliser une presse et des sabots de chargement que je présente dans la suite de l’article et dans l’article 8 .

Nous allons parcourir les solutions qui permettent de pré-charger les barillets.  Allons des procédés les plus simples aux plus complexes.

1/ La planchette de chargement brevetée PSRauben: une solution rustique, ébauche d’un sabot de chargement adapté à tout type de barillet .

J’utilise une planche épaisse  en chêne de 3cm d’épaisseur environ (voir la photo) dans laquelle j’ai fait de larges trous avec des mèches à bois plates (on en trouve partout dans le commerce). Pour chaque barillet il suffit de trouver un diamètre de mèche pour faire un trou qui lui correspond et qui permet de bloquer la crémaillère  (partie crantée)  dans le bois, pour  empêcher le barillet de bouger lors du sertissage. Quand la crémaillère (ou rosette) n’est pas suffisamment saillante, c’est le cul du barillet complet que je place dans le trou. Le barillet est donc placé debout sur le trou et  sa crémaillère, placée dans l’orifice, le stabilise. Cependant avec des barillets qui ont été « décalotées » (auxquels on a enlevé les alvéoles qui entourent les cheminées), on risque de faire pression sur les cheminées elles-mêmes  pendant le sertissage.  Grosso modo, ces barillets décalotés sont plus difficiles à stabiliser ce qui m’a conduit à faire fabriquer des sabots de chargement.

My beautiful picturePour sertir les balles,  j’utilisais un poussoir que j’avais fabriqué avec une clé longue  de 7,  à douille emmanchée, visible sur la photo (avec une poignée bleue), et  dont l’extrémité avait été  préparée avec une fraise sphérique pour ne pas déformer  la courbure de la balle (voir plus loin cette question).  Ce poussoir est également prévu pour l’usage du pistolet Patriot à chargement par la bouche, car sa longueur permet de pousser la balle jusqu’au fond du canon …   Sertir les balles dans les chambres ne doit pas exiger une poussée énorme: pour cette opération, je frappe simplement un coup sec avec la paume de la main sur le manche de la clé. La massette de maçon en caoutchouc reste exceptionnelle car la force du coup secoue les composants qui se mélangent.  Pour éviter de mélanger la semoule et la poudre dans les chambres,  le mieux est de charger et sertir chaque chambre l’une après l’autre en évitant que le choc au moment du sertissage ne secoue le contenu des chambres voisines (en attente de sertissage). Il faut également calculer la dose de semoule pour que la balle repose sur celle-ci (sans vide) : pas de jeu, donc pas de mélange!  Il ne reste qu’à mettre la graisse (cire d’abeille, paraffine et huile d’olive) pour obturer les chambres et les amorces. Le revolver est alors prêt pour le tir.

Tirant régulièrement au Colt Walker avec 4 barillets à précharger, je cherchais une solution pour un chargement et un sertissage des balles à domicile : la création d’un outil de chargement performant qui puisse répondre aussi bien au chargement de tous les barillets me tentait.  J’ai alors conçu  un outil simple, efficace et facilement transportable (qu’on utilisera éventuellement sur le pas de tir) : le sabot de chargement, qui devient indispensable pour celui qui en dispose, de par la variété de son usage. Cependant, avant d’aborder cette innovation, je vais examiner un autre  projet, concurrentiel,  qui m’a été présenté par un poudreux. Intéressé par tout ce qui concerne l’innovation en poudre noire, j’ai suivi ce projet qui,  a priori,  me semblait « prometteur », mais pour l’instant,  il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses.  La réflexion sur ce projet  me concerne, car elle rejoint mon propre  projet  (alors en cours) et je pense que la concurrence entre les projets est le meilleur moyen d’avancer.

Une presse de chargement qui permettrait un sertissage simultané des 6 chambres est-il possible ou souhaitable?

Un tireur à la poudre noire  à WISSOUS dans l’Essonne met en fabrication une presse de chargement  qui permet de sertir simultanément les 6 balles d’un barillet. La presse exerce une pression équivalente sur chaque balle,  dans l’axe de la chambre,  ce qui est indispensable pour une chargement de qualité. L’objectif est ambitieux. La presse facilite la préparation des barillets à domicile, mais vouloir accélérer le sertissage ne me semble pas fondamentalement nécessaire.  D’une part parce que, de fait,  le sertissage est l’opération la plus rapide du chargement et si on veut réduire le temps de chargement de l’arme, c’est l’usage d’une doseuse à poudre qui semble le matériel le plus  utile. Pour le sertissage proprement dit, la rapidité n’est pas recommandée parce qu’un sertissage collectif supprime le contrôle du sertissage de chaque chambre et si une balle est défectueuse, trop large ou trop étroite, on ne « sentira » pas le défaut, comme on le sent quand on procède individuellement.  D’autre part, le sertissage réclame plutôt un travail de précision et je pense qu’il doit de faire chambre après chambre de préférence. Mais si les balles ont été recalibrées à la presse (quand il s’agit d’ogives),  ou si  un contrôle de leurs dimensions a été fait avant de les mettre en place, on peut sertir collectivement, c’est jouable. C’est donc un matériel qui intéresse ceux qui tirent avec une arme disposant de plusieurs barillets préchargés à domicile.  Le prix de lancement est très intéressant, mais la fabrication est suspendue, dans l’attente d’un nouveau fabricant.

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Voici donc la presse, démontable, et un bloc de refouloirs (double pour balles rondes et ogives) .  Une question se pose : cette presse pourra-t-elle s’adapter aux nombreuses dimensions des barillets de revolvers à PN?  L’inventeur propose un bloc refouloir adapté à chaque barillet, selon le type de revolver… Comment  se fait l’appui des barillets pour éviter que les crémaillères ne soient écrasées?  Des bagues d’appui sont prévues. La stabilité du barillet est assurée par l’axe qui est au centre des 6 refouloirs et qui en pénétrant dans le barillet le maintient droit.  Pour l’instant la presse est en attente de fabrication, car la société AMA qui la fabriquait est en liquidation.

SAM_0065Si la vidéo donne une idée générale du fonctionnement de la presse, le barillet  utilisé (Ruger Old Army)  est un modèle particulier qui ne présente pas de crémaillère saillante.  Cependant,  pour certains types de barillets (ROA notamment),  la presse est présumée vendue avec un bloc de sertissage spécifique  (vendu sur commande, en fonction du type de revolver)  comportant  6 refouloirs  et un axe central qui permet de positionner les refouloirs dans l’axe du barillets et des chambres. Ceci dit,  le concepteur donne des informations partielles sur les adaptations et concernant l’appui des barillets pendant le sertissage,  il propose une bague en nylon. Je ne suis donc pas en mesure d’apprécier la qualité du fonctionnement de cette presse et sa mise en vente exigerait une brochure détaillée.  Comme vous le constatez  chaque type de barillet  présente des caractéristiques propres et la conception d’une presse doit en tenir compte. Pour toute information renseignez vous auprès du club de tir proche de WISSOUS.

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« Pourquoi se casser la tête à créer des presses de chargement alors que chaque revolver à PN dispose de son levier »,  nous objectera-t-on ?

kirst cartridge converter walker 1847 ubertiSi j’ai un peu montré le fonctionnement de cette presse sans que ma présentation soit une garantie pour l’acheteur, c’est parce que  je veux montrer qu’on peut sortir de la routine  en matière de PN.  Le temps ne s’est pas arrêté aux années 1860 et si l’Etat nous impose la conformité aux copies d’armes antérieures à cette date,  c’est pour mieux nous enfermer dans une  limite  qui nuit à la création de nouveaux modèles. Il faut donc tirer le meilleur parti des anciens modèles et faire preuve de créativité!  Les fabricants prennent des initiatives intéressantes pour relancer  le goût des armes à la PN, en produisant des modèles tels que le Remington 1858 inox, équipé d’une visée-target, une arme qui a un pied dans le passé et un pied dans le présent.  Ca c’est l’esprit que je veux développer en apportant ma modeste participation.

Certains usagers du revolver à PN,  tentent de s’affranchir des limites technologiques de nos armes anciennes et convoitent de se procurer des « barillets à conversion » destinés à  l’adaptation des armes  aux cartouches métalliques. Certes, l’esprit « cow boy » demeure (le fameux  Piecemaker est une arme superbe qui s’inscrit dans la tradition Western), mais on ne sort pas seulement d’un cadre réglementaire (car ces armes modifiées passent en 4ème catégorie), on passe surtout dans un autre cadre technologique, qui pour moi, est l’ébauche des armes modernes: la conception du chargement n’est plus la même, c’est la fin de l’artisanat et de l’esprit poudreux! C’est la fin d’une époque.

Je reste donc attaché au principe du  chargement d’origine par la bouche ou par l’entrée de chambre et  je cherche ce qui peut  innover dans ce domaine, sans prendre la voie des revolvers de la 2ème génération (carcasse fermée et cartouches métalliques) .  Le poudreux aime le contact direct avec la matière :  » la poudre,  le plomb, la fumée » . La photo montre un barillet de Walker qui a été converti aux cartouches métalliques, comme l’ont été la plupart des revolvers à PN. Pour moi, le charme de la PN n’y est plus, car ces armes ont été conçues à l’origine pour un fonctionnement sans étui métallique: en exprimant cette opinion, ne suis-je  pas en contradiction projet de favoriser l’innovation? J’ai fixé un cadre à ce projet: il ne s’agit pas de refaire le parcours de l’évolution des revolvers, sinon il me suffit d’aller me procurer  un Smith et Wesson, avec les dernières munitions en vente.

J’en profite pour indiquer un blog qui présente  une liste complète de revolvers (et fusils) avec des photos de qualité pour chaque arme,  une lecture recommandée pour les amateurs d’armes western: http://ace0fspades.eklablog.com/armurerie-c17624256

Jusqu’où peut-on aller dans l’innovation concernant le chargement rapide des revolvers à poudre noire: n’a-t-on pas déjà tout inventé?

P1000317Je suis en train de mettre en fabrication, avec un matériel simple et un coût assez modique,  un jeu de supports de chargement en acier, transportables dans la poche et qui s’adapte à tous  les barillets, ceci pour faire un chargement rapide avec  un refouloir mobile (une clef à douille emmanchée modifiée) et non pas le maillet (qui est à éviter).  La question prioritaire du chargement rapide est celle du support sur lequel on placera le barillet (puisque celui-ci est sorti de l’arme) .  Cependant, l’utilisation à domicile d’une presse est  bien plus intéressante: c’est pourquoi je prévois d’adapter une  presse Bech Rest, achetée chez ESP,  à mon matériel:  il s’agit d’une petite presse  très bien conçue pour un usage du tir Bench Rest et qui est parfaitement adaptable pour un chargement destiné à la PN. La presse  arrivée ce matin répond exactement à mes attentes:  un socle rectangulaire solide et plein  de 8,5 cm sur  15,5 cm environ, d’une épaisseur  de 11mm; pour le reste, je ne rentre pas dans les détails, mais la solidité est garantie (après démontage ) de toutes les pièces, avec notamment un assemblage du socle et de la colonne très rigide . Le  levier,  un peu court, est efficace pour la pression exercée, donc peu d’encombrement. Le poids de la presse doit tourner à vue de nez autour d’1,5 kg.  On peut monter sur cette presse un appareil qui permet de mesurer la pression exercée sur la balle et dont le prix est modique. Le TOP!

Une presse de sertissage, adaptée à la poudre noire.

3050-165-thickboxLa presse Bench Rest que j’utilise a été modifiée pour en faire une presse de chargement des revolvers à PN : j’ai fait monter un refouloir sur l’axe de sertissage, avec un pas de vis  (pour qu’on puisse changer le refouloir selon qu’on sertit des balles rondes ou des ogives) . Elle est réglable en hauteur, adaptable à la hauteur des barillets, en tenant compte du supplément de hauteur (1cm)   du sabot de chargement. Elle permet un chargement chambre par chambre, mais adapté à de tout type de barillet;  le gain de temps sera suffisamment intéressant. Pas de manipulation  laborieuse : il suffira de tourner le barillet  dans le sabot qui conserve l’aplomb du barillet par rapport à l’axe et au refouloir vissé au bout de cet axe;  la qualité du sertissage des balles est assurée, ce qui est prioritaire. Cette presse permet un sertissage des balles ogivales sans les rentrer de travers, ce qui arrive avec des leviers de chargement mobiles, dont la pression est exercée de façon légèrement oblique et dont des refouloirs sont inadaptés à la forme de la balle.

La presse permet  de sertir les balles avec un effort qu’on peut mesurer (elle peut donner des indications chiffrée); mais sans ajouter l’appareil à mesurer la pression, elle permet aussi de « sentir » l’effort, par la pression  de la main sur le levier, ce qui est important.   Sertir une balle, c’est sentir sa résistance  lors de l’enfoncement dans la chambre et pouvoir s’assurer qu’elle n’est ni surdimensionnée, ni sous dimensionnée.  Une balle qui rentre sans effort est une balle qui va « bouger » ou tomber au cours du tir, ou bloquer le barillet. Si elle tombe, on risque accident, car la poudre ne sera plus protégée.  Une balle qu’on a dû forcer excessivement est une balle déformée qui va adopter une trajectoire aléatoire.  Le sertissage ne peut être de qualité que si l’on dispose d’une pressse « douce ».  Frapper les balles avec le maillet est pratique pour un sertissage rapide, improvisé,  mais le maillet ne permet pas de  sentir et doser la pression . Il n’est pas rare de déformer une balle (notamment ogivale) quand elle se place de biais:  c’est pourquoi je préfère indéniablement la presse dont la pression s’exerce dans l’axe de la chambre, au centre de la balle et de façon progressive. En outre le maillet comprime la poudre et nuit à sa performance.  C’est pourquoi actuellement, je sertis mes barillets  en frappant la clef emmanchée (transformée en refouloir) avec la paume de la main, ce qui est plus léger que le choc d’un maillet; une méthode  cependant « rustique » .

Avec cette presse, j’utilise des doseuses Lee Perfect et  j’obtiens un chargement de qualité, régulier, fiable et rapide.

Mon plan de rechargement doit  me permettre :P1000383

  1. de couler des balles ayant un poids constant, une sphéricité constante (qui varie cependant en fonction de la température du moule). J’utilise des balances manuelles (on trouve un modèle Lee à prix modéré, toujours chez ESP , mais le matériel en plastique est fragile,  donc j’ai acheté une balance Lyman d’occasion avec un bras en métal)
  2. de  remplir les chambres avec des doses de poudre et de semoule très régulières et mesurées
  3. de pouvoir utiliser des armes dont les chambres ont  un diamètre légèrement supérieur à celui du canon
  4. et enfin de faire un sertissage des balles rapide, mais très soigné, dans l’axe de la chambre, sans pression excessive, en m’épargnant le sertissage rustique  qu’on fait directement sur l’arme .

Cet objectif est réalisé: il est présenté dans mon article 8 (2ème partie) et dans l’article 9 on trouvera  5 vidéos qui  montrent la qualité de son fonctionnement .

Par conséquent, l’ensemble presse et sabot de chargement répond  aux impératifs du chargement qui se fait chambre par chambre et du sertissage de qualité qui se fait également « balle par balle »,  de mon point de vue, avec un barillet tournant qui vient placer la balle sous le refouloir, avec une totale facilité.  L’usage d’une presse qui prétend sertit tout le barillet d’un seul coup, me paraît  introduire plus de complications que de gain de temps et d’effort.

Je conclurai ce paragraphe en disant que selon moi, il existe plusieurs modes de chargements que je classe selon deux critères: d’une part le critère de fiabilité (poids des balles  et dosage des charges) qui entraîne  la précision et d’autre part le critère de rapidité de chargement qui est nécessaire pour un usage intensif de la PN.  D’une façon générale, les cartouches-papier intégrales, contenant le projectile, sont difficiles à réaliser et déçoivent en raison des problèmes de sertissage de la balle : le papier  complique les choses. nous allons aborder la fabrication de ces « cartouches »qui souvent n’est que de la poudre (noire) aux yeux…

Les solutions artisanales de fabrication des cartouches-papier  (« rouler » un pétard à PN).

L’utilisation de cartouches-papier a été pratiquée depuis l’origine. Le papier était traité au salpêtre car le papier nitré présente une « assez » bonne combustion en plein air, mais bien moins bonne lorsque le papier nitré est confiné dans une chambre close: il n’est que partiellement brûlé lors de l’explosion de la poudre, en outre  ce papier brûlé laisse des résidus très salissants qui encrassent les chambres et qu’on ne peut pas nettoyer facilement en cours de tir;  le temps gagné au chargement est ensuite perdu pour nettoyer les chambres.

Aujourd’hui on trouve du papier « flash » à combustion presque instantanée, intégrale et sans résidus.

Si on veut utiliser des cartouches-papier avec balles, il faut un papier résistant, rigide mais fin, pour former un cornet qui au moment du sertissage va se découper autour de la balle, tout en conservant  son  contenu (poudre) dans la chambre. Il restera à mettre la  graisse à l’entrée de la chambre comme on le fait pour un chargement traditionnel.

sabot PSRaubenSi on veut utiliser des cartouches-papier avec balle dans un revolver, leur fabrication est beaucoup plus exigeante.  En outre la cartouche avec balle est trop longue et ne rentre pas bien dans les chambres, quand on charge directement sur l’arme pour utiliser son levier et son  refouloir : la longueur de la cartouche empêche la rotation du barillet pour la placer sous le refouloir.  La solution,  c’est de sortir le barillet, de le placer sur un support de chargement approprié (l’idéal c’est le » sabot de chargement », voir article 8) , de mettre les cartouches-papier dans les chambres (de rajouter la balle si la cartouche n’en contient pas ) puis de forcer les balles avec la clef à douille emmanchée transformée en refouloir . Cette solution permet un petit gain de temps et de confort.

La fabrication des cartouches papier,  avec un mandrin

On trouvera de nombreuses vidéos sur internet qui montrent comment fabriquer une cartouche-papier . En voici une, produite par Michel BOTTREAU.

Ce mandrin en laiton vendu par H&C est prévu pour faire des cartouches en papier combustible  d’une sous dimensionnée, c’est à dire à leur format . Il est mal conçu car un mandrin doit être plus long, ce qui permet de moduler la longueur de la cartouche et surtout il ne doit pas avoir un rétrécissement aussi rapide qui d’une part ne peut pas contenir de charge et d’autre part s’écrase dans la chambre sous la pression lors du sertissage (mais avec ce format étriqué, on ne peut mettre que de la poudre noire, donc pas de risque de mélange avec la semoule)  . Un bon mandrin doit avoir un évasement progressif allant de   …… à11,5mm sur une longueur de .  Voici un modèle de mandrin plus fonctionnel. Voici mon mandrin (en calibre 44), fait avec un gond de porte , travaillé avec une meule  électrique.

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Cependant, si on est pas bricoleur,  il suffit d’un corps de stylo de 7cm (pas facile à trouver cependant) ou d’un morceau de bois rond (taillé de façon progressive), ou encore d’un bec de poire à poudre, qui est particulièrement  adapté pour sa forme progressive .  Grâce à l’évasement, il est facile de sortir ensuite le cornet et d’autre part, le rétrécissement modéré permet d’introduire la  cartouche dans la chambre.  Le papier demande une combustion instantanée, sinon, il forme un bloc éjecté hors de la chambre, mais qui ne passe pas l’entrée du canon: il reste coincé à l’entrée de celui-ci. Il faut donc un papier fin et très combustible, mais par contre la solidité de la cartouche demande un papier plus épais !

Le papier à cigarette

imagesCA8T9KLUPour les révolvers en cal.44, les cartouches utilisant les feuilles à cigarettes sont très bon marché et faciles à réaliser soi-même. On roule le papier à cigarette autour du mandrin, on ciolle  et on  remplit le cornet par l’intérieur du mandrin (ce qui suppose qu’il soit creux), puis on retire ce dernier et on place alors la balle, ce qui n’est pas sans poser bien des problèmes, car il faut que la balle ne flotte pas et il faut qu’elle  rentre sans déchirer le papier!  Le papier à cigarette résout tous ces problèmes,  car lorsqu’on entortille l’excédent de papier autour de la balle, tout tient ensemble: c’est comme un bonbon! Je recommande le positionnement oblique de la feuille sur le mandrin, pour allonger la cartouche. Le papier à cigarette est le papier le plus facile  pour fabriquer des cartouches sans balle ert même avec balle,  si le papier est assez long . Sa combustion n’est pas idéale, mais elle n’est pas non plus très encrassante.  Le papier fin donne des cartouches fragiles qui ne peuvent ne peuvent pas être poussée en force dans les  chambres, c’est pourquoi les cartouches papier à cigarette sont généralement sous-dimensionnée, pour entrer sans effort, mais au sertissage de la balle, elle s’écrasent dans le fond de chambre et prennent sa forme: mieux vaut qu’elles ne contiennent pas de semoule, sinon ça fait un couscous explosif.  De toute façon, une cartouche papier, si elle n’est pas assez compacte et suffisamment large pour se coller aux parois de la chambre, se déforme lors du sertissage.  Seul  le papier à cigarette permet d’emballer la balle (ronde) sans colle, ce qui est préférable, car la balle doit garder son autonomie et le papier collé sur celle-ci n’est pas bon pour la trajectoire. Au sertissage, le papier qui entoure la balle est déchiré et tombe;

cartouches graisséesLe papier à cigarette ne pose en outre aucun problème d’allumage de la cartouche, si on évite de faire une masse de papier entortillé à la base de celle-ci. Comme indiqué sur la vidéo, à la pointe de la feuille à cigarette, là où aura lieu l’allumage, les bords sont d’abord repliés vers l’axe  pour former un « bonnet » long que l’on encolle avec  un stick de colle blanche et que l’on rabat sur la cartouche. Pour la fermeture de la partie haute de la cartouche papier (sans balle),  on « entortille » le papier en excédant (comme une queue) en l’enduisant préalablement de colle (toujours le stick)  pour assurer une bonne tenue de la fermeture.  Lorsque la cartouche est brûlée, il reste de petits résidus de papier qu’on peut extraire en partie, en soufflant dans la chambre avec un petit tube. Les dimensions des feuilles à cigarettes sont mal adaptées aux cartouche avec balle : il faut alors les doubler, ou prendre du papier long. Mais il est tellement facile de mettre une balle dans la chambre, après y avoir introduit  la cartouche papier, que c’est se donner du mal pour rien  que de vouloir faire une cartouche complète. Voici une adresse avec des photos :

http://gunsmith.fr/article29/cartouches-combustibles

Les cartouches en « papier nitré »  sont-elles instantanément combustibles ?  

Les cartouches-papier qui contiennent la balle étaient en usage dès l’origine.  A l’époque, les cartouches complètes étaient déchirées par le fond et vidées dans la chambre; le papier servait alors de bourre.  Certains prétendent que ce papier « manufacturé » était traité au salpêtre et brûlait;   je n’en suis pas convaincu…

1/ On peut faire des cartouches avec du papier kraft que l’on va « tenter » de rendre combustible en l’immergeant dans une solution de salpêtre:  ça c’est le « blabla » qu’on trouve sur différents forums.  En réalité ce papier n ‘est utilisable que pour des cartouches à l’ancienne, c’est à dire qu’on déchire pour vider dans la chambre avant de mettre la balle (depuis on a inventé les tubes de chargement en plastique). On utilise  apparemment ce papier avec un traitement nitré pour des cartouches Sharp très particulières.  Recette classique :  Prendre du papier kraft (ou de vieilles enveloppes jaunes), le tremper dans une solution de nitrate de potassium ou salpêtre (en vente sur internet dans les drogueries en ligne).  On obtient cette solution en  diluant le salpêtre dans l’eau jusqu’à ce que le nitrate ne puisse plus se dissoudre et se dépose au fond du bocal. Cependant  le papier kraft est  trop épais et  le salpêtre ne suffit pas pour une combustion instantanée. Donc dans un revolver c’est inadapté: le papier va rester  bloqué à l’entrée du canon.  C’est un papier qui pourrait être utilisé dans un canon long à chargement par la bouche,  sans obstacle, mais comme il est très encrassant, même dans ce genre d’arme (qui exige très peu de résidu), il est parfaitement déconseillé (à moins que le papier ne soit éjecté, ce que je ne crois pas). Recette personnelle : on peut renforcer le traitement au salpêtre en enduisant le papier  avec une solution de salpêtre dans laquelle on met de la colle à papier peint, Attention, la colle au salpêtre est très acide. Là, pour le coup,  ça brûle très bien,  mais à l’air libre, par contre dans une chambre fermée, la combustion reste partielle !

  • Le chlorate de soude (désherbent total qui n’est plus en vente dans les magasins agricoles) a les même propriétés que le salpêtre, mais ce produit est hydrophile, ce qui veut dire que le papier traité ne sèche jamais vraiment. Il  reste collant et il surtout absorbe l’humidité de l’air ambiant:  donc à éviter totalement.

Dans les revolvers à PN,  la combustion du papier nitré  est toujours partielle.  La cartouche en papier épais, si elle ne se bloque pas dans l’entrée du canon, est parfois éjectée avant d’avoir eu le temps de brûler, car le papier nitré épais n’a  pas une combustion  instantanée, il lui faut un peu de temps:  s’il sort du canon,  il va continuer de brûler à l’extérieur.   En conclusion, je ne vois pas quel revolver ou quelle arme à chargement par la bouche pourrait avoir un bon fonctionnement avec une cartouche utilisant ce papier. On en parle régulièrement dans les forums, on donne la recette, on parle aussi du collodion, bref, on fantasme !

2/ Le papier  flash une combustion quasi instantanée et totale. C’est un papier qui brûle  avec une flamme vive, spectaculaire  et qui,  surtout, ne laisse aucun résidu, ce qui est essentiel.  Ce papier « brûle » alors que le papier nitré se consume, ce n’est pas la même chose, mais brûle-t-il dans une chambre, il semble que oui, puisque H&C le vendent . Sa solidité est cependant médiocre, mais il prend mieux la colle UHU en stick, que le fait papier de chez H&C.  On trouve le papier Flash  en vente à moindre prix dans les boutiques de magie, mais il faut acheter la qualité « US », plus épaisse, au format 50X20,  vendue pour 3 euros chez « MERCURIO Le petit magicien »  (j’en ai acheté)   C’est donc un papier peu rigide, mais qui a les qualités de combustion exigée par une cartouche papier ,

  • combustion instantanée
  • aucun résidu
  • pas de problème de mise à feu ou de retard de feu
  • collage possible, mais

Cependant  les cartouches sont délicates à fabriquer : le défaut, c’est sa tenue, car c’est un papier assez tendre qui peut se déchirer dès qu’on force la balle à l’entrée du cornet: il faut donc faire une cartouche qui ne dépasse pas le diamètre du canon  pour qu’elle y entre facilement.  Mais il faut aussi un cornet assez conique pour que la balle entre , sans effort. Or plus le cornet est conique, moins la balle tient !   On peut (en principe)  introduire une balle ronde ou une ogive dans le cornet en forçant légèrement (si le collage tient suffisamment et si le papier résiste .  La balle doit être introduite non graissée, car la graisse la fait coller au cornet et il se déchire si on insiste. il faut que la balle glisse un peu.  Le cookie lui-même doit être sous dimensionné, sinon, il refuse d’entrer en collant  lui aussi au papier et en déformant la cartouche.  Les 1ers essais furent franchement décevants !   Les cartouches n’avaient pas un bel aspect, elles étaient mal comprimées, parfois  déformées (certaines  déchirées). C’est pour éviter tout effort exercé sur le papier qu’H&C  a conçu ses cartouches de façon très coniques et c’est aussi pour éviter tout effort qu’il propose de les coller!  Devons nous en arriver à la même solution ? J’ai repris point par point les  « soucis »:

  • 1ère étape : les défauts du papier flash sont accentués par le problème du collage :  par manque de rigidité les cornets se déforment lorsqu’on les manipule et en raison du collage très moyen, le cul de la cartouche se défait, enfin, une résistance limitée aux pressions, sinon la cartouche s’ouvre. Ces problèmes ont été résolus quand j’ai utilisé une colle liquide instantanée cyanoacrylate (de chez Carrefour), un tube de toute petite taille, mais dont l’efficacité fait que le collage ne nécessite pas un grande quantité de colle …. et  j’ai obtenu des  cornets enfin bien formés et stables.
  • 2ème étape, la cartouche devait être compacte, et les cookies permettent de la comprimer, si ils entrent suffisamment. Ils doivent donc être sous-dimensionnés pour qu’ils ne collent pas lorsqu’on les fait entrer dans le cornet ; j’ai  réduit le diamètre des cookies en les roulant  et en les écrasant un peu entre les doigts.
  • 3ème étape, grâce à un encollage efficace, j’ai pu resserrer les cornets à leur base et à l’entrée, j’ai pu les coller au diamètre maximal du mandrin.

Voici par étapes la fabrication de ces cartouches  qui au départ étaient difficiles à fabriquer.  Le collage du cornet est réussi et la balle n’a plus besoin d’être collée dans le cornet, ce qui la rend autonome. La cartouche est assez rigide pour être enfilée dans les chambres d’un Walker sans se déformer.  Elle entrera mieux encore dans un Hawken Woodman .  Cependant je renforce la tenue de l’ogive avec un fil à coudre à toute fin utile. Si la cartouche papier flash sans balle est meilleure qu’une cartouche en papier à cigarette, celle avec balle est trop  délicate à réaliser et risque de poser des problèmes lors du sertissage sur le pas de tir .

P1000549P1000555P1000554rosettes

Je pense donc que mettre la cartouche ne contenant que la charge de poudre et un cookie, la faire entrer dans la chambre sans difficulté et rajouter ensuite  une balle qu’on va immédiatement sertir est plus simple est plus sûr que mettre une cartouche complète qui risque de prendre du biais, qui risque de se bloquer quand la balle (ici une ogive) va  chercher l’entrée de chambre.  Le trop est l’ennemi du bien.  Cependant, comme on le voit sur les photos, le papier Flash a une texture assez aérée (on pense à du papier essuie tout) .  Les cartouches réalisées , ainsi que le montre la 2ème photo, sont parfaitement ajustées aux chambres du Walker, puisqu’elles tiennent sur l’entrée de chambre, il suffirait de pousser du doigt pour qu’elles descendent sans effort.  Mais la balle conique risque d’être trop large si elle doit entrer avec le papier: d’où un risque de déchirement de la cartouche ou celui de faire prendre du biais  à l’ogive.  Pour moi, cette cartouche avec une balle ce n’est donc pas  la bonne solution, car la cartouche n’est pas assez rigide pour tenir la balle dans l’axe de la chambre: l’ogive doit être sertie, mais rester en alignement. Tout cela n’est pas pris en compte  par ceux qui font de la pub pour le papier H&C. J’ai fait cette cartouche, par curuiosité,  mais  je trouve que  le chargement de plusieurs barillets est beaucoup plus « rentable ». C’était un plaisir de « poudreux » qui ne compte pas son temps. Ces cartouches seront donc tirées pour le « fun »!

sans-titreH&C cultive un secret de polichinelle :  son papier n’est rien d’autre que du « papier flash » un peu plus serré et  légèrement lustré, ce qui explique que la colle ne prend pas.  Son prix est plus élevé  (une bande de 50X20 cm pour environ 5€);  prédécoupées, les portions sont exiguës ;  ce papier ne s’entortille pas, il faut donc utiliser de la colle mais aucune colle ne prend!   La colle H&C elle-même, supposée adaptée à ce papier, ne prend pas mieux que les autres ;  trop liquide (elle coule), elle a un temps de séchage qui est très long et une prise qui est incertaine. Nous sommes loin de ces jolies cartouches  exhibées par des tireurs autosatisfaits

http://94.23.243.216/~tirmaill/mildot/printview.php?t=111958&start=75&sid=315f9dfdf199636f719e422824c3c3c0

Pour résumer, il n’existe que deux options pour ceux qui veulent un rechargement rapide en évitant l’achat de plusieurs barillets :

  1. le papier flash  qui ne laisse aucun résidu et qui ne présente pas de  problème de collage, mais qui est trop fragile et trop souple pour permettre de fabriquer des cartouches  en quantité: cela demande trop de soin..
  2. le papier à cigarette qui présente certains avantages que j’ai déjà développés :  il laisse des résidus secs partiellement brûlés (car il n’est pas nitré), plutôt que des cendres grasses (il est peut être souhaitable de prendre de l’OCB orange, déclaré par le fabricant comme étant plus combustible ? ) ; il a peu d’épaisseur, il est souple, mais résistant. Du fait de sa finesse, il a peu de retard d’allumage;   enfin, il s’entortille bien, ce qui permet de ne pas recourir à la colle pour fermer la cartouche (même avec la balle). Cependant  sa fragilité fait que s’il se déchire, la poudre noire se mélange à la semoule,  ce qui nuit à la combustion et à la précision. Le papier cigarette est utile pour des cartouches de petite taille (type Colt 1851, 1860), mais il ne convient pas pour des cartouches puissantes, ou alors il faut acheter un format de papier  plus grand.  De même, cette cartouche n’est  facile à faire que si  elle  ne contient que la poudre et  là  si la balle n’est mise dans la chambre qu’ensuite, séparément. La cartouche complète est une forme de snobisme ou de perfectionnisme ou encore d’esthétisme qui n’est pas vraiment nécessaire.
  3. le papier H&C  qui est une variante du papier flash, mais il ajoute à ses inconvénients des problèmes de collage. Pour que la cartouche reste compacte, H&C  lui donne un format très court, car plus la balle est longue, plus  elle perd en rigidité . C’est donc un papier qui ne convient pas en dehors de cartouches de petit format .
  4. enfin,  le papier craft nitré qui est à proscrire .

Les solutions « bidon »   

Contrairement à ce que j’avais lu à droite et à gauche, le papier thermique des fax ou des machines à calculer n’est pas particulièrement combustible et certains vendeurs tentent d’en vendre des stocks sur Naturatuy;  il laisse des résidus importants et collants qui encrassent les chambres.   De même le collodion n’est pas un produit très inflammable quand il est sec, mais il sert de vernis ou de colle.

Les problèmes d’allumage

Les cartouches papier ont un gros inconvénient :  le cornet devant être fermé à la base de la cartouche, on est obligé de faire une sur-épaisseur, qui retarde la mise à feu et parfois on entend l’amorce éclater, puis dans un second temps,  la poudre explose. Conséquence:   l’arme dévie et la balle perd la cible !   Autre danger : un retard de mise à feu: le papier brûle lentement et la cartouche ne sera mise à feu que bien après, ce qui risque de provoquer un accident : une cartouche qui ne s’allume pas doit être considérée comme un danger : l’arme doit rester orientée vers la cible durant 1mn.  Pour éviter ce risque,  on peut enduire le cul de la cartouche avec un peu de poudre (ou du pulverin), collée avec du collodion qui sert de colle combustible et qui sèche vite.  Ce petit supplément de poudre facilite l’explosion. Ces cartouches doivent être conservées dans des tubes plastiques (éprouvettes de laboratoire notamment)  étanches et solides pour que la poudre ne prenne pas l’humidité.

J’en profite pour démentir une  idée fausse  qui circulent sur les forums de PN : le collodion n’est inflammable qu’à l’état liquide;  une fois sec, il n’est plus sensible à la chaleur mais il est efficace en tant que colle.

Deux méthodes de chargement sont possibles:

- soit, on fabrique une cartouche papier avec balle incorporée .   » c’est très tendance » comme on dit aujourd’hui … Pour un revolver à poudre noire, ce type de balle est fréquemment utilisé par les consommateurs du papier H&C se font un plaisir de nous montrer leurs jolies baballes .  S’il faut mettre de la colle partout  (et de plus utiliser une colle qui ne tient pas), c’est la galère.  Les balles H&C sont problématiques. Si on veut utiliser du papier flash, vendu en feuilles, il faut trouver une solution pour le collage ou le maintien de la balle : H&C préconise un collage merdique.  Je préconise un simple enfoncement de la balle dans le cornet. Le rétrécissement progressif du cornet est alors essentiel. Cependant  les balles risquent de ne pas tenir en étant simplement enfoncées,  car le papier flash est fragile et on ne peut pas pousser les balles comme on le ferait avec du papier kraft . Une rondelle de papier cuisson doit séparer la balle du cookie (coupée à emporte pièce) , ce qui favorise la chute de la balle, mais  il est indispensable d’empêcher  que le cookie colle à la balle au moment de l’explosion, grâce à ce papier cuisson.  Si le projectile tombe, il n’entraînera  pas le cookie  et la poudre restera dans le cornet.  Je ne suis pas certains que ce cookie de cire dure suffise pour graisser la canon. Il est donc préférable de graisser les entrées de chambres  une fois que les balles seornt serties. J’ajoute qu’il me semble préférable de ne pas plonger la tête de balle dans la graisse  fondue avant le sertissage car le papier devient alors mou et se déchire au sertissage, mais cela dit,  c’est une méthode possible.

L’inconvénient majeur, outre le côté plus complexe de la fabrication, c’est que la cartouche  complète risque de prendre du biais au sertissage.   Attention : les cartouches papier complètes ne rentrent pas dans un barillet monté sur le revolver ‘(ce n’est pas prévu pour ce type de chargement) : leur dépassement empêche la rotation.

- soit on fabrique des cartouches-papier sans balle, ce qui est à mon humble avis, est préférable 

Elles sont beaucoup plus faciles à fabriquer, et j’ajoute plus faciles à charger sur le pas de tir : elles rentrent facilement dans le barillet en raison de leur dimension plus courte. On peut ensuite ajouter les balles, séparément, sans avoir la moindre difficulté de chargement: il ne reste plus qu’à sertir avec le levier de chargement qui est sur l’arme ou se servir d’un  sabot de chargement en chargeant le barillet sortir de l’arme.

Quel est l’intérêt de faire des cartouches-papier  sans la balle, ce qui demande 3 opérations de chargement ?

  • 1/  introduction des cartouches-papier (poudre) dans les chambres
  • 2/ introduction des balles et sertissage;
  • 3/ graissage des entrées de chambre; dans ce cas cela se fait sur le pas de tir (un petit coup de graisse qui prend quand même un peu de temps)

Le gain de temps n’est donc pas significatif, mais pour les tireurs, utiliser des cartouches intégrales, c’est rapprocher le revolver à PN des revolvers à cartouches métalliques.   Cependant, l’intérêt de ces cartouches (de préférence sans balle) , c’est qu’elles épargnent  la laborieuse opération de remplissage des chambres avec un entonnoir et des petites doses conservées dans des tubes en plastique, méthode qui suppose tout un matériel encombrant sur le pas de tir et du temps…  Avec la cartouche papier (conservée dans une boite étanche),  il suffit d’enfiler le cornet  dans la chambre et cette méthode évite des erreurs de chargement, car le papier se voit bien.

Les cartouches-papier longues, de grande taille, destinées à remplir des chambres de Walker ou de Dragoon,  doivent être très solides et compactes.  Il arrive souvent que si la cartouche est trop large, elle se déchire quand on veut la pousser dans la chambre, par contre si elle est trop étroite, elle va se déformer, se plier, se déchirer ou s’ouvrir quand la balle va la compresser en fond de chambre : le vide d’air autour de la cartouche demandera être rempli et  la balle va perdre sa forme.

En conclusion, la cartouche-papier en papier flash est la meilleure. L’utilisation de barillets pré-chargés, reste cependant préférable, car les cartouches demandent un travail de préparation plus long et leur qualité reste très variable. pour ma part je préfère les cartouches papier (Flash) aux dosettes de poudre et de semoule….

Peut-on utiliser  une cartouche complète (poudre+ balle) dans un pistolet à chargement par la bouche ou dans une carabine de type « muzzle loading rifle » ? 

Pour plus de détails, voir l’article 7 qui détaille la fabrication des cartouches-papier combustibles destinées aux fusils à chargement par la bouche.

La compression des balles et des ogives avec des refouloirs inadaptés: un sabotage des projectiles ?  

Un aspect tout à fait sensible en vue de la précision, c’est la forme de la balle qui, en principe, est ronde. S’il s’agit d’une ogive, elle doit également avoir sa partie antérieure en forme d’œuf ou de cône et toute déformation aura des effets néfastes sur sa trajectoire. Je crois savoir que les tireurs qui préparent méticuleusement leurs balles en vue des compétitions sont attentifs à les couler de la façon la plus parfaite, choisissant des moules LYMAN notamment, pour obtenir les meilleurs résultats.  Couler des balles avec un moule qui garantisse l’exactitude des projectiles dont la forme est étudiée pour réduire les frottements et conserver une trajectoire rectiligne,  est une condition de la précision. A l’inverse, des balles déformées ne gardent pas la trajectoire et perdent la cible.

Or, a-t-on déjà lu sur un site de poudreux que les refouloirs de Walker, par exemple, sont inadaptés aux balles qu’on utilise aujourd’hui  (rondes ou ogivales) et qu’ils déforment gravement celles-ci? A-t-on déjà publié des photos qui présentent le résultat incroyable de la compression d’un boulet en plomb mou par un refouloir de Walker? Qu’il s’agisse d’un Walker Uberti ou d’un ASM, par exemple, le désastre est le même ! Quelle était la forme des balles d’époque ? C’est un véritable sabotage du travail qu’on aura fait pour obtenir des projectiles de qualité.  Voici des refouloirs qui sont très différents: on remarquera le bord très étroit du refouloir  monté sur le Walker : c’est un véritable ciseau  qui va creuser un anneau circulaire dans les projectiles actuels comme le prouve les photos  qui suivent.

 P1000549

P1000548Si on examine le refouloir d’un Walker on est surpris de constater qu’il s’est pas adapté à la forme sphérique de la balle, que son diamètre se rétrécit à l’extrémité, qu’il est nettement plus étroit que la balle, qu’il présente une cavité bien trop profonde, que les bords sont de véritables ciseaux,  de telle sorte que non seulement il ne coiffe pas la totalité de la balle,  mais  qu’il imprime un sillon profond sur celle-ci : il transforme alors la balle en un objet difforme !!! C’est à peine croyable.  J’ai vérifié différents refouloirs et j’ai comparé leur forme avec celle du levier de chargement mobile de chez Pietta: c’est le jour et la nuit !! Pietta a un outil dont l’extrémité est légèrement incurvée pour ne pas déformer la forme sphérique du plomb, tandis que les refouloirs de Walker présentent un creux qui ne peut pas envelopper la balle, mais seulement la cisailler !!! Quant au poussoir qu’on utilise pour entrer le balles dans les pistolets mono coup à chargement par la bouche, leur extrémité plate ne peut qu’écraser la balle lorsqu’on pousse celle-ci au fond du canon. Sur la photo (cliquer pour agrandir) , le cercle rouge correspond au sillon circulaire creusé par le refouloir, le cercle jaune correspond au diamètre de la balle et le cercle bleu correspond à la trace  du poussoir avec lequel la balle a été écrasée à titre d’essai !!  Chaque opération déforme le projectile.  On voit nettement que le refouloir  laisse un sillon de dimension inférieure à la balle, car l’extrémité de celui-ci est réduite par rapport à son diamètre.

Sur les deux photos qui suivent on voit nettement la déformation de  deux balles dont la cause est courante : l’une a été entaillée par le refouloir (sur un Walker) , l’autre dont le diamètre trop large,  a été  reduite en diamètre  lors du sertissage en force de la balle et a pris une forme ovale . On voit un anneau très large qui suit sa circonférence.  Or les balles rondes sont prévues pour tourner  pendant leur vol et  le fait qu’elles deviennent ovales rend leur trajectoire aléatoire !

 P1000562P1000558

 Autant dire  que le levier de chargement qui se trouve sur le Walker ne doit pas être  utilisé si on veut faire un tir présentable !!  Il est inutilisable avec des balles à tête sphérique.  Il est probable qu’à l’origine, les balles étaient coniques !

Alors, quelle est la solution pour ne pas détériorer ses balles ? C’est de fabriquer un refouloir qui adopte la courbure exacte des balles  rondes et dont la largeur,  à l’instar des refouloirs Pietta,  couvre la presque totalité de la balle. Les photos qui suivent sont parlantes ! Les schémas que je produis sont encore plus explicites.

 Comment sortir une balle  d’une chambre de revolver quand la charge de poudre ne s’allume pas, un incident de tir courant.

Il faut démonter la cheminée et sortir la poudre avec un outil fin, puis il faut  utiliser un outil qu’on se fabrique soi-même: une tige de 5 à 10cm en fer,  enfilée dans une douille puis collé avec de la soudure à l’étain et dont l’extrémité est plate pour pousser la balle.  Le diamètre de la tige doit être inférieur  au pas de vis interne du trou de la cheminée, pour ne pas l’abimer. La douille sert d’appui pour pousser la balle sans se blesser la paume de la main.  Il faut simplement donner une courbure  à cette tige,  car la cheminée n’est pas dans l’axe de la chambre. On peut alors pousser la balle sans emdommager le pas de vis.

1 – Les Revolvers Colts cal.44 à carcasse ouverte


  •  Attendre le chargement des images :

Après l’introduction (voir dans « archives » à gauche, la liste de mes articles) où j’ai posé quelques principes d’ordre culturel et politique concernant le droit de disposer d’armes, je commence cette 2ème partie de mon tour d’horizon sur les armes à poudre noire en cal .44 (et leur usage pour le tir en tant qu’activité de loisir), en traitant des revolvers Colts cal.44 à carcasse ouverte. Partant du Walker 1847 pour aboutir au Colt 1860, je ne chercherai pas à faire un inventaire de toutes les déclinaisons des modèles qui ont été fabriqués et commercialisés souvent en plusieurs versions, avec des petites variations d’ordre esthétique ou technique: je me limiterai à donner les grandes lignes d’une évolution et des fonctionnements en calibre 44. Je rappelle que mon but et d’initier à la PN dans l’optique d’une culture minimale permettant de comprendre le processus d’évolution et ses caractéristiques mécaniques, puis la préparation de l’arme avant le tir et l’entretien après le tir. En gros :  

  • je traiterai du Walker 1847 et de sa technologie , dont Samuel Colt est l’inventeur : mon article N° 5 est consacré entièrement à ce révolver mal connu pour en vanter les qualités et les quelques défauts
  • je survolerai le Dragoon qui est en quelque sorte une réduction de son prédécesseur, avec une modification du système de fixation du levier,
  • je traiterai du Colt 1851 (dont il existe beaucoup de variantes) et du fonctionnement (ainsi que du démontage) des Colts, en général, qui ont gardé leur mécanisme d’origine, avec de légères modifications
  • je finirai avec le meilleur Colt que Samuel fabriqua devant l’éternel; le Colt 1860, dont dérivent les modèle 1861 et 1862
  • entre temps, j’évoquerai un ou deux modèles qui leur sont contemporains noire ?

1/ Avant les revolvers à poudre noire ?

  Commençons l’histoire des armes de poing à « percussion », c’est à dire des armes qui utilisent de la poudre noire, au moment du passage des pistolets mono coups aux revolvers à barillet: c’est Samuel Colt qui en est l’inventeur. Avant Samuel Colt, on utilisait, comme arme de poing, le pistolet mono coup à chargement par la bouche (muzzleloader revolver) dont voici un modèle : les pistolets type Kentucky, Hawken, Patriot, etc… sont des armes avec lesquelles on tire encore volontiers sur un stand de tir, comme le montre la cible. Entre 1820 et 1840 les poivrières à percussion apparaissent plus élaborées, qui introduisent l’idée du barillet rotatif et dont voici un modèle : les Allan & Thumber pepper box pistol.

Quelques réflexions concernant ce tournant de l’histoire.

C’est à cette époque que naquit Samuel Colt, l’homme providentiel qui fit avancer la civilisation à grands pas vers l’égalité entre les citoyens sans passer par la case « des urnes et des bureaux de votes ».  Pour résumer l’histoire, il y a l’époque féodale et monarchique durant laquelle les mots « liberté et égalité » n’ont aucun sens. Puis arrive l’ére du Colt …. c’est une version américaine « son et lumière » des idéaux des « Lumières » qui s’étaient répandus en Europe. Aux Etats Unis, le Colt donna aux mots liberté et égalité une vraie signification. Et enfin aujourd’hui, il y a l’ère des urnes et du veau désarmé… qui confie sa liberté à l’Etat. A vous de choisir. On dit (c’est une légende) que « Dieu rendit les hommes tous égaux, mais que Samuel Colt les rendit encore plus égaux » comme aurait dit Coluche, à qui je dédie à cette occasion une pensée! Tout cela est faux, parce que Dieu n’a jamais eu le sens de l’égalité, sauf envers les morts! Bien entendu, la guerre 14-18 et la suivante, démontrèrent que l’égalité n’existe même pas devant la mort, car dans les instants qui la précèdent, la machine de guerre entre les mains des Etats distribue les tickets perdants avec un cynisme certain et des désavantages en nature: c’est comme cela que mon grand père tira un billet gagnant, mais y laissa une jambe ! Néanmoins, le revolver fut une étape vers la liberté, car sans revolver, sans que chacun possède le moyen de défendre ses biens et sa famille et un droit légitime à le faire, qui le ferait ? … L’Etat ? Vous voulez me faire rire? Et bien ce droit rétrécit à vue d’oeil depuis que les urnes se multiplient et se perfectionnent: bientôt on vous mettra une puce dans la tête et le vote se fera instantanément et toutes les 3mm … ce qui vous épargnera de réfléchir sur la question de savoir « à quoi sert le vote ?  »

 L’Histoire de Samuel Colt

   Samuel Colt est né dans une famille très modeste touchée par des drames multiples : ses parents quittèrent la ferme pour aller en ville. Sa mère mourut quand il avait 7 ans et il perdit 2 sœurs, puis plus tard une 3ème et enfin un de ses frères qui, tous les deux, se suicidèrent. Samuel fut envoyé dans une ferme à Glastonbury à l’âge de onze ans pour y travailler et aller à l’école. À Glastonbury il lut le « Compendium of Knowledge », une encyclopédie scientifique qu’il préférait lire plutôt que d’étudier la bible. L’encyclopédie contenait des articles sur Robert Fulton, ainsi que sur la poudre noire. Ses lectures lui procurèrent la motivation ainsi que des idées qui l’influencèrent tout au long de sa vie. En lisant le Compedium il apprit « que Robert Fulton et d’autres inventeurs accomplirent des choses que l’on croyait impossibles… jusqu’à ce qu’elles se réalisent ». Plus tard en entendant des soldats parler du succès d’un fusil à deux canons et de l’impossibilité de créer une arme pouvant tirer cinq ou six fois, Colt décida qu’il serait l’inventeur qui concevrait cette arme « impossible ». Très porté sur la culture scientifique, il allait relever ce défi et ses frères allaient lui apporter un soutien constant. Un destin exceptionnel que cette époque permettait. 836″, cal .36… la 1ère étape d’une révolution en arche !

 2/ Le « Paterson 1836″, cal .36… la 1ère étape d’une révolution en marche !

Cette très belle arme de poing à répétition, produite en cal .28, puis .36 par Samuel Colt, fut une révolution dans le monde des armes, étant capable de tirer cinq coups successivement grâce à son magasin rotatif. Elle présentait une nouvelle cartouche à l’entrée du canon à chaque action du mécanisme qui entraînait la rotation du barillet. La détente était rabattable, sans pontet, comme cela se faisait souvent. En voici le mécanisme :  

Les brevets déposés par Colt lui assurèrent le monopole de la fabrication jusqu’en 1857, ce qui lui donna un énorme avantage sur ses concurrents. Ses droits couvraient son système à barillet et l’amorçage des charges. Toutefois ce revolver ne possédait pas de refouloir permettant d’introduire les balles en force dans les chambres, il était donc accompagné d’un levier qu’on bloquait dans l’axe du barillet. Bien que révolutionnaire et très fonctionnelle, l’arme, trop chère, ne connut pas l’impact qu’elle aurait dû avoir. Les pistolets mono coup à chargement par la bouche restaient d’usage.uccesseur, Le « Walker 1847″, cal .44 : une arme puissante et samment écise!

 3/ Son successeur, Le « Walker 1847″, cal .44 : une arme puissante et suffisamment précise!

 Le Paterson 1836, fut suivi en 1847 par le Walker 1847, dont voici la photo : un revolver « simple action » en calibre 44, d’un gabarit nettement massif, surnommé « Handgun Canon » : une arme de 2,2 Kg, longue de 40 cm, qui était lourde pour un tir à bras franc. Considéré aujourd’hui comme un animal hors norme en raison de son poids et critiqué pour son refouloir (qui a tendance à se décrocher lorsque l’arme est utilisée à trop forte charge), le Walker est aujourd’hui perçu comme un canon « à chasser le buffle » ! Ce fut l’arme de poing la plus puissante pendant près de 100 ans et qui inspire toujours le respect. Elle consommait 2 fois plus de poudre que les Colts 1860 et les Remingtons 1858, pour le même calibre, une bête conçue pour pouvoir abattre un cheval à 100 mètres. En réalité, c’est une arme parfaitement moderne, pratique, fonctionnelle et puissante, mais sans aller jusqu’à maltraiter le matériel !

 Les Walkers (Uberti notamment), permettent une précision correcte à 25m. La puissance de tir reste son ambition majeure, dit-on. Sans aller jusqu’à des charges de 50-60 grains (4 gr) de poudre noire, qui usent prématurément l’arme, des demi-charges 1,5gr à 2gr devraient parfaitement correspondre à l’utilisation de balles ogivales qui demandent de la poussée, mais avec une précision moindre que la balle ronde.

Petit historique concernant la création du Walker

 Cette arme fut « commandée » par un militaire, le Capitaine Walker, officier des Texas Rangers qui avait notamment combattu les indiens. Face à des armes de poing mono coup, il avait senti le potentiel d’un revolver (à 6 coups) dans la continuité du Paterson, mais avec des améliorations. C’est lui qui fixa les critères de fabrication et d’équipement de l’arme (il la voulait puissante, maniable, avec un pontet qui n’existait pas sur le Paterson) et cette commande donna lieu au Colt « Walker » que Samuel Colt conçut et qu’il s’engagea à fabriquer en s’adressant à des sous traitants. L’arme fut fabriquée en 1100 exemplaires seulement, sous sa direction. N’ayant pas d’usine, il s’associa à Éli Whitney Junior (un autre fabricant d’arme, renommé) pour le produire en 1847. Le revolver fut le fruit d’un partenariat entre Walker (demandeur), Colt (concepteur) et Whitney (fabricant). Il fut adopté en 1848 par l’Armée américaine pour la Cavalerie (les US Mounted Riflemen) engagée contre le Mexique en remplacement du Colt Paterson. Les cavaliers furent équipés de 2 armes (portées dans des sacoches devant la selle ) et Walker les utilisa au combat contre les mexicains, mais il fut tué par un mono coup: « cruel destin » pour ce partisan des armes à barillet !

 L’imposant barillet du Walker est prévu pour 3,9 grammes de poudre noire et une balle ogivale de calibre .44 (.454, donc en réalité un cal .45). La charge de poudre peut exceptionnellement monter jusqu’à 4 grammes, dite « charge de guerre ». C’est le plus gros, le plus lourd et le plus puissant revolver à poudre noire jamais fabriqué, avec un canon de 9 pouces, d’une puissance « légèrement » supérieure à un 357 magnum moderne. Sa distance d’engagement pratique est de 100 yards, soit plus de 90 mètres!

Le court destin d’une arme légendaire !

Ce contrat relança Samuel Colt, après les avatars de son premier revolver, le Paterson 1836. Sur les 1.100 Walkers fabriqués (500 paires pour les militaires, et 100 unités pour le marché civil) très peu subsistent, car dès leur mise en service, des faiblesses dans l’acier des barillets les faisaient éclater. Outre la fragilité des aciers de l’époque (cast iron), l’usage qu’en faisaient les soldats expliquait les explosions : COLT avait prévu des chambres profondes pour pouvoir recharger avec de la poudre à canon, mais les soldats chargeaient « plein pot » avec de la poudre fine qui demandait un chargement plus léger, sans parler des balles qu’ils inversaient pour des raisons de facilité de chargement. Cette arme allait se prolonger à travers la série des Dragoon, très populaires, qui sont en quelques sortes des modèles « sheriff » du Colt Walker avec des améliorations et qui se sont vendus en grande quantité.

 Le modèle walker 1847 possédait les caractéristiques des revolvers Colt des années suivantes : peu de pièces mobiles, pontet en laiton coulé avec la sous-garde, refouloir, nez du chien comportant la hausse.

 Il fut d’abord suivi en 1848 par le revolver le Whitneyville Walker très proche, mais avec toutes les modifications qui annonçaient le Dragoon: notamment une réduction du barillet et un système de fermeture du levier de chargement placé à l’extrémité sous le canon. Le Withneyville est très recherché, à mi-chemin entre le Walker et le Dragoon. La fabrication du Walker fut donc abandonnée et remplacée par celle de ses successeurs, notamment le « Dragoon » qui connut un réel succès; ,

 L’histoire est faite d’échecs qui auraient pu devenir des réussites, La « massivité » du Walker est donc liée à la métallurgie défaillante de l’époque qui ne répondait pas aux exigences d’un cal .44. Ce n’est qu’en 1855 environ que la fabrication des aciers fit un saut qualitatif qui permettait d’alléger les armes. Voici deux vidéos en anglais (EU) qui présentent le Walker 1847. Les revolvers actuels ont les caractéristiques de l’arme d’origine, mais avec l’avantage d’avoir été fabriqués avec des aciers contemporains parfaitement résistants, ce qui permet aux tireurs de charger l’arme parfois trop copieusement à la poudre fine. 

Sur cette vidéo on remarque que l’arme du tireur n’est pas suffisamment préparée, car au démontage, la clavette et le canon sortent difficilement, ce qui doit être amélioré. Le tireur souligne cependant la nécessité de ne pas serrer le canon contre le barillet en enfonçant trop la clavette.

 Voici ensuite une autre vidéo de Mike Beliveau qui présente le Walker Uberti et nous donne un festival de tirs ratés. Mais le plaisir y est ! 

 Le Walker comme d’autres Colts a été modifié plus tard pour recevoir un « barillet de conversion » destiné aux cartouches métalliques (mais en France, cette modification fait passer l’arme de la 8ème à la 4ème catégorie ).

La mécanique de base du Colt, depuis le Walker 1847 jusqu’au Colt 1862…

nom des pièces colt Walker

L’ensemble mécanique comporte le chien (5), 4 petites pièces très sensibles : le bilame (3), le verrou ou arrêtoir (2), le doigt élévateur (1) la détente (4) et le grand ressort de chien en V (7) qui se loge dans la crosse, pièce en bois creuse. Elle est cerclée à l’arrière par un cadre en acier qui est fixé en haut, derrière la carcasse et qui est vissé en bas sur la pièce en laiton (8) faisant corps avec le pontet (9). Le levier de chargement + le refouloir (10) et la clavette (11) constituent les pièces mobiles. On voit dans le canon une fenêtre qui correspond à celle située en bout de l’axe de barillet, 2 fenêtres qui doivent s’ajuster, dans lesquelles se loge la clavette de maintien de l’ensemble du revolver : lorsqu’elle s’enfonce elle serre la canon et la carcasse et tient effleurer le barillet avec un jeu minimal. On verra pourtant des Walkers qui fonctionnent avec un jeu d’1mm… car cette arme lorsqu’elle crache la poudre, fait un petit feu d’artifice ! On peut rattraper le jeu avec un peu de doigté et une lime.  e

4/ Le Dragoon, un Walker allégé et amélioré

dragoon

Le Dragoon fut conçu par Samuel Colt: le fabricant allait réduire le barillet et en améliorer la solidité (ce qui impliquait de nouveaux aciers). En 1848, l’armée américaine adopta le Dragoon cal 44. Si pour l’époque, le Dragoon était une réduction nécessaire du Walker, aujourd’hui, avec la qualité de fabrication des aciers, les répliques du Walker retrouvent un intérêt certain et une actualité. Il y a ceux qui sont pour le Walker et ceux qui sont pour le Dragoon : pour l’esthétique, je pense que le Walker l’emporte dès lors que la qualité actuelle de l’acier supprime les faiblesses de l’époque et réhabilite l’arme. Le Walker a donc retrouvé la gloire avec les productions italiennes !

 Le Dragoon présente une innovation importante : la fixation du levier de chargement revue et corrigée, pour éviter le défaut du Walker, dont le levier décroche en cas de tirs répétés, avec des charges puissantes. Pesant 1.9 kilos, le Dragoon ressemble beaucoup au Walker, mais avec un barillet légèrement plus court, prévu pour une charge moindre. Le Dragoon est donc un revolver plus maniable, avec un canon nettement plus court de 7 1/2 pouces et un levier qui dispose d’une bonne fixation à l’extrémité. Le revolver fut décliné selon 4 modèles successifs, avec de très légères variantes. Il s’agissait du premier revolver Colt dont les pièces étaient interchangeables avec un modèle similaire. Sur les premiers modèles produits, le pontet était à dos carré, ce qui était inhabituel à une époque aussi avancée. Le canon est toujours maintenu à l’axe du barillet par une clavette métallique, comme le seront tous les colts : c’est la pièce la plus « sensible » du système Colt, car elle tient l’ensemble de l’arme, en même temps qu’elle permet de régler l’entrefer, le jeu nécessaire à la rotation du barillet. Sous le canon figurent le levier de chargement et le refouloir destinés à faire entrer les balles en force par l’avant des chambres, mais ce levier est désormais maintenu à son extrémité, lorsqu’il est inactif. Arme puissante, le Dragoon fut produit de 1849 à 1861 à raison d’environ 20.000 exemplaires, tous modèles confondus et Colt devint un fabricant renommé. y 1851, une arme d’origine en cal .36 et des copies en cal .4

5/ Le Colt navy 1851, une arme d’origine en cal .36 et des copies en cal .44

En 1851, Colt sortit le modèle Navy 1851, mais en calibre .36. Le Dragoon restait la référence en cal .44. Le 1851 Navy est une arme très allégée, très équilibrée, très maniable mais qui conserve toutes les caractéristiques mécaniques des colts antérieurs ainsi que leur morphologie. C’est une sorte de cure d’amaigrissement du barillet qui affine le bloc canon (qu’on appelle « console » du canon) ! Voici un très beau modèle vendu par Uberti, en cal .36.

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  Les Italiens ont cependant créé et produit le 1851 en cal .44. tout en lui conservant l’appellation « Navy », ce qui est aberrant, mais qui permet de classer l’arme en 8ème catégorie, en la présentant comme une copie du colt d’origine. Les fabricants, ce qui est normal, prennent certaines libertés… Pietta spécialiste de la fantaisie a produit toute une série de variantes décoratives de cette arme que l’on peut qualifier de « fantaisies » et qui jouent sur la décoration (avec des motifs commémoratifs) : nickelées, gravées, peinturlurées, avec l’effigie de Buffalo Bill, avec des canons longs, courts… le Yank Sheriff par exemple. C’est le western à l’italienne !

Voici un 1851 Sheriff cal .44, de marque Army San Paolo, qui m’a été vendu sur Naturabuy par Calvadosian: une très jolie arme mais qui tirait au dessus de la cible! En réalité c’est un excellent revolver, une fois résolu la question de la visée (qui a été changée contre un guidon très haut, avec fibre optique rouge et dérivable): depuis l’achat, il a été fortement modifié (notamment par un débronzage du barillet et du canon, et surtout un dégagement des cheminées). une cure de jouvence… qui ne renie pas le style d’origine. Vous aurez remarqué la beauté du jaspage très nuagé de la carcasse, que j’ai conservé.

Le fonctionnement d’un Colt « simple action », calibre .44: apprendre à le démonter et le remonter

Un tireur à PN doit pouvoir entretenir ses armes, les démonter et les réparer. Ce qui demande une certaine initiation. Un poudreux doit suivre l’état de son arme en se servant d’outils simples : lime, tournevis et clés de démontage des cheminées. Les vidéos de Michel Bottreau présentent le démontage et le remontage d’un Navy 1851, cal 36, à carcasse ouverte en laiton, de marque non identifiée (peut être Army San Marco ?). 

Voici le schéma de montage d’un colt, très standard, mais qui demande des explications: elles sont données dans un article qui traite spécialement du fonctionnement mécanique des révolvers.

 Dans l’article de mon blog qui concerne l’entretien et les réparations, je détaillerai le démontage des pièces et leur fonctionnement. Lors de mes premiers démontages, je ne disposais pas de plans et j’ai eu des difficultés à comprendre l’agencement des pièces, n’étant pas mécanicien par profession ni par nature : c’est au moment de remonter les revolvers que les difficultés apparaissaient, surtout pour remettre en place les ressorts de chiens. Aujourd’hui tout me paraît simple, mais l’initiation a pris un certain temps et souvent les apprentis poudreux doivent apprendre par eux-mêmes, n’ayant pas toujours des amis plus expérimentés, aptes à les guider dans leur initiation. Voici un autre plan qui donne le détail des pièces d’un Colt, quel que soit le modèle et à quelques détails près (les ressorts en V vont faire place à des ressorts mono lame sur d’autres revolvers)

 La clavette et la question délicate de l’entrefer : réglage du jeu entre le canon et le barillet .

Dans les Colts, une pièce essentielle est la clavette : à quoi sert -elle? C’est par elle que commence le démontage de tout Colt.

  • elle sert à rendre solidaire l’ensemble de l’arme
  • elle sert à régler le jeu entre le canon et ler barillet permettant le rotation de celui-ci, tout en étant au plus près du cône de forcement des balles à l’entrée du canon, face à la chambre où s’effectue la mise à feu. 

Trop serrer la clavette supprime le jeu et le barillet ne tournera plus en raison de l’encrassement occasionné par le tir. Si la clavette est bien réglée, on l’éjecte d’un coup sec de la paume de la main.  Les clavettes ne constituent pas un problème nécessitant obligatoirement du matériel. Dans sa vidéo, Michel Bottreau utilise un petit matériel pour la faire tomber cette pièce qui arme.  L’important est de ne pas les enfoncer « en force » avec un outil avant le tir. La clavette doit se mettre en place d’un coup sec de la paume de la main; c’est suffisant dès lors que le bloc console canon/carcasse est rigide. Si elle ne sort pas facilement, il faut l’ajuster à la lime. La clavette est une partie sensible de l’arme qui tient ensemble la carcasse, le barillet et le canon. Un démontage qui impose de marteler une clavette pour la sortir donne à ces armes une image désuète: dans la vidéo, il s’agit d’une arme qui n’a pas été utilisée de longue date et qu’il faut assouplir. Par contre ne pas enfoncer la clavette, c’est laisser du jeu et le jeu favorise l’usure des pièces. Donc, il faut la serrer mais la serrer raisonnablement!

Les Colts  qui ont de l’usage prennent du jeu (c’est l’orifice situé dans l’axe où passe la clavette qui s’use mais la clavette doit compenser ce jeu: elle est donc évasée), mais arrivé à un certain point d’usure et de jeu, la clavette ne tient plus rien et l’arme perd sa cohésion: les parties bougent. Il en résulte un excédent d’entrefer et le revolver perd en précision .

La question de l’entrefer est posée :  pourquoi cette augmentation de l’entrefer sur les Cols avec l’âge de l’arme et en raison d’une utilisation intensive?  Comment y remédier ?

C’est l’usure de la clavette  et de la fenêtre de l’axe qui occasionnent une augmentation de l’entrefer, avec une perte de puissance de la poudre laquelle perd en compression et ne brûle pas complètement à l’intérieur de la chambre. Les Colts ont un entrefer réglable. A contrario, on peut tout aussi bien dire que l’entrefer est déréglable et que  ceci entraine une perte de la précision lors du tir. Lorsque l’explosion a lieu,  le canon est repoussé vers l’avant et l’axe a tendance à s’écarter du fond de son logement: ce qui produirait une augmentation de l’entrefer à cet instant.  Mais c’est la clavette qui résiste au choc en bloquant la console (avec le canon)  et l’axe, empêchant ainsi toute désolidarisation .  La clavette s’use alors sous les chocs répétés , mais les fenêtres ouvertes dans l’axe et dans la console qui sont traversées par  cette clavette,  sont également soumises aux chocs et s’usent.  C’est ainsi que la clavette se rétrécit tandis que les fenêtres s’élargissent. Pour compenser cette usure, on pousse la clavette vers l’avant, on la force légèrement car elle est censée avoir une forme trapézoïdale. mais ce n’est pas le cas de certaines clavettes qui sont trop rectangulaires et qui compensent mal l’usure.

Certains tireurs peu précautionneux considèrent que pour réduire l’entrefer, il faut taper avec un marteau sur la clavette pour la forcer et obliger le canon à se rapprocher du barillet.  Certes, mais encore faut-il que la pression ne déforme pas les assemblages,  car réduire le jeu est une chose, tandis que forcer et déformer le métal en est autre chose.  Celui qui frappe la clavette comme un malade  ne fait qu’accélérer son usure et celle de l’axe.  Le fait de serrer excessivement la clavette a déjà comme conséquence d’empêcher le jeu entre le barillet et le canon.   L’entrefer doit normalement varier entre 0,10 et 0,25mm (0,15mm est considéré comme normal) et après plusieurs tirs, l’encrassement va obturer ce jeu . Il n’est alors  courant que le barillet ne tourne plus.  Il faut alors le sortir et procéder à un nettoyage.

Comment se fait le réglage de l’entrefer??  Il faut bien entendu « serrer un peu la clavette »,  mais pour ma part, le critère de serrage est totalement à contre courant des usages forcenés : mes clavettes sont retaillées  légèrement  (limées) pour émerger de l’autre côté du canon Elles doivent pouvoir se desserrer d’un simple frapper de la paume de la main ou avec un petit maillet de bois ou de caoutchouc.  Autrement dit, les clavettes comblent le jeu, elles bloquent le canon, mais ne force pas pour réduire une usure excessive. A tout  défaut il faut trouver remède  et chercher l’origine de l’excédent d’entrefer. Si l’entrefer est excédentaire ou excessif, il faut alors le réduire par une opération délicate qui nécessite d’intervenir sur plusieurs points de l’arme.  C’est un travail qui demande du doigté. Certains mettent des rondelles derrière le barillet, autour de la crémaillère pour ramener le barillet vers l’avant, ce qui suppose que l’entrefer est vraiment conséquent, car une rondelle  en métal a une épaisseur « énorme »  comparativement à la tolérance de l’entrefer. Un tel entrefer est impensable.

Sur un forum, je lis ceci : « Un critère a étudier est la marge d’avancement de l’axe de barillet dans son fourreau de console, mais il faut garder un décalage entre la fenêtre de l’axe et la fenêtre de la console pour permettre a la clavette de bloquer l’axe » .  En effet si  l’axe a un peu de marge pour avancer, on peut rapprocher ainsi le canon du barillet, mais la forme conique de l’axe s’oppose à cette avancée. D’autre parte enfoncer l’axe dans la console du canon  est une possibilité, mais attention, on va modifier le parallélisme entre la console et le barillet, car ce parallélisme est garanti par le cône de forcement en haut de la console et en bas (là où pénètrent  les 2 ergots qui assurent  l’indexation). Donc toute réduction en haut de la console doit être  assortie d’une réduction en bas (voir l’article 4  sur le Walker).

Poursuivons la lecture de nos extraits :

http://www.tirmaillyforum.com/mildot/printview.php?t=160955&start=0&sid=a4737d2accf2c0b9e5df91c5c5757a9f

« Pour 1 mm d’entrefer, si vous réduisez la console, en admettant que votre axe n’est pas déjà en butée, votre clavette deviendra totalement libre dans son logement, l’arme autant inapte au tir qu’elle peut déjà l’être (1) .   Je suggère une autre solution :  vérifiez d’où vient cet entrefer si important . Si la clavette rentre en place avec encore un peu de marge, regardez ces deux points d’usure : le cône de forcement de la balle, sur la console du canon, et le bouclier derrière le barillet, sur le bâti (carcasse) .  Il est assez frêle sur les Colts, puisqu’a cause du rocher de barillet il reste relativement fin. Si ce dernier s’est maté avec les tirs, redonnez lui une jeunesse avec une cale rondelle en forme extérieure d’Etoile que vous ferez dans de la tôle d’acier d’environ 0.5mm à la lime d’horloger, cette cale s’emboitera sur le barillet, entourant le rocher et pourvu d’encoches (alvéoles)  pour laisser chaque cheminée libre.   La solution marche réellement mais étant donné qu’on éloigne ainsi le barillet du bâti, difficile d’envisager plus d’ 1/2 mm de gain pour ne pas entraver la bonne indexation/verrouillage/percussion.   J’ai redonné vie a mon premier 1860 avec cette méthode, rien n’a bougé depuis.   Si le cône du canon a été limé… mieux vaut changer le canon/l’arme tant les ajustages vont se compliquer. On travaille ici sur de l’acier très doux… »

N’est-ce pas limpide, mais ô combien délicat ?  (1) Il y a encore une solution à ce nouveau problème, mais ne vaut-il pas mieux s’adresser à un armurier si on ne possède pas la compétence requise?  Ceci dit pour rendre attentifs certains bricoleurs qui croient pouvoir  faire n’importe quoi avec une lime…  Ceci montre également que l’entrefer sur un Colt est un des points les plus délicats.    Poursuivons cette lecture :

J’ajouterai au passage, que l’entrefer des Colts à carcasse ouverte n’est pas censé etre reglé par quoi que ce soit, il est fixe sur les modele d’origine, car les butées de l’axe dans son logement et de la console contre le bâti (carcasse) sont, quand l’arme est correctement reproduite, en adéquation parfaite.   La possibilité d’enfoncer plus ou moins la clavette ne sert normalement qu’a contrer sa propre usure (c’est un consommable).  La console avec ses deux logements pour les tétons (ergots) est destinée a affirmer le calage parfait du canon dans l’axe dans la chambre, et rigidifier également ce dernier lors du forcement de la balle à son passage en prise de rayures.

En passant, j’espère que vous avez appris du vocabulaire. Mais quelle incidence l’entrefer a-t-il sur la précision?  Donnons la parole à un tireur :

http://forum.poudre.noire.free.fr/viewtopic.php?f=27&t=3563

« Le principal avantage du Remington 1858 est sa carcasse fermée. Son mode de construction permet une meilleure répartition des forces lors du tir. Avec un Colt à carcasse ouverte, à chaque tir, tu « ouvres » l’entrefer entre le canon et le barillet.  Je déconseille les pleines charges avec un Colt. »

Il est vrai que lors de l’explosion, le canon et la barillet se repoussent et que cette tension porte sur la clavette et non sur le fond du logement de l’axe.  La  rigidification de ces deux pièces  repose sur la clavette qui ne doit pas avoir de jeu.

Autre point de vue : « En fait je ne pense pas qu’une réplique de Colt soit moins précise qu’une réplique de Rem. (je parle de potentiel de précision), simplement, il est plus facile d’obtenir de bons scores et d’être REGULIER avec un 1858. La carcasse ouverte ne bouge pas pendant le tir, ou alors il y a un problème  (à vérifier! ). En revanche d’un démontage à l’autre (ou par usure de la clavette), il peut y avoir un petit décalage de l’entrefer, qui conduit à des groupements un peu plus haut ou un peu plus bas. On remédie à ce petit souci à force d’habitude ou en utilisant une petite cale  (de la clavette? ) au moment du remontage . »

Autre cause d’augmentation de l’entrefer :  » Il serait intéressant de mesurer l’entrefer (espace barillet-canon) et de le comparer avec la dimension d’origine lors de l’achat de l’arme. Extérieurement le revolver peut avoir un aspect très beau, mais les dommages se situent au niveau du bouclier. Lors du tir, le recul force le barillet (en acier) contre la parois du bouclier (en laiton sur certains revolvers ) et cela va obligatoirement mener à un matage progressif, à la façon d’un coup de marteau sur une enclume. Sauf que dans le cas , l’enclume est en laiton et le marteau en fer. On arrive à la longue à avoir un entrefer hors de toutes tolérances et un revolver qui « crache » copieusement des particules de plomb et de poudre incandescente sur les côtés et l’arrière. Certains gunfighters US du XIXème siècle avaient des revolvers à percussion tellement usés, que lors des tirs ils étaient obligés de plaquer fortement le barillet vers l’avant contre le canon pour minimiser le phénomène et la perte de pression (donc de vitesse, de trajectoire et de puissance). » (forum Hardware)

Je précise que j’ai commis l’erreur un jour de laisser la main devant l’entrefer d’un Colt et j’ai reçu dans la main un choc qui m’a laissé sidéré par sa puissance.  A ne pas renouveler.

Quelques  problèmes techniques  des Colts

Ce sont des armes tout à fait achevées, contrairement à l’idée reçue que leur technologie est  sommaire.  Mais cette conception  souffre d’un défaut qui  est bien connu des tireurs: les amorces brûlées bloquent souvent le barillet ou bloquent les mécanismes internes.

1/ A l’origine, l’axe des Colts qui supporte le barillet et donne l’alignement entre le barillet et le canon,  et un axe très large et va jusqu’au fond de son logement dans la console, sous le canon, prenant appui sur celui-ci pour maintenir l’écartement entre le barillet et le canon. Toutes les copies des Colts d’époque ne respectent pas cette exigence et curieusement, ce sont les UBERTIS qui dérogent totalement à celle-ci, tandis que les Pietta respectent la conception d’origine.

2/ Le gros défaut des Colts, défaut de conception, c’est la courbure du logement du chien dans la carcasse, conçu en pente vers l’arrière, ce  qui incite les  amorces à traverser la carcasse par cette tranchée et descendre dans le mécanisme;  inévitablement cet incident enraye l’arme et c’est un problème fréquent.  On verra que les armes qui ont fait concurrence aux Colts (Rogers & Spencer, Remington 1858 notamment) ont une conception qui supprime ce risque, car le chien et la carcasse forme une barrière infranchissable pour les amorces écrasées et éclatées. Il faut dire également que la problématique des amorces est  actuelle, car à l’époque, les amorces étaient plus longues et tenaient fermement sur les cheminées, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.   Il faut dire également que lors de l’explosion de la poudre, l’amorce a tendance à être éjectée vers l’arrière (ainsi que le chien) et que pour éviter cela il faut que le ressort de chien soit très tendu, très puissant. On peut alors renforcer le ressort de  chien, en lui ajoutant un ressort supplémentaire. Ceci montre-t-il  que le défaut lié aux amorces pourrait n’être qu’un défaut essentiellement actuel ?  La question est posée.

Un autre défaut des revolvers à carcasse ouverte, c’est l’emplacement du cran de mire sur le chien relevé, car ce dernier n’est pas stable (l’ajustage du chien dans son logement est parfois très bâclé sur certaines répliques et occasionne un jeu latéral).  Dans l’idéal, il faudrait  faire placer un cran de mire à l’arrière du canon plutôt que sur le chien.

Le démontage du canon, parfois bloqué

Le refouloir est prévu pour enfoncer les balles, mais aussi pour sortir le canon quand il est bloqué. Pour dégager le canon, il n’y a pas non plus de problème : il doit sortir tout seul, sinon, il faut réduire le frottement sur l’axe (qui est conique sur les Colts) avec de la toile émeri, puis avec de la paille de fer très fine et élargir si nécessaire très légèrement les trous destinés aux 2 aiguillons (N°37 sur le plan) qui l’empêchent de tourner autour de l’axe (avec une perceuse et tout en délicatesse).

En cas de canon bloqué par des résidus de poudre (ce qui arrive souvent après plusieurs tirs), un simple fer plat (de 3mm) peut servir de levier en l’insérant entre console du canon (le bloc sous le canon) et le barillet : il faut le rétrécir à l’extrémité pour qu’il passer entre l’axe la carcasse. Le refouloir sert bien sûr de levier, mais la vis qui assure l’articulation du levier et du refouloir est un peu fragile. Bref il y a beaucoup d’astuces à découvrir par la pratique … (voit tous ces détails dans les articles 4, 5 et 6: la fabrication des cartouches, la remise en état de 2 colts Walkers: on y trouve notamment le matériel) 

L’usage du Colt Navy 1851: quelques indications

Le 1851 (cal .44) est une arme très appréciée par certains tireurs, très esthétique et dont le poids est bien réparti dans la main, bien qu’il soit admis que la poignée soit trop courte. Le 1851 est reconnu comme pouvant être précis. Le cal.44, qui n’est pas une arme d’origine fut produit par Pietta, Army San Marco et d’autres!

C’est un revolver « simple action ». Pour mettre l’arme en fonctionnement, on arme le chien et on presse ensuite sur la détente ! Armer le chien entraîne la rotation du barillet qui place une nouvelle chambre entre le chien et le canon, l’arme est alors prête pour un nouveau tir: il suffit d’appuyer sur la détente et le coup part (attention, à ne jamais armer le chien d’une arme chargée, si on n’est pas face à la cible, au stand). Presser sur la détente ne fonctionne que si le chien est complètement armé. Par contre, pour libérer le barillet bloqué par le verrou (ou l’arrêtoir), pièce qui se trouve sous le barillet et qui le retient pendant le tir, il faut tirer légèrement le chien en demi armé, et le barillet peut alors tourner (ceci pour mettre des amorces si nécessaire). Mettre le chien en position demi armé avec un revolver chargé et doté des amorces est une opération qui demande de grandes précautions, notamment garder le pouce sur le chien, et surtout orienter l’arme en direction des cibles. A noter que pour les Colts, la documentation d’époque recommandait d’armer le chien avec le canon visant le zénith (à la verticale de l’observateur). Ainsi, les amorces percutées tombaient sur le sol au lieu d’enrayer l’arme. Cette méthode n’est pas compatible avec les consignes de sécurité des stands de tir, car si une balle part, elle troue le plafond, ce qui occasionne quelques émotions et des fuites (dans la toiture). Sur un pas de tir, l’arme doit être impérativement orientée vers la cible dans toutes les opérations: pourtant le chargement d’un revolver à PN se fait selon la méthode « classique » en plaçant l’arme sur un support (en bois) et en l’orientant vers le haut. C’est au moment où l’on place les amorces qu’il convient de faire très attention.  C’est pourquoi, je préconise un chargement des barillets à domicile, pour éviter toutes ces manipulations sur le pas de tir . Il faut alors avoir plusieurs barillets par revolver.

Le chargement du Colt

 L’utilisation d’un revolver n’est pas instantanée : chaque arme a un calibre de balle qui lui est propre, car les diamètres des canons et des chambres varient légèrement. En cal .44, on utilise couramment des 451 ou des 454. Beaucoup de tireurs fabriquent eux-mêmes leurs balles avec du plomb de récupération et des moules. Mais le travail sur le plomb fondu dégage des vapeurs très toxiques (voir l’article 5). La fabrication des balles et le chargement du revolver sont affaire d’expérience.

 Voici une vidéo (en anglais) dans laquelle le tireur effectue un tir rapide avec un Colt 1851, présenté avec un humour à la Sergio Leone, un tireur qui m’épate… mais la vidéo témoigne surtout de l’efficacité et de la précision de cette arme. Le tir suivi est suivi d’un chargement très classique du 1851: ça prend un peu de temps et c’est ce qui donne l’impression que les armes à poudre noire sont désuètes. Le tireur a voulu mettre les deux étapes en contraste. 

 Ceci étant, tirer calmement et prendre le temps de charger son arme, est un excellent exercice à recommander dans un monde où le stress nuit à l’équilibre! Le tir impose un retour au calme. Le chargement sur place dans le stand de tir, convient pour des tireurs qui « cartonnent » en solo, ou qui ne rapprochent pas leur cible pendant le tir: ils se servent alors de lunettes pour vérifier les impacts dans celle-ci.

 Les barillets pré-chargés sont utiles également pour s’adapter au rythme des autres tireurs quand les cibles du stand de tir se déplacent de façon collective, sur rails. Personnellement, je ne suis pas très chaud pour charger sur le pas de tir: manipulation de la poudre, risque d’erreurs de chargement, de maladresses, d’accidents, tout cela est évité par une préparation des barillets. Ce qui me laisse plus de temps pour tirer « relax »! 

Classiquement, le tireur verse dans chaque chambre une dose de poudre précise (de 1gr à 2gr), en tenant compte des quantités recommandées, puis de la semoule qui sert de bourre. La balle est ensuite entrée en pression dans la chambre à 2mm environ de la bouche (un levier de chargement est alors nécessaire), et pour terminer, le tireur obture la chambre avec de la graisse (les recettes sont diverses) jusqu’à ras bord, ce qui rend la chambre étanche. Il ne reste plus qu’à mettre ensuite (et jamais avant) les amorces, en les pinçant légèrement pour qu’elles tiennent, mais sans les maltraiter. Il me semble que Michel Bottreau, qui charge ici un Remington 1858 et non un Colt, fait les choses à l’envers: car la mise en place des amorces, le chien placé en demi-armé constituent un risque réel de départ de feu, pour peu que la détente soit trop souple. On doit pincer légèrement les amorces, mais il arrive fréquemment qu’une amorce tombe en cours de tir si elle n’a pas été suffisamment pincée; on utilise fréquemment ce type d’amorces pour les Colts et revolvers cap & balls. 

La vidéo qui suit montre l’habileté d’un jeune américain tirant au 1851, très à l’aise dans le maniement de l’arme, ce qui témoigne du caractère très équilibré de celle-ci. 

 On voit aussi les incidents de tir qu’elle peut générer, lesquels sont inhérents aux armes à PN. Des amorces tombent ou bloquent le tir. On est dans l’univers de la PN, ce qui veut dire qu’on ne cherche pas la perfection mécanique des armes modernes. L’imprévu est de rigueur ! Ce qui veut dire que l’usage de ces armes, à l’époque, ne ressemblait en rien à ce qu’on peut voir dans un western spaghetti.

 Le maniement des colts pose quelques problèmes en cas d’incident; un revolver à PN qui « bloque » doit être déchargé. C’est pourquoi, il faut d’abord ramener le chien sur la cheminée pour la sécurité ou le maintenir en position demi-armé, avec le pouce, puis enlever l’amorce non percutée (avec une petite pince), mais dès lors que le barillet ne tourne plus, l’extraction de l’amorce n’est plus possible. Il faut alors enlever la clavette et sortir le barillet.! Tout cela en orientant l’arme vers la cible. La pince doit donc être prévue à proximité, ainsi qu’un outil essentiel pour sortir le canon que j’ai évoqué précédemment (un fer plat de 3cm de large). Attention : un barillet qui roule et qui tombe au sol sur une amorce : la chute peut provoquer une mise à feu, sinon le barillet risque au moins d’être déformé!

 La pratique du changement de barillets en cours de tir (qui sont alors pré-chargés) constitue un gain de temps et rapproche le fonctionnement d’un revolver à poudre noire de celui des revolvers de poing actuels: le tireur libéré du chargement « emprune (enfume aussi), fait parler la poudre, envoie les pruneaux, balancent la purée » en un mot : il « flingue » dans la cible et on peut alors envisager une autre pratique du tir à la poudre noire : le CAS (Cowboy Action Shooting) dont la vocation est plus celle du tir rapide, que de faire du point. 

Quelques idées préconçues concernant les colts ?

 Les Colts sont des revolvers faciles à nettoyer et à démonter : on désolidarise le canon en frappant la clavette de la paume de la main et on le passe à l’eau chaude directement sous le robinet. Qui dit Mieux?  Pour ce qui est de la carcasse, et du mécanisme, une fois le barillet déposé, ils se nettoie au White Spirit  avec des petites brosses et de fins écouvilions, sans la moindre difficulté (mais régulièrement il faut procéder à un démontage intégral qui impose de démonter le mécanisme). Un tel nettoyage ne peut pas se faire avec une carcasse fermée, car le canon reste fixé sur la carcasse!

Je m’inscris en faux contre l’idée que les colts sont des armes dont on ne peut pas « changer le barillet », cette idée ne se parle pas, elle est inscrite dans les normes et il ne m’était pas venu à l’esprit de la remettre en question, du moins aussi longtemps que je n’avais pas manipulé des colts usagées dont les clavettes flottaient un peu. J’ai alors compris qu’au lieu de serrer les clavettes, il fallait leur donner juste le serrage nécessaire et rien de plus : depuis je fais tomber la plupart de mes clavettes d’une « pichenette », et je change mes barillets de colts aussi vite que Lucky Luke!! J’invite les poudreux à revoir leurs jugements sur cette question. Cependant, avec un usage intensif de l’arme, la prise de jeu peut engendrer des difficultés de fonctionnement de la clavette qui n’assure plus le serrage. L’achat d’un colt (d’occasion) doit donc en priorité vérifier l’alignement relatif des orifices de serrage de la clavette et la qualité du serrage (qui se vérifie à l’entrefer, entre l’entrée du canon et la chambre) : si on est en bout de course, l’arme ne serre plus et n’est plus en état de tir. Dans ce cas, en étant optimiste, c’est le système D qui intervient. Si la clavette ne tient plus le canon ou si l’entrefer est trop important, l’arme peut être destinée à être exposée au mur. Il faut aussi vérifier d’autres choses avant d’acheter une arme, surtout d’occasion: j’y reviendrai dans les articles suivants .

On évoque souvent le fait que les colts n’ont pas une carcasse fermée et que de ce fait, la solidité de l’arme est moindre : c’est une idée fausse. Les colts ont été produits à l’origine avec des aciers plus faibles, plus fragiles, tandis que les répliques actuelles bénéficient d’aciers de bonne qualité. De même que Colt ne faisait pas de carcasses en laiton, mais en acier. En réalité, les Colts à carcasse ouvertes sont prévus pour fonctionner avec un jeu réglable entre le canon (et la console) et le reste de l’arme (carcasse et barillet). C’est ce jeu qui avec l’âge de l’arme s’amplifie, car la cavité prévue dans l’axe pour insérer la clavette s’élargit avec un mauvais usage de l’arme. Il est vrai que les armes à PN vont évoluer vers des carcasses fermées, jusqu’à la date où les cartouches métallique vont remplacer la système à percussion par PN, mais si on y réfléchit, les carcasses ouvertes sont des armes simples, faciles à nettoyer, à démonter, à utiliser. En réalité, les Colts dotés d’une carcasse en acier (et non en laiton) sont des armes solides : on dira que l’axe de barillet d’un 1858 ou d’un Roger & Spencer est au contraire plutôt fragile. Il y a cependant une différence de conception assez radicale entre les revolvers à carcasse ouverte et ceux à carcasse fermée. Vers 1858, s’annonce une évolution qui va sonner le glas des colts, car les fabricants vont opter pour les carcasses fermées associées aux cartouches métalliques. Les colts se sont donc allégés, et ont résolu les problèmes liés aux refouloirs.

Mais c’est le colt 1860 cal .44, qui va apporter la dernière amélioration aux Colts à carcasse ouverte : un colt d’une grande qualité et qui prendra le relais du Colt Dragoon : il apporte les derniers perfectionnements de la lignée.  Il sera suivis par les colts à conversion qui vont à leur tour intégrer ces cartouches métalliques et subsister encore un certain temps, mais qui seront  supplantés par les revolvers à carcasse ouverte, mieux adaptés à ce type de munition notamment le SAA. Cependant les Colts à PN continuent à fonctionner grâce aux  « poudreux » dont je fais partie.

 

 6/ Le colt Army 1860: esthétique, maniabilité et précision: un Colt arrivé à la perfection?

1860 repro ASM

 La « U.S. Army » voulait une nouvelle arme pour la cavalerie durant la Campagne des Mormons. Le 16 Février 1858, des officiers se rendirent à l’arsenal de Washington D.C. pour examiner de nouveaux Colt. La délégation se concentra sur la production d’un revolver à canon de 8 pouces plus léger en calibre .44. Le New Model Holster Pistol, ou New Model Army Pistol, commença à être produit en 1860 et gagna très rapidement les faveurs de l’armée. Les 2000 premiers avaient un barillet « full-flutted », mais ils furent remplacés par les barillets renforcés cylindriques. Les 1 000 premiers avaient un canon de 7 pouces ½, ils furent rapidement remplacés par du 8 pouces, comme le désirait l’armée. La plupart des premiers 50000 « Colt 1860 » avait un bouclier coupé dans la partie inférieure pour permettre d’y placer une crosse escamotable rendant la visée comparable à un fusil. La carcasse avait 4 vis. En Mai 1860, le nouveau revolver était prêt à être présenté à l’armée, un jury d’officiers le testèrent dans les 2 longueurs de canon ainsi que le Dragoon Third Model pour la précision et la pénétration. Les officier déclarèrent : « Le revolver avec le canon de 8 pouces sera l’arme de cavalerie la plus aboutie que nous n’aurons jamais ». Cependant, tandis que l’armée Américaine testait le nouveau revolver Colt, des revendeurs du Sud prenaient commande. 2 230 revolvers furent envoyés au Sud, la plupart entre les mains des Confédérés. En Avril 1861, Lincoln appela 75 000 volontaires. Colt transforma sa production en fourniture officielle de l’armée et son 1860 Army devint l’arme de la Cavalerie de l’ Union. Le Colt 1860 présenté ci-dessus est une reproduction de luxe réalisée par Army San Marco, avec gravure et placage argent ; de toute beauté… pour une vitrine ! et en dessous un colt 1860 à barillet flûté. 

Quelle innovation apportait le 1860 par rapport au Colt 1851 et aux autres?

1860_fluté

« Aucune différence technique probante entre le 1851 et le 60″, disent certains, c’est surtout l’esthétique de l’arme qui change, les lignes seraient simplement plus épurées? Erreur profonde: le Colt Army 1860 présente des modifications importantes qui interviennent principalement sur 4 points : 

  1. un barillet prévu pour le cal 44, alors que le 1851 était prévu à l’origine pour le cal .36: le barillet s’est allongé et renforcé par un élargissement impliquant une modification de la carcasse, mais comparativement au Dragoon, le barillet s’est fortement affiné en raison de l’amélioration des aciers à partir de 1855. C’est donc une arme spécifiquement conçue par Colt pour le cal .44;
  2. le refouloir est encastré dans le bloc canon, ce qui fait baisser le coût de production notamment, mais donne à l’esthétique de l’arme une modernité incontestable;
  3. une ligne effectivement épurée et galbée du canon permettant en outre un entretien plus facile.
  4. la crosse du revolver est plus longue que sur les 1851, innovation très importante également, car on reproche au 1851 une prise en main insuffisante.

Le 1860 d’un poids de 1,3kg est une arme très élégante, précise, techniquement fiable et fonctionnelle. Pour moi c’est un très bon revolver! Mike Beliveau dans une vidéo dont la référence est indiquée ci-dessous, fait (en anglais) la comparaison entre les différents Colts produits par le fabricant et je partage son point de vue: le Colt 1960 une arme qui l’emporte sur les autres par ses qualités et sa finition. Il est évident que l’évolution des revolvers à PN est directement liée à l’évolution de la métallurgie et que les années 1855 constituent un tournant. Ceci n’est pas suffisamment compris par des tireurs qui s’arrêtent à des critères esthétiques. Les contraintes mécaniques découlaient de la métallurgie de l’acier. 

Pour comparer les barillets du 1851 et du colt 1860, visiblement différents cette photo, on constate que celui prévu par Colt est bien supérieur en longueur à celui du « Navy » crée par Pietta et consorts (qui ont conservé la carcasse du cal 36 pour faire un barillet en cal 44) . La robustesse du barillet du Colt Army 1860 allongé est patente; j’ajoute que le diamètre du 1860 est supérieur de 2mm, ce qui permet un renforcement d’1 mm de l’épaisseur entre le bord des chambres et le bord extérieur du barillet. Ces détails sont à prendre en considération dans le choix d’un revolver.

 Pour les experts en PN, un détail n’aura pas manqué d’attirer leur attention : les alvéoles de cheminées ont été dégagées, pour des raisons techniques. Les alvéoles sont responsables des incidents de tir et en les supprimant, à l’instar des barillets du STARR, on a un réel avantage pour placer les amorces. D’autant que sur les Colts, les amorces ont tendance à passer entre le chien et la carcasse et descendre dans le mécanisme: ce qui bloque l’arme et risque même d’endommager la came du verrou. C’est sans doute le plus gros défaut de conception des Colts. Cette modification limite le risque, car l’amorce se dégage facilement vers le bas et sans bloquer le barillet pour autant. Il arrive cependant que l’amorce colle au chien et soit emmenée vers l’arrière lors du réarmement. Cette modification n’est pas dans la tradition, mais c’est efficace. Autre avantage elle évite le blocage du barillet par des amorces qui tournent sans tomber et cela réduit l’encrassement, car lors de l’explosion de la poudre, la dispersion des résidus est meilleure. Pour l’esthétique, ça passe aussi bien.

Pour apprécier la qualité et les aptitudes exceptionnelles de ce Colt 1860 (reproduction Uberti comparée au modèle original), je vous invite à regarder cette vidéo en anglais, parlante par ses images et les tests qu’elle propose :

Les mésaventures de mon Colt 1860 Uberti acheté sur NaturaBuy… et son relookage !

Voici le modèle que j’ai acheté sur ce site, un revolver de marque Uberti et Com. Gardone (ce qui veut dire que la fabrication de certaines pièces étaient sous traitées par un ensemble de fabricants italiens qui restaient anonymes) , vendu par Calvadosian, un anglais sympathique et récupérateur de vieux flingues, qu’il doit revendre ensuite sur Naturabuy. Mon 1860 était censé avoir un jaspage magnifique, du moins sur la photo, mais à l’arrivée, les irisations bleues et vertes avaient été remplacées par des taches rosâtres-lie-de-vin sur fond gris. Le vendeur m’a dit avoir eu un geste malheureux qui a renversé on-ne-sait-quoi sur l’arme. Il avait eu l’honnêteté de me proposer une indemnisation que j’ai déclinée. J’ai alors décidé de faire disparaître ce tableau d’art moderne et j’ai brossé l’acier jusqu’à disparition de l’œuvre, ce qui n’a pas été facile, puis traitement au vinaigre (… de vin lui aussi) et un repolissage… Depuis la carcasse a pris un beau gris métallique un peu foncé et qui va très bien avec la teinte pourpre de la crosse que j’ai également décapée et reteinte, … Je le trouve à la fois sobre et très « class »…! Je dirais même que le jaspage d’origine (d’une grande banalité), ne valait pas la nouvelle esthétique de mon flingue. Tout ça m’a donné une idée: j’ai décidé d’appeler ma collection « la vie en rose (lie de vin) » et depuis je teinte fréquemment mes crosses en pourpre… ou en noir, selon l’humeur du jour!

 Hélas sur NaturaBuy, on va de surprise en surprise: je n’avais pas immédiatement remarqué que ce flingue avait aussi un chien massacré à l’étau et qu’il gardait l’empreinte des mâchoires. Ayant rénové l’arme, je m’étais fait une raison. Sur le pas de tir, le revolver 1860 s’avérait excellent pour la précision: une merveille! La détente était d’une douceur rêvée, mais lorsque le chien partit tout seul dans le plafond du stand, je dus faire vérifier le cran d’armé et de demi armé situés en bas du chien il fallait démonter. Ce dernier ayant été déjà passablement bricolé et limé lors de ses usages précédents, c’est un copain qui refit les crans à la lime spéciale pour acier trempé. Je pense que cette opération sera la dernière avant la mise à la retraite… Non: je compte changer intégralement le chien et l’arme sera en état de fonctionnement. Un bonjour à Calvadosian qui ne reconnaîtra plus son 1960. C’est ce que l’on appelle « faire une affaire »: attention aux achats sur NaturaBuy ! Quoi qu’il en soit, celle-là, je ne la regrette pas, car c’est un de mes flingues préféré et tout compte fait cet « accident » bizarre m’a enlevé un scrupule : faire tomber le jaspage quand il est fatigué et c’est ce que j’ai fait sur d’autres Colts dont les carcasses tenaient plus de la peau de zèbre que de l’irisation… En passant je signale que la suppression du « bronzage » de l’acier du barillet n’entraine pas la corrosion, du moins tant que l’arme est soignée. Le polissage de l’acier lui apporte une protection. C’est d’ailleurs l’état d’origine des barillets de colts et seuls les canons étaient bronzés. La carcasse quant à elle était jaspée, ce qui donnait plus de solidité à l’acier.

Mais ma détermination à customiser ce revolver ne s’arrête pas là : je l’ai « starraubenisé » et voilà le résultat. La suppression des alvéoles à l’arrière du barillets, un travail qui fut fait par un professionnel, bien sûr. Quant à son guidon qui penchait à droite pour tirer juste, j’ai trouvé que c’était un peu dévalorisant et pour l’instant, il a un nouveau guidon dérivable, dans l’attente de lui trouver un joli guidon à fibres optiques… rouge! 8

7/ Les années 1860: une forte concurrence s’exerce sur les modèles Colts

60: une forte concurrence s’exerce sur les modèles Colts

 L’apparition des cartouches métalliques eut lieu dans les années 1870 et le revolver à percussion commença à perdre sa popularité, les « longs-feux » et autres problèmes d’amorces ou de poudre mouillée disparaissaient avec les cartouches métalliques. Colt résista. Le 1871 Richards Army Conversion fit son apparition : le refouloir était remplacé par un extracteur de douilles, le chargement du barillet se faisait avec un volet relevable, fixé dans la carcasse (à la place de l’échancrure par laquelle on insérait les amorces). Puis arriva le 1872 Open Top au moment où le célèbre Colt Single Action Army et d’autres revolvers se développèrent qui adoptaient les carcasses fermées et dans le même temps les cartouches métalliquues: les derniers Colts à percussion furent évincés.

 Si on cherche le facteur déterminant de cette évolution, qui part du Walker pour aboutir au Colt 1860, c’est d’abord une forte évolution dans la qualité des aciers dans les années 1855 qui a permis de réduire le gabarit du Walker et du Dragoon. En réalité le projet de fabrication du colt Army 1860 s’est inspiré du 1851 et l’a adapté pour une puissance supérieure en rapport avec le cal. .44, mais cette adaptation est essentiellement liée au fait qu’en 1860 la qualité des nouveaux aciers rendait possible la conception du dernier modèle des Colts Cal .44. La qualité des aciers actuels ajoute un plus à cette perfection, mais dans le même temps, on a aujourd’hui des Walkers qui, en raison des aciers actuels, remplissent enfin le cahier « des charges » de l’époque et n’explosent plus à forte charge ! Bien entendu, il n’est plus question d’abattre des chevaux ! … Alors pourquoi disposer d’une arme de la puissance du 357, avec des balles en plomb qui n’ont pas la dureté de celles des armes modernes? Si c’est pour trouver du carton… ??? La motivation n’est-elle pas la même qu’il s’agisse d’un tir au 357 ou au Walker ? Sans doute est-ce le plaisir de la puissance de tir, allez savoir… ?

 Colt a donc produit d’un bout à l’autre de la chaîne de fabrication une arme originale, qui reste exemplaire, mais à la fin de sa vie, il a dû ressentir l’amertume de la fin des Colts à carcasse ouverte dont il était le principal concepteur.

 La famille Colt, après le décès de Samuel, allait continuer à produire des armes qui ne sont pas en calibre .44 ou qui utilisent les cartouches métalliques à poudre noire, avec une carcasse fermée: le fameux Colt Single Action Army (SAA), ou Colt Peacemaker (le pacificateur) dans les années 1872, que je présente, mais qui ne fait pas partie des armes de la 8ème catégorie.

Je cite Wikipédia : « Étant donné que les cartouches en calibre .44 étaient jugées insuffisantes, la société Colt développa la cartouche .45 Long Colt, initialement avec un projectile de 235 grains (15,22 g) et une charge de 40 grains (2,59 g) de poudre noire. C’est un revolver avec platine simple action et un barillet de 6 cartouches. Il a été développé pour la cavalerie des États-Unis par la société Colt en 1872 et adopté par l’armée américaine en 1873 au calibre .45 Long Colt. C’était peut-être l’arme la plus répandue dans le Far West américain, coûtant à l’époque 13 dollars pièce, prix facturé à l’armée, sur le marché civil, le prix était de 17 $ en 1875 et de 16 $ en 1897. Cette arme a été fabriquée jusqu’en 1941, avec un total de presque 360 000 unités produites dans une trentaine de calibres. La production reprendra en 1955 avec le numéro de série 0001SA pour atteindre 99999SA en 1978 pour continuer au numéro SA01001. » 

 Cette arme superbe, très achevée, intègre de nouveaux systèmes de chargement et de déchargement, d’une grande simplicité d’utilisation, ce qui fera sa renommée pendant des années. Sur les stands de tir, ce revolver est très convoité, mais le classement du SAA en 4ème catégorie (les revolvers en 44 magnum sont en 4ème catégorie, « 44 magnum » étant la dénomination de la cartouche) en a réduit l’utilisation sur les stands. Elle reste cependant liée à l’histoire de la des revolvers Colt à poudre noire. La vidéo qui suit est très intéressante, montrant très clairement le fonctionnement de l’arme.

 Parallèlement à cette ligne de fabrication exemplaire qui donne aux Colts leur caractère mythique, nous abordons dans l’article qui suit les principaux concurrents des Colts qui vont être conçus avec des carcasses fermées.